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07/11/2002
ivan
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Jaga Jazzist à l'Ancienne Belgique
Alors que dans la grande salle se produisaient des stars MTV, les Manic Street Preachers (2 camions, 1 camion vidéo et un autocar), dans le club, on pouvait voir Jaga Jazzist, sorte de big band des temps modernes.
Les 10 musiciens avec leurs multiples instruments, très à l’étroit sur la petite scène du club (on ne pouvait pas échanger les scènes?), jouent un jazz énergique, à la rythmique syncopée qui tend parfois presque vers un semblant de drum’n bass. Si certains morceaux manquent de finesse et passent très rapidement au paroxysme rythmique et mélodique, là où vous sentez tout vibrer, d’autres, plus "évolutifs", combinent envolées sonores et plages plus retenues. Il y a eu notamment quelques passages à la trompette sur une rythmique légère - très électro - des plus heureux.
Encore une chose à noter: comme le faisait remarquer Vincent, c’est rare de voir des musiciens qui, comme Jaga Jazzist, sont vraiment heureux de jouer, sorte de bonheur communicatif, parce que le public aussi semblait heureux.
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17/11/2002
vincent
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Tickets à -50% (Acte I)
Pour ceux qui ne le savaient pas, durant le mois d’octobre, l’Ancienne Belgique offrait 50% de réduction sur tous les tickets achetés par des clients titulaires d’un compte Axion chez Dexia (un peu de pub n’a jamais fait de tort). Il ne m’en a pas fallu plus pour acheter des places pour des concerts que je n’aurais pas été voir dans un autre cas.
Le premier de cette série, est celui de John Parish, l’homme qui est derrière To Bring You My Love, le chef d’oeuvre absolu de PJ Harvey et qui a collaboré avec des artistes comme 16 Horsepower, Goldfrapp, Howe Gelb. Le concert était moyen ou plutôt inégal. La raison est simple. John Parish avait choisi d’interpréter des morceaux de How Animals move, son excellent dernier album et de la bande originale du film belge Rosie. Je n’avais jamais entendu cette bande originale, mais en tout cas, les morceaux joués durant le concert ne m’ont guère donné envie de l’écouter.
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21/11/2002
ivan
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Ten
d'Abbas KIAROSTAMI
Abbas KIAROSTAMI prouve qu’on peut faire bien avec peu. Peu, parce que l’entièreté de Ten se passe dans un espace unique - une voiture - et il y a en tout et pour tout 2 plans fixes (deux caméras) qui alternent tout au long du film: un plan sur la conductrice et un autre sur le (ou la) passager, successivement enfant, vieille femme, jeune fille et prostituée. Le film se passe en Iran, une femme conduit une voiture à travers une ville, et interviewe son passager. Le propos - le statut de la femme en Iran (pour faire bref) - peut sembler un peu rébarbatif, mais le procédé utilisé pour présenter ledit propos est tout à fait intéressant. Tout se joue sur le jeu restreint des acteurs, sur la façon dont ils rendent leur personnage, tantôt tyrannique, tantôt gêné, triste ou heureux ... Les expressions construisent le film. Ce dispositif qui recourt à des moyens très en vogue aujourd’hui - la caméra de surveillance et l’effacement du metteur en scène - a quelque chose d’original (certains parlent même d’un côté novateur) et est proche de l’installation artistique. Chose amusante: ce lieu unique où se trame son histoire et qui est filmé de l’intérieur, se déplace dans l’espace; on ne perçoit ce déplacement que par les mouvements de la conductrice et les morceaux de ville qui passent derrière la vitre, derrière les acteurs; le hors-champ est bien réel, et on en aperçoit quelques bribes.
Le découpage des différentes scènes, marqué par un gros chiffre issu du décompte de 10 à 1 est un peu lourd, mais peut-être cela rend-il les transitions compréhensibles au spectateur. Ce procédé des saynètes - sorte de moments volés aux acteurs - qui s’enchaîne est aussi très dans l’air du temps: je me lance ici dans une comparaison hasardeuse (sur la forme, pas sur le fond) mais ce découpage fait fort penser au découpage "loftien": d’ailleurs là aussi, le hors champ est continu.
C’est parfois un peu long, mais cela vaut vraiment la peine d’être vu.
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22/11/2002
vincent
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Derrière Godspeed You! Black Emperor
" ... non, nous ne sommes pas des squatteurs végétariens du Mile End ; nous sommes plutôt des musiciens perdus, confus, saouls. ..." Godspeed You! Black Emperor
Vous pouvez lire une interview (vraisemblablement exclusive) que Godspeed You! Black Emperor a donné aux Inrockuptibles ici et ici.
Pour la petite histoire, les Inrockuptibles avait lancé parallèlement à cette interview un concours Godspeed permettant de gagner un exemplaire de Yanqui U.X.O.. Histoire de rappeler que ce n’est pas parce qu’ils ont accordé une interview qu’on peut faire n’importe quoi avec leur image, GY!BE ou Constellation ont demandé aux Inrockuptibles d’annuler le concours. Longue vie à Godspeed You! Black Emperor ...
NOTE du 30/11: Je viens de recevoir ce message des Inrockuptibles : "nous n’avons jamais cherché à utiliser Godspeed... nous avions convenu avec le distributeur Chronowax de faire gagner 30 disques, et Godspeed a finalement décidé de ne pas les faire gagner, pour des raisons qui les regardent... c’est un choix que nous avons respecté, c’est tout... donc pas d’"utilisation" dans tout ça...".
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26/11/2002
laurence
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De koopman van Venetië par le Toneelgroep Amsterdam
Ah, ces Hollandais! Au plus, j’ai l’occasion de voir des pièces néerlandophones, au plus j’apprécie et au plus je me morfonds de n’être qu’une misérable francophone, devant me farcir des pièces de merde, sans réappropriations du texte, sans inventivité, bref je ferai peut-être aussi bien de me casser une jambe quand je décide d’aller au Théâââââtrre (francophone, s’entend).
Donc,Le marchand de Venise, du Shakespeare, genre 1594-1598, et avec ça extraordinairement vivant, univers branché années 80, tripot et cuir. Une Portia (la gentille), non pas jouée par une ado blonde aux yeux bleus, mais bien par une femme, la quarantaine(?), frustrée et vulgaire, un Shylock (le méchant) drôle et un peu à coté de la plaque doté d’une fille de seize ans ne jurant que par Britney Spears (ah, le fossé des générations!), et du coup tout ça prend sens, un autre sens, ou une autre vision que celle jouée et rejouée par la Comédie Française et autre Théâtre National.
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