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07/01/2003
laurence
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La Cerisaie au Varia
Un tchekhov, pourquoi pas?
La Cerisaie, pourquoi pas?
Le Varia, pourquoi pas?
Ces trois choses, prises séparement, peuvent parfois être de bonnes idées. Le tout mis ensemble est à éviter.
Une mise en scène plate et un jeu épouvantable en "dents de scie" (surtout celui de Janine Godinas, qui nous surjoue le texte: quand elle est triste, elle est vraiment triste, quand elle est joyeuse, elle est vraiment joyeuse, mais tout ce jeu n’est que pour nous tromper, car, en fait elle est triste, car, voyez-vous, le spectateur comprend plus de choses quand plusieurs émotions se contredisent...).
Soit.
Peut-être suis-je trop sensible à ce genre de jeu qui a le don de me hérisser les quelques poils de bras. Ou, au contraire, peut-être suis-je complètement insensible à la Beauté du Théâtre.
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27/01/2003
ivan
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Deux ans après
d’Agnès Varda
Pour ceux qui ont vu Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda, voici Deux ans après, la suite.
Le principe reste le même: glaner des images, des faits et gestes anodins (mais non dénués de sens).
Cette fois-ci, le point de départ des périples d’Agnès Varda à travers la France à la recherche de ces gens qui perpétuent ce geste: glaner, est le courrier et le retour qu’elle a pu avoir après son premier opus. Elle retrouve des gens qu’elle a déjà croisés, elle en rencontre d’autres, suite à un courrier qui l’a émue, elle complète son oeuvre. Au-delà des multiples prix qu’elle a pu recevoir pour son film, sur quoi elle ne s’attarde pas trop, il y a quelque chose de continu, qui, mis en avant par son film, n’en reste pas là; ce qu’elle nous raconte n’est pas une fiction, ce sont des gens vrais, dans leur vie propre, et qui répètent d’une façon ou d’une autre, par nécessité ou par choix, un geste ancestral (glaner est un geste lié à la survie).
Si son oeuvre est touchante, de par la spontanéité et le côté vrai des gens qu’elle rencontre, je suis moins convaincu par ses apparitions personnelles. Déjà dans "les Glaneurs...", ses apparitions à l’écran, et ses commentaires sur sa propre personne me semblaient superflus et non avenus (un protagoniste présent déjà dans la première partie lui en fera d’ailleurs la remarque). Dans celui-ci, c’est pareil, en rapport avec les propos vrais et spontanés des gens qu’elle filme, le sien semble trop préparé et pompeux. Elle n’a pas besoin de se justifier, son film parle de lui-même, et à l’image des gens qu’elle rencontre, son film n’est rien d’autre qu’une façon parmi tant d’autres de glaner. C’est simple et beau.
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29/01/2003
ivan
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Demonlover
d'Olivier Assayas
J’avoue être sorti perplexe de la projection de Demon Lover d'Olivier Assayas. C’est un film assez inégal ; autant certains passages m’ont captivé, autant d’autres m’ont amené à compter les sièges vides.
C’est vrai que le film dure deux heures, et qu’il est parsemé de longs passages d’une lenteur sensée laisser le temps aux personnages de prendre forme. Mais on a rapidement saisi la consistance des caractères, et ces scènes deviennent à force une redite. Le seul personnage qui évolue, est celui de la protagoniste principale, une "espionne économique" qui, croyant maîtriser le jeu, est entraînée en réalité vers une lente descente aux enfers , et si pendant une longue partie du film cette évolution vers la perte de sa personnalité et de son image est très habilement rendue, vient un moment où on décroche, le film n’apporte plus rien.
Le film commence comme un bon thriller -en l’occurrence autour du commerce cyber-porno , avec tous les éléments nécessaires pour nous tenir en haleine. L’histoire en réalité n’est pas complexe, mais Assayas mêle à ceci toute une somme de procédés graphiques et de comportements "contemporains" (est-ce réellement contemporain ?) qui donnent à l’ensemble un aspect dense et intrigant.
Au cours d’une scène, le visage de Connie Nielsen se pixelise sous l’effet de la pluie sur le pare-brise de sa voiture, quand des réalisateurs de mangas pornos japonnais font une démonstration, on est immergé complètement dans le produit, manga ou jeux vidéo, quand les acteurs zappent sur la TV de leur chambre d’hôtel, on ne perçoit pas la scène de l’extérieur, mais l’écran devient écran TV et c’est nous qui zappons, toutes les images qui influencent les personnages nous sont destinées en réalité. Tous ces procédés ancrent le film dans son époque. Ce film, au-delà du thriller sur fond de guerre impitoyable à laquelle se livrent les sociétés dans un contexte économique sans concessions, est en quelque sorte un hymne à l’image, un film voué à notre société soumise à l’hégémonie de l’image.
Si le film parvient à se nourrir du contexte -l’époque- duquel il est issu dommage que la fin prenne un ton moralisateur qui dénature la justesse du propos.
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29/01/2003
ivan
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Rocky Horror Picture Show
Un film culte d’après certains, une bande de joyeux drills et un public averti ; voilà les composants de cet " happening interactif " qui chaque samedi soir prend possession d’une salle d’un petit cinéma parisien de la rue Galande (6è arr.).
Imaginez des gens devant leur film culte, ils connaissent toutes les répliques, tous les plans, tous les faits et gestes des protagonistes ; poussons le vice (car s’en est un, je pense) : ils ont analysé ce film de A à Z et en ont extrait toutes les références avouées ou non à d’autres films plus cultes les uns que les autres.
Autour d’eux, il y a des gens convaincus comme eux qui sans hésiter prendront part à leur délire, et d’autres à qui ils aimeraient insuffler ce plaisir débordant qu’ils prennent à regarder ce film. Alors pour couronner le tout, ils se parent de la copie conforme du costume d’un des acteurs du film, chacun le sien (auquel on leur trouve d’ailleurs étrangement des traits de ressemblance frappants). Et ils s’en donnent à coeur joie, ponctuant la projection de nouvelles répliques s’intercalant parmi les dialogues originaux, se déplaçant sur la scène devant l’écran et dans la salle entre -voir sur- les spectateurs, ajoutant une troisième dimension à la planéité de l’écran. Ils entrent en interaction avec le film, avec le public.
On danse quand, dans le film, on danse (car c’est une comédie musicale), on jette du riz quand, dans le film, on se marie, on jette de l’eau quand, dans le film, il pleut,... et bien des choses se passent encore au cours du film.
Une certitude : la finesse n’est pas ici de mise, l’humour y est assez lourd, mais l’esprit y est bon enfant, et l’on y passe une soirée inoubliable. Pour plus d’infos sur le film en lui-même et son histoire, pour le cast sur scène et d’innombrables autres choses encore, y compris des photos des séances précédentes..., je vous renvoie au site http://www.sweet-transvestites.com/.
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