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10/07/2003
ivan
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Dolls
de Takeshi Kitano
A mes yeux Kitano nous offre un petit chef-d’oeuvre emprunt d’un univers, d’une beauté et d’une poésie mystérieuse. Dolls est un hymne à la lenteur, à la perte de soi et à la beauté, tout y est agencé pour que ce soit beau, et même si les histoires qu’il nous conte sont plutôt dramatiques, on ne peut s’empêcher d’être émerveillé face à la mise en scène et aux plans de Kitano. Le film mêle trois contes, trois histoires sur l’amour tantôt gâché, fanatique et repoussé; trois drames durs ou l’amour quel qu’il soit est intransigeant, et mène irrévocablement à la mort. En sortant de la projection, je me suis retrouvé empli d’un sentiment étrange, mêlant tristesse et joie comme si le malheur à travers le travail de Kitano devenait source d’émerveillement. Kitano réussit à nous émouvoir sans tomber dans le mélodrame pathétique, point de violons ni de fioritures inutiles, juste des plans d’une lenteur extrême, presque fixes, un remarquable jeu de couleurs, des dialogues qui se résument à l’essentiel, et toujours ce détachement face à la dureté de ce qu’il montre qui permet à Kitano d’emplir son film d’une atmosphère emprunte de sérénité et de sagesse.
Les protagonistes sont à l’image des marionnettes chères à la tradition japonaise qui ouvrent le film, ils perdent tout contrôle de leur vie, et c’est l’amour qui les dirige et les mène à leur perte.
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10/07/2003
ivan
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Any way the wind blows
de Tom Barman
Je ne présenterai pas ici Tom Barman, si vous lisez un tant soit peu le journal ou autre papier qui présente le film, et que vous n’étiez pas en Patagonie ces quelques 10 dernières années, vous aurez compris qui il est, puisque le moindre article voir même légende de photo traitant du film commence par expliquer son glorieux (et révolu?) passé... Any way the wind blows se veut un miroir d’une petite partie de population (paumée) anversoise. Dans la forme, le film est, à mon goût bien réussi, heureusement d’ailleurs, parce que pour le reste, c’est assez vide, on survole (rapidement) la journée (médiocre) de quelques Anversois qui vont se retrouver au final tous à une fête dont Tom Barman prétend qu’il a voulu en montrer une vraie, qui sent la réalité (la réalité selon Tom Barman, c’est quand "tout le monde est mort à 4h00"...), pas une fête qui comme dans bien d’autres films sonne faux... pour moi ça reste tout aussi long à regarder qu’une autre fête sur un écran, surtout qu’ici en plus, elle est presque en temps réel.
Pour moi tout ceci tient du fantasme Tom Bamanien, et ses protagonistes comme ce qu’ils vivent est souvent trop à la limite du cliché pour rester crédible, c’est tellement survolé, que le film perd toute substance. On est devant un clip de 2 heures.
Le film est parsemé de quelques bons dialogues, souvent très brefs, et de quelques situations burlesques; c’est pour moi, en dehors du visuel, ce qui le sauve. On retrouve aussi quelques jolis passages de "gens qui bougent dans l’espace" avec notamment un danseur qui, si je ne me trompe, a déjà fait quelques apparitions dans ses clips et même sur scène avec son groupe.
En définitive, le Tom a vu un peu trop grand, et il pourrait bien en vouloir à ceux qui l’ont motivé à faire du court-métrage initialement prévu un long-métrage sans consistance.
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20/07/2003
vincent
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Mon dimanche à Dour
7 ans que mes baskets n’avaient plus foulé la terre de cette grande kermesse aux boudins et sa pléthore de groupes soldés qu’est le festival de Dour. C’est donc empreint d’une certaine nostalgie que je me suis rendu au dernier jour de cette (déjà) quinzième édition, histoire de voir dans l’ordre: Tokyo Ska Paradise, Remy Bricka, Dälek, Girls in Hawaii, Sparklehorse, Kyo, Yo La Tengo.
C’est navrant de se dire que le brillant Asa Chang, auteur d’un des meilleurs albums de 2002, a fait partie de cette troupe de guignols qu’est le Tokyo Ska Paradise. Comme son nom l’indique, Tokyo Ska Paradise est une version nippone d’un groupe de Ska. Malgré une énergie débordante typiquement pokémon, on n’évite pas l’ennui tellement on a un sentiment de déjà vu...
Remy Bricka, l’homme-orchestre porteur d’un message de paix efficace (en gros: "Tapez dans les mains et tout ira bien!"), enchaîne ses tubes et nous fait regretter qu’il ne soit pas en tête d’affiche.
Le groupe Dalëk propose une version assourdissante d’un hip-hop pour tueurs à gages. Ceux qui me connaissent, savent bien que je suis un grand fanatique des murs du son à la Mogwai, Sonic Youth, My Bloody Valentine ou encore GY!BE et celui offert par Dalëk me laisse de marbre pour la bonne et simple raison qu’il est généré électroniquement. Cela enlève toute l’intelligence du concept, car faire du B.A.O (Bruit Assisté par Ordinateur), c’est aussi facile que faire aboyer un Yorkshire!
Qu’on le voie comme futur parrain de la bruxpop (équivalent bruxellois de la britpop), la version belge de Grandaddy ou encore le prochain dEUS, il faut bien admettre que le groupe Girls In Hawaii semble avoir la mélodie facile et réussit même là où Dominique A a échoué lors des dernières Nuits Botanique: avoir un contrôle sur la position du public.
Sparklehorse n’avait pas sa place à Dour car il faut savoir qu’à quelques exceptions près, Dour n’est qu’une histoire de métal, hip-hop, dub, reggae, d’electro ou de hardcore. Il ne faut donc pas s’étonner si les splendides mélodies pas forcément joyeuses de quelqu’un qui a été déclaré mort cliniquement pendant deux minutes, suite à l’absorption en quantité immodérée de Valium et d’antidépresseurs ne reçoivent pas l’accueil escompté...
Kyo est le petit moment qui excuse tout. Pour ceux qui ne connaissent pas, Kyo peut-être vu comme la version Patrick Bruel de Muse. Kyo est un groupe post-grunge à la française destiné à faire tomber les minettes. Le chanteur semble issu de la Star Academy et les paroles semblent avoir été écrites par Pascal Obispo. Kyo a donc réussi l’exploit de transformer un chapiteau à Dour en un rassemblement de filles qui crient "Kyyyyyyyyyyyyyyyyyyyooooo". S’il arrive à faire la même chose dans un Graspop Metal Meeting, j’achète un t-shirt!
Malgré un son pourri à faire pâlir d’envie le Magasin 4, Yo La Tengo m’a encore prouvé qu’il avait vraiment l’envergure d’un Sonic Youth sur scène. Je connais Yo La Tengo depuis un bon bout de temps mais c’est seulement cette année que je les ai découverts en concert et quelle surprise!
Je ne parlerai pas de Rollins Band, d’Acme, de Therapy? ou encore de Lofofora car qu’est-ce que l’on peut bien écrire là-dessus mis à part que c’est plus de mon âge tout çà;-)
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22/07/2003
ivan
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The Onewolves Collection au Klinkende munt
Décidément, Steven Segers sait mettre l’ambiance; si musicalement, je ne peux pas trop m’avancer, parce que je ne connais pas assez ce genre électro hip-hop rétro funk old school... (que je ne parviens d’ailleurs pas à définir, mais c’est pas bien grave) en tout cas, sa bonne humeur et son énergie se transmettent de façon fulgurante au public. Il sait s’entourer des gens qu’il faut pour parvenir à ses fins: faire monter une ambiance survoltée dans la salle, transpirer (littéralement) le "good vibe" comme il le dit lui-même. 4 musiciens, 5 danseurs et Steven Segers au chant, voilà de quoi donner lieu à une petite bombe. Seul petit regret, au vu des prestations que j’ai déjà pu voir avec Greetings from Mercury, le groupe ici a un peu moins d’ampleur et de tenue. Il manque cette forme de respect et cette volonté de partager qu’ont entre eux les musiciens de GFM. Si Steven Segers (et les fameux danseurs) semblent avoir cette volonté, le reste de ce groupe-ci paraît beaucoup plus hermétique.
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22/07/2003
ivan
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Cidade de deus (II)
de Fernando Meirelles & Kátia Lund
Si le film pêche d’une mise en scène et d’un montage impeccable, remarquable, surtout pour un premier film, le contenu a eu fortement tendance à me déprimer. Rares sont les gens à qui j’en ai parlé et qui n’ont pas aimé le film, mais moi, j’ai trouvé que tout ça manquait de distance. Et pourtant, l’histoire du petit photographe qui conte comment il est sorti de cet enfer qu’est la Cidade de deus, ghetto périphérique de Rio, construit pour écarter les pauvres de la ville, me semblait prometteuse.
Finalement, c’est un film cru qui étale platement la dure et cruelle réalité des enfants des rues de Rio; les chapitres se suivent et se ressemblent, à l’image du contenu d’un journal télévisé. C’est sans doute personnel, mais a-t-on besoin de revoir au cinéma ce qu’on a déjà que trop souvent l’occasion de voir ou de lire dans les médias... Je crois que pour le moment j’ai un manque certain de "poésie cinéphile"... fichtre!, est-ce grave?
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