Zabladowski.org


 01/12/2003
 laurent

Cinéclub Louis Malle : Une autre époque...

Ce fût un véritable bonheur hier que de voir Le Souffle au coeur (1970) de Louis Malle. Le réalisateur de Ascenseur pour l’échafaud , Les Amants, Lacombe Lucien, Milou en Mai et de Au revoir les enfants m’a encore étonné avec le film diffusé par (qui d’autre que?) Arte. Voir en 2003 un film de 1970 qui traite, entre autres, de l’adolescence en 1954 peut mener à des réflexions plus qu’amères... Bien que le thème soit l’amour mère-fils (joués par Lea Massari et Benoît Ferreux) jusqu’à son paroxisme puisque mère et fils finissent par le commettre, l’inceste, ce qui m’a beaucoup plu dans ce film est la première partie, et particulièrement la première demi-heure. On y voit, en 1954, l’adolescent de 15 ans, Laurent, dans lequel beaucoup se reconnaissent certainement (et c’est en ce point que le film m’a parlé, et pas parce qu’il s’appelle Laurent...), s’opposer à l’autorité, incarnée ici par le père, mais aussi le prêtre -déjà tendance pédophile-, joué superbement par Michel Lonsdale ou le professeur. Et à la femme de ménage le surprenant en train de se masturber, qui lui dit que Dieu lui demandera des comptes, il lui répond "Je lui dirais que c’est la seule chose qui ait un sens". Et les phrases du type "la guerre ne devraît pas être confiée à des militaires" crachée par Laurent à son père (Daniel Gélin) rappelle la période où l’adolescent se révolte contre le système.

Il m’a rappellé celui où des philosophes comme Michel Foucault (pour qui famille, école, prison, entreprises sont autant de tentacules de la pieuvre du pouvoir -Le meilleur livre de Michel Foucault est sans doute Surveiller et punir) et des artistes comme Luis Bunuel (déformant les conventions comme dans Le Fantôme de la liberté) étaient pour l’adolescent que j’étais autant de vérités ultimes que la parole de dieu pour d’autres, et bien souvent en -unique- opposition à cette dernière.

La musique vaut le détour également : alors que Louis Malle a quelque part popularisé Miles Davis dans Un ascensseur pour l’Echaffaud, c’est ici Dizzy Gillespie qui est à l’honneur. Et on se dit que c’était tout de même une autre époque que celle-là, où le jazz tenait lieu de musique d’émancipation...

On se dit que les icônes culturels mis à la disposition du jeune adolescent sont vraiment d’une autre nature aujourd’hui... De là à dire qu’ils sont récupérés car marchandisables il n’y a qu’un pas...

 02/12/2003
 laurent

Bon réalisateur = Sale type?

La comédienne Annie Girardot a déclaré à France-Soir, à propos de La Pianiste, de Michael Haneke : "Ce film reste un très mauvais souvenir : Haneke est un sale type. A ma place, il voulait Jeanne Moreau. Il m'a traitée comme une conne, mais au moins, il m'a permis de refaire du cinéma."

C'est fou comme quasi tous les réalisateurs qui font de vraiment bons films (outre Haneke, on pense à Lars von Trier par exemple, que Bjork a présenté comme la crème des crèmes...) ont l'air d'être intraitables. Est-ce une réalité ou prennent-ils exemple sur le maître Stanley Kubrick?

 03/12/2003
 laurent

DVD: Dogville

de Lars von Trier

Lorsqu’on loue le dernier Lars von Trier, son huitième, Dogville, avec Nicole Kidman dans le rôle principal, on sait qu’on loue un bon film. Surtout si on a aimé Breaking the Waves, The Idiots et Dancing in the dark.

Tout commence pourtant comme une pièce de théâtre et un livre à la fois, tant les décors appartiennent au premier genre et la narration au deuxième. Le village américain dans lequel est sensé se dérouler l’histoire en est réduit à ce qui semble d’abord être une maquette, et qui se révèle en fait être un hangar dans lequel on a délimité sur le sol les différentes maisons, sans murs, mais où on entend les portes s’ouvrir et se fermer... Quelques meubles ici et là, des jardins et une mine imaginaires ou un magasin font du décor quelque chose de purement secondaire visuellement. Et ce n’est que pour mieux illustrer (oui, voilà le mot!) la fable humaine (oui, voilà le deuxième) qui va se jouer devant nous.

Le jeu des acteurs est magistral, comme au théâtre, et pourtant c’est du cinéma. L’ambiance est très littéraire, et pourtant c’est du cinéma. Les images sont picturales, et pourtant c’est du cinéma. La musique est superbe,-c’est la musique sacrée de Vivaldi-, et pourtant c’est du cinéma. Ca vous prend aux tripes, le suspense est par moments intenable, la magie aussi, la poésie n’en parlons pas, c’est une prouesse que ce film! Les mots me manquent. Il faut le voir. IL FAUT LE VOIR.

Lars von Trier est un génie. Nicole Kidman une actrice hors pair. Les autres acteurs sont excellents. Le film est long, proche des trois heures, et pourtant on ne les voit pas passer. C’est de l’art. Abstrait et concret à la fois. C’est de l’ART.

Lorsqu’on loue le dernier Lars von Trier, son huitième, Dogville, avec Nicole Kidman dans le rôle principal, on sait qu’on loue un chef d’oeuvre. Un chef d’oeuvre qui traite de l’Homme, surtout en société, et le moins que l’on puisse dire est que Lars soit un optimiste. Et, in fine, on ne saurait lui donner tort...

Ce film est le premier d’une trilogie que Manderley et Washington sont appelés à rejoindre. Malheureusement, Nicole Kidman a rompu le contrat qui la liait à Von Trier pour des raisons dites "de schedule". Il semblerait que c’est Catherine Zeta-Jones qui devrait reprendre le rôle de Grace. Mine de rien, tout comme Nicole Kidman, Zeta-Jones semble bien partie pour devenir -aussi- une grande actrice. Qui l’eut cru?

 04/12/2003
 laurence

L'art du plongeon aux Tanneurs

L'art du plongeon ou questions et théories sur l'amour et la passion. Malgré le coté brouillon et trop long de cette production, de très belles images sont proposées aux spectateurs (ah, ce moment où après de longs discours sur la passion, comédiens-chanteurs-danseurs se plongent la tête dans un ridicule sac plastique rempli d'eau ...).
Sur fond de chants baroques, images vidéos sublimes et danseurs malheureusement trop terrestres se confrontent, et, comme bien souvent, c'est l'idée (la vidéo) de l'amour qui l'emporte...

 04/12/2003
 laurence

Acto Beckett II aux Brigittines

Chiant comme la mort, mais n'est-ce pas là l'essence même des textes de Beckett?

Il est difficile d'écrire une telle critique, car autant l'ennui et l'attente de la fin de la pièce étaient présents, autant d'un point de vue intellectuel, cela semble juste par rapport à l'univers "Beckettien". Deux sentiments se font face et existent en même temps.
Et on est reparti pour un tour...

Pour les amateurs...

 04/12/2003
 vincent

Cette femme-là

de Guillaume Nicloux

Ce film est tellement maladroit que l’on pourrait croire qu’il est le fruit d’une première réalisation. Pourtant Guillaume Nicloux n’en est pas à son premier essai. Il nous avait surpris en réussissant l’adaptation périlleuse du Poulpe et il nous avait carrément épatés avec Une affaire privée (souvenez-vous).

Cette femme-là est un polar classique où une inspectrice (Josianne Balasko), usée par le fil des ans, enquête sur un suicide (semblant) déguisé. Au lieu d’exceller dans le genre comme il l’avait fait avec Une Affaire privée, Guillaume Nicloux s’embourbe totalement en voulant brouiller les pistes en donnant à son histoire des allures fantastiques qu’elle ne possède pas et en imprégnant son film d’une ambiance glauque et lourde visiblement trop clichée (On se lasse vite de cette Josianne Balasko qui tire la gueule sur chaque plan). Une grosse déception...

 04/12/2003
 laurent

Les nullissimes de cette fin d'année...

The Distillers, avec Coral Fang, est encore un phénomène n venu troubler un temps t. C'est en lisant la chronique de Philippe Manoeuvre dans Rock & Folk du mois dernier que j'ai écouté, intrigué, ce qu'ils classaient comme étant leur Album du mois.

C'est nullissime. Je tenais à le préciser. Il s'agit d'un groupe australien post-punk sautillant et gueulard dont la chanteuse s'époumone à crier comme un hooligan poisseux. A tel point que le seul titre "écoutable" est le hidden track, instrumental! Le résultat est affligeant.

Dans un autre style, le petit neuveu de Tricky, Finley Quaye n'a guère fait mieux. Alors qu'il avait sorti il y a maintenant presque 7 ans un album, Maverick A Strike, qui venait à point pour qui voulait entendre quelque chose d'innovant et suave dans le monde du reggae et/ou de la soul, son album suivant, Vanguard, fût -déjà- une déception à la hauteur de l'attente qu'il l'avait précédé...

Much More than much love est à la hauteur de Britney Spears!(et encore il paraît qu'elle est très bien produite maintenant...). Comment peut-on descendre aussi bas? Je n'en reviens absolument pas. Ce n'est plus du reggae, ni de la soul, c'est de la pop de supermarché.

Mi-figue mi-raisin, 12 Memories, le dernier Travis, n'est ni bon ni mauvais, mais on reste indifférent, et ce n'est peut-être pas mieux...


Source: Glazblog

Blogs de djeunz

Oui, faites-vous peur en allant visiter Skyblog, la machine à blogs de la radio SkyRock. Mais si Skyrock... La radio dite libre qui invite des gens simulant la prise de drogue permanente, des ex-actrices de film de cul et autres variétés animales bizarroïdes du plateau. Allez ensuite faire un tour sur quelques blogs hébergés là-bas, en vous disant bien que SkyBlog héberge une TRES grande partie des blogs existant en France. Ca y est, vous y êtes ? Le jeu commence. Balladez-vous de blog en blog. Quand vous en avez trouvez un rédigé en français, je veux dire vraiment en français, pa un dialekt de djeunz ki tu de la mor ka lair ékri avek un mobile, vous avez gagné. Oui, vous avez le droit de vous ravitailler et même de dormir pendant cette Quête. Bonne chance.

 08/12/2003
 vincent

Grandaddy à l'Ancienne Belgique

J’ai découvert Grandaddy cet été et je m’en suis voulu de ne pas m’y être intéressé plus tôt. Sa musique doit se situer quelque part entre Radiohead (pour cette capacité insolente à aligner les mélodies accrocheuses et parfaites) et Beck (pour ce côté ludique et populaire décomplexé) . Je suis sûr que si les membres de Grandaddy étaient plus photogéniques et n’avaient pas ce physique de bûcherons aux gants de velours, Grandaddy aurait vraiment un succès colossal.

C’est donc avec un certain enthousiasme que j’attendais ce concert à l’Ancienne Belgique. Hélas, l’attente ne fut pas récompensée. Grandaddy a beau être très généreux, il ne fait pas partie de ces groupes qui arrivent à transcender son répertoire sur scène. Le groupe se contente de rejouer fidèlement ses morceaux et comme la configuration du groupe ne lui permet pas d’être une bête de scène (le chanteur est bloqué derrière ses claviers), j’ai eu difficile de ne pas avoir cette désagréable impression de m’être déplacé pour écouter un CD.

 08/12/2003
 ivan

Elephant (II)

de Gus Van Sant

En sortant de la salle j’étais un peu dubitatif.

Avec le regard que j’y ai porté, ce film me semblait dangereux dans la légèreté avec la quelle il traite du sujet, suite au film de Michael Moore Bowling for Colombine, j’ai eu du mal à me détacher du côté documentaire et Elephant devient alors effrayant, par son manque de contexte, de profondeur et de sens critique, sorte d’invitation au premier paumé venu à faire pareil, le film étant complètement détaché des conséquences des actes, actes posés sans véritable motif. Puis la soirée passant et la discussion sur le chemin du retour continuant, j’ai abordé le film autrement et en cherchant quel point de vue Gus Van Sant aurait-il bien pu prendre, je suis arrivé à une conclusion qui me semble acceptable: le film est empli de clichés, les gens sont des stéréotypes, les faits sont d’un commun frappant (aller au cours, aller à la cafétéria, les blondes vomissent après le repas, les parents sont alcooliques,...) tout est cliché, à ceci on ajoute le fait que les plans des déplacements sont vus depuis un oeil humain, la caméra se déplace presque continuellement en caméra subjective. Je ferai le rapprochement avec un jeu vidéo, même déplacements, même point de vue, même contexte esquissé, même détachement total, le seul but étant de croiser des cibles potentielles dans des couloirs interminables. Ce film est un jeu vidéo, ou plutôt une démonstration d’un jeu vidéo sur grand écran. Voilà le point de vue de Gus Van Sant. Maintenant que tirer comme conclusion de ce parti pris? Faut-il interdire les jeux vidéos parce qu’ils sont la cause du massacre? Faut-il arrêter de construire des écoles avec des couloirs parce que source de massacres? La question reste ouverte. En tout cas pour moi (même si je passe pour un vieux con) je suis d’avis que ce film ne peut être vu sans une réflexion qui l’accompagne, et peut-être doit-on le rapprocher du film de Michael Moore (qui a le mérite, même s’il n’est pas objectif, de prendre position), mais dans cet ordre: Elephant - Bowling for Colombine. D’ailleurs je suis bien d’accord avec la critique de Vincent selon qui si l’action (?) avait eu lieu dans un supermarché s’eut été pareil, le contexte n’étant que prétexte au véritable intérêt du point de vue: tuer tout ce qui bouge.

 08/12/2003
 ivan

Hero

de Yimou Zhang

Hero ou comment raconter et répéter en longueur une histoire simple et courte, mais avec une photographie et des couleurs somptueuses.

 08/12/2003
 ivan

Muse à Foret National

Muse, c’est un peu passe partout, et même si leur musique n’est pas faite de finesse de renouvellement et de subtilité, ça se laisse écouter.

Ca fait un moment que j’attends un concert qui me donne à voir un véritable show grandiloquent. Et Muse m’en a donné pour mon argent: feu d’artifices de paillettes de papier, lâché de ballons, gros ballons lancés sur le publique avec des confettis dedans qui s’envolent dès qu’un briquet vient à l’effleurer, écrans vidéos géants, lightshow, bref tout ce qu’on peu attendre d’un groupe qui joue sur la scène de FN. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau du son, je sais que FN est loin d’être une salle reconnue pour son son, mais j’ai rarement eu droit à un concert avec un son aussi déplorable. Et ça m’a gâché mon concert. Question aux ingénieurs du son de la planète: pourquoi systématiquement mettre le volume des instruments si haut que la voix soit complètement noyée et que l’oreille ne distingue plus rien qu’un brouhaha indescriptible?

 10/12/2003
 vincent

Les pires pochettes de tous les temps

Merci à Grégoire de nous parler de ce weblog (maintenant vous devriez savoir de quoi il s’agit) qui a l’ambition de dresser une liste des pochettes (de disques) pouvant être considérées comme les plus moches de tous le temps. Vous trouverez la première liste ici et la seconde ici (j’adore la pochette- résolument Conan -de l’anthologie de Manowar).

 10/12/2003
 vincent

Master and Commander

de Peter Weir

Master and Commander est aux films d’aventure ce que Das Boot et Saving Private Ryan sont aux films de guerre: une plongée réaliste et peu romancée dans des contextes historiques.

Master and Commanders conte l’histoire d’un gentil navire anglais traquant un méchant navire français en pleine guerre napoléonienne. La réalisation de Peter- Truman Show- Weir est remarquable et les artisans de chez WETA (les responsables des effets spéciaux de la trilogie The Lord of the Rings) ont encore fait des miracles... On s’y croirait vraiment! A voir également pour Paul Bettany (que l’on avait vu dans Dogville) magnifique en médecin naturaliste désabusé par la guerre.

 11/12/2003
 vincent

The Silver Mt. Zion - This is our punk rock

Constellation (2003)

Le titre "This is our punk rock" sonne comme un manifeste. Est-ce pour cette raison que le disque s’ouvre sur une espèce de chorale mystique vous annonçant que de nouveaux horizons vont s’ouvrir? Sûrement car avec cet album, The Silver Mt. Zion s’affirme comme un groupe à part entière avec sa démarche personnelle et ne peut plus être vu comme une déclinaison "musique de chambre" de Godspeed You! Black Emperor.

This is our punk rock est un album résolument atmosphérique. Les morceaux sont de longs moments de tension abstraits simplement palpables. L’album doit sûrement son titre par cette capacité à résonner comme un hymne dérangeant. Une voix grinçante et rageuse hante tout le disque et le fait sonner comme un long voyage nihiliste dans l’angoisse et l’inquiétude.

Un album difficile mais qui une fois accepté, marque positivement son auditeur.

 15/12/2003
 laurent

DVD: Adaptation

de Spike Jonze

Adaptation, le dernier Spike Jonze est un film étrange. Mais avouons qu’on ne s’attendait pas non plus à quelque chose de conventionnel de la part du réalisateur de Being John Malkovitch.

C’est l’histoire de deux frères jumeaux, Charlie et Donald Kaufman, joués tous deux par Nicolas Cage, qui écrivent des scénarios pour le cinéma. Le premier, Charlie, intello et renfermé, mal dans sa peau, tente d’adapter un livre écrit par Susan (Meryl Streep), une journaliste pas très heureuse dans sa vie, qui s’intéresse à un passionné déluré de magnolias, John Laroche, joué par un étonnant Chris Cooper édenté (le père militaire dans American Beauty). Donald, le frère de Charlie, est un gai luron, pas très futé, qui écrit un scénario très « bateau » mais aussi très apprécié par le ’milieu’. Charlie comprend tardivement la valeur cachée de son frère, notamment par la phrase de ce dernier : "Tu es ce que tu aimes mais ce que tu aimes n’est pas toi". En clair, ce n’est pas parce que vous aimez Cantat que vous approuvez ses actes. Par cette simple philosophie de l’existence, Charlie comprend que son frère Donald a "tout" compris et lui rien ou pas grand chose, frustré qu’il est à s’en faire constamment du qu’en dira-t-on...

Le film contient beaucoup de surprises après une première demi-heure que certains jugeront "difficile". Le jeu des acteurs est très riche. Un bon film en somme. Le deuxième film ’populaire’ de Spike Jonze confirme son don pour le cinéma. Il l’avait déjà pour le vidéo-clip (Beastie Boys, Bjork, Chemical Brothers, REM)...

 17/12/2003
 vincent

Rock n'roll!

Jack White des White Stripes s’est défendu comme n’importe qui d’autre l’aurait fait (selon ses dires), lors d’une altercation avec Jason Stollsteimer des Von Bondies (clone des White Stripes),. A voir la photo du visage de Jason Stollsteimer, il semble que Jack White sait aligner ses coups comme ses riffs... Du grand art!
Source photo: NME

 18/12/2003
 vincent

Il n'est jamais trop tard...

Dans une interview accordée au quotidien Le Soir, James Hetfield, l'invectiveur/éructeur de Metallica, a déclaré que malgré ses 20 ans de carrière, la scène est quelque chose de nouveau pour lui vu qu'il est enfin assez clean pour voir la réaction de son public!

 18/12/2003
 vincent

Elephant (III)

Voilà une déclaration qui va dans le sens de l’analyse d’Ivan:

"Avant de commencer mes recherches sur Columbine, je n’avais jamais touché une console de jeux de ma vie. Et puis j’ai essayé Tomb Raider et je suis devenu accroc. D’ailleurs, Tomb Raider a considérablement influencé le style d’Elephant. Dans le jeu, j’aime la manière dont on explore un environnement virtuel. En fait les tueurs de Columbine, ne jouaient pas à Tomb Raider mais à Doom, un truc de dingue qui se joue en réseau sur l’Internet, avec des gens du monde entier. Plutôt étrange et violent. Complètement addictif. Vous explosez les types les uns après les autres, ça ne s’arrête jamais ..." Gus Van Sant, lu dans le Playstation 2 Magazine

 19/12/2003
 laurent

Cecilia Bartoli au Bozar

Le but premier de Cecilia Bartoli, la mezzo-soprano italienne de 37 ans, était de redonner à Antonio Salieri (1750-1825) la reconnaissance qu’il mérite, et ce, entre autres, depuis que le film Amadeus de Milos Forman l’avait relégué injustement dans le rôle du mauvais qui a fait de l’ombre à Mozart. Compositeur le plus puissant à la Cour de Vienne, on sait que Beethoven, Schubert et Liszt furent ses élèves. On peut donc en déduire que ce n’est pas n’importe qui.

Quant à Bartoli, grande mezzo-soprano des temps modernes, nouvelle Maria Callas du troisième millénaire, on ne peut que lui faire confiance, et ce, les yeux fermés (...). Déjà à son actif maint enregistrements relevant de l’Opéra (Rossini, Haendel et Mozart principalement), Bartoli s’est mis en tête de partir, telle une chercheuse de pépites d’or, aidée en cela par le musicologue Claudio Osele, à la recherche des manuscrits oubliés ou négligés, et, forte d’une réputation qui n’est plus à faire, à utiliser cette dernière à bon escient pour "populariser" ses trouvailles. S’il y a une chose qu’on ne peut certainement pas reprocher à Bartoli, c’est de donner dans la facilité commerciale.

Vivaldi donc, pourtant connu du grand public (trop peut-être justement), a bénéficié de l’apport de la cantatrice romaine. En effet, elle a réussi à désarçonner l’auditeur en lui servant des titres non exploités auparavant qui ont jeté une nouvelle lumière sur le prêtre chauve italien. The Vivaldi Album, sorti en CD était une pure merveille. Le DVD Viva Vivaldi du concert tiré de sa tournée d’alors, enregistré au Théâtre des Champs Élysées est un délice. Le CD de Gluck continuait dans la même lancée, tout en étant moins "festoyant".

C’est donc accompagnée des 28 musiciens qui forment la Freiburger Barockorchester que Bartoli "défendait" son dernier album, The Salieri Album, au Palais des Beaux Arts ce mercredi 17 décembre 2003. Une date inscrite à tout jamais…

Un concert de Bartoli se déroule de la manière suivante : la cantatrice chante un, deux ou trois morceaux, entrecoupés d’applaudissements à faire sauter n’importe quel applaudimètre, puis disparaît, laissant l’orchestre qui l’accompagne exécuter un morceau purement instrumental. Et je dois dire qu’autant que Bartoli, la Freiburger Barockorchester s’est surpassée en perfection. On imagine tout à fait toutes ces personnalités ensemble, plus perfectionnistes les uns que les autres, pour arriver à donner un son "pur", respirant la parfaire harmonie, et dont aucun disque ni DVD, sur aucune chaîne de Haute-Fidélité aussi perfectionnée (et chère) soit-elle, et selon les meilleures méthodes d’enregistrement de studio actuelles, n’arrivera jamais à égaler. Un concert de classique est magique en soi. Un concert de Bartoli est féerique, c’est un avant-goût du paradis (s’il existe), un condensé des meilleurs moments de votre vie, un espoir en l’humain...

Ce concert montre aussi, notamment grâce à des titres comme "E voi da boun marito" que Salieri avait le sens de l’humour, lorsque la cantatrice, jouant le rôle de la future mariée énumérant un par un les instruments qu’elle veut avoir à son mariage, laisse chacun des musiciens, puis tous ensemble, jouer tout en finesse les mélodies enchanteresses. Bartoli montre qu’elle est, outre une grande mezzo, une actrice hors pair.

Les morceaux instrumentaux m’ont fait découvrir un Salieri tantôt proche de Beethoven, tantôt de Vivaldi, et même, j’en fus plus qu’agréablement surpris, à un Bizet novateur et preneur de risques, mêlant la musique populaire (comme les castagnettes) à la musique classique.

Bartoli a chanté comme une déesse. Les mots me manquent pour décrire ce que j’ai vu, ou, pour être plus précis, ce que j’ai entendu. J’en étais tout retourné, essuyant quelques larmes devant la beauté sublime et subliminale du canto de l’Italienne. Du grand Art!

 19/12/2003
 ivan

Moloko - Brixton Carling Academy of London

C'est une splendide et généreuse Murphy Roisin qui a donné à ce concert de Moloko toute sa valeur. Loin d'un certain remix interminable (et insipide) d'il y a quelque temps- Sing it back - qui me freinait un peu à l'idée d'aller voir ce concert, Moloko a ici eu le mérite de m'étonner. Si le côté électro dépouillée sautillante d'un très chouette I'm not a doctor s'efface un peu au profit d'arrangements plus étoffés sur le dernier album Statue, la voix captivante de MR reste la clef des compositions. Et ce pourquoi il faut voir Moloko sur scène, c'est que les morceaux prennent toute leur ampleur par une présence remarquable d'une chanteuse qui, malgré le succès croissant et le public de convertis, continue à tout donner et à prendre plaisir dans sa prestation. On ne peut qu'être admiratif devant tant de générosité et d'énergie.

Je retiendrai autre chose également, c'est la qualité irréprochable du son. Il faut donc aller jusqu'à Londres pour trouver quelque chose de convenable... Tout en sachant que chez nous la bière est bien meilleure et moins chère... Décidément rien n'est parfait.

Vous trouverez quelques photos du concert ici et ici.

 22/12/2003
 laurent

DVD: About Schmidt

d'Alexander Payne

Jack Nicholson y joue ce que beaucoup de nos pères ont été... Le travail, le travail, toujours le travail jusqu’à la retraite. Et là, une fois que le bonhomme se tourne pour voir ce qu’il reste de toutes ces années, il ne voit rien. Rien du tout. Le néant.

About Schmidt est tiré du roman de Louis Begley, et a été adapté pour le cinéma par Alexander Payne, pas encore très connu mais ça ne saurait tarder... Jack Nicholson est étonnant tellement il a su "s’effacer" pour mieux coller au désarroi du personnage. L’une des scènes les plus émouvantes du film est celle où sa fille lui fait comprendre qu’elle s’en fiche de son avis, lui qui fût absent de son enfance et de son adolescence, toujours pris par son travail. C’est presque comme qui dirait le procès de toute une génération qui s’est trompé de valeurs...

 22/12/2003
 laurent

Miles Davis - Kind Of Blue

Columbia (1959)

Voici un de mes CD de chevet. Rien de moins. Ce disque est extraordinaire de lucidité. C’est un véritable chef d’oeuvre. La bonne nouvelle, et c’est pourquoi je vous en parle, bien que, c’est vrai, je pourrais le faire sans raison tellement ce disque est excellentissime, c’est qu’il vient de sortir remastérisé, en son dolby truc-muche et en super audio bazar.

Ce disque réunit autour de Miles Davis les plus grands : "Cannonball" Adderley, Paul Chambers, James Cobb, John Coltrane, Bill Evans et Wynton Kelly. Il constitue le masterpiece de l’improvisation et de la spontanéité limpide, créative, qui ne part jamais dans tous les sens comme peut parfois le faire le Jazz. Pour ceux qui n’y connaissent rien en Jazz c’est l’indispensable entrée en matière...

 24/12/2003
 laurent

The Beatles - Let it be...Naked (money money money)

Apple (2003)

The Beatles est un grand groupe. Le plus grand? C’est clair. Du coup, les maisons de disque, qui traversent des temps plus que difficiles (si si, je vous assure, il paraît qu’il y a plein de gens qui passent leur temps à charger sur le net et à copier des CD), se disent que l’on peut publier à peu près ce que l’on veut, pourvu que ça porte la marque du groupe de Liverpool, car on est sûr d’une chose : il se vendra, quelle qu’en soit sa qualité... A moins d’être un méga-mordu des Beatles, ce disque est, comme la plupart de ceux parus depuis une dizaine d’années, dispensable.

Je me suis fait avoir. Et beaucoup vont se faire avoir. Beaucoup vont avoir de fausses joies en ouvrant un des cadeaux glissés sous le sapin, pur produit des maisons de disques très intéressées par votre portefeuilles. Il s’agit du Beatles de cette année, puisque chaque année nous réserve son lot de nouvelles trouvailles sur le groupe. Alors ce disque n’échappe pas au phénomène, loin de là, et son seul argument de vente est de dire ; "ah, on sort ce disque tel qu’il avait été conçu à l’origine!" Oui, car figurez-vous qu’il avait été retravaillé par le méchant John Lennon (dont l’ombre de l’encore plus méchante Yoko Ono trônait constamment), qui avait rajouté sans le dire aux autres (ô le méchant!) un orchestre symphonique, des choeurs et des dialogues aux titres enregistrés par la bande. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? demanderez-vous avec raison. Ce disque a été enregistré en janvier 1969 mais n’est sorti qu’une fois que le groupe avait splitté, en 1970, et après le formidable Abbey Road, pourtant enregistré après (vous suivez?).

Les violons qui ont fait de Phil Spector l’un des producteurs les plus connus et reconnus ont ici été effacés afin de ne garder que ce que le quator (aidé par un Billy Preston aux claviers) avait "réellement" enregistré. La messe est dite. N’est-il pas plus intéressant d’écouter les quatre lascards simplement jouer de leurs instruments en studio? Mais qu’attend-on au fait en écoutant ce disque, Let it Be... Naked. Un son plus pur ? Un son plus brut ? Plus nu ? Une vérité que l’on nous aurait caché ? Car c’est véritablement la question que l’on doit se poser. Que pensez-vous que cette version va apporter à votre approche du plus grand groupe de rock de tous les temps?

Et bien... pas grand chose à vrai dire, et ce n’est pas étonnant. On se rend compte plutôt que John Lennon avait eu une riche idée de faire appel à Phil Spector (on s’en rend compte notamment sur "The long and winding road"), qui venait juste de produire pour lui "Instant Karma". Alors la version servie ici perd un peu de sa magie, celle que l’on connaissait déjà. Et tout ce que l’on peut se dire c’est "ah, je suis content, j’ai à présent deux versions du même album, l’un "naked" l’autre comportant une post-production (d’enfer). Sans dénier le grand talent de Paul McCartney, cet événement ne fait que conforter encore une fois ma conviction que John Lennon était celui que je préférais dans les Beatles. C’est d’ailleurs le seul dont la carrière solo soit véritablement passionnante, mais là je ne fais que donner mon avis…subjectif forcément.

Un des disques (double en plus) qui m’a le plus déçu c’est cette ignoble Anthology des mêmes Beatles. Mais si, souvenez-vous, c’était en 1997, avec le tube "Free as a bird", trouvé dans une cave... et comportant plusieurs titres en mono, entrecoupés de leurs interventions télévisées... Insipide. Ils ont remis ça, tant qu’à faire... Le deuxième CD, Fly on the Wall , qui accompagne Let it Be... Naked comporte des moments "formidables" (entre quelques poignées de secondes jusqu’à 1 minute 32 !) de quatre grands types en répète, entrecoupés des bribes de dialogues en studio... Insipide.

Je me suis fait avoir. Je vous aurai prévenu. D’ici à ce qu’on nous serve des films sans post-production, ça promet...

PS: A propos, le disque est Copy Controlled. Etonnant non?

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Muse à Foret National
Les pires pochettes de tous les temps
Master and Commander
The Silver Mt. Zion - This is our punk rock
DVD: Adaptation
Rock n'roll!
Il n'est jamais trop tard...
Elephant (III)
Cecilia Bartoli au Bozar
Moloko - Brixton Carling Academy of London
DVD: About Schmidt
Miles Davis - Kind Of Blue
The Beatles - Let it be...Naked (money money money)