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06/01/2004
laurent
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Après vous
de Pierre Salvadori
Ce film de Pierre Salvadori (Les apprentis, ... Comme elle respire) mêle le rire et le drame, et plus généralement du qui sommes-nous vraiment par l’entremise du déguisement social. On appelle ça une comédie dramatique, ou fable sociale, ou encore comédie psychologique...
Le jeu des acteurs est bon, surtout Sandrine Kiberlain, très touchante, et Daniel Auteuil, qui frôle à nouveau -enfin- le style de la comédie. Il joue également merveilleusement le sentiment amoureux. José Garcia peut par contre paraître parfois surjoueur, dans un rôle qui est plutôt nouveau pour lui puisqu’il y joue un dépressif suicidaire. Il y a pas mal de trucs qui ne tiennent pas debout dans ce film, mais la finalité y est tellement salutaire et le jeu tellement précis qu’on oublie vite que "ça ne se passe pas comme ça dans la vraie vie". Mais en fin de compte, ne demande-t-on pas au cinéma de nous faire rêver?
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07/01/2004
ivan
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Zatoïchi
de Takeshi Kitano
Monsieur -l’imprévisible- Kitano revient après son très contemplatif et coloré film ode à l’amour, Dolls, avec un film de sabre: Zatoïchi. Un film, où une fois encore, il surprend, il se fait plaisir, il use avec un certain air moqueur et de "moi aussi je peux le faire" de moyens cinématographiques inattendus , la scène finale-paroxysme de son ironie: Kitano se permet un ballet de claquettes, sorte de conclusion d’une comédie musicale (que son film n’est pas), qu’il esquisserait avec de petits détails comme glanés au cinéma du reste du monde, tel un Lars Von Trier et son Dancer in the dark. Les paysans dans les champs frappent le sol en rythme et les charpentiers construisent une maison en musique. Kitano garde son détachement dans son écriture, comme dans le jeu de son Beat Takeshi. Zatoïchi, sorte de chevalier errant, aveugle maniant le sabre avec brio, super héros immortel. Il nous sert son humour burlesque et ses silences qui rapprochent son cinéma du mime des films muet. Kitano a définitivement trouvé sa voie, il avance où il veut et comme il veut, se souciant peu des codes établis et des cahiers des charges imposés d’une bonne partie du cinéma d’aujourd’hui. Puisant intelligeament autour de lui et jonglant avec les styles pour raconter à sa manière ses histoires avec justesse et habileté.
Je suis un convaincu...
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10/01/2004
vincent
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Pas sur la bouche
d'Alain Resnais
Quel est l’intérêt de ce film? Si c’est de prouver que l’on peut filmer une opérette d’antan sans y apporter une once de modernité, c’est vraiment réussi! Pas sur la bouche est poussiéreux à souhait seul le casting (Sabine Azema, Audrey Tautou, Lambert Wilson, ...) nous rappelle que nous sommes au 21ème siècle.
Je ne vais pas dire que c’est nul car ce n’est pas le cas. C’est juste qu’un vaudeville à l’ancienne où rien n’a été actualisé, a peu de chance de faire sourire le spectateur d’aujourd’hui. Je n’ai d’ailleurs pas entendu une seule seconde d’expression d’enthousiasme dans la salle. Alain Resnais est vraiment maladroit en croyant que le spectateur qui a dans la tête son On connaît la chanson et des films comme Jeanne et le garçon formidable, 8 femmes ou voir même Dancer in the dark risque de tomber facilement sous le charme de son opérette "séculaire".
Vous voilà prévenu...
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12/01/2004
laurent
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Anything Else
de Woody Allen
C’est encore une fois à du très bon Woody Allen que l’on a affaire ici. On ne peut pourtant pas dire que le casting coulait de source. Jason Biggs, connu pour American Pie et Christina Ricci (la petite dans The Addams Family) étonnent par leur jeu modéré, jamais exagéré et toujours tellement criant de vérité, comme Woody nous y a déjà habitué.
Anything Else est l’histoire d’un jeune écrivain comique, affublé d’un impressario minable (Danny De Vito), qui se laisse peu à peu conseiller par un vieux de la vieille pourtant et toujours inconnu (Woody) lui donnant des conseils à profusion sur sa carrière, sa vie privée, sa vie amoureuse etc...
Du coup, Jason Biggs hésite, suit les conseils de notre séxagénaire et on retrouve des scènes franchement hilarantes (j’ai eu plusieurs fous-rires). Woody y est égal à lui-même : excellent. Je sais, je sais, Woody Allen, certains ne peuvent pas le sentir... Et c’est bien dommage!
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16/01/2004
vincent
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Jet – Get Born
Elektra (2003)
Je n’ai absolument rien contre le revival du rock garage / seventies / eighties. Il génère son lot de bons trucs (The White Stripes, Dead Meadow, The Kills, ...), son lot de redites franchement écoutables (Black Rebel Motorcycle Club, The Strokes, ...) et enfin son lot de redites inutiles (The Black Keys, The Von Bondies, Ikara Colt...). Mais là, avec ce Get Born de Jet, on n’est même pas dans le domaine de la redite inécoutable. On est carrément dans le domaine de la redite pour kermesses aux boudins. Cela sonne comme ces groupes amateurs qui font exclusivement des reprises d’un seul groupe genre "Sticky Fingers plays The Rolling Stones" ou "High Voltage plays AC/DC". C’est franchement nul mais pour ceux qui aiment quand même, Jet sera en concert au Botanique le dimanche 7 mars.
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22/01/2004
laurent
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Harry Connick Jr : Piano sessions
Marsalis Music (2002)
Harry Connick Jr, jeune prodige qui chante, compose, joue du piano et dirige un big band depuis qu’il a 23 ans, que l’on comparait aux grandes voix du jazz que sont Frank Sinatra, Cole Porter ou Bill Evans, et qui est devenu plus que mondialement connu avec, entre autres, la bande originale de Quand Harry rencontre Sally est de retour avec un disque résolument instrumental, peut-être pour redorer son blason "jazz d’élite pour élites", qui sait?
Cela étant dit, son disque, OTHER HOURS - CONNICK ON PIANO 1, est très bon, dans la lignée d’un Brown & Roach. Il y est accompagné de Charles "Ned" GOOLD au saxophone ténor, Neal CAINE à la contrebasse et Arthur LATIN II à la batterie.
C’est un album très intime, où son premier amour, le piano, est largement mis en valeur dans ce format de quartet.
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23/01/2004
laurent
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Dantec : le fascisme fait-il vendre?
Dans la série "est-ce que l’on peut aimer un artiste indépendamment de ces idées ou de ses actes en tant que citoyen?" (j’espère que vous avez vu l’allusion à peine voilée à Cantat), Maurice G. Dantec, le célèbre écrivain (Babylon Babies, Les racines du Mal, Villa Vortex ou encore Laboratoire de catastrophe générale : Journal métaphysique et polémique 2000-2001), a écrit deux lettres de soutien au groupe d’extrême droite Bloc Identitaire, dont un des membres avait tenté d’assassiner Jacques Chirac le jour de la fête nationale française.
"Votre combat, sans doute bien difficile, pour empêcher la dissociation de la France, l’islamisation de l’Europe, la dissolution de l’Occident (le vrai), me touche profondément", explique Dantec. "La maison Gallimard est, paraît-il, depuis ce matin débordée d’appels et de mails demandant CONFIRMATION que ce salaud d’écrivain nazi-sioniste-chrétien s’est bien compromis avec de méchants fascistes nationalistes français, entre autres choses parce qu’il en a marre de voir les "sans-papiers" venus du Kurdistan, d’Irak ou de la Moldo-Slovaquie orientale "occuper" systématiquement les églises catholiques de ce pays, mais pas une seule mosquée." Il assure que "Le Nouvel Obs et sa hantise du complot "judéo-nazi" a fait des émules : ils écoutent du rock alternatif, votent Vert et lisent en boucle Jean-Paul Sartre depuis leur enfance". (Le Monde du 22 Janvier)
Sa maison d’édition, Gallimard, s’est dit consternée par les propos de Dantec.
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27/01/2004
ivan
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Blueberry
de Jan Kounen (avec Vincent Cassel en super cowboy, ami des indiens)
Jan Kounen a cherché à réaliser un western "contemporain". On peut déjà se demander si ça a vraiment un intérêt, tellement c’est ancré dans une époque? Soit, passons. Ce qui déçoit fortement, c’est qu’apparement un western reste d’abord un film avec des cowboys (bien oui!) avec des indiens, avec des méchants cowboys et des gentils indiens et des gentils indiens et des méchants cowboys, etc... Et puis on cherche l’apport actuel au genre et alors on tombe dans une débauche d’imagerie virtuelle de réseaux de toutes sortes qui défilent sur l’écran censés représenter le voyage de l’âme en quête de ses démons cachés... On a l’impression (des propres mots de Vincent Cassel) que Kounen à cherché à mettre à l’écran la vision d’un homme livré à une "expérience psychotrope"... Sur quoi mon aimable voisin m’a dit à la fin du film: "si c’est à ça que mène le châmanisme (médecine indienne dont il est question dans le film) je suis pas intéressé...".
Blueberry est typiquement un film qui rêve d’être américain: c’est en anglais, c’est une imagerie américaine et il y a autant de contenu que dans une bonne grosse production d’outre-atlantique. Si vous allez voir le film, vous pouvez quitter la salle au 3/4 du film, c’est à dire quand la partie western à proprement parler laisse place à la partie imagerie contemporaine (et définitivement américaine). A partir de ce moment là, il n’y a a plus rien d’autre.
Il faut cependant admettre que Vincent Cassel à la gueule taillée pour jouer un cowboy et qu’il sauve en partie l’affaire, mais on ne lui donne pas ici l’occasion de jouer avec tout son talent. Disons qu’il a l’habitude de tourner dans des films moins superficiels (à voir ou re-voir, par exemple, le splendide Sur mes lèvres).
Sortie en février.
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27/01/2004
ivan
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Lolita au théatre Marni, d'après le roman de Nabokov
Un peu inégale, la mise en scène est basée sur des bribes d'idées porteuses, mais on a l'impression que le metteur en scène a eu peur de prendre un parti franc et sans équivoque. A une mise en scène épurée, il ajoute constamment des éléments figuratifs qui ne sont pas sans rappeler le décorum du théatre de boulevard, déforçant systématiquement son dispositif scénique, comme par peur de rester incompris. Comme s'il fallait que ça plaise à tout le monde, et ça tend vers le fourre-tout.
Dommage, parce qu'il y a tout un travail de mise en espace au moyen de panneaux mobiles horizontaux et verticaux qui permettent un cadrage du volume de la scène qui m'a plu. A ce travail sur l'espace scénique, s'ajoute un travail sur le son tout aussi porteur. Ce découpage couplé au son contribue à la mise en forme d'un texte découpé en séquences réparties dans le temps et l'espace et presque détaché des acteurs, au point que l'un pourrait-être l'autre et inversément selon la séquence, tout en restant cohérent et compréhensible. Ca reste malgré tout bien joué et captivant, mais je suis resté un peu sur ma faim, parce qu'il aurait suffit simplement de plus de franchise pour donner lieu à quelque chose de surprenant.
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28/01/2004
laurent
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Kinski - Airs Above Your Station
Strange Attractors (2003)
La petite histoire raconte que c’est dans un pub de Seattle que nos lascars se seraient rencontré. Le guitariste Chris Martin discutait avec la bassiste Lucy Atckinson sur les différences d’enregistrement entre l’analogique et le numérique, et le barman, le batteur Dave Weeks se serait incrusté dans la conversation en clamant la supériorité de l’analogique... Ils seront rejoints (pas au pub - enfin, pas ce jour-là!) ensuite par Matthew Reid-Schwarz, à la guitare également.
Comptant déjà trois albums (dont celui-ci, publié par le label Sub Pop), Kinski vient rejoindre Mogwai dans la catégorie groupes instrumentaux noise-rock expérimentaux. Ils sont cependant plus proches d’un Sonic Youth tellement les moments enlevés sont dynamiques, proches d’un bruit assourdissant mais ô combien mélodieux et hypnotique. Cet album comporte pas mal de moments aériens qui soudain s’envolent pour former un mur de guitares gigantesque (gargantuesque presque même). D’autres morceaux privilégient des atmosphères planantes, parfois frisant l’angoisse, mais cela aboutit toujours par une explosion faisant pas mal penser à ce que faisait également My Bloody Valentine, en plus lourd : du bruit mélodique. L’unique titre chanté par Lucy peut faire penser à Yo La Tengo aussi, sous excitants!.
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