 |
01/02/2004
vincent
|
 |
In the cut
de Jan Campion
Le début de In The Cut m’a fait vraiment peur. Une fellation stylée et une scène de masturbation féminine mal placée m’a laissé croire un instant que le "porno d’auteur", cher à certaines réalisatrices françaises en manque de visibilité (je ne citerai pas de noms), avait touché le cinéma américain. Ouf, il n’en est rien : In the cut est juste un exercice ayant comme unique fonction de relancer une réalisatrice et une actrice en perte de vitesse dans la course aux Oscars (c’est raté vu qu’elles ne sont même pas nominées). Jane- La Leçon de Piano –Campion se voit donc donner l’occasion de réaliser un film faussement glauque où l’on parle de mal-être sexuel à visage découvert (le tout est livré sous la forme d’un thriller (ne nous mouillons pas trop tout de même)) et Meg Ryan peut montrer qu’elle ose "se compromettre" en tournant autre chose que des comédies romantiques sponsorisées par Kleenex.
In The Cut sonne donc inévitablement faux de bout en bout. Certains ne s’en formaliseront pas et rentreront sans problème dans le film mais pour ma part, il m’a laissé de marbre.
|
 |
 |
 |
02/02/2004
laurent
|
 |
Que de la daube!
Si vous allez à un anniversaire et que vous ne savez pas quoi offrir, voici des cadeaux de la part de "quelqu’un qui vous veut du bien" :
- Dave Clarke - Devil’s advocate = affligeant, fatigant. Parfait pour la torture!
- Luciano - Tell it from the heart = Pour avoir des sous-sous dans la po-poche et se payer du Shit, on ressort un bon - mauvais- vieux disque de reggae... On se croirait zau Club Med à l’écoute de ce disque, et on est étonné de ne point entendre le chef de village rappeler les principes de la conso apéro avec un collier de perles...
- The Darkness, Permission to land = sous prétexte de se foutre de la gueule des groupes les plus glam et FM rock du siècle dernier, The Darkness est un produit marketing qui illustre encore une fois la grande imagination des maisons de disque...
- Partchimp, Chartpimp = à l’image de la créativité débordante qui a accouché du titre de l’album... (sorte de hardcore gueulard).
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
03/02/2004
laurent
|
 |
Etats-Unis d'Amérique : La Décadanse
C’est à un "merveilleux" scandale, bien à l’américaine, qu’une bonne centaine de millions de téléspectateurs et de spectateurs ont assisté en découvrant le sein de Janet Jackson (la soeur de l’autre) qui se donnait en spectacle (c’est le cas de le dire) avec Justin Timberlake à l’occasion de la finale du championat de football américain.
Réactions qui illustrent ce "bon" vieil esprit américain :
"Je n’avais pas l’intention d’aller si loin. Je présente mes excuses à quiconque a été offensé, y compris l’audience (les chaînes de télévision) MTV et CBS et la NFL (la ligue nationale de football)" Janet Jackson.(Elle a fini par avouer que tout celà était prémédité...)
"Je suis désolé qu’on ait pu être offensé par l’incident de garde-robe durant le spectacle de la mi-temps du Super Bowl", Justin Timberlake.
"L’ouverture du costume de Janet Jackson n’avait pas été répétée ni prévue, c’était complètement inopiné". MTV (qui organisait la chose, et qui pourtant annonçait auparavant la chose comme allant contenir "des moments chocs"....)
"Comme des millions d’Américains, je m’étais installé en famille devant la télévision pour un moment de fête, mais elle a été gâchée par un numéro sans classe, vulgaire et déplorable. Les enfants, les parents et les citoyens de notre pays méritent mieux" Le président de la FCC, Michael Powell.
L’organisation conservatrice Concerned Women for America a également dénoncé un "spectacle pornographique", reprochant à la FCC son "laxisme" et à la fédération de football (NFL) d’avoir approuvé "un spectacle de mi-temps pornographique".
C’est pas en Europe que ça arriverait ça... Est-ce un signe révélateur de la décadence ("décadanse" de Gainsbourg) de plus en plus ostentatoire à laquelle se livre de plus en plus L’Amérique?
|
 |
 |
 |
05/02/2004
laurent
|
 |
Etats-Unis d'Amérique : La décadence II (Opéra VS Rap)
Une loi en Floride interdit d’écouter la musique dans sa voiture trop fort. Comment juger la chose, me demandez-vous avec raison. La loi dit : Si l’officier de police l’entend à plus de 300 mètres, on tombe sous son coup! Je vous rassure, ce n’est pas ça qui m’a surpris, non.
Les faits sont les suivants : un type (encore un black diront certains) a été pris en flagrant délit de violation de cette loi en écoutant, trop fort donc, et dans sa voiture le long de Miami Beach, du rap (50 cent pour être tout à fait exact). Et bien figurez-vous que le juge a eu la bonne idée de condamner l’usurpateur à écouter la Traviata de Verdi, qui dure en tout et pour tout quelques 2 heures et demie. Là je dis bravo! C’est tout de même un comble car la loi ne précise par le type de musique. (Ne vous méprenez guère, j’aime l’Opéra, là n’est pas la question)
Est-ce pour autant qu’il aura le droit, à l’avenir, de se promener le long de Miami beach avec de la musique d’opéra à fond de balle? Car finalement qu’est ce qu’on reproche au contrevenant, d’avoir écouté sa musique trop fort ou d’avoir écouté du rap?
|
 |
 |
 |
06/02/2004
laurent
|
 |
Etats-Unis d'Amérique : La décadence III
Décidément, on va peut-être faire un site sur le sujet...
Après Janet Jackson et son sein (elle vient d’apprendre d’ailleurs qu’elle est persona non grata aux Grammy awards), Bono est également attaqué à nouveau (il avait été blanchi par la Federal Communications Commission) par le président de cette dernière (!), Michael Powell, pour la phrase "This is really really fucking brilliant" prononcée à l’occasion des Golden Globe Awards en 2003.
Onze parlementaires de nos chers Etats-Unis (mais comment ferait-on sans eux?) ont demandé à la FCC de suspendre la licence de diffusion si un mot offensif est utilisé "on air" sur les ondes Radio ou TV. Pendant ce temps, deux parlementaires vont même plus loin : ils proposent un amendement interdisant de tout le réseau radio et télé les mots suivants : shit, piss, fuck, cock, cocksucker, motherfucker et asshole.
|
 |
 |
 |
 |
 |
09/02/2004
vincent
|
 |
The Texas Chainsaw Massacre
de Marcus Nispel
La jeunesse d’aujourd’hui a enfin son Jason Vorhees, Freddy Krueger ou autre Michael Myers. Alors qu’on a cru un moment qu’elle devrait se contenter de tueurs masqués sortis tout droit de Scooby Doo (Scream) ou de monstre guignolesque échappé de mauvais films des années 80 (Jeepers Creepers (souvenez-vous)), nos nouveaux jeunes tiennent leur nouvelle icône qui les empêchera de dormir: Leatherface! C’est une immense chance pour ce gros boucher / bûcheron attardé de se retrouver à nouveau sur le devant de la scène, 30 ans après ses premiers pas à l’écran.
Ce deuxième remake de The Texas Chainsaw Massacre (le premier étant l’officieux The Texas Chainsaw Massacre: The Next Generation où Renée – Bridget Jones – Zellweger tenait son "premier grand rôle") est donc une réussite car il a comme unique ambition de réhabiliter le personnage de Leatherface auprès de la jeunesse d’aujourd’hui. Il n’essaie jamais de faire un remake plan par plan. Exit donc le portrait impossible d’une famille où les membres sont plus barges les uns que les autres, ce remake prend pour parti de présenter ce gros débile de Leatherface issu d’une famille certes, violemment désaxée, mais très loin de la famille tordue de l’originale. Donc, pas de surdose d’humour noir ici, cette nouvelle version de The Texas Chainsaw Massacre se veut juste un authentique film de trouille qui n’a pas peur de lésiner sur les effets gores qui font bien mal, histoire de bien faire comprendre aux spectateurs de Scream ce qu’il est vraiment possible de vous montrer à l’écran. C’est d’ailleurs le gros enseignement de ce film : l’industrie cinématographique et télévisuelle américaine n’a plus peur de ne pas se montrer complaisante. Les récents Wrong Turn et Final Destination 2 (souvenez-vous : ici et ici) allaient dans ce sens. Bad Boys II (réalisé par Michael Bay, l’instigateur de ce remake) enfonçait le clou en abusant de scènes d’action "politiquement incorrectes" et enfin, la troisième saison d’Alias ne compte plus les plans qui font mal ! Souhaitons une longue vie au retour du gore sur les grands écrans!
|
 |
 |
 |
09/02/2004
vincent
|
 |
Illy B – Drop The Needle
Amulet (2003)
 |
Derrière le pseudo Illy B, on trouve Billy Martin, le batteur des célèbres Medeski, Martin & Wood, le trio le plus groove du jazz actuel. L’origine de Drop The Needle est illy B Eats: Groove, Bang and Jive Around (*), le premier disque de Illy B. Ce disque avait comme unique but de réunir collection de rythmes aussi variés que possible pouvant être réutilisés par des DJs ou autres aristes dans leurs créations. La suite vous la devinez… Drop The Needle est un échantillon de ce qui peut ce faire sur ces rythmes "libres". Le liste des contributeurs est impressionnante. Vu le CV de Billy Martin, on n’est bien entendu pas étonné de voir peu de DJs mais plutôt une petite ribambelle d’électrons libres de l’électronique et du jazz. On retrouve donc (évidemment) Chris Wood et John Medeski (de MMW) mais aussi Miho Hatori (Gorillaz), Jennifer Charles (la vénéneuse chanteuse d’Elysian Fields), Calvin Weston (Ornette Coleman), le percussionniste Cyro Baptista (vu chez John Zorn) ou encore DJ Olive (qui a récemment travaillé sur un projet avec Kim Gordon de Sonic Youth). Le résultat est une espèce de hip-hop expérimental joyeusement décalé aux inspirations fort diverses. Inclassable et même si, vu le concept, c’est forcément inégal, c’est à découvrir absolument!
|
 |
 |
 |
11/02/2004
vincent
|
 |
Thirteen
de Catherine Hardwicke
Si le récent Elephant (souvenez-vous) prenait le parti de montrer le côté zonard et glandouilleur de l’adolescence, Thirteen vous met en pleine figure les côtés excessif, superficiel et matérialiste. Il en résulte un film nettement plus énergique et prenant que l’exercice de style auteuriste qu’était Elephant. Cependant on peut se demander s’il ne fallait trouver un juste milieu car par moment, le film perd en réalisme à force de concentrer tous les excès. Cela donne d’ailleurs droit à quelques scènes involontairement comiques comme cette scène où l’héroïne hésite à consommer une bière alors qu’elle a déjà consommé "bien pire" !
Maintenant, il ne faut pas bouder son plaisir tellement il est rare de voir un film américain qui ose montrer toutes ces facettes difficiles de l’adolescence. Tout y est (du moins, je crois) et un des grands mérites du film est de ne pas trop s’attarder sur l’aspect "drogue" qui, lui, a déjà été traité en long et en large. Il doit être vraiment difficile de ne pas se souvenir du comment on a pu être (pour certains) ou de ne pas reconnaître ses enfants (pour d’autres).
Le deuxième grand mérite du film est sa fin. Je m’attendais soit à un happy-end moralisateur fatigant devant rendre le sourire aux parents ou soit à une fin tragique destinée à conscientiser/culpabiliser les plus jeunes spectateurs. Le film m’a pris par surprise en me proposant une fin excessivement réaliste. Rien que pour ça, je lui donnerais bien 10/10 !
Le dernier grand point positif est son casting mêlant jeunes acteurs, has-been transcendé (Holly Hunter) et visages connus du petit écran (Jeremy- Six Feet Under –Sisto, Sarah– Nina– 24 -Myers -Clarke).
Pour le reste, épinglons tout de même quelques gros points noirs. Le montage trop clippé risque d’en fatiguer plus d’un et enfin, comme pour Elephant, le film n’ose pas trop froisser en trouvant des excuses stéréotypées à nos adolescents pour se comporter en adolescent. En résumé, vos enfants n’auront jamais de crises d’adolescence si vous tenez bien vous-même... On est à Hollywood tout même… Il ne fallait pas espérer trop d’honnêteté en un coup !
|
 |
 |
 |
11/02/2004
laurent
|
 |
Melissa Auf Der Maur - Auf Der Maur (Réchauffée au micro-ondes)
Capitol (2004)
Le CD solo de la bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins vient de sortir. Elle dit que c’est un projet vieux de 10 ans qui voit enfin le jour et qui aurait mieux fait d’encore prendre de la poussière. C’est produit par Chris Goss, le producteur, entre autres, de Kyuss et ses dérivés comme Queens of the Stone Age, Nebula, Fu Manchu. Josh Homme y apporte son coup de main à la guitare, mais aussi James Iha des Smashing et Eric Erlandson de Hole et puis beaucoup d’autres... Il exploite le stone rock et le desert rock - c’est la même chose d’ailleurs- sans y apporter quoi que ce soit, si ce n’est un représentant feminin de la tendance (et encore, ça sonne surtout comme du Hole réchauffé au micro-ondes). Ils ont certainement tous succombé aux charmes de Melissa...
Il est copy controlled...
Il ne vaut pas la peine qu’on s’en plaigne...
|
 |
 |
 |
 |
13/02/2004
ivan
|
 |
Ghinzu / Sharko / Girls in Hawaii à l'Ancienne Belgique: Le réveil wallon
Wat een mooie feest! Jeudi soir à l’AB avec quelques fleurons de la scène wallonne. Girls in Hawaii n’ont eu aucun mal à ouvrir le bal, le public déjà conquis par le sextet dont la popularité est en pleine expansion, les a reçu avec tout l’entrain qu’il se doit et l’AB box, troquée pour la grande salle -succès de foule oblige- de se chauffer quasi instantanément. Le groupe (qui paraît fatigué) parvient à donner à sa prestation un niveau tout à fait honorable, maitrisant et jouant avec la tension des morceaux. Ils se permettront quelques morceaux "bricolages" (de leurs propres mots) avec boite à rythme et jeu de voix fort réussis, leur batteur leur faisant défaut, le bras dans le plâtre (actuellement c’est Charlie, le batteur de Mud Flow qui a pris l’intérim). Un bémol cependant à la prestation: les lumières. Ils (ou l’éclairagiste?) se sont un peu fourvoyés avec une superposition d’ambiances qui se déforcent l’une l’autre. Sur scène, ils se construisent un espace fait de luminaires, de TV et de projections vidéos; un univers qui se suffit presque à lui même. Par dessus on leur a ajouté un vague éclairage scénique classique, déjà là on a du mal trouver une cohérence. Et alors, la grosse critique et ce, pour l’ensemble de la soirée: Bang qui ne rate pas le coche et voit bien dans ce genre d’événement les prémices d’un possible avenir doré (3 de leur groupes rassemblés, et qui plus est, remplissant la salle), dissémine dans la salle une armada de caméras comme pour acter visuellement le succès de la fête et qui dit caméra dit besoin de lumière et qui dit acter le succès de foule dit qu’il faut voir le public et donc allons-y et allumons constamment le grand éclairage de la salle. Si ça ce n’est pas casser l’ambiance? Le seul à s’en être plaint c’est le chanteur de Ghinzu, qui visiblement préférait jouer pour son public que pour des caméras. Sharko est définitivement un chauffeur de salle, sa musique se laisse écouter, sans pour autant renouveler le genre, mais le personnage s’amuse et amuse son public. On a même droit au lâcher de ballons et ola dans les gradins. Après Sharko, il est très facile pour Ghinzu -costume cravate et chanteur emplein d’un charisme certain- de poser son rock mélodique et puissant, même si après un début de concert vraiment prometteur où les morceaux s’étalent entre mélodie et explosion, la fin s’égare un peu vers un rock plus lourd et qui perd de sa subtilité. On en redemande! Au vu de l’ambiance et de la qualité d’hier soir, on dirait que la Belgique attendait depuis fort longtemps le réveil du rock wallon. On attend le concert de Mud Flow le 21 avril à l’AB.
|
 |
 |
 |
15/02/2004
vincent
|
 |
The Twilight Singers – Blackberry Belle
One Little Indian (2003)
Non, Afghan Whigs n’est pas mort. The Twilight Singers l’a réssuscité! Pas étonnant en soi, vu qu’à la barre de The Twilight Singers, on retrouve Greg Dulli, le leader des défunts Afghan Whigs.
Afghan Whigs doit faire partie de ces groupes cultes qui n’ont jamais rencontré le succès qu’ils méritaient réellement. Le groupe a sans doute eu la malchance de grandir en pleine époque grunge alors qu’il n’avait pas le profil type pour séduire le consommateur de l’époque: pas de cheveux gras, pas de pantalons déchirés et le chanteur ne donnait absolument pas l’impression d’être un ado suicidaire. En bref, Afghan Whigs était trop mature pour l’époque! Pourtant, la musique d’Afghan Whigs avait tout pour séduire car elle combinait (mieux que quiconque à l’époque) rage et mélodie imparable et surtout, elle était tirée vers des sommets par la voix de Greg Dulli qui savait admirablement bien allier urgence et émotions. Greg Dulli n’a jamais caché sa passion pour la soul et il essayait d’en insuffler dans la musique d’Afghan Whigs.
The Twilight Singers marche donc parfaitement sur les traces d’Afghan Whigs mais avec le côte soul de Greg Dulli nettement mis plus en avant et contrairement à ce qu’a fait Frank Black très longtemps ou ce que fait Stephen Malkmus actuellement, Greg Dulli a l’intelligence de pas chercher à renier son passé. Lors d’un récent passage à l’Ancienne Belgique, il n’hésitait pas à jouer quelques morceaux d’Afghan Whigs au milieu des compositions de The Twilight Singers.
Blackberry Belle est donc un disque indispensable pour tous les amateurs d’Afghan Whigs. Pour les autres, il n’est jamais trop tard pour découvrir une des plus grandes pages du rock américain à travers un chef d’oeuvre comme Gentlemen (qui n’a pas pris une ride) et de plonger ensuite, dans cet album de The Twilight Singers.
|
 |
 |
 |
15/02/2004
ivan
|
 |
Steve + Sky
de Felix van Groeningen
La jeunesse crasseuse et paumée par des réalisateurs flamands... Felix van Groeningen, dépeint, avec Steve + Sky, l’amour "perturbé" de jeunes en perte de repères dans une société hostile où seul l’instinct de survie régit les actes de ceux qui ne se trouvent pas du bon coté de la balance. S’il y a encore un bon côté de la balance, on n’en saura rien, le film ne confronte pas les classes, il est enfui du mauvais côté. Steve (Titus De Voogdt) est un petit dealer mis aux arrêts qui tente vainement après sa sortie de prison de s’en sortir (en volant des motos, qui apparemment est plus facile que de vendre de la drogue). Sky (Delfine Bafort) est une jeune paumée qui vit de petits boulots (pute, ouvrière dans une usine, strip-teaseuse). Ce qui les rapproche, c’est que l’un comme l’autre n’ont de réel but dans la vie que de faire ce qu’ils veulent et comme ils le veulent, comme par réaction à une société trop contraignante. Mais le problème c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent, ils n’ont pas de désir, pas d’envie de construire quelque chose, pas de rêves, leurs seuls buts sont futiles et limités: si le feu devient rouge avant que je ne l’atteigne, je traverse la chaussée en dansant, si ma cigarette est consumée avant que je n’aie fini mon Banana Split, j’enlève mon pantalon ici,... Vu de l’extérieur, avec les yeux de celui qui accepte quelque peu les contraintes de nos sociétés, les comportements de ces jeunes déboussolés, paraissent à la limite de l’aliénation. Tout le film joue là-dessus, sur le côté imprévisible et inattendu de ces gens qui fort de ne se plier qu’à leur propre ego, ne parviennent plus à vivre puisque coupé du monde, et plus aucun dialogue ni communication n’est possible entre eux. Pour le reste, le film ne va pas plus loin, c’est une forme de constat retranscrit sur grand écran, sans espoir, sans critique ni prise de position. On en fait ce qu’on veut. (Sortie le 18 fev 2004)
|
 |
 |
 |
 |
15/02/2004
vincent
|
 |
Blueberry (II)
de Jan Kounen
Je n’ai pas grand chose à rajouter à la critique d’Ivan sauf que contrairement à lui, je trouve que Blueberry a le grand mérite d’avoir la gueule d’un film américain raté et non d’un film français raté parce qu’il a essayé d’être trop américain. Mis à part le choix de Tcheky Karyo (c’est quand qu’ils vont se rendre compte qu’il est encore moins expressif que Jean Reno ?) et de Vincent Cassel (qui sonne vraiment faux en anglais), à aucun moment, on se sent dans un film français (on ne peut même l’attaquer sur l’économiseur d’écran de la fin du film car les frères Wachowski ont fait bien pire récemment). Même s’il l’avait déjà prouvé avec Doberman et ses premiers courts métrages (Vibroboy ou Le dernier chaperon rouge), Jan Kounen est vraiment le seul français capable de faire un film américain avec des moyens français. A ce titre, il peut être considéré comme un technicien de génie. Le problème de Jan Kounen est qu’à l’instar de Luc Besson (dans le même style), il ne sait visiblement pas écrire une histoire qui tienne la route.
Remarque: On est peut-être trop dur avec Blueberry car s’il était sorti à l’époque du The Doors d’Oliver Stone, il aurait certainement fait un tabac chez les adolescents friands de rhétoriques psychédéliques à deux balles.
|
 |
 |
 |
16/02/2004
vincent
|
 |
Les 11 commandements
de François Desagnat & Thomas Sorriaux
Les 11 commandements doit être le premier film à m’avoir littéralement écœuré non pas parce que j’ai été choqué par son contenu mais plutôt parce que Les 11 commandements est la preuve que les médias et les organismes de censure (français ou belge) sont réellement hypocrites et que le jeune public n’est plus qu’une armée de cons crédules. Vous allez bien entendu penser que je débarque et que cela fait longtemps que l’on sait cela et bien non, Les 11 commandements m’a simplement ouvert les yeux et m’a permis de me rendre compte que cela n’avait jamais été prouvé tant je venais d’avoir la preuve (au risque d’insister) sous les yeux.
Je m’explique... Les 11 commandements est une version française (emmenée par Michaël Youn) de l’émission culte Jackass . Pour les néophytes, Jackass est une série diffusée sur MTV où des skateurs ou cascadeurs professionnels cumulent les défis les plus périlleux possibles ou les caméras cachées les plus absurdes possibles. Michaël Youn et sa bande n’étant pas des cascadeurs, n’essaient pas de relever des défis périlleux mais se contentent plutôt d’enchaîner les canulars les plus cons, les plus graveleux ou les plus choquants possibles. Exit le déroulement de tapis humain, la descente de rue en chariot de supermarché, du saut à l’élastique dans une mare à merde… : place au dessin de la plus grande bite du monde, à la course d’hommes déguisés en bite, à la danse en apesanteur, au concours d’arrestation par la police, au foutage de merde dans un supermarché, à l’inondation d’un appartement, au retour d’Adolf Hitler, …
Première constatation (purement artistique celle-là) : Michaël Youn n’a vraisemblablement jamais lu le générique de Jackass et ne s’est donc jamais aperçu que derrière Jackass, il y a ni plus ni moins le nom de Spike - Being John Malkovich – Jonze et par conséquent, une certaine capacité dans la mise en scène, le montage et la réalisation. Il ne suffisait donc pas d’utiliser une caméra DV et de filmer tout à l’arrachée. A ce titre, Les 11 commandements confirme les propos alarmistes de certains réalisateurs qui pensent que les caméras et les techniques de montage numériques vont certes démocratiser l’accès à la profession mais vont surtout appauvrir la qualité des productions. Une réalisation aussi pauvre que Les 11 commandements n’aurait jamais pu être considérée comme un film, il n’y a même pas 5 ans.
Deuxième constatation : Michaël Youn sait que son public cible est jeune (moyenne d’âge de 14 ans) et crédule et ne s’apercevra donc pas que, contrairement à ce qui est dit dans la bande annonce, lui et sa bande n’ONT pas VRAIMENT FAIT ce qu’ils ont filmé. Michaël Youn n’explique pas que pour vandaliser un supermarché et le montrer sur grand écran il a dû trouver un sacré arrangement à l’amiable. Il ne se souvient pas que, contrairement à la légende, le Viagra est un médicament qui ne donne pas une érection sur commande. Il sait que son jeune public est assez naïf pour croire que les policiers sont assez cons pour arrêter quelqu’un déguisé en Frotman ou pour croire que l’on peut inonder une maison d’un propriétaire non consentant et ce, juste en obturant les orifices par du scotch brun. Michaël Youn omet de dire à son jeune public que ressusciter Adolf Hilter pour lui faire tenir le meeting du changement cela porte un nom dans la loi: negationnisme. A nouveau, Michaël Youn semble avoir oublié d’importer un élément essentiel de Jackass : l’honnêteté. A ma connaissance, Jackass ne relève pas de défis éthiquement ou légalement douteux et surtout, ne cherche jamais à cacher les autorisations ou les artifices nécessaires pour réaliser leurs cascades.
Troisième et dernière constatation : Michaël Youn échappe à la censure et bénéficie même du soutien des médias. Je rappelle, pour l’occasion, que le long métrage de Jackass à été officieusement interdit en France. La censure avait jugé bon de l’interdire au moins de 18 ans et, par conséquent, son distributeur n’avait pas pris le risque de le sortir. La presse également s’amuse souvent à lancer la question "est-il responsable de diffuser Jackass ?" (encore récemment vu que Plug TV reprend la série). Comme je l’ai prouvé par a + b, Jackass est bien plus construit, plus déontologique, plus professionnel... Bref bien moins nocif que Les 11 commandements. Je pose les questions: Pourquoi n’y a-t-il pas eu de polémiques? Pourquoi n’est-ce pas enfants non admis ? Bien entendu, pas la peine d’y répondre…
Si je suis la logique des craintes autour de Jackass, cela signifie que, dans quelques semaines, on va assister à une vague de vandalisme ou d’actes négationnistes commis par une partie des jeunes qui trouvent cool Les 11 commandements (et ils sont nombreux à en juger leur enthousiasme). Personnellement, je préférais les savoir à se casser la gueule en essayant de dévaler des pentes dans un caddy de supermarché...
|
 |
 |
 |
 |
20/02/2004
ivan
|
 |
M à l'Ancienne Belgique
La 1ère grosse déception de cette année qui commence. Je m’attendais à quelque chose de festif, de spontané. Et puis rien. Rien ne se passe, un gars dans le costume du personnage qu’il s’est créé, dans un décor qui va de pair (guitare géante, lumières,..., et rien, pas le moindre soupçon du petit truc qui fait qu’on accroche à un concert. Tout est plat, insipide, vidé de toute substance, sorte de fausse fête digne de ce que (j’imagine, je n’ai pas essayé) pourrait être une soirée au club Med. Avec public sur le podium (sans les farandoles- ici c’est "rock ’n roll" Mônsieur-) comme pour dire "vous voyez, je suis sympa et j’aime mon public, il peut participer chouette non?" . Et je n’insiste pas sur le fait que systématiquement chaque chanson jouée sur scène donne lieu à un solo "héros-guitaristique", pratique scénique dont l’époque de gloire est, pardonnez-moi si je me trompe, bel et bien révolue. Bref, je ne m’étais plus embêté comme cela depuis longtemps. Une chose m’intrigue encore: mais où était donc passé la 1ère partie? Nous sommes arrivé à 20h15 et 15 minutes plus tard c’était -M-. Albin de la Simone où êtes-vous passé?
|
 |
 |
 |
23/02/2004
laurence
|
 |
La Folie originelle à l'Océan Nord
Spectacle d'ombres plus que de lumières, ponctué par le déplacement furtif des comédiens et par le texte chuchotté, crié, marmonné, "choralisé", la Folie originelle est chose à prendre plus comme une expérience sensorielle que comme une pièce de théâtre, le texte n'étant qu'un "support" pour nous entrainer dans cet univers dénué de sens.
Bien que le texte post-apocalyptique d'Eugène Savitzkaya me sois passé complètement au-dessus de la tête ( l'"action" prend place dans des décombres, après un tremblement de terre ), "Mais qu'est-ce que vivre dans ce monde où personne ne sait rien sur personne, blablabla,..." etc...
Et bien que la durée totale ait été de deux heures, assise sur une minuscule chaise pour enfant, et qu'il n'était pas vraiment nécéssaire que cela soit aussi long, 1h17 aurait déjà largement suffit...
Malgré tout, la Folie originelle, mise en scène par Véronika Mabardi et Mathieu Richelle, est un spectacle qui se tient ( pour peu que l'on ait accepté les règles posées dès le départ ), qui nous embarque dans une très belle ambiance (post-apocalyptique, d'accord, mais bon...), où sons et lumières ( splendides, étranges, quelques peu glauques ) aggrandissent, ferment, rétractent, concentrent puis réouvrent l'espace, pour, ensuite, refocaliser l'attention sur un point de détail, une action parmis d'autres, des gestes parmis d'autres...
Sorte de poésie théâtrale de mouvements et de sons, où tout se déroule de manière simple et implacable.
|
 |
 |
 |
25/02/2004
vincent
|
 |
Jeepers Creepers 2
de Victor Salva
Le premier Jeepers Creepers a du décevoir pas mal de monde tant il présentait deux visages. La première moitié du film penchait vers l’horreur malsain et glauque à la Texas Chainsaw Massacre et la seconde moitié lorgnait dans l’horreur pour adolescents bouffeurs de bandes dessinées en nous offrant un monstre grotesque qui ne collait pas du tout à l’ambiance du film.
Jeepers Creepers 2 a le grand le mérite d’être cohérent. Il ne s’embarrasse plus de l’option "ambiance malsaine" et semble juste ambitionner de devenir une espèce de Predator texan pour adolescent. Son problème est néanmoins toujours son prédateur monstreux véritablement grotesque. Il est trop humain pour que ses accessoires (ailes, cornes, couteaux en ossements humains à tête chercheuse …) paraissent crédibles. Il n’est pas assez monstre (trop Freddy Krueger) pour justifier le fait qu’il n’ouvre jamais sa gueule pour placer une remarque tranchante. Reste que Jeepers Creepers 2 doit sûrement être diablement efficace chez les plus jeunes. Pour les autres, passez votre chemin…
|
 |
 |
|  |
|