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01/04/2004
laurent
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Big Fish de Tim Burton
Lorsqu’on va voir un film de Tim Burton, on sait que l’on va replonger dans le monde féérique de notre enfance, et c’est ce que l’on aime chez lui. Seul La planète des singes a dérogé à la règle (quoique, l’idée reste fortement ancrée dans le monde fantastique) et l’on était quelque peu déçu par la très discrète patte que laissait Burton dans ce film.
Ici, dans Big fish, les amateurs de Sleepy Hollow seront rassasiés. En effet, tous les ingrédients qui font d’un film de Tim Burton un divertissement doublé d’une oeuvre cinématographique digne de ce nom sont ici réunis : les acteurs (Ewan McGregor, Albert Finney, Jessica Lange, Steve Buscemi, un extraordinaire Danny De Vito et enfin Helena Bonham Carter) sont tous excellents et très bien choisis. Les décors sont somptueux et naturels, comme dans Sleepy Hollow. Quant à l’histoire, comptant son bois hanté, sa sorcière voyante ou son cirque surréaliste (J’y ai vu un clin d’oeil à Freaks -1937- de Tod Browning), elle est plus à portée philosophique et humaine qu’habituellement, et l’on sort de ce film plus qu’ébloui, dans tous les sens du terme. Très beau film.
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05/04/2004
ivan
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Einstürzende Neubauten à l'Ancienne Belgique
La toute grande classe... Alors là, je viens de combler un manque: grand amateur du groupe, je n’ai jamais eu l’occasion avant vendredi passé de voir Einstürzende Neubauten sur scène, et quel plaisir. Franchement, alors que la musique peut paraître un peu anarchique, comme laissant place à une grande part d’improvisation et bien il n’en est rien, tout est savamment dosé, agencé et balancé avec talent. Sur scène ils rejouent note pour note ce qu’ils livrent sur CD le relief et la puissance d’une scène en plus et avec une telle précision qu’on ne peut qu’être épaté par la facilité avec laquelle ils jouent une musique structurée sur base de leurs instruments fabriqués à base de compresseurs à air, de plaques de métal, de tube en PVC et de câbles métalliques. Blixa Bargeld, sans complexe, nous parle et divague sur l’un ou l’autre sujet, pendant que les roadies vissent et agencent les éléments des instruments puis il se lance dans ses textes de sa voix mature et posée. Tandis que derrière, les percussionnistes fabriquent leurs sons et rythmes accompagnés d’une basse, d’une guitare et d’un clavier. Ils domptent le bruit. Blixa joue de sa voix pour diriger l’ensemble, tout part de lui, c’est lui qui accélère ou ralenti, c’est lui qui élève la voix ou calme le jeu, c’est lui qui rend le tout humain et cohérent. Et tout se passe en parfaite harmonie, entre tension et air planant. De la toute grande prestation, qui restera pour longtemps gravée dans ma mémoire car depuis longtemps je n’avais plus ressenti de frissons lors d’un concert.
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16/04/2004
vincent
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The Passion Of The Christ
de Mel Gibson
Je croyais que The Passion Of The Christ s’avérerait un bon film épique. Hélas, Mel Gibson ne cherchant pas à conter une histoire, mais seulement à offrir un moyen aux fans de Jésus de vivre ses dernières souffrances, il est donc finalement difficile (voir impossible) d’accrocher à The Passion Of The Chirst en tant qu’athée. Le contexte historique n’est replacé qu’à travers des flash-backs éclairs, relativement incompréhensibles pour des personnes n’ayant aucune culture religieuse et Mel Gibson se passe de tout prologue permettant à un public indifférent à l’histoire de Jésus de s’attacher au personnage.
S’il n’y avait que ce petit problème de public cible, je pourrais m’arrêter là, mais la réalisation extrêmement poussive, évoquant celle d’un match de foot télévisé, n’a pas fini de m’agacer. Tout est filmé sans inventivité. Chaque phase clé est soulignée par un ralenti dénué de toutes subtilités : ralenti sur le Christ qui tombe, ralenti sur le Christ qui a mal, ralenti sur le méchant romain qui ricane, ralenti sur le clou qui rentre dans la main… Ajoutez à cela des acteurs contraints de surjouer, car pris en otage par la véritable audace du film : Mel Gibson, cherchant à pousser le réalisme au-delà des limites du raisonnable, a jugé bon de tourner le film entièrement en araméen et en latin. Même si c’est remarquable d’avoir réussi à imposer cela dans un film américain, voir des acteurs n’arrivant à exprimer de l’émotion qu’à travers des grimaces (j’exagère) et des variations de tons très primaires, cela fatigue très vite.
Quant aux polémiques, je rejoins le camp des défenseurs du film. Il me semble clair que Mel Gibson ne cherche pas à discréditer un peuple au profit d’un autre. Il y a des extrêmement méchants, des extrêmement gentils et des lâches dans chaque camp, mais bon, si la réalisation et la mise en scène avaient été un peu plus subtiles, les interprétations possibles auraient suivi…
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21/04/2004
ivan
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Kill Bill Volume 2
de Quentin Tarantino
Tarantino, grand maître technicien et historien émérite du cinéma.
2ème volet de l’histoire de la mariée vengeuse. Cette partie Kill Bill volume 2 est plus apaisée que la première, et même si on a droit à quelques scènes de combat, il n’y a plus trace des "ballets-combats" très présents dans le premier. Cet épisode est sensé donner les clefs nécessaires à la compréhension de tout le film, même si c’est vrai que déjà à la fin du premier volume, on avait tout compris. Tarantino ne joue pas sur un scénario très complexe, mais s’emploie à tout mélanger comme à son habitude. Il se fait maître du temps et joue constamment avec les techniques de découpage, montage, flash-back et autres ellipses.
Ici encore, une part grande est laissée à la parodie, clins d’oeil et références à toute l’histoire du cinéma.
Il y a parmi d’autres, une splendide séquence où Uma Thurman suit un enseignement chez un grand maître du Kung fu.
Du grand art, du Tarantino égal à lui même.
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25/04/2004
vincent
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Pixies – Minneapolis (13 avril) / Winnipeg (14 avril)
Au cas où vous ne le seriez pas, les Pixies reformés sont déjà sur la route. A l’instar d’Einstüzende Neubauten, ils ont l’excellente initiative d’enregistrer chaque concert pour les revendre immédiatement aux nombreux fans présents sur place... Fini les bootlegs foireux ! L’avantage pour des gens comme vous et moi est qu’il ne faut même pas attendre deux heures pour que des fans peu scrupuleux partagent leurs achats sur Internet.
J’ai donc eu la chance de tomber sur les enregistrements des concerts de Minneapolis et du Winnipeg qui ont eu lieu respectivement le 13 et 14 avril. A l’écoute de ces enregistrements, je me suis pris une véritable gifle tellement j’ai eu l’impression que les Pixies ne se sont jamais arrêtés. C’est véritablement jouissif d’entendre ce répertoire que l’on connaît sur le bout des doigts joué avec la même énergie (ou rage, c'est selon), les mêmes voix et la même spontanéité qu’il y a plus de dix ans. Je ne les croyais vraiment pas capable de revenir à un son qui semble naturellement sorti des tripes. Je me même à rêver d’un nouvel album...
Histoire de vous faire saliver, voici la liste des morceaux joués à Minneapolis.
Bone Machine Wave of Mutilation U-Mass Levitate Me Broken Face Monkey Gone To Heaven Holiday Song Winterlong Nimrod’s Song La La Love You Ed Is dead Here Comes Your Man Vamos Debaser Dead Number 13 Baby Tame Gigantic Gouge Away Caribou
Rappel: Isla De Encanta Velouria In Heaven / Wave of Mutilation Where Is My Mind? Into The White
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