Zabladowski.org


 01/12/2004
 ivan

Graham Coxon au Botanique (Il y a peu...)

Graham Coxon, pour ceux qui ne verraient pas de qui il s’agit, c’est le mauvais garçon de Blur, le guitariste écarté du groupe (Alors si il est parti ou si on l’a viré, j’en sais rien, et on s’en fiche). Graham Coxon, est un personnage étrange, nerveux, rempli de tics qui lui donnent sur scène un air décalé, un rien déjanté. Surtout si on ajoute ses petis cris et ses sauts nerveux. Musicalement, on est entre Blur plus proche de song 2 que de Girls and Boys et un vague air de punk voire quelque fois de folk mélancolique. Graham Coxon nous livre un petit concert qui se laisse écouter et regarder. Avec une certaine maîtrise de sa guitare même lorsqu’il se lache, Il n’invente rien, mais il fait plaisir à voir.

 01/12/2004
 ivan

Zita Swoon aux Halles de Schaerbeek

Stef Kamil Carlens confirme qu’il est un réel artiste plein de talent. Zita Swoon est un groupe à voir sur scène. Plein d’énergie, plein de chaleur et d’humanité, SKC donne tout ce qu’il a, il partage son art avec fougue et générosité. On ne peut qu’être conquis par une telle prestation.

J’y allais un peu avec les pieds de plomb, n’ayant pas écouté l’album, ayant entendu parler de choristes, d’album le plus calme de Zita Swoon,... Bref j’avais peur de ce que j’allais voir. Le début du concert ne m’a pas vraiment rassuré, SKC donnant parfois l’air de vouloir jouer au guitar hero en avant du groupe. Et puis, la claque, tout s’est mis en place, et là, toutes mes excuses, monsieur Carlens, pour avoir pensé du mal de votre petit dernier. Les choristes ne sont pas des pièces annexes, elles font partie intégrantes de la prestation, SKC en chef d’orchestre parvient à donner aux morceaux une cohérence rare, jouant sur les ambiances, les rythmes, les mélodies, et mettant en exergue la richesse de ses compositions. Petit bémol, la première fin du concert (ils sont revenus quelques fois, jouant même un vieux Moondog Jr) est arrivée alors que la prestation arrivait à son paroxysme. Dommage, parce que la coupure a un peu refroidi l’ambiance alors qu’on aurait aimé que ça dure un peu. Mais ça reste un tout bon concert (c’est le début de la tournée, il doit y avoir moyen de les voir quelque part encore), et je me suis empressé d’aller acheter l’album a song about a girl, le lendemain.

 07/12/2004
 émilie

Bad Santa

de Terry Zwigoff

Il m’est impossible de me positionner de manière catégorique sur Bad Santa. Y penser me donne un sourire amusé même si je ne peux vendre ce film comme un chef d’œuvre. Le scénario est prévisible à souhait et la plupart des personnages vraiment caricaturaux et clichés. Pourtant, si on trouve drôle le fait que des personnages utilisent Noël et toutes ses connotations pour réaliser de braquages, que le faux père Nöel soit un alcoolique fini qui traite les enfants comme des chiens alors la vision et le souvenir de ce film donne le sourire. Peut-être que mon penchant pour le jeu de Billy Bob Thornton, les changements de lieux et les moments de voix off bien placés influencent aussi cet amusement… Quoi qu’il en soit, Bad Santa est divertissant, et c’est toujours agréable de rire des "crasses" et maladresses effectuées par un personnage.

 07/12/2004
 daniel

The Incredibles

de Brad Bird

La 3D sauve le monde.

Le dernier né des studios Pixar, sixième de la lignée, dispense ses pixels sur les écrans belges depuis fin novembre. Loin des univers enfantins (poissons, grosses bêtes et joujoux), The Incredibles rend un véritable hommage à la galaxie des super héros et au comic américain. Suite à leur prohibition par le gouvernement, les super-héros doivent réintégrer la morne vie de leur véritable identité. Jadis légendaire, Mister Incredible et Miss Elastica fondent un foyer et tentent de s’adapter à la vie civile en cachant leurs supers-pouvoirs et ceux de leurs enfants, héros contrariés. Mais la tentation de prodiguer la justice est de plus en plus forte ! Nos amis sombreront-ils dans l’illégalité ? Le scénario revisite tous les clichés et s’inspire joyeusement des traitement plus contemporains du genre, faisant la part belle à la parodie. Les initiés reconnaîtront de-ci de-là quelques idées d’Alan Moore (Watchmen, From Hell,…) ou les thématiques d’X-Men. Comme à son habitude, le studio prodigue de Disney réussit à satisfaire et les enfants, et les adultes en signant ce qui est pour l’heure son film le plus accompli. Le graphisme 3D est entièrement dévolu à la narration et développe une esthétique inspirée et humanisée.

 08/12/2004
 geoffroy

House of flying daggers

de Yimou Zhang

House of flying daggers vaut le détour pour le visuel mais sans doute pas pour le scénario ou le jeu dramatique des acteurs. En effet, Zhang Yimou propose des paysages surréalistes comme décor pour des combats aux chorégraphies impressionnantes mais ne réussit pas à toucher le spectateur lorsqu’il essaye de donner un coté un dramatique/tragique à son scénario.  A voir donc pour l’esthétisme... (et la charmante Zhang Ziyi). 

 22/12/2004
 vincent

36, quai des Orfèvres

d'Olivier Marchal

Il n’y a pas grand chose à redire à ce 36, quai des Orfèvres. A vrai dire, on peut même dire que c’est une  grande surprise tellement il est rare de voir une grosse production française qui est autre chose qu’un film pour beaufs du samedi soir ou qu’une couillonnade sous stéroïdes co-signée Besson, destinée à un public de banlieusards attardés.

36, quai des Orfèvres est un polar coup de poing dans la lignée d’un Heat (Influence revendiquée par le réalisateur). Un polar qui n’a peur ni des coups bas, ni d’aller à l’encontre de la morale du spectateur français moyen.

Le scénario est solide et le suspens, un des plus efficaces de l’année. Les dialogues sont admirablement bien torchés (plusieurs répliques sont d’anthologie). Les personnages sont plus réalistes les uns que les autres. On se surprend même à penser que ce 36 doit être un des premiers films où les flics n’ont l’air ni trop cons, ni trop intelligents.  Le seul reproche que l’on pourrait faire est sa réalisation trop télévisuelle. Certaines scènes d’actions manquent de punch et beaucoup de flash-backs inutiles donnent vraiment l’impression de prendre trop le spectateur par la main.

Il ne faut cependant pas bouder son plaisir. Ce 36, quai des Orfèvres mérite d’être vu et, s’il a le succès escompté, devrait rendre les grosses productions françaises à venir plus réfléchies.

 24/12/2004
 laurent

Live aid en DVD : retour ves le futur!

J’ai regardé le quadruple DVD du live aid, 1985... J’ai pris un pied intégral. J’avais 16 ans à l’époque (oui, je sais, je ne suis qu’un vieux schnock). La prestation de Queen (un Freddie Mercury au top de sa forme, un stade enflammé qui accompagne superbement Radio Gaga ou We will rock you) , d’Ultravox (sapés avec ces vestes de costard dont on retournait les manches et d’imperméables), de U2 (avec un Bono en bottes style chat botté, une prestation d’anthologie qui fera la répuation des irlandais sur scène...), d’Eric Clapton (avec Phil Collins à la batterie), de Bryan Ferry  (pété à la coke comme c’est pas permis), de Dire Straits (méga ringards avec les bandana sur la tête et les poignets façon Bjorn Borg...) avec Sting, de Neil Young (pas vieilli le gars!), des Who, même Madonna (toute jeune et rondelette)... mais quel coup de vieux aussi dans les dents...

C’est clair que ce DVD est très intéressant pour quiconque veut faire un petit voyage dans le temps.

 30/12/2004
 vincent

Blade : Trinity

de David S. Goyer

Je n’ai jamais trop bien compris l’engouement qu’avait suscité Blade 2 dans les revues spécialisées. Scènes d’action crépusculaires complètement illisibles, casting antipathique au possible, scénarios grotesques se prenant trop au sérieux, Blade 2 n’avait rien pour lui. Dans le même genre, le sous-estimé Underworld aurait dû s’en sortir avec beaucoup plus d’honneur (souvenez-vous). Ce troisième volet de Blade corrige le tir en transformant la série en film pop-corn sans prétention à la Jerry Bruckheimer (Bad Boys, Armageddon, Con Air). 

La face constipée de Wesley Snipes est mise en retrait au profit de héros plus jeunes et plus jolis : Ryan Reynolds, un comique graveleux ayant fait ses armes dans des comédies post-American Pie, et Jessica Biel, le joli postérieur du remake de Texas Chainsaw Massacre. Les méchants sont toujours aussi pathétiques mais semblent tellement issus d’une bande-dessinée haute en couleur que le résultat final n’en pâtit pas  trop. L’action, quant à elle, est grotesque à souhait. Les armes pour venir à bout des méchants sont plus ridicules les unes que les autres.

Heureusement, le tout est tellement réalisé sans prétention que ce Blade est ce qu’il aurait dû être depuis le premier volet : un stupide film d’action simplement divertissant.

 30/12/2004
 vincent

The Dears - Protest

SpinART (2005)

J’ai rarement entendu un mini-album aussi prometteur. Dire que j’ai failli  ne pas le télécharger à la vue de ce nom comment par "The", pensant avoir affaire à une enième formation garage! Bien m’en a pris de faire fis de mes préjugés.

Protest s’ouvre sur un morceau qu’auraient pu écrire GY!BE / Silver Mt. Zion s’ils savaient composer des morceaux de 3 minutes 56 avec un orgue. On continue avec une petite comptine pop entre Pink Floyd (pour la voix) et Ride. L’album se termine sur un morceau qu’aurait pu écrire Coldplay s’ils avaient fait la guerre et étaient moins omnubilés par leurs comptes en banque. Une petite expérimentation électronique / dub que n’aurait pas renié Radiohead vient sceller l’album en bonus .

J’y vais peut-être un peu fort dans les comparaisons foireuses. J’espère ainsi vous exprimer à quel point ce mini-album est à la fois déroutant et sublime.  Ecoutez-le, vous serez conquis !

 31/12/2004
 vincent

The Dears - No cities left

SpinART (2004)

Après cette gifle qu’est Protest, je me suis rué sur le dernier album de The Dears. Les premiers noms  qui viennent à l’esprit à l’écoute de ce No cities left sont ceux de Blur et de Morrissey: La voix de Murray A. Lightburn est si proche de celles de Damon Albarn et du chanteur des Smiths que l’ on se demande comment est-ce possible. Beaucoup font l’erreur de s’arrêter à cette comparaison. Or si l’on veut s’arrêter là, il faudrait dire que The Dears : c’est quelque part entre Blur sans son côté fumiste et  Morrissey sans son lourd carcan anglais.

Pour moi, The Dears pourrait surtout être le prochain Radiohead. Ces deux groupes ont cette capacité unique à écrire des mélodies désenchantées impeccables qui mettent tout le monde d’accord, et ce, sans jamais avoir peur d’expérimenter et de dérouter l’auditeur.

Si l’assise des morceaux de Radiohead se trouve dans la tradition du rock alternatif pour, ensuite, évoluer vers des environnements plus lyriques et expérimental, les morceaux de The Dears se basent sur le meilleur de la pop anglaise pour voguer, par la suite, vers des paysages post-punk,  noisy, jazz...

Je n’aurais pas eu la même analyse si je n’avais pas eu la chance d’écouter ce mini-album Protest. Lorsque vous écoutez No Cities Left et Protest, le doute n’est pas permis. The Dears a, comme Radiohead, cette capacité d’écriture où l’on ne voit pas quelles pourront être les limites. The Dears fait  partie de ces rares groupes qui savent combiner exigence et commercialité.

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