Manuel Mirabal - Guajiro
Nonesuch (2005)
1997, et les années qui suivirent, virent un phénomène cubain déferler sur la planète : celui des papys qui font du cuban jazz, mettant d’accord ne serait-ce que tout le monde d’accord (pas de meilleur disque passe-partout de qualité, se prêtant à toutes situations), enterant par la même occasion les conflits de génération. Oui, Ry Cooder avait vu juste avec le Buena Vista Social Club : cette musique ne pouvait que séduire tout le monde car elle propage la bonne humeur. Le phénomène fut même immortalisé par Wim Wenders avec le film du même titre (que l’on trouve aujourd’hui à moins de 5 euros chez Makro...).
Après les succès d’Ibrahim Ferrer, d’Eliades Ochoa, de Compay Segundo (mort l’année dernière), d’Omara Portuondo et de Ruben Gonzales, voici le trompettiste Manuel Mirabal, qui offre ici une sorte de suite faisant du BVSC un label de qualité. Très porté sur les cuivres (et pour cause) et les percussions, Guajiro distille des titres qui sentent bon le cigare cubain et le mojito national.
Les paroles y sont toujours aussi simples, sans fioritures, dépeigant les grandes préocupations journalières des guajiros (paysans) cubains, du type "dans tel village je n’irais plus tant que l’on aura pas réparé la route...". Le reste parle d’amour, thème favori des latinos. Le son - acoustique - y est irréprochable.