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Source:
404 Brain Not Found
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Un café à 2000 balles
Pour une fois, c’est du côté de l’Italie qu’on pêche cette semaine un magnifique exemple d’erreur de timing.
Comme chaque année, les principales marques y sortent leur calendrier dans lesquels s’étalent au choix blondes, brunes (voire même rousses pour les plus décalés de ces derniers). Lavazza, par exemple, sort ses plus belles photos aussi suggestives que dénuées de téton (et qu’on réservera donc aux garages automobiles de luxe).
C’est parmi ces forts esthétiques calendriers que se trouve celui des gens qui, en 2006, font toujours de la pub pour que l’Italie ne passe pas à l’euro. Et vu la redoutable beauté de l’oeuvre (et un immanquable style porno amateur de la fin des années 80), on ne peut que constater que les nostalgiques de la lire ont des finances un peu aléatoires.
A la fois, s’ils n’ont toujours pas réalisé que l’Italie était passée à l’euro, on peut comprendre que la vie leur semble chère, aux nostalgiques de la baguette à 3000. Bref, quoi qu’on dise, certains jours, le marketing fait bien son oeuvre. A la vue de ces deux publicités, on a vachement plus envie de se taper un expresso qu’un retour à l’ancien franc. Allez savoir pourquoi, bande de petits êtres irrationnels, va.
Le calendrier Lavazza est par ici, le calendrier moche des gens qui aiment pas l’euro par là.
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04/12/2005
vincent
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Alias - Saison 4
de J.J. Abrams
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Agent Sydney Bristow: D’après ce que nous savons, est-ce que tu as réussi à rassembler des éléments? Agent Marshall J. Flinkman: Vous voulez dire, à déchiffrer le plan de Sloane et d’Elena? Ce n’est pas clair. Mais ce qui est évident, c’est qu’ils ont activé une sorte d’énorme dispositif Mueller. D’après les images, on voit qu’il fait environ 6 blocs de diamètre. Maintenant, le gouvernement russe reste très discret sur ce qui s’est réellement passé, mais d’après les fuites, je dirais que les citoyens de Sevogda deviennent incontrôlables. Je veux dire, vous savez, violence massive, agression, incapacité à résonner. Agent Jack Bristow: Ils ont dû infecter les réserves d’eau avec les vertus chimiques de l’orchidée, et ça les as rendus sensibles aux effets du dispositif Mueller. Agent Marshall J. Flinkman: Donc tu insinues, qu’une grosse boule rouge plus de l’eau contaminée conduit à une ville pleine de tueurs en série... C’est une chose que je n’aurais jamais pensé dire. Agent Michael Vaughn: Mais ça sert à quoi ? Agent Jack Bristow: Leur but demeure un mystère.
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Mad Movies
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Juste un DOA
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De ce côté là,
c’est presque fidèle... |
C’est bon les melons. Enormes, juteux, à l’odeur alléchante, au goût presque addictif : si cela serait possible, on en mangerait toute l’année. Hélas, ce cucurbitacé ne pousse dans des conditions optimales que par grand soleil et nourrit dans un sol bien drainé avec de l’engrais. Non, le melon, impossible d’en avoir de bons tous les jours. Heureusement pour nous, les japonais maîtrisent les arts électroniques. Ainsi, grâce à leur talent et leur regard acerbe sur notre monde, ils ont su mettre à profit cette frustration du manque de melons en concentrant toutes les qualités du fruit magique dans un jeu vidéo. Pour éviter une monotonie évidente qui frusterait bien vite le joueur en ne faisant que des melons virtuels que l’on pourrait seulement voir à 360 degrés, ces génies ont eu l’idée de les rendre interactif au possible en les mixant à un jeu de combat, Dead or Alive. Le résultat est bien au dessus de la moindre de nos espérances voire même ostentatoirement jouissif : notre besoin de melon est alors quotidiennement comblé.
Pour pousser les assouvissements du plus grand nombre, une adaptation cinématographique du jeu de melon en question est sur les starting-blocks avec à sa tête un maître chorégraphe, Corey Yuen, qui saura nous montrer notre fruit sous ses plus beaux atours, grâce à des terrains extrèmements féconds qui, nous l’espérons, ne décevront pas les amateurs de pièces de gros calibre. Le melon, c’est bon, mangez-en.
Boing, Boing, Boing
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07/12/2005
vincent
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Ordinary Man
de Vincent Lannoo
Le cinéma belge francophone semble sortir petit à petit du créneau social auquel il semblait désespérément lié. Il y a quelque mois, nous avions eu Calvaire. Cette version belge de Massacre à la Tronçonneuse était imparfaite à souhait, mais avait le mérite d’être la grosse tâche qui laissera des traces dans le paysage cinématographique wallon (souvenez-vous). Ce mois-ci, nous avons Ordinary Man, le complément parfait de Calvaire. Je m’explique...
S’il y a un truc que l’on ne pouvait pas reprocher à Calvaire, c’était sa réalisation et sa mise en scène. Fabrice Du Welz était un réalisateur doté d’une vision et cela se sentait. Hélas, le scénario était tellement fragile qu’il était difficile de se laisser prendre au jeu. Dans Ordinary Man, c’est l’exact opposé. La seule chose qui ne prend pas l’eau est le scénario (à l’exception de son final et quelques thématiques douteuses sur lequel je ne vais pas insister, car je risquerais de devenir insultant). Tout le reste est nul. Le jeu des acteurs est franchement limite (mention spéciale à Stefan Libersky dont le jeu est plus pathétique que les interludes japonais de Bunker Paradise). La réalisation est inexistante. Tourné à la DV, l’image sent bon le film de vacances. J’en passe et des meilleures. Mais, j’insiste, l’histoire est intéressante et je ne peux m’empêcher de penser que si elle était tombée en de meilleures mains (Fabrice Du Welz, par exemple) , Ordinary Man aurait donné un bon film.
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09/12/2005
ivan
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Why? au Botanique
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Sur scène, la musique de Why? se déploie agréablement, tout en gardant ce côté intimiste et bricolé. Sur disque (un peu moins sur le dernier), on ressent une sorte d’assemblage de petits morceaux de sons collés avec brio. Sur scène, c’est assez habilement rendu. Tout est joué avec finalement des instruments très standards: guitare, batterie, basse, clavier, maracas, et orgue. Très peu d’apports "électroniques ", pas de présence fadasse de presse-bouton (NDLR : merci Vincent pour cette belle expression). L’ambiance est particulière, assez décontractée, un peu bordélique, mais cela a son charme. En tout cas, même si les transitions entre les morceaux sont peu gérées -le fait que le chanteur soit grippé y est probablement pour quelque chose- et que cela casse l’ambiance à chaque fin de morceau, cela a quand même marché. Je me suis laissé aller facilement sur les airs et les voix minutieuses de Why?. Pas de rappel à cause de l’état fiévreux du maître de cérémonie, mais un petit retour sur scène pour dire au revoir, la main sur le ventre. Pour l’avoir croisé dans le couloir en sortant, il n’avait effectivement pas l’air bien le garçon. Allez, on a quand même eu droit à quelque chose de bien.
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10/12/2005
laurent
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Daniel Hélin & the Velvet Sisters au Botanique
Daniel Hélin souffre d’une chose: il chante en français des textes que l’on écoute avec la plus grande attention, tant ils collent à l’actualité et son absurdité. Du coup, il est trop rapidement relégué au rayon chanson française (lire : réservé aux couillons attardés). Et pourtant... Entouré de ses trois Twisted Sisters - Cloé Defossez (aux claviers, guitares, basse et chant), Isabel Rocher (batterie, basse et chant) et enfin Murielle Hérion à la contrebasse, l’ambiance ira du jazz le plus innovant au rock le plus foutraque. Acteur à la base, Daniel Hélin sait y faire pour chauffer une salle, avec ses nombreuses interventions humoristiques et piquantes. Bref, c’est un punk dans l’âme qui sait donner un véritable spectacle, ce qui est de plus en plus rare, avec en filigrane une poésie et une invitation à la réflexion pas piquée des hannetons qui fait plaisir à voir et à entendre.
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Source:
Parisist
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Journée d'action avec les zombies insurgé(e)s
Une petite centaine d’activistes déguisés en zombies et en clowns ont occupé un hypermarché parisien ce dimanche. Ils dénonçaient notamment le sommet de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), qui démarre ce mardi en Asie.
Parisist les a suivi(e)s : le rendez-vous avait lieu place de la Nation, dans une ambiance bon-enfant et légèrement paranoïaque. Puis départ en hâte du cortège vers un temple de la consommation, resté secret jusqu’à la dernière minute, à quelques stations de métro de là.
Dans le métro, les parisiens ne bonchent pas. Les zombies et clowns sont plutôt bien accueillis ou ignorés (selon l’humeur des passagers).
L’arrivée au centre commercial se fait au pas de course, en pleine rue, au milieu de la circulation. Des quidams s’interrogent, les réponses sont exaltées : "Ne vous inquiétez pas madame, c’est la révolution !"
L’accueil change brusquement à l’entrée de l’hypermarché. Le personnel de sécurité voit arriver du mauvais oeil ce troupeau de jeunes gens déguisés, qui courent et font du bruit.
Les vigiles, qui peuvent être très amicaux, prennent cette entrée en force comme un affront personnel et chahutent quelques zombies. Impuissants face au nombre, ils abandonnent rapidement et se contentent d’encadrer le groupe.
L’action est pacifiste. Les clowns amusent les clients et les zombies se prosternent devant les étals de produits.
Au bout de quelques minutes, le nombre de policiers croît rapidement dans les rayons. En tenue ou en civil, flashball, gaz lacrymo et matraques à la main, l’ambiance joyeuse se transforme en siège.
Les clients curieux ou amusés contournent maintenant la zone occupée et les vigiles rassurés essaient de confisquer les appareils photos.
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Source:
404 Brain Not Found
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Schwarzy 3, l'ultime revanche
C'est bien connu, la vérité sort de la bouche des boulangères. Et spécialement de la mienne qui disait, il n'y a pas si longtemps, sainte femme, que tout fout le camp. Tout fout le camp, et surtout le savoir-vivre.
Pour preuve, et c'est dire si la situation est grave, même les malfrats ne respectent plus rien. Le dernier en date, non content d'avoir clamé son innocence pendant des années, a eu le mauvais goût de renier son passé de chef de gang pour se poser en apôtre de la non violence. Comble du manque de savoir-vivre, il avait même osé publier des livres pour enfants pour expliquer pourquoi tirer sur ses camarades de classe avec un lance-roquette, même pour jouer, c'est mal.
Du coup, tout le monde était perdu. C'est que le bandit ne se contentait pas d'être bandit. Mais noir, un peu aussi. Du coup, plus personne ne comprenait quoi que ce soit. C'est alors que des âmes que les turpitudes du gauchisme rampant avaient éloigné du chemin divin ont osé prendre parti pour le condamné à mort. Et vas-y que je te demande la clémence, que j'apparais dans les médias parce que moi, monsieur, je m'appelle Sean Penn. Bref, c'était le foutoir, ce qui n'allait pas sans perturber un brin ma boulangère (avec un impact certain sur la qualité moyenne des quiches de ma rue).
Dieu merci, Arnold Schwarzenegger, ardent défenseur des valeurs humanistes propres à un haltérophile autrichien, était là pour corriger le tir. Et pour prononcer envers et contre tout l'exécution du sacripant repenti.
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Source:
Mad Movies
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Vice de forme
2005 se termine. Avec cette fin, une frustration: une culture bien maigrichone dans la catégorie "BABOOM". Angelina Jolie et Brad Pitt ont du tout donner au pieu aux vues de la flemmardise qui les animent dans Mr & Mrs Smith, Roberto Rodriguez a mangé le tiers du cerveau des spectateurs à cause des 1h40 de voix-off qui parcourent la copie carbone numérique qu’est Sin City et même Michael Bay se prend pour Bernard Pivot. Seules, dans une coïncidence chauviniste, les 2 réalisations françaises extraterritoriales Assault on Precinct 13 et Hostage ont réussi à nous fournir le quota minimum de "tirer avant/parler après". Heureusement, 2006 l’année du vice, arrive et dans son sac bandouillère, un bon paquet de grenades à détonations immédiates.
Alors en attendant Killshot et OSS 117 (héhé), les 2 premières bandes-annonces des 2 films les plus attendus à venir dans la division "premier de la classe". A droite, Mission Impossible 3 ou le retour de Tom Cruise dans la version cinéma de Alias. Facile, c’est son papa (J.J. Abrams) qui réalise. La bande-annonce fait montre d’une surenchère d’explosions et de poses propres à claquer un bon torticoli. A gauche, Michael Mann et le film de sa série chérie, le chantre du style années 80 (vestimentairement) et de la revolution visuelle (cinématographiquement), le bien nommé Miami Vice. Bon, c’est à peu de choses près la même bande-annonce que Collateral, la moustache de Colin Farrel et les costards violets en plus, mais faut pas rêver, c’est un Mann, ça va être un chef-d’oeuvre. Une réussite quoiqu’il arrive car le lascar a réussi à rendre Gong-Li bandante et ce n’était pas une mince affaire.
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15/12/2005
vincent
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Een ander zijn geluk
de Fien Troch
Si l’on prend de De Zaak Alzheimer et ce Een ander zijn geluk, on peut dire sans hésiter que le cinéma belge néerlandophone est bien supérieur à son frère wallon. Certes, ces films n’ont pas été auréolés d’or à Cannes, mais ce serait difficile pour eux vu qu’ils n’exploitent pas ce filon du misérabilisme social qui caresse tant les critiques dans le sens du poil. Les cinéastes du nord du pays ne choisissent pas la facilité en alignant des films d’auteur fauchés censés cerner la réalité sociale du pays, mais vont plutôt s’atteler à produire des films accessibles pouvant séduire le plus grand nombre.
Ce qui m’épate le plus avec ces deux films, c’est qu’ils arrivent à être bien ancrés dans la réalité du pays, et ce, avec une grande lucidité. Jamais d’excès gratuits ridiculisant encore plus notre pauvre petit pays (comme s’il avait besoin de cela). Si Les frères Dardenne et cie passent leurs temps à noircir notre réalité sociale jusqu’à en vomir, les cinéastes flamands privilégient la sobriété.
Pourtant, il y avait matière à ergoter dans De Zaak Alzeihmer et Een ander zijn geluk. Et non, ils évitent les tics populistes du wallon apitoyé. Je suis toujours admiratif de voir à quel point la police de De Zaak Alzeihmer était crédible. Elle n’était ni ridicule ni starifiée. Pourtant, Eric Van Loo ne se privait pas de la replacer dans ce contexte bien belge qui force les policiers à étudier le français s’ils veulent devenir commissaires. Dans le cas de Een ander zijn geluk, je n’ose même pas imaginé ce que cela aurait donné s’il avait été réalisé par un ami des frères Dardenne.
L’histoire de Een ander zijn geluk est pourtant bien casse-gueule vu qu’elle tourne autour d’un fait divers comme La Derniere Heure aime bien les raconter. Une voiture renverse un enfant. L’enfant meurt. Le conducteur commet un délit de fuite. Le salopard dirait La Dernière Heure. Avec cette base, je croyais que le film allait vite m’exaspérer en s’en donnant à coeur joie en montrant les dysfonctionnements de notre police qui serait incapable de mener une enquête pour retrouver l’auteur, mais c’était sans compter sur les objectifs de Fien Troch qui signe là sont premier long métrage. En utilisant cette histoire comme prétexte pour montrer comment un petit village digère un drame, Een ander zijn geluk est ni plus ni moins un sorte de The Sweet Hereafter belge. Toute proportion gardée bien sûr. Fien Troch a encore loin d’avoir les qualités d’Atom Egoyan, mais si l’on excepte les longueurs, certaines histoires parallèles sans grand intérêt et des plans auteuristes ennuyeux, l’ensemble fonctionne plutôt bien.
A noter que la bande originale est signée Peter Van Laerhoven et sonne très Woven Hand. Pour cause, le monsieur a joué avec eux lors de leur dernière tournée. On n’est donc pas surpris d’entendre la voix de David Eugene Edwards sur un des morceaux récurrents. Excusez du peu.
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Chronic'art dans inverview de Sir Alice
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Sir Alice: Au pays d'Alice
Chronic’art: La pochette du disque fait très Alice in wonderland. Es-tu d’accord pour dire que le "pays des merveilles" est totalement flippant, qu’Alice y est plutôt malheureuse et angoissée ?
Sir Alice: La pochette n’a pas vraiment été pensée, on a pris cette photo car nous étions pressés et qu’elle était disponible. Elle a été prise alors que je faisais une vidéo pour la musique d’un ami (Mordechai Rosenbaum) après un concert à Gand, dans le couloir d’un Hotel Ibis… Elias Amari, qui était le "réalisateur", prenait des photos numériques pour pouvoir les monter en film, et lorsque l’appareil calculait, il me disait de ne pas bouger et allait chercher un autre appareil photo et prenait d’autres photos, dont celle de la pochette. Puis Nadia Micault l’a "customisé" à sa façon. Je lui fais totalement confiance, c’est une grande amie. C’est elle qui a fait la pochette du maxi et elle est fabuleuse, je trouve. Alors pour Alice aux pays des merveilles sur la pochette, tu vois, j’ai pas vraiment décidé… Après, le fait qu’Alice soit angoissée et malheureuse… qu’est ce que tu veux me faire dire au juste ?
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19/12/2005
vincent
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Le Baron5 - It's so nice when you're my toy
b.y_records (2005)
Une fois n’est pas coutume, je vais faire un peu d’agriculture musicale et soutenir un artiste du terroir, j’ai nommé Le Baron5. Le Baron5 est un produit qui met à mal l’hégémonie des Girls In Hawaii sur la scène musicale brainoise vu que derrière ce nom pour le moins énigmatique, se cache Julien Van Aerschot, un garçon qui à défaut d’être brainois, a fait ses études secondaires à l’Institut Vallée Bailly, l’école alternative au Collège Cardinal Mercier où la plupart des membres des Girls In Hawaii ont usé leurs fonds de culotte. Pour enfoncer le clou et terminer cette petite digression brainoise, l’album est paru sur b.y_records, label monté par monsieur Van Aerschot et deux de ses copains, membres de Keep One Eye On Me et également issus de l’école alternative en question. Quand je dis que les Girls In Hawaii n’ont qu’à bien se tenir...
Heureusement pour les Girls, Le Baron5 n’officie pas du tout dans la même catégorie. C’est de l’électronique bricolée chez soi avec un côté cinématographique fort prononcé. Certains y voient Angelo Badalementi... C’est vrai qu’il y a un petit côté Twin Peaks avec ces morceaux jazzy alternants morceaux instrumentaux ne lésinant pas sur les nappes de synthés bon marché. Mais bon, soyons réalistes, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que Le Baron5 soutienne la comparaison. Si c’est évident que son album pourrait être utilisé comme la bande originale d’un film, ce serait pour au plus une serie B fauchée. N’empêche que la première moitié de l’album est plutôt efficace et alterne donc morceaux "Twin Peaksiens" et électroniques assez sombres avec en apogée un furieux et désespéré Ambiant# qui, à lui seul, justifie l’écoute de l’album. Après hélas, cela devient un peu n’importe quoi. L’album enchaîne relecture cheap du générique de Strip Tease, morceaux technos à deux balles ou plus festifs, mais néanmoins inefficaces. On a un peu l’impression qu’il n’a pas su s’arrêter à temps.
Reste que cette première moitié montre que Le Baron5 a un potentiel certain. Alors, je vous invite à découvrir la chose et vous faire votre avis, car qui sait, dans 5 ans, le monsieur signera peut-être la bande originale du 3ème film de Fabrice du Welz.
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19/12/2005
vincent
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King Kong
de Peter Jackson
Waw!!! Pourtant, Dieu sait si je partais avec un a priori négatif, car comme beaucoup, rien ne m’impressionnait dans tout ce que j’avais vu ou entendu dans la déferlante médiatique qui a précédé cette sortie. Mais voilà, la petite Nouvelle-Zélande de Peter Jackson est parvenue à surclasser tout le monde et tient maintenant les clefs d’Hollywood.
On regarde King Kong avec les yeux d’un gosse de dix ans. On n’a jamais vu cela ailleurs. Vous vous dites sûrement que vous avez déjà lu cela mille fois au sujet d’autres productions du genre. Et bien ici, c’est vrai! Les effets spéciaux ne sont pas mieux faits qu’ailleurs. Ils sont même souvent grossiers. Mais King Kong apporte un truc qui manquait jusqu’à présent à toutes ces scènes d’action colossales qui se contentaient bêtement de vous en fait en foutre plein les mirettes: une âme et de l’émotion. Les créatures synthétiques de Peter Jackson ont un cerveau, ressentent et respirent. Les somptueux décors virtuels ont un vécu. Rajoutez à cela un sens incroyable du rythme et du découpage (ici, jamais de scènes d’actions stroboscopiques complètement illisibles) et vous obtenez des scènes proprement hallucinantes. En plus, cerise sur le gâteau, on sent que Peter Jackson, libéré du carcan qu’était l’univers rigide et froid de Tolkien, retrouve cet humour délirant qui a égayé ses Bad Taste et Braindead et ce goût pour l’hommage aux films qu’il affectionne. Un vrai plaisir à voir!
Alors, certes, on peut pinailler sur certaines longueurs, les portions du scénario franchement enfantines ou certaines surenchères complètement gratuites. On peut être également déçu en se disant que Peter Jackson aurait pu allé plus loin en adoptant un grain plus années 30 (comme ce récent précurseur qu’était Sky Captain and The World Of Tomorrow). Mais bon sang! Ne boudons pas notre plaisir... Dans le domaine de la grosse production américaine, King Kong contient plus de scènes inoubliables et de plans instantanément cultes que 15 années de productions du genre. King Kong marque un tournant dans l’histoire du blockbuster américain où toute cette débauche d’effets numériques est enfin maîtrisée et permet de créer des univers palpables et des êtres dotés de sentiments. Oubliez les Jurassic Park, Matrix et The Lords Of The Rings, King Kong est l’aboutissement de ces 15 années de recherche et développement. Une nouvelle ère commence...
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Source:
Le Soir du 17/10/2005
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Jean-Claude Brisseau condamné
Jean Clausse Brisseau, le réalisateur de Noce Blanche, a finalement été condamné, ce jeudi, à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour harcèlement sexuel sur deux jeunes actrices.
Le cinéaste de 61 ans était accusé d’avoir abusé de son autorité pour obtenir, au cours de séances d’essais, des faveurs sexuelles de quatre jeunes actrices -certaines mineures- qui espéraient décrocher un premier rôle dans Choses secrètes, son film sorti en 2002.
La controverse faisait rage depuis plusieurs semaines. Devant ce qu’elle a rapidement appelé "l’affaire Brisseau", l’intelligentsia française était profondément divisée. Les Inrockuptibles ont même été jusqu’à publier, dans leur édition du 30 novembre, un texte de soutien à "l’artiste blessé". Un texte signé par un nombre impressionnant d’artistes, aux premiers rangs desquels on retrouvait les noms des Frères Dardenne, Claire Denis ou encore Catherine Breillat.
Une semaine plus tard, les mêmes Inrocks donnaient la parole aux adversaires du réalisateur de Noce Blance. Parmi eux, La maison du film court se fendait d’un appel à signatures, accompagné par un petit texte sans ambiguïté : "Il est primordial de ne pas commettre d’amalgame entre libérté de création et liberté pour le créateur de se laisser aller à des moments de lubricité et de violences."
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Source:
Pop-Rock.com
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Madonna - Confessions on a dance floor
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On se calme, on respire un grand coup, et on reprend à zéro. Confessions on a dance floor n’est pas tout à fait le désastre. Comme on l’a dit, techniquement, le boulot est irréprochable (72 dollars la nano-seconde, mon vieux, que ça coûte !). Produit et co-composé par toute une meute de seigneurs de la guerre de studios (notamment Stuart Price des Rythmes Digitales et Mirwais), l’album est aux chaînes hi-fi ce que certains jeux sont aux nouvelles cartes graphiques G-Force : des trucs sans grand intérêt sur le fond mais tellement bluffants techniquement qu’on se fait avoir avant d’avoir eu le temps de réfléchir. L’album est bourré de samples dans tous les coins (Abba bien sûr, mais aussi les Jackson Five, Donna Summer, voire Madonna elle-même avec une réutilisation de Papa don’t preach sur Let it will be), et il se dégage bon gré mal gré une relative fraîcheur de ce que l’icône pop a commis cette fois. Il faut retourner pas mal de temps en arrière pour retrouver un album de la Ciccone qui restait à sa juste place, à savoir des mélodies enjouées et sans prétention déplacée. A la base, il y avait sans doute un réel désir de retourner à quelque chose de plus modeste. Ce qui choque est davantage la production d’usine à gaz, et l’aspect bassement racoleur de ces 12 morceaux qui devraient faire les beaux jours de toutes les soirées mousse du bas-Condroz pendant un bon bout de temps. Je vous fiche aussi mon billet qu’on va retrouver une tripotée de ces nouveaux titres dans des pubs pour la téléphonie mobile, des cosmétiques, des assurances bancaires, ou du camembert au bon beurre de Normandie.
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Source:
Le Monde
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Larmes & sourire aux lèvres
Au début de l’émission, Michaela a confié que son rêve était de s’acheter "une longère et de gâter (ses) parents et (ses) grands parents". Minute après minute et boîte après boîte, elle voit son rêve s’envoler, mais Arthur a prévu une réserve de mouchoirs. A la fin de l’émission, Michaela, qui espérait décrocher le demi-million d’euros, repartira en larmes avec 75 000 euros. "une belle somme quand même", répète Arthur, l’air affligé.
Quelques minutes plus tôt, sur France 3, Foued, Alain et Laurence s’affrontaient dans un autre jeu, Questions pour un champion, à coup d’interrogations du genre : "Dans quelle pièce de Raine entend-on cette tirade : "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes" ?" Laurence, qui avait lu Andromaque, est repartie sous les applaudissements de Julien Lepers avec une encyclopédie plus "une paire de lunettes de soleil offertes par notre sponsor". Un éclatant sourire aux lèvres.
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22/12/2005
vincent
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The 4400 - Saison 2
de Scott Peters et René Echevarria
C’est bien une des séries les plus moches de ces dernières années. Les acteurs sont exécrables. Le générique est affreux et ferait passer ceux de la RTBF pour des travaux de Saul Bass. Les effets spéciaux donnent l’impression d’avoir été signés par des étudiants d’écoles maternelles. Enfin, si l’on n’a pas tenu le coup jusqu’au dernier épisode de la première saison, on terminait sur l’impression que The 4400 n’était qu’un X-Files de cinquième division. Alors, qu’est-ce qui fait que j’ai envie de parler de cette série? Et bien, je fais partie de ceux qui ont tenu le coup jusqu’à ce dernier épisode de la première saison et qui se sont aperçus que The 4400 n’était finalement pas un sous X-Files et était doté d’un scénario susceptible d’éveiller la curiosité.
Replaçons le concept. The 4400 conte l’histoire de 4400 personnes qui disparaissent durant les 60 dernières années aux quatre coins du monde et qui réapparaissent en une fois aux Etats-Unis. Au fur et à mesure, on s’aperçoit que nos réapparus sont dotés de pouvoirs extraordinaires et qu’une est même tombée mystérieusement enceinte. Alors fatalement, on a l’impression que c’est encore un coup de petits hommes verts libidineux et que l’on ne voit pas trop l’intérêt de nous emmerder encore avec une telle histoire. D’autant plus que Steven Spielberg a quand même tout dit avec Rencontre du Troisième Type et la magnifique et indispensable mini-série qu’était Taken. Et puis paf, arrive ce dernier épisode X-Filien au possible où on apprend qu’en fait, nos 4400 ont été enlevés par le futur et ont été modifiés de telle sorte à éviter une apocalypse certaine. Wow... On se croirait dans Plan 9 From Outer Space d’Ed Wood où les extraterrestres réveillaient les morts pour attirer l’attention des humains afin de les prévenir qu’ils couraient à leur perte!
La deuxième saison part donc avec ce nouvel angle d’attaque qui lui permet d’être d’une richesse scénaristique suprenante. On ne compte plus les rebondissements de qualité et réellement inattendus. En plus, elle se permet d’être critique. Nos 4400 étant les sauveurs de l’humanité, les scénaristes se plaisent à imaginer comme un tel phénomène serait digéré par la société d’aujourd’hui. Un vrai plaisir à suivre, mais hélas, pas à regarder, car je le répète : cette série est vraiment moche.
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22/12/2005
laurent
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La crise de l'industrie du disque chapitre 15/2
Deux articles, parus l’un dans Le Soir, l’autre dans La vie du net (Le Soir on ze web), prouvent s’il le fallait encore que l’inductrie est en effet - au cas où vous ne le saviez pas encore - en crise. Petit rappel pour les égarés.
1/ D’abord, un label suisse qui a décidé de vendre les albums de ses poulains via une clé USB... Non seulement je ne vois pas l’intérêt de la manoeuvre (vu que le son PC on a quand même fait mieux et que c’est pas le meilleur endroit pour écouter sa musique, et même, last but not least, qu’on ne peut pas en profiter ailleurs que sur son PC). Bon, ce sont des détails me dira-t-on. Mais le pire dans cette histoire purement publicitaire - qui marche puisque Le Soir en parle et nous aussi - c’est le prix : 18€! No further comment. Les détails par ici.
2/ Un chanteur belge, appelé Brice, qui a décidé, pour gonfler ses ventes, de se produire - une chanson - au domicile de tous ceux qui ont acheté son CD les 17,18 et 19 décembre. L’idée n’est pas mauvaise et plutôt courageuse. Elle a en outre le mérite, du coup, de faire parler du disque, ce qui va nécessairement gonfler les ventes.
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23/12/2005
vincent
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Sufjan Stevens - Come On Feel The Illinoise
Asthmatic Kitty (2005)
On en avait déjà esquissé un mot dans notre rubrique "Lu ailleurs" (souvenez-vous), mais je m’en voudrais si je cloturais cette année sans donner mon avis sur cet album qui est déjà dans le top 3 de nombreux classements de fins d’année. Pourtant, c’est difficile de trouver des mots pour parler avec justesse de ce Come On Feel The Illinoise de Sufjan Stevens. Le meilleur résumé que j’ai trouvé est celui lu dans la cuvée 2005 de Pinkushion: "De la pop-folk alambiquée qui frise le chef-d’oeuvre." C’est vrai que si on l’écoute distraitement, cet album de Sufjan Stevens a tout d’un album pop-folk dans la plus pure tradition de Elliot Smith ou Badly Drawn Boy. Mais voilà, les compositions atteignent un tel niveau de sophistication et perfection, qu’il est impossible de les écouter à la légère. Come On Feel The Illinoise ne s’écoute pas. Il se digère.
On a l’impression que le bonhomme n’est pas un compositeur, mais un scientifique ayant trouvé la formule de la chanson parfaite. Je ne sais pas combien de nuits blanches il a passé à resoudre des équations à milles inconnues, mais en tout cas, il y est arrivé et le résultat est complètement bluffant. Il y a une réelle rigueur mathématique derrière ces additions, soustractions, multiplications et divisions de cuivres, cordes, guitares acoutistique ou électriques, flûtes, chorale, piano ... On ne sait pas trop comment il est parvenu à garder une vision d’ensemble et une cohérence sur la longueur. Car oui, le monsieur s’est même permis d’accoucher d’un album de 74 minutes! Sûrement un des albums les plus longs de l’année. Comme s’il avait voulu vraiment déprimer la majorité de la scène musicale qui peine à aligner ne fût-ce que 45 minutes qui aient de la gueule sur toute leur longueur.
Alors, il paraît que l’on s’en lasse. Peut-être, mais je ne suis pas encore arrivé à ce stade-là. Et puis si un jour, cela m’arrive, je suis sûr que quand je le réécouterais, par hasard, dans quelques mois ou années, je me ferais ravoir comme à la première écoute. J’en suis sûr... C’est mathématique!
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24/12/2005
vincent
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Manderlay
de Lars Von Trier
C’est vraiment Dogville numéro 2, mais il ne soutient pas la comparaison avec le premier opus. L’histoire ne laisse plus place à la libre interprétation et peut facilement être vue comme un pamphlet gratuitement provocateur. Le casting est largement inférieur au premier opus. Exit Nicole Kidman, Grace est ici jouée par la bien faible Bryce Dallas Howard que l’on a découvert dans The Village et son père est interprété par Willem Dafoe, trop théâtral et qui paraît bien pâle par rapport à James Caan. Seul Danny Glover tire son épingle du jeune. Décidément, le bonhomme se fait une seconde jeunesse depuis Saw.
Reste que le savoir-faire de Lars Von Trier est toujours intact. C’est toujours un metteur en scène et un conteur hors pair. Manderlay n’est donc pas un mauvais film. Il déçoit juste énormément.
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27/12/2005
vincent
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Six Feet Under - Saison 5
d'Alan Ball
Pour ceux qui ne connaissent pas, Six Feet Under est une série créée par Alan Ball, scénariste d’American Beauty. Pas étonnant donc qu’au fil des saisons, Six Feet Under se soit imposée comme une radioscopie inégalable d’une des classes les plus maltraitées au cinéma: nous, la classe moyenne.
Pourtant si on la regarde d’un oeil, Six Feet Under a tout d’une banale série mélodramatique, mais en plaçant l’univers de Six Feet Under dans celui des croques morts, Alan Ball a eu l’intelligence d’aborder le genre sous un angle qui lui a permis de séduire un public plus exigeant. Rajoutez à cela un humour noir assumé (chaque épisode démarre par la mort souvent absurde d’une personne qui sera enterrée à la fin de l’épisode) et une petite pincée de "fantastique" (les pensées des différents protagonistes sont illustrées par leurs discussions avec des "fantômes" quelque peu cyniques) et vous obtenez une série qui redynamise complètement un genre d’habitude bien cucul.
La cinquième et dernière saison de Six Feet Under est la plus anecdotique. Par moment, on a même envie de dire que c’est la saison de trop. Elle permet juste de voir à quel point la machine est bien huilée. Les acteurs y sont au sommet de leur art et sont d’un naturel désarmant. On ne compte plus les scènes que l’on a impression d’avoir vécu avant les héros. C’est vraiment cela Six Feet Under, une série au niveau du vécu.
Et puis finalement, les 4 derniers épisodes viennent annuler ce verdict. Ils sont tout simplement magistraux et comprennent des retournements de situation dignes d’un 24 Heures . Ils étaient quelque part prévisibles, mais les situations décrites sont d’une telle justesse qu’on se dit là que là, on vient de regarder de la vraie télé-réalité. C’est tout simplement bluffant. Du grand art. Et on a la larme à l’oeil quand le douzième épisode se termine, car on se demande qui va parvenir à nous décrire aussi bien dans les années à venir.
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Source:
Le Monde
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Ils ont 20 ans à peine et ils sont sans-abri
Derrière lui, Nicolas a quatre années de travail dans des carrosseries et trois mois d’errance. A 21 ans, il traîne au hasard des centres d’hébergement ou des abris de fortune, avec un petit sac bleu. Après avoir quitté Saint-Etienne, car il ne s’entendait plus avec sa famille, il a fait une halte à Thiers (Puy-de-Dôme) avant de se retrouver à Clermont-Ferrand.
Christophe, 23 ans, cinq ans de menuiserie et trois mois de solitude en bandoulière, va de foyer en foyer dans l’agglomération clermontoise. Il s’est fâché avec sa copine puis avec sa famille, avant d’échouer dans la rue.
"Speed", coiffé à l’iroquoise, a tout juste 19 ans, dont trois passés dehors. Avec Antoine et Lætitia, 21 ans tous les deux, ils promènent leurs huit chiens et leurs sacs de vingt kilos chacun entre le tunnel de la gare SNCF, d’où ils se font "régulièrement jeter", et le centre-ville, où "les flics leur cassent les couilles".
De temps en temps, quand ils trouvent une maison à l’abandon, "Speed", Antoine et Lætitia improvisent un squat. Ils le chauffent à l’aide de boîtes de conserves remplies de sable, qu’ils imbibent d’alcool à brûler. "C’est mieux qu’un radiateur électrique, assure Lætitia. Ça peut brûler pendant deux ou trois heures." En rupture avec leurs proches et sans travail, ils mènent des vies de sans-domicile-fixe.
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29/12/2005
vincent
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Lost - Saison 2 (1/3)
de J.J. Abrams
L’heure d’un premier bilan a sonné vu qu’on est arrivé au premier tiers de cette deuxième saison. Ne tournons pas autour du pot: c’est une catastrophe! ABC a transformé sa poule aux oeufs d’or en vache à lait. Lost n’est plus qu’une vulgaire machine à audimat. Les scénaristes enchaînent les épisodes qui brassent du vide. Ils veillent tout même à insérer de maigres rebondissements haletants histoire de s’assurer que les nombreux téléspectateurs y croient encore assez que pour revenir regarder le prochain épisode et les nombreux écrans publicitaires livrés avec. Après tout, l’objectif d’une chaîne comme ABC est de vendre du temps de cerveaux humains.
Le comble du foutage de gueule est atteint avec le septième épisode, subterfuge marketing à peine visible. Sous ses dehors de collections de flash-backs apportant soi-disant du neuf, cet épisode a pour unique objectif de permettre à de nouveaux spectateurs de prendre le train en marche et d’offrir à leur tour un peu du temps de leurs cerveaux.
Là, c’est la trêve de Noël. Donc, je ne vais pas encore crier au gâchis. Je vais naïvement espérer que les scénaristes écoutent les fans et redressent la barre comme ils l’avaient déjà fait avec les 5 derniers épisodes de la première saison qui avait déjà été inutilement étirée par les pontes d’ABC, trop content de voir les rentrées publicitaires que sa nouvelle série engendrait.
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Source:
Mad Movies
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Angel-A
Est-il possible, au fond, d’aimer le cinéma ET Luc Besson? Ne s’agit-il pas de deux concepts dichotomiques, qui s’annulent, comme l’eau et le feu, l’humanisme et la libre entreprise, Sarkozy et les valeurs républicaines fondamentales? Vous me direz que j’exagère, et je vous rétorquerai: oui, mais j’ai un trauma à extérioriser, moi. Et j’exagère pas tant que ça, en fait, quand on le regarde de plus près, cet Angel-A dont le titre synthétise déjà à lui seul toute la profonde subtilité. Visuellement fignolé, bien sûr - rien à redire, les panoramas de Paris sont tellement chouettes qu’on regrette de pas pouvoir les faire encadrer grand format plastifié dans toutes les bonnes maisons de retraite de France et de Navarre -, le film de Besson n’arrive jamais, faute d’essayer, à dépasser son concept de base, vaguement tiré des Ailes du désir de Wim Wenders – on se gardera bien, toutefois, de crier au plagiat, aucune source sûre ne nous confirmant que Besson ait bien vu les Ailes du désir - et dont la substantifique moelle comique était déjà toute entière résumée dans ce duo Jamel Debbouze/Adriana Karembeu qui égaya une cérémonie des Césars dont j’ai oublié l’année. Il faut voir les comédiens gesticuler et massacrer des dialogues de toute façon ineptes, "désarmants de connerie et à côté desquels le courrier du coeur de Ok Podium semble avoir été écrit par Kierkegaard" (Chronic’Art.com, on s’incline), la faute incombant à une direction d’acteurs qui donne à ces interminables verbiages d’une bêtise sans fond des airs de mauvais sketch. Il faut voir le côté "positive-attitude-new-wave-beauté-intérieure-bien-dans-ta-tête-bien-dans-ton-corps-oui-toi-aussi-le-gros-beauf-moche-et-con" pour mesurer le gouffre qui sépare la sincérité bouleversante des images d’un Peter Jackson de la candeur benoîte et atterrante du discours de Luc Besson, et de prendre acte avec effroi de l’abérante régression accomplie depuis Le Dernier Combat, premier film du sieur Besson, et chef-d’œuvre presque complet près (en même temps, le film était muet de bout en bout, ceci explique peut-être cela).
Au fond, derrière la colère (légitime) et la honte (irrépressible), c’est surtout le dépit qu’on voit poindre dans le cœur du cinéphage harassé à la sortie de salle. Dépit de voir comment, en un peu plus d’une vingtaine d’années, Luc Besson en est arrivé là, des cimes du "cinéma populaire" aux catacombes du cinéma populiste dont il s’est fait le chantre dans l’hexagone.
Du dépit, encore, de constater qu’entre une effrayante absence d’ambition et d’audace et une nette tendance à se laisser aller à une préciosité péteuse, voire à lourder sacrément plus haut que son fion, le cinéma français peine encore à trouver son équilibre (de même qu’il est chagrinant de voir que la personnalité la plus influente de ce cinéma reste notre copain Luc).
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