Zabladowski.org


 02/01/2006
 vincent

The Constant Gardener

de Fernando Meirelles

Après Walter Salles et son remake de Dark Water (souvenez-vous), Fernando Meirelles est l’autre génie du cinéma brésilien à tenter sa chance à l’étranger. Contrairement à Walter Salles qui a directement répondu aux sirènes hollywoodiennes en acceptant de tourner un vulgaire remake, Fernando Meirelles semble avoir opté pour un compromis en acceptant de réaliser une production anglaise qui lui permettait d’imposer un peu plus sa vision d’auteur. Il est vrai que le garçon avait beaucoup à perdre. Il y a deux ans, le bonhomme signait avec Cidade de Deus (souvenez-nous) un des meilleurs films de tous les temps. C’est moi qui le dis et je suis loin d’être le seul à le penser. Il y a plus de 36000 visiteurs du site américain IMDb, la référence en la matière, qui pense la même chose (le film est classé 17ème dans leur top 250 des meilleurs films de tous les temps).

Resultat? Fernando Meirelles réussit son examen d’admission avec satisfaction. On est bien évidemment  loin du chef d’oeuvre absolu qu’était Cidade de Deus, mais The Constant Gardener prouve tellement que Fernando Meirelles est le Sergio Leone du 21ème siècle que l’on sort enthousiasmé. Ce film est (visuellement parlant) le plus beau de l’année 2005. On est vraiment face à un réalisateur dont le sens de l’image est la synthèse parfaite du cinéma de Sergio Leone,  Martin Scorsese et Michael Mann. Alors qu’est le problème me demandez-vous? Son histoire cousue de fil blanc tirée d’un roman de John Le Carré que même le montage alambiqué ne parvient pas à rendre haletante. Je n’ai jamais lu un roman de John Le Carré, mais paraît-il, la prévisibilité est a sa spécificité. Mais heureusement, les images et les ambiances sont tellement belles qu’on est véritablement captivé et on en redemande.

Vivement le prochain, car maintenant que Fernando Meirelles a prouvé qu’il était capable de tourner avec des capitaux étrangers et de les transformer en bien bel objet, je ne doute plus de son avenir...

 03/01/2006
 émilie

Angel-A

de Luc Besson

Merci Luc Besson de nous proposer un film aussi pathétique qu’Angel-A. En cette fin d’année, ce "grand" réalisateur a sûrement dû se dire qu’on manquait d’histoire bateau et de morale à 2 sous. Dans Angel-A, il nous en sert des couches et des couches.

Angel-A, film en noir et blanc, ça fait plus "film d’auteur", "style". Côté acteurs: on prend Jamel Debouze et une biche quelconque. Pour une histoire d’amour, on a jamais fait plus crédible. Côté dialogue, on enchaîne les clichés et leçons de vie faciles : "tu es fermé comme une huître, il faut que tu t’ouvres au monde", "regarde au fond de toi, l’important est à l’intérieur, ce n’est pas l’apparence qui compte", "je n’ai pas de passé, je ne sais pas me construire un avenir". C’est mielleux à souhait.

Peut-être que, parce que c’est Besson, le film paraît encore plus mauvais. J’aurais peut-être été plus tolérante envers un autre réalisateur. Mais, on ne propose pas de la nullité comme si c’était un chef d’œuvre, on assume.

 04/01/2006
 vincent

Lord of war

d'Andrew Niccol

"One of the coolest movies of the year" disait l’affiche. C’est bien là le problème. Cette recherche du facteur cool à tout prix ne donne aucune chance au film. Cette histoire autour d’un trafiquant d’armes alimentant des conflits à droite et gauche du globe méritait autre chose que cette forme d’un clip pour adolescents décérébrés qui aseptisent complètement son propos. Un beau gâchis!

 04/01/2006
 vincent

The Shield - Saison 4

de Shawn Ryan

Après nous avoir montré pendant trois saisons à quel point certains policiers américains étaient ripoux, cette quatrième saison de The Shield  remonte un peu plus haut dans la hiérarchie où ce n’est vraiment pas plus rose. Cela aurait été très intéressant si les ripoux des précédentes saisons l’étaient restés. Mais voilà, entre la troisième et cette quatrième saison, Michael Chiklis,  l’acteur derrière Vic Mackey, le chef des ripoux,  est devenu un des 4 fantastiques (souvenez-vous). Alors, vous pensez bien que le bonhomme a un statut de superhéros à défendre et je soupçonne que monsieur ne veut plus jouer les véreux. Donc, nos super ripoux ont soudainement vu la lumière, deviennent très sages et sont dégoûtés de voir à quel point leurs supérieurs ne sont pas très catholiques. Pas très crédible...

Heureusement, les histoires sont encore assez haletantes et enfin, la forme est maîtrisée. Nombreuses scènes de The Shield adoptent le style de ces vidéos prises à la volée qui sont à la base de scandales comme les Américains en raffolent. Dans les précédentes saisons, ce choix audacieux allait un peu trop dans sa logique et le résultat donnait souvent la nausée tellement cela semblait avoir été filmé par un patient atteint de la maladie de Parkinson. Maintenant, c’est plus sobre, mais néanmoins efficace.

La prochaine saison semble prometteuse, car le dernier épisode de cette saison nous sous-entend que, finalement, aucune rédemption ne sera possible.

 05/01/2006
 laurence

Lord of war (II)

d'Andrew Niccol

Salle remplie de jeunes cools, bandes annonces de films à ne jamais aller voir et l’odeur tenace de pop-corn ne laissaient rien augurer de bon.

Andrew Niccol se tire dans les pattes et son foirage se résume par le générique: la caméra suit "virtuellement" la chaîne de production de balles de fusils d'assaut de l’usine de fabrication US jusqu’à la cervelle d’un gosse africain de 14 ans.

Alors que dans l’idée, ce générique dénonce une des tragédies de l’Afrique, dans la salle, on assiste à une explosion de rires... Alors que le scénario de ce film ne me paraissait pas être pour ados écervelés, force est de constater qu’à vouloir simplifier son propos et à mettre de côté l’idée même d’une mise en scène intelligente, Lord of war ne risque pas d’intéresser les plus de 18 ans.

 05/01/2006
 émilie

Palais royal

de Valérie Lemercier

Armelle (jouée par Valérie Lemercier elle-même) est une princesse nunuche, complètement écrasée par son mari et le protocole, à l’image de Diana au début de son mariage. Se découvrant cocue avec sa "meilleure amie", elle décide d’une vengeance et se métamorphose petit à petit. Evidement, le thème de la vengeance et de la transformation de cette femme sont sujets à de nombreux gags. La sauce prend bien et on assiste à une bonne comédie.

Dans un second temps, ça tourne au vinaigre et on tombe dans le dramatique. La personnalité des personnages reste cohérente, mais cette cohérence dessert le film. L’attendrissement qu’on avait pu éprouver pour cette Armelle-victime, ne trouve plus lieu d’être pour cette Armelle-bourreau complètement dénuée d’humanité. On en viendrait à plaindre Lambert Wilson. Il devient difficile de rire des actions d’une femme détestable.

Cela dit, si le film ne se définissait pas comme une comédie légère, mais comme une analyse psychologique des structures de personnalité, ce serait sûrement une grande réussite.

 09/01/2006
 vincent

Un coup d'oeil dans le rétro musical

Ca y est! 2005 est passée... Je ne vais pas me fendre d’une rétrospective et encore moins d’un classement, mais quand je vois celles ou ceux des autres sites, l’envie de donner des grandes tendances me titille.

Sans surprises, le haut des classements est souvent occupé par Sufjan Stevens et Arcade Fire. Ceux qui veulent paraître plus malins que les autres se plaisent à rappeler que l’album d’Arcade Fire est sorti fin de l’année 2004. Mais bon, vu que le groupe et son album se sont vraiment imposés en 2005, on ne va pas faire la fine bouche. Ensuite viennent souvent des noms comme Wolf Parade et Clap Your Hand Say Yeah dont on a pas encore parlé ici, mais dont il faut juste savoir que ce sont des opportunistes tentant de battre le fer "Arcade Fire" tant qu’il est encore chaud. Apparement, cela marche vu que beaucoup sont ceux qui ont mis un des deux dans leurs tops 10.  Même Webzine Nameless s’est laissé berner! Pourtant, en bons sales gamins  obscurantistes du fond de la classe, ils ont pondu un top 2005 peu commun. Après, c’est assez varié, on voit souvent passer les noms Animal Collective, Why?, BroadcastCamille,  Anthony & The Johnsons, Devendra Banhart, Gorillaz, Art BrutVitalic et LCD Soundsystems.

On n’a jamais parlé de ces trois derniers. Pourtant, je trouve qu’ils méritent que l’on s’y attarde un peu. Art Brut est le plus pertinent des groupes qui se soient formés dans la mouvance des insupportables Franz Ferdinand. C’est du bon punk-rock n’roll tellement joué sans prétention qui a une dimension parodique. Vitalic et LCD Soundsystem sont les Chemical Brothers du 21ème siècle. Ils sont les premiers depuis longtemps à avoir su insuffler une énergie typiquement rock n’roll à la musique électronique. Chez LCD Soundsystem, l’apport est d’autant plus visible qu’il y a de véritables morceaux punk-rock sur son album. Chez Vitalic, c’est cette capacité à aligner les mélodies instantanément fredonnables qui donne envie de taper du pied.  En bref, Art Brut, Vitalic et LCD Soundsystem sont les trois groupes de l’année 2005 qui méritent le label Kellog’s pour avoir produit l’accompagnement idéal à l’assiette Miel Pop de votre petit déjeuner.

En conclusion, j’ai lu quelque part que l’année 2005 était une année de transition. Au début, j’avais trouvé cette affirmation un peu présomptueuse, mais puis quand je lis les noms qui sont sortis du lot, je me dis que c’était vraiment bien dit, car à part Arcade Fire et Sufjan Stevens qui étaient réellement au-dessus de la mêlée, il n’y avait vraiment rien de transcendantal.

2006 ne s’annonce pas mieux, car comme c’est parti là, on va nous servir des sous-Arcade Fire à la louche et le vainqueur est déjà connu vu qu’il paraît que Radiohead va sortir son nouvel album.

Enfin, je m’en voudrais de terminer sans mentionner le grand oublié des classements: Mercury Rev. Quelque part, c’est logique, car The Secret Migration, leur dernier bébé, est totalement dispensable et n’apporte absolument rien à leur discographie. C’est sur scène qu’ils ont fait la différence. Leur concert au Cirque Royal en juin dernier était tout simplement incroyable. Un spectacle total mêlant musique et vidéo comme peu l’avaient réussi avant. Leur répertoire usé paraissait flamboyant dans un tel emballage. Du grand art que je ne suis pas prêt d’oublier.


Source: Mad Movies

MADPREVIEWS 2006

Peav’ et Bobby-Drake sont un jour rentrés dans le bureau, l’air grave et solennel , ils avaient une mission à nous confier et pas des moindres : faire un panorama de tous les films Mad qui sortiront en 2006. "Bon les gars, un petit tour d’horizon de l’année prochaine, les grosses cylindrées, les déceptions probables de l’année prochaine, vous voyez ?". On avait tous opiné. Après avoir exposé leurs attentes, les deux hommes se sont allumés un gros cigare aromatisé qu’ils ont roulés eux-mêmes, satisfaits. Catastrophe ! Quand les textes sont revenus, ils se sont vite rendus compte que nous n’avions rien compris: Blunt insistait pour faire Le Seigneur des Anneaux 4 bien qu’on lui expliquât sur tous les tons que ça n’existait pas, Tequila souhaitait consacrer 5 feuillets aux 36 films prévus avec Steven Seagal et LMD avait communiqué ses pronostics pour la Coupe du Monde en Allemagne. Quant à Waco, Argento, PeTe RoCk, Lord-of-Babylon et Scream-Queen, ils avaient tous écrit sur les mêmes films: les prochains Pixar, Michael Mann, Steven Spielberg, Night Shyamalan ou David Fincher… Heureusement, grâce au pouvoir de la parole et des coups de pieds dans la tronche, on a finalement rendu une copie acceptable, c’est à dire des avis plein d’un enthousiasme de gamin, d’humour navrant et de mauvaise foi irrévocable, et ce sur tous les films susceptibles de vous intéresser quand vous aurez fini de cuver après la traditionnelle biture de Saint Sylvestre. Bonne lecture !

MADPREVIEWS 2006 - Partie 1
MADPREVIEWS 2006 - Partie 2
MADPREVIEWS 2006 - Partie 3
MADPREVIEWS 2006 - Partie 4
MADPREVIEWS 2006 - Partie 5
MADPREVIEWS 2006 - Partie 6
MADPREVIEWS 2006 - Partie 7
MADPREVIEWS 2006 - Partie 8
MADPREVIEWS 2006 - Partie 9
MADPREVIEWS 2006 - Partie 10
MADPREVIEWS 2006 - Partie 11


Source: 404 Brain Not Found

Ce CD est protégé contre la lecture

Et si écouter de la musique n'était rien d'autre que la pirater avec son cerveau via ses oreilles ?

Fan du groupe Coldplay? Envie d'acheter leur dernier CD pour faire vivre vos artistes préférés ? Riche et noble idée qui sera justement récompensée lorsque vous découvrirez, en ouvrant le CD, qu'il n'est pas possible de le lire dans :  certains lecteurs de CD portables, certains lecteurs de CD de voiture, les lecteurs qui savent graver, les voitures équipées de GPS, les lecteurs de CD munis d'un disque dur, les graveurs de CD musicaux, les lecteurs DVD, les consoles de jeu, les ordinateurs Macintosh et les lecteurs de CD capables de convertir en MP3 (au cas où l'acheteur soit une des rares personnes de cette planète à avoir un baladeur, des fois que).

A défaut de posséder un lecteur de CD compatible "Coldplay", il sera toujours possible à l'acheteur malheureux... d'espérer trouver un ami rétrograde capable de lui enregistrer sa dernière acquisition sur cassette, puisque le généreux label refuse de reprendre les disques inutilisables.

 12/01/2006
 vincent

DVD: The Descent

de Neil Marshall

J’ai dû regarder ce film deux fois pour l’apprécier pleinement. Inédit chez nous, The Descent est film encensé par la critique spécialisée (souvenez-vous). Il conte l’histoire d’un groupe de 6 filles avides de sensations fortes qui s’en vont faire de la spéléologie dans une caverne qui semble être une planète rien qu’à elle. Pas de chance pour elles, cette impression se confirme et elles vont tomber sur une race d’êtres vivants n’ayant pas vu beaucoup la lumière du jour et aux intentions peu louables.

The Descent dure 1h30 et il faut attendre plus de 45 minutes pour que nos filles rencontrent leurs faucheurs. Ces 45 premières minutes sont vraiment fastidieuses. Un catalogue de clichés ou de déjà-vu. Il s’attarde inutilement sur la composition du groupe de filles vraiment navrante (la composition, pas les filles). On a la casse-cou, la fille qui a des couilles, la sage, une tourmentée qui fait des cauchemars et enfin deux faire-valoir. Neil Marshall, le réalisateur à qui l’on doit notamment Dog Soldiers (grand prix et prix du public du BIFFF 2002) ne donne jamais l’impression que le film va s’améliorer. Alors inévitablement, je me suis mis sur la défensive et à la première vision, je n’ai pas sû profiter pleinement des bonnes 45 dernières minutes où tout n’est plus qu’une question de survie peu importe le trait de caractères que le réalisateur vous a donnés au départ.  Dans le genre du film "survival", on a plus vu pareil final aussi efficace depuis Predator (et c’est quelqu’un qui l’a vu avec les yeux d’un enfant de onze ans qui vous le dit). La comparaison s’impose d’autant plus que les prédateurs de The Descent émettent le même genre de sons et les héroïnes vont avoir recours au même genre de subterfuges pour essayer de se jouer d’eux. De plus, on retrouve le même penchant pour ces plans très graphiques et instantanément cultes. Bref, c’est vraiment du bon ouvrage. Si seulement le début était à la hauteur...

 16/01/2006
 vincent

Un coup d'oeil dans le retro cinématographique

Après la musique, il y a un peu plus d’une semaine, je me sens pousser des ailes (et Red Bull n’a rien à voir dedans) et prêt pour faire un petit bilan subjectif de la défunte année cinématographique.

Au rayon "grosses productions", je tiens encore à remercier Peter Jackson pour son énorme King Kong qui me transforme en gosse de 10 ans chaque fois que j’en parle (j’en suis même arrivé à mimer King Kong ratatinant un T-Rex). Quand Peter Jackson dit qu’il a réalisé le film qu’il aurait voulu voir s’il était rentré dans une salle avec un paquet de pop-corn, je le crois sur parole. Si le début et la fin du film étaient plus condensés, il ne fait aucun doute que ce King Kong serait devenu une référence dans l’histoire du cinéma hollywoodien. Ensuite, comment ne pas parler de Batman Begins. Je me demande encore comment Christopher Nolan est parvenu à imposer une telle vision à la Warner. Si l’on excepte son début très "Karate Kid",  son Batman transposé dans un univers de polar réaliste est une petite merveille dont on ne se lasse pas. Et puis, j’aurais bien aimé dire du bien de War Of Worlds, mais Tom Cruise plombe tellement le film que c’est tout simplement impossible.

Au rayon "moyennes productions", A History Of Violence de David Cronenberg s’impose comme un des meilleurs films de l’année. Cette redéfinition magistrale du thriller Hollywoodien est une véritable leçon sur le comment tordre le cou aux clichés.  Kerry Conran et son Sky Captain And The World Of Tomorrow  préparaient les quelques personnes qui l’ont vu à King Kong et  Sin City.  Sky Captain renouait bien avant King Kong avec le film d’aventures des années 30 et pour ce faire, usait  de la technique des vrais acteurs évoluant dans un monde entièrement virtuel. Enfin pour terminer, comment ne pas oublier l’hilarant et jouissif  Team America: World Police de Trey Parker et Matt Stone, le duo dynamique derrière South Park. Je me demande comment ses deux joyeux lurons arrivent à faire produire un film de marionnettes crachant sur tout  le monde dans le système hollywoodien.

Au rayon "séries B, horreur et fantastique", là, c’est la bérézina. Pourtant, après la très faste année 2004 où les studios n’avaient plus peur de mettre leurs sous sur des trucs complètement décomplexés qui "dégommaient grave" (Dawn Of The Dead et Kill Bill Volume 2 en tête), j’espérais que j’allais encore être sur mon derrière.  Et bien, rien, nada!  Même Land Of The Dead de Georges Romero, un des maîtres du genre, sent le produit light réchauffé. Finalement, j’en viens même à me dire que notre Calvaire national (que j’ai pourtant descendu à l’époque) doit être celui qui s’en sort le mieux et que Seed Of Chucky et House Of Wax ne sont pas si mal. Enfin, heureusement, il y a quand même une production qui se détache. J’ai nommé The Machinist. Si quand vous étiez petit, vous étiez fans des vieux épisodes de The Twilight Zone lorsqu’ils passaient chez les frères Bogdanoff alors, The Machinist est le film que vous devez absolument voir.

Au rayon "pan-pan-boum-badaboum-crève-salope", contre toute attente, je n’ai pas oublié Red Eye de Wes Craven. Le fait que Cillian Murphy y joue le méchant n’y est pas étranger. Si j’ajoute à ce rôle, sa performance de Dr Crane dans Batman Begins, Cillian Murphy est sans aucun doute le vicelard de l’année. Enfin, j’avais pronostiqué à l’époque qu’Assaut On  Precinct 13 serait le film avec le plus de douilles. Bien m’en a pris, car personne n’est parvenu à le détrôner!

Enfin, au rayon "auteur", Clint Eastwood en a mis KO plus d’un avec son Million Dollar Baby. Fernando Meirelles confirme son statut de nouveau Sergio Leone en signant avec The Constant Gardener les plus belles images de l’année. Avec Maria Full Of Grace, le petit nouveau Joshua Marston vous fait prendre conscience de l’enfer que vivent les mules colombiennes. Le Canadien Michael Dowse m’a sérieusement bluffé avec son hallucinant It’s All Gone Pete Tong, histoire d’un Beethoven contemporain sur fond de sexe, drogue et techno. Alejandro Amenábar m’a fait pleurer avec Mar adentro.  Le danois Jacob Thuesen nous pond Accused,  un film incroyablement instructif sur l’inceste. Avec 9 songs, Michael Winterbottom réussit presque le premier porno d’auteur. Pour le reste, les grosses cylindrées toussent ou s’embourbent complètement. Lars Von Trier pousse sa logique jusqu’à l’écoeurement, et ce, directement (Manderlay) ou indirectement (Dear Wendy). Woody Allen et Jim Jarmush bernent pas mal de gens en changeant de genre et pourtant aussi bien Match Point que Broken Flowers sont des films globalement insipides. Tim Burton s’enterre en sortant deux films qui prouvent qu’on ne doit vraiment plus rien attendre de lui.  Win Wenders fait de même avec Land Of Plenty et Don’t Come Knocking.  Gus Van Sant confirme avec Last Days qu’il est un auteur qui peut se permettre les trucs les plus hermétiques. Martin Scorsese aurait pu signer un grand film avec The Aviator si une multitude de conditions avaient été remplies. Et enfin, Oliver Stone signe avec Alexandre, le plus mauvais film de l’histoire cinéma. Je n’arrive toujours pas à comprendre comme un tel ratage est possible. Tout n’est que maladresse, vision inappropriée et réalisation bâclée. 

Pour terminer, je me permets de résumer tout ceci par un top 10 qui me fait dire également que 2005 a été une année de transition pour le cinéma, car à part les 5 premiers, aucun ne s’impose réellement. La grande question c’est: transition vers quoi?
1. Million Dollar Baby
2. King Kong
3. The Machinist
4. Batman Begins
5. A History Of Violence
6. It’s all Gone Pete Tong
7. Team America: World Police
8. Sky Captain & The Wold Of Tomorrow
9. Accused
10. The Constant Gardener


Source: 404 Brain Not Found

La pute du désert

Un gros bravo à cette 28e édition du Paris-Dakar, n'avoir tué que deux enfants, fallait le faire. Un gros bravo aussi à l'excellent France Soir qui n'hésite pas dans son article du 16 janvier sur le sujet à faire dans le poétique. Au choix, on peut y lire : "toujours plus de prévention, préparer à l'avance la gestion d'une foule importante (et imprévisible, comme toujours en Afrique)"  "Le drame de samedi, lui, s'inscrit dans une logique toute différente (...) il s'agit tout simplement d'un banal mais tragique accident de la route" pour conclure par cette magnifique leçon de choses "Pour résumer : dans la vie, les gens meurent. Dakar ou pas. On apprécie d'ailleurs la virulence avec laquelle certains s'émeuvent de ce drame. Les mêmes sans doute qui regardent l'Afrique se mourir de la tragédie du Sida".


Source: Pitchfork

Sonic Youth prépare un nouvel album et quelques rééditions

Bienvenue dans l’ère post-O’Rourke! Pour rappel, pour la première fois depuis 2002, Sonic Youth tournera et enregistrera sans ce multi-instrumentaliste à visages multiples qu’est Jim O’Rourke. Et, apparemment, il semble que le groupe a beaucoup de choses de prévues pour 2006.

En premier lieu, selon le site officiel, le groupe s’attelle à l’enregistrement du nouvel album dans le studio où les New-Yorkais ont enregistré Sister,  Experimental Jet Set, Trash and No Star et où Thruston Moore a enregistré son album solo le plus accessible, Psychic Hearts.

Lee Ranaldo a décrit l’album à comme "comme une extension du travail accompli sur les précédents albums, mais également quelques détours par des territoires inexplorés, mais également un retour aux sources avec des choses plus dissonantes et atonales."

En d’autres mots, il n’a aucune idée de quelle allure prendra ce nouvel album.

En mars, Sonic Youth rééditera trois albums épuisés, notamment le premier EP éponyme du groupe, l’extravagant The Whitey Album qui était paru sous le nom de Ciconne Youth et enfin, le Psychic Hearts de Thruston Moore.

Et bien entendu, il y aura une collection de projets parallèles. La dernière collaboration de Lee Ranaldo avec le percusionniste William HookerThe Celestial Answer, sortira fin janvier sur Table Of The Elements.  Un groupe autour de Thurston Moore qui comprend notamment Jim O’Rourke et le saxophoniste Mats Gustafsson sortira deux albums en février: Live In Japan, v.1 sur Load Records et Weapons Of Ass Destruction via Smalltown Superjazzz.

 18/01/2006
 vincent

Jarhead

de Sam Mendes

Sam- American Beauty -Mendes filme l’attente des soldats américains durant la première guerre en Irak. Résultat: on a souvent l’impression de regarder une émission de télé-réalité où les protagonistes font ou racontent des conneries pour tuer l’ennui. Reste que rien que pour le plaisir de voir un bel échantillon de la nouvelle génération d’acteurs américains et des beaux plans que l’on a envie immédiatement d’imprimer en poster, le film vaut la peine d’être vu.

 19/01/2006
 ivan

Un bon trip...

Petit lien vers un site qui vaut le détour. Pas pour son graphisme ou son architecture qui ne cassent vraiment rien, mais pour son contenu.  Le Monsieur Brunelle est un activiste prétendument "contre". Contre notre mode de vie, nos modes de déplacements... Il explique tout ça sur son site. Jusque là, rien de tellement nouveau. Là où cela devient bien, c’est son moyen d’expression: le vélo! Et là je m’incline. Le sieur Lucas Brunelle, il organise des courses en pleine circulation, des parcours citadins avec des vrais groupes de Rock sur des remorques géantes tractées par des vélos... Il nous restitue ses "actions" au moyen de petites vidéos, qu’il réalise au moyen d’une caméra embarquée sur son casque. Bon, on ne s’arrêtera pas sur le respect ou non du code de la route... Mais ces courses tiennent du bon délire, et le montage des vidéos, sur fond d’un bons vieux Guns n’ Roses (sisi!): moi, j’aime beaucoup!

http://www.digave.com/couch/


Source: Impunité zéro

Il était une foi en Amérique

Il existe une scène nord-américaine, ni ultra-dominante ni marginalisée, qui a réussi à se tailler un territoire commercial conséquent (Arcade Fire, Clap Your Hands Say Yeah, Sufjan Stevens, Wolf Parade, Bright Eyes...). Les leaders de cette scène ont souvent été popularisés grâce à Internet, par les blogs et webzines, mais aussi par le peer-to-peer et la vente en ligne, qui permettent la diffusion à plus large échelle de disques parfois mal distribués en France (voir par exemple, en 2003, la diffusion chez les fans de pop français de Chutes to narrow des Shins, six mois avant sa sortie officielle). Tout en s’inscrivant résolument dans un cadre rock, et un format de chansons plutôt classique, ces groupes marient pour la plupart une grande variété d’influences, rappelant que l’Amérique est aussi bien le pays des Beach Boys que de Sonic Youth, de la power-pop la plus jouissive que du folk le plus poignant, de l’americana rurale que des immigrés allemands fans de krautrock. Symboles de cet éclectisme : le projet fou "50 Etats, 50 disques" de Sufjan Stevens, ou la schizophrénie de Bright Eyes, auteur de deux disques en simultané l’an passé.

 22/01/2006
 vincent

Good Night, And Good Luck

de George Clooney

Il y a quatre ans, George Clooney épatait tout le monde avec Confessions of a Dangerous Mind. C’était une première réalisation et pourtant George Clooney imposait déjà un style qui lui était propre et une volonté de filmer des histoires que l’on n’imaginait pas contées par quelqu’un d’autre. Bref, on se disait que s’il continuait comme cela, le George Clooney réalisateur allait devenir quelqu’un de très fréquentable. Et bien, il n’aura même pas fallu attendre trois au quatre films, car son deuxième film, Good Night, And Good Luck, est déjà le chef d’oeuvre qui le place dans le peloton de tête des auteurs à suivre!

Il y a peu, Laurence et moi crachions notre venin sur Lord Of War d’Andrew Niccol, un film à message estimant le spectateur bien trop con pour comprendre un message s’il ne lui est pas délivré sous la forme d’un divertissement pour décérébrés. Good Night, And Good Luck est justement un film dénonçant cette recherche du divertissement à tout prix qui transforme le média télévisuel en outil bancal ne servant qu’à asservir le spectateur. Ce n’est même pas alarmiste, car son film conte le parcours du combattant d’Edward R. Murrow, un présentateur vedette qui osait dénoncer la chasse aux sorcières orchestrée par le sénateur Joseph McCarthy au début de la guerre froide. L’intelligence de Clooney est de laisser la liberté aux spectateurs d’estimer si la situation a évolué depuis les années 50 et si nos médias sont plus libres et plus clairvoyants qu’avant.

Pour arriver à cette conclusion, George Clooney nous balance un film qui est loin des divertissements dans lequel il a l’habitude de jouer. Il filme cliniquement comment cela fonctionnait à l’époque avec un souci du détail, un style et des acteurs qui respirent la classe. C’est remarquable et on sort de la salle en se disant qu’on vient de regarder un film majeur.


Source: Journal de David Byrne (Talking Heads)

N'achetez pas des CDs des majors

Bonne année. N'achetez pas des CDs d'un des 5 majors.

Ces CDs risquent d'endommager votre ordinateur, ouvrir des failles de sécurité et vous ne pourrez pas les transférer sur votre baladeur MP3. Arrêtez d'acheter des CDs. Au moins jusqu'à ce qu'ils nous garantissent qu'ils arrêtent à jamais ce genre de pratiques merdiques.


Source: clubic.com

sex.com a été vendu des millions de $

12 à 19 millions de dollars US, c’est effectivement la somme estimée qui a été déboursée pour racheter un simple nom de domaine Internet. Mais il n’est pas question ici de n’importe quel nom de domaine, non, puisqu’on parle du très convoité sex.com.

C’est finalement la société américaine Escom qui s’est payée cette adresse "vitrine", au nom simple, direct, évocateur et très recherché dans Google et compagnie. C’est Gary Kremen, un entrepreneur connu pour être le fondateur du site de rencontres Match, qui a vendu ce nom de domaine. Pendant des années, l’homme a bataillé dur devant les tribunaux pour prouver qu’il était bien le propriétaire légitime du nom de domaine. 


Source: 404 Brain Not Found

France Deux - Information Zéro

On le sait, le politicien est un petit être subtil. Pas facile, du coup, de savoir si la campagne présidentielle avait officiellement commencé ou pas. Pour ceux qui avaient un doute, France 2 a une réponse toute faite.

Pour s’assurer que la campagne avait bien démarré, il suffisait de jeter un oeil au sommaire du JT du 20 Janvier. Vu qu’on était un vendredi, c’était au tour de la sémillante Béatrice Schönberg de dire n’importe quoi avant Patrick Sébastien. Et qu’avait-on au menu des actualités de l’ORTF ? De la politique ? De l’international ? Du grand reportage ? De l’économie ? Du la guerre, du sang, des morts, des scandales ? De la réflexion de fond, du journalisme engagé ?

Que nenni mon brave, on est sur France deux quand même, on se respecte un peu.

Alors au programme, ce sera procès, accident de la route, accident de la route, insécurité, procès, impôts, chômage, commentaires sur la météo météo pendant 23 minutes. Puis étranger pendant 4 minutes (quand même) puis santé, fait divers, sport et croûte théatrâle pendant les 9 minutes restantes.

Soit la formidable proportion de 10% de temps consacré au infos et 90% à libérer de l’espace de cerveau.


Source: Pinkushion

Sonic Youth - Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui

Pour concertdatant de 2003, le groupe est accompagné par le percussionniste Tim Barnes et joue sur des films du cinéaste expérimental Stan Brakhage. Sans prétendre connaitre ces deux noms, j’ai appris que Stan Brakhage a joué dans Cannibal ! The Musical qui a marqué les débuts de Matt Stone et Trey Parker, futurs créateurs de South Partk.

Le concert compte trois parties d’environ vingt minutes chacune. La première partie repose sur une rythmique quasi sourde sur laquelle se superposent méthodiquement des nappes d’accords dissonants et semblants de riffs insondables évoquant par moment les tous premiers albums de Sonic Youth. Le morceau évolue lentement en crescendo vers des ambiances plus envolées, teintées d’éclairs d’électricité. La deuxième partie est une variation plus angoissante de la première. Les guitares se font stridentes et nerveuses. Des vocalises plaintives et triturées de Kim Gordon n’en finissent pas de vous crisper. La troisième partie échappe à toute tentative de description. Tout n’est que fracas de sonorités électriques sur fond de jeux de batteries illogiques. Tous vos repères volent en éclat. C’est éprouvant et quand après 10 minutes le morceau s’emballe pour devenir une véritable bacchanale électrique, on est content de retrouver le Sonic Youth que l’on connaît.

Au final, 66 minutes d’ambiances électriques abstraites sur lesquelles, soyons honnêtes, vous pouvez coller à peu près n’importe quel discours d’autant plus qu’il manque un élément essentiel à ce CD : les films sur lesquels a été improvisée la performance. Cela aurait pu faire l’objet d’un DVD, non ?

 29/01/2006
 vincent

Chaos

de Tony Giglio avec Welsey- Face de crapaud -Snipes

"Une seule règle: éliminer l’adversaire" disait l’affiche. Avec un tel slogan, je m’attendais à un bête film pétaradant pouvant mettre mes neurones en mode veille et pas à un suspens policier insipide à souhait au casting effroyablement nul.

 31/01/2006
 vincent

Douglas Coupland - Girlfriend in a Coma

Editions 10/18

Malgré son titre, Girlfriend in a Coma n’est pas l’autobiographie de Morrissey. C’est un livre de Douglas Coupland qui est à la littérature contemporaine, ce que Six Feet Under est à la série télé: une radioscopie inégalable de la classe moyenne actuelle. Une classe moyenne qui, piégée dans une société ultra-matérialiste où tout est ramené à la consommation, est en perte de repères sûrs et se cherche indéfiniment.

Avec un tel créneau, Douglas Coupland pourrait facilement verser dans l’altermondialisme primaire ou dans la propagande gauchiste hypocrite. Heureusement, il n’est en rien. Le message de Coupland est clair: "On n’a pas la vie qu’on avait rêvé, mais cela ne nous empêche pas de vivre. On fait aller".

Dans Girlfriend in a Coma, Douglas Coupland va plus loin et nous montre ce qu’il faudrait faire pour provoquer un changement. Sans dévoiler les tenants et les aboutissants, la conclusion de son livre est sans appel et aurait pu s’appeler Théorie quantitative de la démence.


Source: Le Soir dans une interview de l'auteur de "La RTBF est aussi la nôtre"

La RTBF devrait être un service public

Le Soir: Vous refusez que la RTBF fasse sauter le verrou des 25% de recettes provenant de la pub.

Bernard Hennebert: Il faut, au minimum, ne pas augmenter la présence publicitaire et ne pas réinstaurer la pub autour des programmes pour enfants comme le veut la ministre. Je ne suis pas contre la publicité, mais contre la pub sur le service public.

Le Soir: Moins de recettes publicitaires, c’est moins de moyens pour les programmes...

Bernard Hennebert: De fait, mais la disparition de la publicité permettrait d’évacuer un certain nombre d’émissions qui ne sont à l’antenne que pour satisfaire les publicitaires ou les sponsors. La RTBF ne doit pas grossir, elle ne le fait que pour satisfaire les intérêts publicitaires. Que la RTBF fasse son travail de service public, ce qui ne vaut pas dire être mortellement sérieuse, et elle ne devra pas participer aux enchères pour l’acquisition des droits des films, des séries, du sport...

Le Soir: On peut avoir l’impression que le service public que vous prônez est fait d’émissions que personne ne regarde. Or, une télé de service public n’a plus de raison d’être.

Bernard Hennebert: Je crois que c’est la situation actuelle qui fait perde à la RTBF son public. En mettant un tunnel de pub entre le JT et "Questions à la une", la RTBF perd 100000 téléspectateurs chaque mercredi. Quand la RTBF ne proposait que des programmes de service public, elle n’avait pas de pertes. Pourquoi, constate-t-on que, globalement, le public belge préfère l’info? Parce que, justement, il a été, durant des décennies formé par la RTBF à regarder "Strip-tease" au d’autres.

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France Deux - Information Zéro
Sonic Youth - Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui
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La RTBF devrait être un service public


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