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02/03/2006
vincent
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Liars à l'Ancienne Belgique
Avec Liars, tout est une question de limites jamais franchies. On est à la limite de la fumisterie. Mais voilà, on voit tellement bien que les trois gaillards derrière Liars ne se prennent pas au sérieux qu’on ne tombe jamais aussi bas. Le final avec sa reprise désopilante de Territorial Pissing de Nirvana résume tout. On est à la limite de l’inaudible avec cette de musique primale- à la limite de l’industrielle -desservie dans un florilège de distorsions, échos, réverbérations ou autres effets non identifiables. Mais à nouveau, il y a un truc qui fait que chez Liars, l’expérience est hypnotique plutôt qu’inaudible.
En fait, sur scène, Liars a tout pour devenir aussi imbuvable qu’Alec Empire, mais il en est pourtant l’antithèse. La prétention fait place ici à un comportement de doux illuminés échappés d’une secte post-apocalyptique que les autorités compétentes n’auraient pas encore répertoriée. Chez Liars, les rugissements gutturaux doivent être le fruit d’un abus de champignons hallucinogènes et si, comme chez Alec Empire, leur son peut faire peur, il faut leur pardonner, car ils ne donnent pas l’impression de toujours contrôler complètement ce qu’ils font.
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Source:
Jyllands-Posten
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MANIFESTO: Faisons face ensemble au nouveau totalitarisme
"Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous. Les événements récents, survenus suite à la publication de dessins sur Mahomet dans des journaux européens, ont mis en évidence la nécessité de la lutte pour ces valeurs universelles. Cette lutte ne se gagnera pas par les armes, mais sur le terrain des idées."
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Source:
Le Monde
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Où sont passés les poissons ?
C’était, vendredi 3 mars, la soirée new-yorkaise du magazine "Thalassa", sur France 3. On nous avait promis du nouveau et de l’intéressant. "Le 3 mars, "Thalassa", une fois encore, innove et inaugure une nouvelle série exceptionnelle, une plongée dans une grande métropole maritime du monde, un "Thalassa" résolument urbain et nocturne", nous disait-on. On a envie d’inverser la formule. Ce qui était nouveau, vendredi soir, n’était pas intéressant, et ce qui était intéressant n’était pas nouveau. Et surtout cela manquait sévèrement de poissons !
Car enfin, nom d’un chien, si on peut se permettre, on ne regarde pas "Thalassa" pour entendre Sinatra ! Il y a mille autres occasions de réécouter Liza Minnelli !
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05/03/2006
vincent
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Fun with Dick & Jane
de Dean Parisot
Il y a un peu plus d’un mois, je suis allé voir Enron - The Smartest Guys in the room, un documentaire sur l’affaire Enron. Si vous n’avez pas suivi cette affaire, il faut juste savoir qu’Enron est une faillite frauduleuse de la pire espèce. Enron, c’est l’archétype des effets néfastes que peut engendrer le capitalisme. Elle a mis sur la paille des milliers de petits épargnants qui avaient été jusqu’à convertir leurs épargnes-pensions en actions Enron. Ce documentaire est assez mal foutu, car si vous ne maîtrisez pas les théories boursières de base, vous aurez des difficultés à comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.
Fun with Dick & Jane est une comédie qui s’inspire de cette affaire qui a fait date dans l’histoire de l’économie mondiale. Je suis allé voir ce film, car il était réalisé par Dean Parisot, qui, il y a quelques années, s’était fait remarquer par l’inoubliable Galaxy Quest, comédie de science-fiction prenant comme héros une bande de has-beens ayant joué dans une sorte de Star Trek.
Fun with Dick & Jane est nul. Il y a deux raisons. La première est le jeu hystérique de Jim Carrey qui plombe tout le film. C’est le Jim Carrey grimaçant du Mask et pas celui de Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. Si certains aiment, tant mieux pour eux, mais moi, je déteste. La seconde est le manque de grinçant de cette comédie alors que le sujet s’y prêtait si bien. En fait, seuls 2 gags et le générique de fin sont piquants. Eux, ils valent vraiment le détour. Mais c’est peu. Seul rayon de soleil dans ce naufrage: Tea Leoni. Son jeu tout en nuance m’ont fait esquisser quelques sourires. Je ne connaissais pas cette actrice. Apparament, elle est mariée à David- Fox Mulder -Duchovny. Cela n’a strictement aucun intérêt, mais cela manque d’actualité people sur ce site.
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08/03/2006
vincent
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Get Rich or Die Tryin'
de Jim Sheridan
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L’industrie du disque est parfois moins conne qu’elle paraît. Elle semble enfin avoir compris que le public n’était pas intéressé par des films bâclés, montés à la va-vite, mettant en scène des chanteuses ou chanteurs ayant le vent en poupe. Crossroads avec Britney Spears et Glitter avec Mariah Carey ont dû tellement laisser des traces dans la comptabilité des majors qui étaient derrière ces fours que maintenant on engage un réalisateur doté d’une vision pour signer de tels films. Pour tirer une fiction à la gloire d’Eminem, ils avaient engagé Curtis Hanson qui, quelques années auparavant, s’était distingué avec l’excellent LA Confidential. L’association a donné naissance à 8 Mile que je n’ai pas vu, mais qui, paraît-il, était loin d’être une mauvaise expérience. Pour ce Get Rich Or Die Tryin’ qui s’inspire vaguement de l’enfer qu’aurait été la vie du chanteur 50 Cent, ils ont été débauchés Jim Sheridan, l’auteur des inoubliables My Left Foot et In The Name of The Father.
Je ne connaissais pas 50 Cent avant de rentrer dans la salle. Pardonnez-moi mon inculture, mais moi et le top 50... Apparemement, le gaillard aurait été l’archétype de l’ancien gangster reconverti en rappeur (un ganstarappeur, quoi!). Il aurait même échappé de peu à la mort, le gars s’étant fait troué pas moins de 9 fois. Si on peut reprocher au film son ton très édulcoré qui fait de 50 Cent une sorte de grand dadais qui vend du crack en bon père de famille et sa fin navrante qui légitime le meurtre, Get Rich or Die Tryin’ est finalement un film de gangsters bon enfant plus qu’honorable. Il vaut même le détour, car il contient sont lot de scènes magnifiées par la caméra de Jim Sheridan. Le genre de scènes qui, si elles avaient été filmées par le premier "yes-man" venu aurait d’une médiocrité absolue. A ce titre, le générique du film basé sur l’idée simplissime de filmer l’image à travers un rétroviseur vibrant sous l’effet des basses d’un morceau de rap est tout simplement génial. Autre scène monumentale, une bagarre sous les douches d’un pénitencier chorégraphié comme un spectacle de danse contemporaine désespéré où les corps nus dérapent et s’accrochent.
Et puis malgré, je le répète, une histoire assainie jusqu’à en devenir complètement guimauve, il y a un côté pédagogique loin d’être inintéressant. Get Rich or Die Tryin’ est notamment un des premiers films qui explique aussi bien l’intérêt économique du crack. C’est aussi un des premiers qui, au cas où vous en douteriez, vous montre à quel point le ganstarap est avant tout une histoire d’ego boursouflé où chacun essaie de montrer qu’il en a plus grosse que l’autre. Ce message est d’ailleurs assez osé, car le film est produit par la chaîne MTV et on se demande comment elle ne s’est pas rendu compte que le film crachait dans la soupe qu’elle sert à longueur de journée.
Au final, on ne regrette vraiment pas d’avoir vu ce produit dérivé. On ne sort pas de la salle en voulant acheter du 50 Cent, mais on ne sort pas non plus en execrant le personnage.
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Source:
404 Brain Not Found
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Chomagophonique
Alerte chômage. L’Insee revoit ses chiffres à la hausse, Le manque d’emplois, loin de se cantonner à l’ANPE, touche chaque citoyen dans son quotidien, dans la vie de tous les jours.
Par exemple, cette semaine, en écoutant la radio, on pouvait découvrir le nouvel album d’Agnès Jaoui qui, après Sandrine Kiberlain, rejoint la troupe des actrices / top modèles en pleine crise de recyclage.
Le chômage frappe. Pour que Kiberlain et Jaoui - qui ont à peu près autant de points communs avec une chanteuse que Steeve Estatof avec Kurt Cobain (on en rit encore) - soient obligées de sortir un disque, on ne voit pas d’autre explication, les temps sont durs.
Pour rappel, parmi les comédiens / top modèles ayant récemment succombé à cette infâme mode d’aller manger dans les écuelles des chanteurs qui ont déjà assez de mal comme ça tout seuls, on compte :
Sandrine Kiberlain (ancienne actrice), Elie Semoun (comique en fin de vie), Gérard Darmon (un jour acteur), Carla Bruni (ex-modèle), Arielle Dombasle (chômeuse professionnelle), Karl Zero (journaliste de variétés), Isabelle Adjani (dépressive), Catherine Deneuve (mal coiffée chronique), Guy Marchand (AB productions) ou encore celui que le monde nous envie, Christian Morin (injuste prix).
Liste à laquelle il ne faut pas oublier tous ceux et celles qui, pour avoir fait quelques heures de télé-poubelle, se sentent dans l’obligation de rapporter des royalties à TF1, France 2 ou M6 en commettant un disque.
On comprend que les intermittents protestent. Apparemment, le chômage frappe dur. A moins que ce ne soit l’ennui.
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10/03/2006
émilie
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Syriana
de Steven Gaghan
Les critiques sont bonnes mais Syriana est très décevant. Comme si un film américain "subversif", qui dénonce le système qui le produit, était forcément bon. Syriana n’est pas bon. Il est décousu, pas accessible et caricatural.
Dans Syriana, on suit en alternance un avocat à Washington, un agent de la CIA, des boss de compagnies pétrolières, une belle petite famille, etc. Si tout avait été bien monté, on aurait pu s’accrocher aux différents groupes de personnages. Ce n’est pas le cas. On ne comprend rien. Chaque histoire est confuse, on ne voit pas les liens et le jargon utilisé est peu accessible.
Soi-disant subversif, Syriana nous offre une série de clichés bien américains. La CIA trahit ses agents, les avocats sont corrompus, ce qui compte c’est l’argent, les jeunes paumés se tournent vers le terrorisme, etc etc. Ce film ne sert qu’à se conforter dans l’image négative que certains ont des USA, mais sans arguments construits et fondés.
Pour ceux qui souhaitent une bonne soirée cinéma, n’allez pas voir Syriana. Louez plutôt Crash, qui vient de sortir en DVD. Vous aurez un film bien fait et une représentation de la société américaine, bien plus fine et plus critique que Syriana.
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13/03/2006
laurence
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Oedipe a Colone au Théâtre Varia
Première création pour Vincent Sornaga, dans la grande salle du Varia.
Je m’interroge sur la responsabilité du Varia dans ce triste essai de première mise en scène...
Effectivement, mettre un jeune metteur en scène sortant à peine de l’école sur un plateau de 18 mètres de large face une débauche de moyen, une grosse structure, etc... se révèle, pour le coup, un cadeau empoisonné. Pas que je vante les vertus des mises en scènes confidentielles jouées devant un public de 30 spectateurs pour les premiers projets, loin de là.
Mais assister à un spectacle de 2h45, soutenu par une mise en scène brouillonne, un jeu d’acteurs digne d’amateurs et d’une scénographie qui n’aide pas le focus sur l’action ou le texte, on peut en devenir mauvaise langue. J’ai eu l’impression que Vincent Sornaga s’est perdu dans les premières idées et n’a pas su réagir face à la réalité du plateau. Mettre une femme nue (au corps splendide) et de la vidéo (...) sur scène ne sont pas les ingrédients magiques pour créer un spectacle "contemporain". Malheureusement, le texte a encore son importance et empêcher le spectateur de l’écouter tue dans l’oeuf les idées qui en découlent.
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Source:
L'espresso de Télérama
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Bienvenue dans l'ère du stock market.
Décidément, les temps changent, comme chantait un certain Bob D. dans les années 60. Les temps changent, oui, et nos amies les stars du rock, qui récemment encore se méfiaient des nouvelles technologies, les embrassent aujourd’hui à pleine bouche. Internet ne leur fait (presque) plus peur. Et la téléphonie les rend carrément hystériques ! Dans un spot pour la télévision, Iggy Pop fait la promo pour les services 3G de SFR. Le trio Placebo, lui, a donné un concert proposé, via la 3G, aux abonnés d’Orange sur leur portable (et c’était... euh... bien ?). On imagine que ces deux compagnies ont dû verser des sommes assez rock’n’roll à nos chères (très chères) icônes électriques pour s’offrir un peu de leur sulfureuse attitude. C’est ainsi : le rock est furieusement tendance, et tout le monde en croque. SFR, nouveau sponsor officiel de la rébellion ? Orange, porte-drapeau de la contestation ? Décidément, oui, les temps changent. Au revoir Woodstock ! Bienvenue dans l’ère du stock market.
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16/03/2006
vincent
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Bell Orchestre au Botanique
En première partie, Jel a joué la prestation du parfait presse-boutons. Jel est un des fondateurs du label Anticon. Anticon est parvenu à produire du hip-hop apte à intéresser l’intelligentsia et à travers des signatures comme Why?, est parvenu à donner un futur au courant lo-fi. Jel a également officié dans Themselves et 13 & God. Bref, on est forcé de s’incliner devant le CV du gars, mais il faut avouer qu’en solo, il est faiblard. Une prestation d’autiste caché derrière ses consoles jouant des samples bateaux sur fond de rythmes hip-hop clichés. On a déjà vu plus original.
Enfin, vient Bell Orchestre. On ne va pas parler de "stars de la soirée" vu que le succès de Bell Orchestre reste très confidentiel. Il y a quelques mois, j’avais décrit Bell Orchestre comme le chaînon manquant entre les dépressifs de Godspeed You! Black Emperor et les joyeux épiques d’Arcade Fire. Le groupe comprend d’ailleurs deux membres de ces derniers (souvenez-vous). Sur scène, à ma grande surprise, c’est le côté dépressif qui prend le dessus. Les mélodies sont tristes. On sent une certaine tension que l’on ne perçoit pas sur l’album. Pourtant, le groupe est tout de blanc vêtu et a une allure angélique. Il a même de l’humour. Il organise des concours pour gagner des posters artisanaux du groupe. Globalement, c’est plaisant, mais il y a quelque chose qui fait que je ne suis pas rentré complément dedans. Comme disait Ivan au sujet du concert de Dirty Three en novembre dernier (souvenez-vous), c’est le genre de concert qui me met dans un état d’esprit tel que je pense à plein de trucs dont une fois le concert terminé, je ne me rappelle plus, un peu comme quand on verse vers le rêve... Maintenant, la question est: est-ce une marque de qualité pour un concert?.
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Source:
Cuverville
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Camille, ta plus mauvaise chanson
CHèRE Camille,
Il faut que je te parle un peu de moi avant de poursuivre: je suis du genre boulimique. J’entends beaucoup de musique — celle que l’on qualifie d’actuelle —, trop sans doute pour prétendre écouter correctement. Les CD se succèdent rapidement sur ma platine (c’est un dispositif à l’ancienne, même pas un home vidéo) sans que cela ne parvienne à satisfaire ma faim gargantuesque. Ceux qui prétendent que les flibustiers technologiques tuent la création ne s’intéressent certainement pas à elle : deux oreilles ne suffisent pas à en faire le tour. Je découvre chaque jour en me baladant sur Internet et en visitant les sites des artistes la profondeur abyssale de mon ignorance, c’est passionnant. Il y a donc peu de chance qu’un album reste très longtemps dans mon lecteur. Or, depuis un an, ton Fil est toujours là, à côté, prêt à m’enchanter derechef.
Tu n’as sorti que deux albums et nous gratifies déjà d’un live ! Cela semblera très prétentieux à certains, persuadés qu’un enregistrement public doit obligatoirement prendre la forme d’un best-of, un condensé de carrière. Mais Le Fil, ton deuxième album studio, mérite ce prolongement. Tout comme tes impressionnantes prestations scéniques méritent un rappel.
J’ai donc acheté ton live au Trianon. J’ai bien sûr vu le bandeau blanc sur le verso de la pochette (dans son boitier cristal, marketing minimal, EMI fait des économies), prévenant en tous petits caractères que ce disque "contient un dispositif technique limitant les possibilités de copie. Sur certains lecteurs en particulier certains autoradios, vous pouvez rencontrer des problèmes de lecture". Depuis une paire d’années, j’ai remarqué ces avertissements. Ce qui ne signifie pas que je m’y suis habitué.
Le livret de ton disque est composé de onze pages de photos floues plus une douzième consacrée aux "crédits", où figure en plus le texte d’une chanson. Je me rendrai bientôt compte que cette chanson n’est pas inscrite à la playlist de l’album. Voici ce qu’elle raconte : "Merci d’avoir acheté ce disque. Cet enregistrement ainsi que la pochette qui l’accompagne bénéficient d’une protection au titre de la législation sur le droit de la propriété intellectuelle. Utiliser Internet pour diffuser des enregistrements protégés, distribuer des copies de disques et prêter des disques à des tiers pour qu’ils les copient constituent des actes illégaux qui vont à l’encontre des intérêts et des droits des personnes impliquées dans la création des oeuvres musicales (les artistes notamment). De tels agissements s’apparentent purement et simplement à du vol. La loi prévoit des sanctions civiles et pénales sévères en cas de reproduction, communication et mise à disposition du public d’enregistrements musicaux sans autorisation".
Oui : j’ai évidemment compris qu’il ne s’agissait pas d’une chanson. Alors quoi ? Tu commences par me remercier pour mieux me traiter de voleur potentiel ? Après les restrictions sur la galette et les menaces sur le livret, quelle est la prochaine étape ?
Je te croyais exempte de vulgarité, te voilà ramenée à la médiocrité ambiante. Quand j’y pense... Tu me dois un peu de ton succès, avec toute la pub que je t’ai faite. Je voulais retourner te voir et t’écouter à Marseille ou Nice : les concerts sont complets. Comme quoi on m’a entendu ! J’ai aussi prêté le Fil à des amis qui ne te connaissaient pas encore (mon lecteur restait orphelin quelques temps) et je t’avoue ne pas les avoir fliqués pour vérifier s’ils dupliquaient le disque ou pas. Mais je respecte tes recommandations : je ne ferai dorénavant plus tourner tes oeuvres. D’ailleurs, je pense que je ne les achèterai plus non plus. Je subodore que tu n’as pas écrit ce texte à la con, j’espère cependant qu’il ne t’apportera aucun droit d’auteur.
Gilles
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17/03/2006
vincent
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BIFFF 2006: The Devil's Rejects
de Rob Zombie
Le film est précédé d’une réputation sulfureuse et est taxé d’insoutenable. Comme d’habitude, il n’en est rien. Le film n’est même pas gore pour un sou, mais reste que The Devil’s Rejects est bien un des films de genre le plus classe de ces dernières années.
Ils sont nombreux à revendiquer être des hommages à ces films cultes des années 70. Dans cette optique, The Devil’s Rejects est largement au dessus de la moyenne. On aurait difficile de dater la chose tellement le mimétisme est parfait. On est quelque part entre l’inévitable The Texas Chainsaw Massacre et l’exubérance des productions lubriques de Russ Meyer, mais là n’est pas l’intérêt.
En faisant de l’habituelle famille de dégénérés consanguins les héros de son film au lieu des classiques pauvres victimes innocentes qui vont de toute façon finir zigouillées avant la fin du film, Rob Zombie répond à une demande que formulent pas mal de fans du genre et nous offre un florilège de tronches pas possibles (tout ce qu’Hollywood compte comme freaks doit figurer au générique) et de répliques instantanément cultes. Bref, c’est jouissif de la première à la dernière minute. La bande-son vous fout sur votre derrière et à la fin de projection, vous en redemandez!
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Source:
404 Brain Not Found
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Téléachat de 20 heures
Le problème de la télévision, c’est qu’entre la pub, il y a des émissions. Les placements publicitaires font donc doucement leur chemin dans les rédactions d’informations, histoire de finir de massacrer une profession qui lutte déjà pour maintenir une once de semblant d’indépendance.
Bientôt donc, quand on parlera de formule 1, on ne dira que du bien des marques de voitures, on fera des dossiers spéciaux sur les vacances à la Bourboule parce que c’est une station super chouette qui a obtenu le drapeau vert de la plage sans marée noire trois ans de suite, on passera une couche sur le fabuleux concert (et l’album, vous avez acheté l’album) de Céline Dion et on fera des sujets sur les yaourts zéro pourcent indispensables pour pas avoir l’air d’une morue à la Bourboule (qui vient d’obtenir son drapeau vert).
...Ah non, ça, c’est déjà fait.
En fait, quand les placements publicitaires arriveront dans les informations, la seule différence, c’est que les marques vont être obligées de payer pour la pub.
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18/03/2006
vincent
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BIFFF 2006: A Bittersweet Life
de Ji-woon Kim
Il y a deux ans, Ji-woon Kim s’était fait remarquer avec A Tale Of Two Sisters, le film de fantômes asiatique de trop (souvenez-vous). Mystérieusement, le film s’est fait primer dans presque tous les festivals où il est passé.
Avec A Bittersweet Life, Ji-woon Kim montre qu’il n’a toujours pas beaucoup d’idées et propose un film de gangsters absolument pas original rappelant certains Takeshi Kitano ou John Woo. Le film vaut cependant le coup d’oeil tellement il est généreux en "gunfights" esthétisantes et en scènes de violences fulgurantes évoquant un certain Old Boy (souvenez-vous).
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Source:
La presse (Montréal)
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France: la pensée magique
À force d’agitation et de manifestations sur le sujet, l’opinion française, volontiers sensible à ce qu’on pourrait appeler la pensée magique (statut de fonctionnaires pour tous, plein emploi décrété par le gouvernement, etc.), a fini par basculer en très grande majorité. Selon tous les sondages, les deux tiers des Français s’opposent au CPE et déclarent en choeur: nous ne voulons pas de ces emplois précaires pour les jeunes, nous voulons pour eux de " vrais " emplois, garantis à vie. D’où la revendication de l’UNEF, principal syndicat étudiant: retrait complet du CPE et négociations au sommet sur l’emploi des jeunes. Pour discuter de quoi? De l’embauche d’un demi-million de nouveaux fonctionnaires, alors que la France bat déjà des records européens en matière de dépenses publiques et de déficit budgétaire?
Ou alors s’agit-il de croire que l’État, en réunissant les chefs d’entreprise, peut leur ordonner de créer un million d’emplois dans l’année ou dans la semaine? La pensée magique a encore de beaux jours devant elle en France.
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Source:
Interprétations Diverses
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Clap Your Hands Say Yeah Yeah Yeahs
En ce qui concerne Yeah Yeah Yeahs, j’en étais resté là. Je n’avais même pas écouté leur premier album Fever To Tell me disant que la machine à fantasmes devait être plus visuelle qu’auditive. Rétrospectivement, je peux le dire, je me suis trompé. A l’écoute du nouvel album du groupe, Show Your Bones, qui sort le 27 mars, j’ai ravalé mon mépris pour presser le bouton "Play" encore et encore.
Contrairement à leurs compagnons de débauche new-yorkais (Liars et autres Black Dice), les Yeah Yeah Yeahs introduisent une bonne dose de pop dans leur art-rock bruyant. Contrairement à d’autres New-yorkais (les Strokes pour ne pas les citer), ils n’ont pas perdu la salissure qui fait le charme de leurs guitares. Brut, pop et très énergique : le cocktail est imparable. Et puis, Karen O est toujours aussi sexy.
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Source:
L'espresso de Télérama
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digital rights management: mode d'emploi
Vous avez déjà rencontré un DRM sans le savoir le jour où vous vous êtes aperçu que le CD que vous veniez d’acquérir n’était lisible ni sur votre ordinateur, ni sur votre autoradio ; ou lorsque vous avez compris que le morceau de musique acheté sur iTunes, le magazin en ligne d’Apple, n’était pas transférable sur votre baladeur MP3. Car voilà leur fonction aux DRM (digital rights management): limiter les possibilités de copier, graver ou transférer de la musique — ou de la vidéo, ou des logiciels — en espérant ainsi réduire les risques de piratage. Et ça marche ? Très modérément, puisque, en général, les mêmes fichiers musicaux ou vidéo se baladent en toute impunité sur le réseau peer-to-peer, débarassés de ces verrous électroniques. En attendant, le consommateur moyen, qui ne s’y connaît pas trop en bidouille informatique, se retrouve coincé avec son CD illisible ou son fichier intransférable. Et pour un bout de temps: les députés ont filament légalisé les DRM, et quasiment supprimé tout droit à la copie privée.
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Source:
The Observer / Courier International
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Les Français n’ont rien compris
Gaz lacrymogènes, affrontements avec les forces de l’ordre, occupation de la Sorbonne durant la nuit. Les étudiants parisiens viennent de nous rappeler que personne ne sait manifester avec autant de fougue que les Français. C’est une tradition, mais ce qu’il y a de paradoxal, dans ces manifestations, c’est qu’elles ont pour but de préserver le statu quo. Les étudiants prétendent qu’ils luttent pour tous les moins de 26 ans, pour l’égalité et la solidarité, pour une certaine idée de la gauche, de la France et de l’Europe. Dit comme ça, il y a de quoi s’emballer. Ils s’opposent à une mesure qui, d’après le gouvernement, permettra de résoudre le principal problème social du pays, à savoir qu’un jeune Français sur cinq est au chômage.
Le contrat première embauche annoncé est emblématique de tout ce que hait la France. Il réserve aux salariés un traitement inéquitable. Il creuse une brèche dans le principe de la solidarité. Il accouche d’une insécurité systémique. C’est ce genre de politique que soutiennent la Commission européenne à Bruxelles et “les Anglo-Saxons*”. C’est antifrançais.
Dans un autre contexte, le projet pourrait fonctionner et être acceptable sur le plan politique. Mais, dans le contexte actuel, il est voué à l’échec. Il est presque impossible de réduire les droits de certains alors que le chômage est déjà élevé. Cela ne peut se faire que quand la conjoncture est positive, que la demande est en hausse et que le chômage est en déclin, l’ennui étant que personne ne sait comment parvenir à ce stade. Je me dis depuis un certain temps que les Français devraient adopter l’approche britannique des prêts hypothécaires et des prix du logement afin de susciter une reprise de la demande. Mais cela aussi est considéré comme trop anglo-saxon, trop libéral et individualiste. Nous sommes les témoins d’une tragédie culturelle. Dans leur esprit collectif, les Français s’accrochent à un idéal utopique quant au sens même de leur identité. Ils sont les défenseurs autoproclamés pour l’Europe des véritables vertus républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Leur place légitime est à la tête du continent et l’Etat, incarnant cette idée de la France, est le grand marionnettiste de la nation.
Rien de tout cela ne fonctionne plus en 2006. L’Etat français, comme tous les autres en Europe, est pris au piège des forces du marché mondial. La France n’est que l’un des vingt-cinq membres de l’Union européenne et il faut repenser à la façon que l’on a de transmettre liberté, égalité et fraternité depuis les années 1950.
Les étudiants se retrouvent dans la même situation ambiguë que leur pays. Leur seule solution pour répondre aux défis de la modernité est de défendre jusqu’au bout le statu quo, même s’il est évident qu’il ne tourne plus rond. Il en va de même de la politique nationale. Le 17 mars dernier, L’Oréal a racheté The Body Shop, allongeant la longue liste des entreprises françaises qui ont avalé des sociétés britanniques. Le même jour, le gouvernement français votait une loi empêchant de fait des entreprises britanniques ou autres de faire la même chose en France.
Villepin a également établi dix secteurs stratégiques considérés comme interdits aux acheteurs européens et a obligé Gaz de France à fusionner avec une autre société pour échapper à une tentative italienne de rachat. Ce qui constitue une violation flagrante des lois fondamentales de l’UE. Vis-à-vis de ses collègues de l’Union, le gouvernement français se comporte comme les étudiants, s’efforçant avec agressivité de protéger un statu quo indéfendable dans le but de maintenir une idée utopique de la France. Ce faisant, il sape les fondements mêmes de l’UE. Cette semaine, les chefs d’Etat européens se rencontrent pour faire avancer ce que l’on appelle l’“agenda de Lisbonne”, par lequel l’Europe s’est engagée à devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde d’ici à 2010. C’est une triste farce, dont le caractère grotesque est encore aggravé par l’implosion manifeste de la volonté politique de l’UE. Les eurosceptiques britanniques peuvent certes se réjouir, mais une Europe stagnante, amère et à la dérive n’est pas dans l’intérêt de la Grande-Bretagne. La France et les Français n’ont rien compris. Cette crise n’est pas seulement la leur, c’est la nôtre aussi. Si la France répond absente, l’UE perdra son engagement et sa motivation. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer.
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Source:
L'espresso de Télérama
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Apple fâché!
Et hop ! Encore une nouvelle polémique sur la loi relative au droit d’auteur, que les députés français viennent de voter. Cette fois, c’est Apple qui monte au créneau, et pas qu’un peu. "Cette loi va instaurer un piratage financé par l’Etat. Si elle est appliquée, les ventes de musique en ligne vont s’effondrer", affirme la firme dans un communiqué lapidaire (quatre lignes) rédigé en anglais. En cause: le principe de l’interopérabilité, voté à l’arraché. Petite explication technique: jusque là, les fichiers musicaux achetés sur iTunes, le magasin d’Apple, ne fonctionnent que sur l’iPod, le baladeur MP3 d’Apple ; si un internaute achète une chanson sur une autre plate-forme en ligne (Fnacmusic.com, Virginmega.fr...), il ne peut le transférer sur son iPod ! En théorie, avec la nouvelle loi, Apple devra désormais donner les moyens à ses concurrents de rendre leurs fichiers musicaux compatibles avec son matériel. Conséquence: les possesseurs d’iPod vont pouvoir acheter de la musique ailleurs que sur iTunes. Et ça, apparemment, ça a du mal à passer chez celui qui détient 80 % du marché de la musique en ligne.
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Source:
Jérôme's Blog
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Celui qui ne comprend plus le français
Une petite note d’humour. Lors du concert de Depeche Mode au Sportpaleis d’Anvers, j’ai reçu un catalogue présentant les différents articles de merchandising à l’effigie du groupe (t-shirts, porte-clés, pendentifs, tasses, strings DM pour hommes ou femmes,…). Ce petit dépliant comprenait un texte en quatre langues et je ne résiste pas au plaisir de vous en retranscrire ci-dessous la version française. En espérant qu’aucun traducteur n’a été payé pour pondre ça...
"Cordialement accueil au Depeche Mode 2005/06 « Ing d’itinéraire angel » - Merchandising collection the – y compris les Ticket-Holder série exclusifs. Tous les articles dans ce catalogue sont dès à présent en ligne officiels les articles de ventilateur à l’exclusion ci-dessous : (…) bestellbar. Ici, tu as la possibilité par carte de crédit de commander ELV, des PayPal, un nachnahme ou la précaisse. L’Oder envoie simplement la carte de commande remplie à l’adresse spécifiée là. Avec la précaisse, règle s’il vous plaît un chèque ou transfère le montant sur le compte indiqué sur la carte de commande. Si tu voulais commander plutôt par téléphone, tu atteins dessous nos Hotline : (…) Cent allemand du réseau de célébration. Tous les articles sont livrés sans frais d’expédition supplémentaires. Beaucoup d’amusement avec le show !!!"
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24/03/2006
vincent
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BIFFF 2006: Mortuary
de Tobe Hooper
C’est marrant de constater que si la jeune génération s’échine à rendre hommage aux films que les maîtres du genre ont pu pondre durant les années 70, les maîtres du genre, eux, accumulent les productions pour adolescents que pourrait signer n’importe quel réalisateur d’aujourd’hui.
Tobe Hooper, le réalisateur qui a changé à jamais le genre en signant The Texas Chainsaw Massacre en 1974, confirme cette triste tendance. Mortuary est un film d’horreur ridicule à mi-chemin entre un film de zombie du niveau du clip Thriller de Michael Jackson et The Blob. Reste que si l’on met son cerveau en mode veille, le film est bêtement fun.
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Source:
Brave Patrie
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Les jeunes sont des veaux
Malgré les efforts pédagogiques de notre Premier Ministre, et la légitimité naturelle qui entoure l’ensemble des décisions prises depuis 2002 par notre gouvernement, une certaine jeunesse désoeuvrée perturbe, par ses braillements incompréhensibles, notre beau début de printemps. Comment ne pas voir, derrière ces manifestations soi-disant spontanées, la main crochue et poilue du komintern ?
C’était il y a maintenant dix jours. Un dimanche soir. A l’heure où chacun, les yeux encore emplis des moments magiques offerts par l’émission Vidéo-Gag, porte son attention sur le journal télévisé de 20 heures pour glaner les quelques informations lui permettant d’être pleinement opérationnel et productif durant sa semaine de travail, notre Premier Ministre s’était adressé à la patrie, la regardant droit dans les yeux.
Le propos de son intervention télévisée : le contrat première embauche, familièrement appelé "CPE". Un petit amendement de pure forme au projet de loi sur "l’Egalité des Chances". Une broutille bêtement technique permettant à l’éditeur Dalloz d’économiser du papier dans sa prochaine publication du Code du travail - et de sauver ainsi 148 hectares de forêt suédoise, développement durable oblige. Et pourtant, déjà, à cette époque, les germes d’une critique s’étaient fait jour. "Précarité", "Discrimination anti-jeunes", "Emploi au rabais", "La Suède rien à foutre", et autres arguments égoïstes, n’avaient pas manqué d’être soulevés par certains mauvais esprits dont les intentions auraient alors dû nous inquiéter...
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Source:
Pinkushion
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Stereolab - Fab Four Suture
Stereloab a vu le jour en 1991, année durant laquelle le courant noisy entamait sa dernière ligne droite avec la sortie de Loveless de My Bloody Valentine qui allait changer l’histoire de la musique. En tant que parfait petit électron libre biberonné au krautrock et à la pop mélodique des années 60, Stereolab allait mieux que quiconque motiver l’ajout du suffixe pop au mouvement noisy en ajoutant aux habituelles guitares aériennes de l’époque, sa collection de sonorités vintages et le chant monocorde de l’inimitable Laetitia Sadier. Déclamant sa poésie socialiste en français ou en anglais, le groupe allait imposer sa touche et séduire un public qui allait lui rester fidèle.
Au fil des années, Stereolab a fort logiquement laissé tomber l’influence noisy et est devenu un modèle de pop rétro-futuriste luxueuse qui a inspiré des groupes comme Air. La recette du son Stereolab est simple et abuse des structures répétitives sur lesquelles vient se superposer une couche de sonorités sentant bon la pop mélodique ou psychédélique des années 60.
Fab Four Suture est une compilation concept de singles sortis cette dernière année. Elle s’ouvre et se termine sur un morceau au titre évocateur de Kybernetcika Babicka Pt 1. & Pt 2, un exemple de musique répétitive hypnotique où Leatitia Sadier utilise sa voix comme couche de cuivres. C’est du Philip Glass sans la prétention qui va avec. On se plairait à remonter une séquence du cultissime Koyaanisqatsi avec cette musique. Après une entrée en matière aussi prometteuse, on est inévitablement déçu de retrouver le Stereolab que l’on connaît et qui enchaîne ses morceaux de pop aux mélodies multicouches. Chaque piste pourrait se retrouver sans problème sur un précédent opus du groupe.
Cependant, contrairement aux très monotones Margerine Eclipse, Fab Four Suture a le grand mérite de ne jamais se reposer. A l’exception du soporifique et bien nommé Whisper pitch, tous les morceaux possèdent un groove certain propice aux déhanchements et abusent des variations de rythmes. A ce titre, Get A Shot Of The Refrigerator, Excursions Into "oh, a-oh", Widow Weirdo bénéficient de la promotion "deux morceaux pour le prix d’un".
Même si ce n’est pas un véritable nouvel album, Fab Four Suture affiche une cohérence qui lui permettrait d’être considéré comme tel. En tous cas, il constitue finalement une sympathique surprise et augure d’un futur prometteur pour Stereolab que beaucoup ont déjà voulu enterrer à maintes reprises.
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Source:
The Economist / Courier International
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CPE: les jeunes sont victimes d'un système corporatiste
Face aux manifestations contre le CPE en France, aux revendications des salariés du secteur public en Allemagne et au Royaume-Uni, et face au refus des candidats aux élections italiennes d’évoquer la nécessaire réforme du système, The Economist tente de comprendre "pourquoi les gouvernements européens sont si désespérément lents à réformer leurs économies". Les Européens ont en commun "la perception que le changement est douloureux et que les perdants potentiels sont toujours plus nombreux que les gagnants potentiels. Cela s’est vu récemment avec les manifestations contre les nouvelles réglementations du travail, la libéralisation de l’énergie, des services, l’ouverture des marchés aux travailleurs venus d’Europe de l’Est et le rachat des champions nationaux par des entreprises étrangères", remarque l’hebdomadaire britannique.
Le magazine économique pointe surtout du doigt un autre facteur d’immobilisme : "La protection excessive de ceux qui sont intégrés au marché du travail par rapport à ceux qui en sont exclus. En Europe, les ’protégés’ ont un emploi permanent quasi inattaquable, un salaire confortable, une retraite assurée, et vivent dans un Etat-providence encore généreux dont ils savent profiter. Ce sont plutôt des hommes, blancs, âgé d’une quarantaine d’années, que des femmes, des jeunes ou des personnes issues de minorités ethniques. Beaucoup travaillent dans le secteur public. D’autres, comme certains commerçants, les chauffeurs de taxi, les avocats ou les pharmaciens, sont protégés de la concurrence par un maquis de réglementations. Les ’exclus’ n’ont rien de tout cela", explique le journal. "Le pire, c’est que les réformes ne concernent que rarement ces ’protégés’. Le nouveau contrat proposé par le Premier ministre français ne vise que les jeunes, alors que les ’protégés’ gardent leur archaïque sécurité de l’emploi."
"Les réformes du code du travail ont créé un marché de l’emploi à deux étages, où il y a ceux qui restent préservés et ceux qui subissent les contrats temporaires ou de courte durée. Les réformes du système de retraite ont toujours été stoppées avant d’atteindre le secteur public. Et certains gouvernements ont tenté de réformer seulement la sécurité sociale et le code du travail, qui sont nécessaires pour réduire le chômage mais qui peuvent aussi faire naître un sentiment d’insécurité et faire baisser la consommation. Les gouvernements ont négligé d’accompagner ces réformes de l’ouverture à la concurrence des industries et des services publics, ce qui créerait des emplois tout en baissant les dépenses de l’Etat."
"Cette inégalité entre ’protégés’ et ’exclus’ rend les économies durablement inflexibles. Ce système ne peut pas fonctionner éternellement. Il faut le transformer maintenant, ou alors retarder ce moment jusqu’à ce que les économies soient complètement bloquées. Si les gouvernements européens continuent à vouloir apaiser la rue et retarder les réformes, c’est ce second cas de figure qui risque de se produire."
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30/03/2006
vincent
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Hostel
de Eli Roth
Eli Roth est un parvenu en puissance. Pour son premier film, Cabin Fever, il était parvenu à associer son nom à celui de David Lynch et promettait un film glauque qui renverrait le cultissime The Texas Chainsaw Massacre aux oubliettes de l’histoire du cinéma d’horreur. Au final, Cabin Fever était une bonne série B à côté de la plaque qui, par son humour involontaire, était particulièrement jouissive (souvenez-vous).
Pour Hostel, Eli Roth a convaincu Quentin Tarantino de mettre son nom au générique et nous promettait le film le plus affreux de la décennie. A nouveau, c’est complètement à côté de la plaque, mais contrairement à Cabin Fever, rien ne vient sauver le film du désastre. C’est tout simplement à chier. Avant de réaliser un film, Eli Roth devrait s’acheter un cerveau. C’est petit comme critique, mais à petit film, petite critique.
La première partie du film s’adresse à public de binoclards attardés en manque de fesses et nibards. Eli Roth est très généreux en la matière. La deuxième partie, la soi-disant gore et glauque, n’est susceptible que d’impressionner les mouches. Apparament, Eli Roth a plus facile à se la jouer lubrique que malsain. Bref, une belle carrière comme réalisateur de téléfilms érotiques bon marché se profile pour lui.
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Source:
L'espresso de Télérama
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Radiohead a une idée en tête
Depuis quelques années, en coulisses, le groupe Radiohead et son chanteur-leader Thom Yorke se plaignent de la lenteur de l’industrie du disque. Une fois les chansons enregistrées en studio, déplorent-ils, il faut trop de temps pour les voir paraître en CD, puis en assurer la promotion à travers interviews, plateaux télés et tournées. Parfois près de deux ans pour boucler la boucle, alors que dans les années 60, on le sait, les Beatles pouvaient sortir deux albums la même année. Comment aller plus vite ? En vendant ses oeuvres directement sur Internet, pardi ! Sans passer par la case disque. Radiohead en rêve, et s’autorise désormais à le dire tout haut. Problème, le groupe est encore sous contrat avec la maison de disques Parlophone/EMI pour un album "classique", mais Thom Yorke a quand même déclaré, cette semaine, qu’il se sentait "de moins en moins en phase avec l’idée même d’un album, et de plus en plus tenté par la mise à disposition immédiate de chansons à mesure qu’elles nous viennent." Du coup, on chuchotte que l’opération "vente directe" (directement du fabricant au consommateur) pourrait commencer dès l’été prochain… Avec toutefois l’accord d’EMI, qui pourrait ensuite réunir toutes ses oeuvres spontanées sur un CD.
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