Zabladowski.org


 01/05/2006
 vincent

Jaga Jazzist aux Nuits Botanique


Source: L’espresso de Télérama

Quaero, le moteur de recherche européen

Aujourd’hui, pour effectuer ses recherches sur le Net, l’internaute européen a pris l’habitude d’utiliser Google ou Yahoo!, des moteurs américains. On le sait: les classements hiérarchiques que proposent ces outils peuvent avoir une incidence sur notre façon de voir le monde. C’est pourquoi l’Europe a décidé de réagir avec un projet franco-allemand baptisé Quaero ("Je cherche", en latin). Plus qu’un super moteur de recherche furetant à la fois texte, son, image et vidéo, il s’agit d’un vaste programme qui promet de développer des "outils intégrés de gestion des contenus multimédias" (sic). Pour lancer son "Airbus de l’Internet", l’Europe n’a pas fait dans la simplicité. L’organisation de ce consortium franco-allemand a l’allure d’une usine à gaz regroupant une poignée de grosses entreprises européennes (Thomson, France Télécom, Thalès...), une flopée de PME et une myriade d’organismes publics spécialisés dans la recherche (INA, Ircam...). Cette vaste synergie public-privé, qui aspire à mettre en commun toute la matière grise européenne- c’est assez rare pour être signalé -, va-t-elle au contraire nous surprendre ? En tous cas, l’Agence de l’innovation industrielle, qui mise gros sur Quaero, dévoilait cette semaine sa part de financement: une enveloppe de 90 millions d’euros sur un budget total de 250 millions.

 03/05/2006
 ivan

Vive la fête à l'Eden

Dimanche, expédition hors capitale pour aller voir les modo-rock-electro de Vive la fête à la salle Eden de Charleroi. En première partie, le plus pitoyable groupe que j’ai vu sur scène: les déplorables Velvet Underwear. Et pour cause, le groupe nous offre un set digne d’une fête d’école où on laisse les jeunes groupes d’adolescents en quête d’une reconnaissance admirative de leurs collègues de bancs. Le guitariste joue la discrétion, et ça le sauve, mais les deux autres sont plus pathétiques que Patrick Sébastien dans la catégorie "je suis trop génial". La chanteuse, qui se ferait éliminer au premier tour du championnat de karaoké du café de la plage de Dunkerque, essaie, sans aucune grâce, de bouger son corps sur les battements électroniques du claviériste technicien qui, lui, se la joue "je suis trop bien, je prends poses d’artiste intello avec ma clope au bec et ma mèche rebelle". Et je ne m’appesantirai point sur les commentaires affligeants entre les morceaux. On se croirait devant le best of des bides du casting de La Nouvelle Star, ce défilé de mauvais chanteurs qui fait rire gras le téléspectateur, mais qui au fond rend triste tellement c’est pathétique. Une chose m’échappe: qui laisse un instant croire à ces gens qu’ils ont du talent? Comment se fait-il qu’ils se retrouvent sur scène, ailleurs qu’au concert de midi de leur collège? C’est de la méchanceté pure que de produire un tel groupe. Dans quelle époque vit-on pour que pareille médiocrité soit tolérée par les programmateurs et pire, par le public? Où est le sens critique? Affligeant.

Vive la fête, ça marche et le public est chaud. Pour le reste, je crois que ça a perdu de sa spontanéité et que leur futur est improbable, tellement leur premier album les colle en comparaison du second dont les morceaux paraissent moins efficaces. Mais peut-on faire mieux dans le genre qu’un Maquillage, ou un Vive la fête?. La chanteuse a la pêche, et elle enchaîne les tubes sans faiblir pour une belle prestation énergique. Allez... On est pas venu pour rien.

 04/05/2006
 vincent

José Gonzalez + Architecture In Helsinki aux Nuits Botanique


Source: Webzine nameless

Babyshambles, Botanique, 2 mai 2006

Il est 23h15. J’arrive du Cirque Royal, les Babyshambles semblent vraiment présents, et ils montent sur scène avec seulement un petit quart d’heure de retard. Doherty et ses accompagnateurs (il est difficile de les identifier de loin, et on sait que le staff de Pete est sujet à de brusques changements, selon les disputes et autres séjours en prison) sont en uniforme : démarches titubantes, fringues informes, pâleur même pas avivée par les ovations du public...

Dès la première chanson, on se demande pourquoi on a pris la peine de venir : c’est catastrophique. Voix inaudible, guitariste qui passera trois chansons à essayer de brancher son instrument, absence totale de conviction du fameux frontman. Et dire que, malgré un album faiblard (pourtant encensé par la critique indulgente), on croyait encore à ces conneries de feu sacré sous le chaos, de poésie punk... Rien de tout cela, Babyshambles est une bande de junkies qui joue sur l’enthousiasme d’un public nostalgique ou naïf, prêt à adhérer à n’importe quelle arnaque prétendument rock’n roll, persuadé qu’il suffit de faire n’importe quoi pour être un artiste. Quelques illuminés arriveront encore à s’extasier devant le charisme du bonhomme. Son seul haut fait sera de balancer une guitare (la seule restant au groupe, apparemment, puisqu’ils ont du emprunter du matériel à Malibu Stacy) dans le public, cantonnant le guitariste désoeuvré au rôle du type qui remet le pied de micro en place, tâche qui semblait de toute façon accaparer toutes les ressources de concentration du gars, en triste état. Mais ces petits soucis techniques ne gênent pas le Poète, non, peu importe si, trop occupé à rajuster son chapeau, il rate la moitié des accords du seul titre potable de la soirée!

 04/05/2006
 delphine

CocoRosie + Silver Mount Zion aux Nuits Botanique

En première partie, Tarantula... Autant d’originalité et de raffinement dans leur musique que dans leur nom pseudo-quelque-chose.

CocoRosie suit. C’est déconcertant. J’avais craqué pour leur album et c’est ce qui m’avait poussé (comme la majorité du public apparemment) à venir à ce concert. Mais, dès l’entrée en scène, le choc: de gros malabars affublés de tutus, des chefs indiens et des rappeurs francophones pas très doués... Euh, qu’est ce que ça fait là?? 

La projection n’est pas très réussie non plus. Cela fait genre, mais c’est beaucoup de n’importe quoi, tendance coolitude à outrance (avec force danses lascives et surtout chansons rap qui déconcertent au milieu de ces ballades adorables et étranges) et non-culture américaine.

Si l’on fait abstraction de cette somme de choses très déconcertantes, les voix sont sublimes. La chanteuse principale passe de l’aigu au grave avec un timbre très spécial, et elle n’a pas besoin d’attirail à la Emilie Simon pour ce faire. Les ballades sont séduisantes, habitées et excentriques, avec ce qu’il faut de mélancolie enfantine. Pas froid aux yeux les CocoRosie... Mais épargnez-nous les rappeurs la prochaine fois, sous peine de devenir une caricature du n’importe quoi...

Silver Mount Zion clôture. C’est sans doute lié à ma personne. En tout cas, je vais m’attirer les foudres de tous ceux qui sont restés et ont aimé (sauf s’ils sont partis) mais tant pis. Je n’ai pas du tout aimé. Si les CocoRosie ne se prennent pas encore tout à fait au sérieux (mais cela ne saurait tarder), pour les Silver Mount Zion c’est sans conteste. Je n’ai pas du tout accroché. Mes sentiments oscillaient entre l’ennui et l’agacement (le violon, ils auraient pu en jouer sur mes nerfs, l’effet aurait sans doute été pareil), en passant par une déprime totale. Pourtant, ils sont doués et passionnés. Ils ont de belles voix notamment... Pourtant, ils sont beaux et engagés. Pourtant, leurs morceaux ont l’air magnifique. Mais en fait, non. Car cette avalanche de trop parfait en tout, mâtiné d’une attitude d’enfants de choeur aux jolies boucles, croyant dur comme fer en la beauté l’égalité et la réalisation des plus beaux rêves qu’ils en postillonnent, à travers leurs musiques dignes d’un chemin de croix, m’a profondément dégoûté en fin de compte... Mais, ce n’est probablement que moi...

 06/05/2006
 vincent

Dominique A + Katerine aux Nuits Botanique

 07/05/2006
 vincent

Vitalic aux Nuits Botanique

 08/05/2006
 vincent

Howe Gelb aux Nuits Botanique


Source: le journal de jldm

Où le consommateur explique les raisons de son énervement aux caisses de son grand magasin habituel

Mademoiselle T. devait avoir dans les vingt ans il y a environ trente ans. Elle était à l’époque (et bien que l’expression n’ait été créée que bien plus tard) un canon de la balle de chez : une grande demoiselle à la taille fine et à l’allure racée, avec un visage souriant et des yeux pétillants entre deux rangées de cheveux châtains clairs mi-longs tombant nonchalamment sur ses épaules graciles. Elle était caissière au grand magasin le plus proche de mon domicile (ou plutôt : de celui de mes parents que je squattais avec persistance étant donné mon jeune âge), et à chaque fois que je m’y rendais, j’espérais secrètement la voir et j’allais payer chez elle, expérimentant ainsi pleinement le concept de la relativité de la durée de la file d’attente (ça fait beaucoup de "de") : lorsque je faisais la file à sa caisse (donc à chacune de mes visites, soit 100% ou 1), c’était toujours chez elle qu’il y avait le plus de monde, et pourtant le temps filait (remarquez l’adéquation parfaite du choix du verbe avec le propos) toujours trop vite.

Elle illuminait de sa présence radieuse la totalité de l’espace immense du magasin, rayonnant à travers les alignements de rayons de poudre à lessiver et de nourriture pour animaux. La perspective proche de la revoir à la sortie me rendait presque agréable le sinistre spectacle du rayon poissonnerie où des cadavres de thons et de morues gisaient sur un lit de glace, l’oeil glauque et ouvert sur rien. Quand elle levait la tête pour me dire bonjour, en faisant cligner ses yeux malicieux et en m’envoyant un vrai sourire, je rougissais comme une pivoine et manquais de tourner de l’œil, sans que le temps ne fasse rien à l’affaire, tant son charme était intemporel. Quand elle se levait de sa caisse pour aller vérifier le prix d’un article arrivé jusqu’à elle sans son étiquette (quel professionnalisme !), le temps suspendait son vol et, ô miracle, c’était un orchestre symphonique à cordes qui l’accompagnait sur son parcours tandis qu’elle se déplaçait dans l’air (au ralenti, évidemment) avec l’exquise légèreté d’une elfe coquine et l’indicible grâce d’une nymphe éthérée. Bref, elle fut l’un des plus beaux spécimens de la race humaine catégorie non-mâles qu’il m’ait été donné de contempler lors de mon séjour ici-bas (séjour dont j’espère en passant qu’il durera longtemps encore et, sauf complications graves heureusement plutôt improbables dans un futur proche tant ma pratique assidue et conjointe du sommeil et du foutage de rien du tout me conservent en bonne santé, jusqu’ici tout va bien).

Cela a duré des années et des années, et toujours le même ravissement...

Et puis je suis parti faire ma vie et habiter ailleurs pendant une très longue période, le temps a passé passé passé… et je suis revenu vivre récemment pas loin de l’ancien domicile de mes vieux. Reprenant mon carnet d’adresse et mes habitudes d’antan, je suis tout naturellement redevenu client (nettement moins assidu, vu qu’il y a maintenant un marché matinal et un magasin bio encore plus près) du même grand magasin qui, malgré le rachat de la chaîne par un grand groupe français (que je nommerai pas ici par souci de discrétion, dont le nom finit par –four et commence par Car-), n’a pas beaucoup changé. Je ne pensais plus du tout à elle quand soudain je revis celle qui était désormais devenue Madame T. Le choc ! Moi qui gardais le souvenir d’une pimpante demoiselle gracieuse et primesautière issue d’un conte de fées, j’avais sous les yeux une femme usée, vieille, éteinte, qui avait doublé de volume, dont le visage bouffi avait perdu son sourire, sa pétillance et pas mal de cheveux, et qui était restée caissière alors que d’autres, plus jeunes, avaient pris du galon (ce qui leur conférait l’immense privilège de devenir détentrices d’un gros trousseau de clés leur permettant de pénétrer dans les bureaux fermés à double tour, vous vous rendez compte ?)

Je me dis que pour expliquer son état de délabrement, anormalement précoce à mes yeux, il y avait sûrement de bonnes raisons : un mari alcoolique, des enfants insupportables, des problèmes de santé, ou bien un énorme chagrin d’amour dont elle ne s’est jamais remise, ou plus grave encore… Le plus triste, c’est ce regard qui a changé du tout au tout. Avant, il disait "Bonjour ! Comment allez-vous ? Vous avez une mine superbe ! Vous ne trouvez pas que la vie est merveilleuse ? Je suis ravie de vous compter parmi nos clients et d’avoir l’honneur de préparer votre petite addition avec zèle et élégance, et le sourire en prime. Alors, nous avons donc… ". Aujourd’hui, il dit: "Bof. Vous êtes mon deux cent trente cinquième client aujourd’hui, après vous il y en aura encore sept cent quarante neuf. Et même s’il y en avait deux fois plus, je toucherais le même salaire". C’est ça le plus triste : ce regard devenu vide et éteint sous les coups de la vie.

Du coup je ne fais plus que très rarement la file à sa caisse, j’évite son regard, je sors plus vite du magasin... mais le délai d’attente pour payer mes achats m’énerve.

 10/05/2006
 vincent

Silent Hill

de Christophe Gans

Adapté d’une série de jeux vidéo culte dont j’ai déjà parlé indirectement (souvenez-vous), Silent Hill conte l’histoire de Rose, mère angoissée, perdue dans les méandres d’une ville fantôme nommée Silent Hill. Très vite, elle va s’apercevoir que cette ville dévoile par intermittence un visage plus sinistre, semblant tout droit sorti des flammes de l’enfer.

Est-ce qu’on peut parler d’adaptation dans le cas de Silent Hill? Non, Christophe Gans filme une partie de Silent Hill. On suit donc l’héroïne marchant dans les décors tantôt fantomatiques, tantôt infernaux. Quelques fois, elle tombe sur des créatures informes et charnelles, échappées de tableaux de Francis Bacon.  Son parcours est parfois interrompu par des séquences (cinématiques a-t-on envie de dire) où Rose rencontre des personnages étranges parlant par énigmes. De temps en temps, quand elle a beaucoup de chance, elle tombe sur une lampe torche, une arme ou un indice cryptique. La seule liberté prise par Christophe Gans est l’insertion d’une histoire parallèle où l’on suit le mari de Rose partant à sa recherche. 

Est-ce efficace? Je n’en sais trop rien. Lorsqu’on a, comme moi, beaucoup joué à Silent Hill, le film est prévisible à souhait, mais on prend cependant énormément de plaisir à voir cette reconstitution parfaite de l’univers dans lequel on a passé des dizaines d’heures. Là où le bât blesse, c’est sans aucun doute au niveau de sa mise en scène. Si les jeux utilisent magistralement une grammaire cinématographique jouant sur des cadrages serrés qui empêchent le joueur de voir où il met les pieds, le film, lui, abuse de plans larges ou de travelings aériens dévoilant tout à l’avance. Un tel procédé ne permet pas de profiter de l’exceptionnelle bande-son oppressante et suggestive (soit dit en passant, extraite directement des jeux). C’est dommage, car s’il y avait  bien un concept à reprendre aux jeux, c’était bien ses ambiances sonores. D’ailleurs, on ne compte plus les films d’horreur qui s’en sont largement inspirés. On comprend donc difficilement comment Christophe Gans n’a pas joué sur cette spécificité.


Source: Pinkushion

Jason Lytle, une seconde jeunesse après Grandaddy ?

Pinkushion: Qu’est-ce qu’à ton avis une carrière solo pourrait t’apporter de plus que Grandaddy?

Jason Lytle: Je n’ai pas de projet de carrière solo. Je n’essaie pas de me débarrasser de mon groupe. Je veux m’assurer que chacun ait des perspectives. Ce n’est plus comme si on était des gamins. Ca a toujours été difficile, nous n’avons jamais été riches, nous n’avions pas de carrière comme filet de sécurité. Nous n’étions pas comme beaucoup de ces groupes indie d’université. Ils vont à la fac, ils décident d’être dans un groupe pendant un petit moment, et ça ne marche pas, donc ils reprennent leurs études et ils deviennent docteurs, chiropracteurs, ou je ne sais quoi d’autre.

Pinkushion: Est-ce que le calendrier sessions d’enregistrement, pause, puis tournée, et ainsi de suite vous rendait dingues?

Jason LytleOui, moi particulièrement. Pour moi c’était sans fin, il n’y a jamais eu de pause, jamais. C’est devenu vraiment épuisant. Et puis, dans le groupe, ce sont mes amis. Et ces amis ont besoin de payer leurs factures, et ils doivent rester vivants... C’est beaucoup de responsabilités pour moi, de devoir être le leader de ce groupe, de s’assurer que tout le monde va toujours bien, qu’ils sont là quand j’enregistre les disques, puis faire les concerts, préparer la setlist, leur apprendre les morceaux, puis les interviews... Ca ne s’est jamais vraiment terminé. Je savais que ça serait du travail, mais c’était probablement beaucoup plus amusant pour certaines personnes que pour moi. J’ai essayé de m’amuser, mais c’était trop... Je suis seulement un être humain.

Pinkushion: David Gilmour déclarait récemment à Mojo qu’il ne supportait plus les tournées de Pink Floyd, car trop de responsabilités lui incombaient sur scène. J’ai l’impression que Grandaddy était dans la même situation.

Jason Lytle: La seule raison pour laquelle j’ai commencé à faire tout ça est que je suis tombé amoureux avec le fait de faire des disques. Cela me procure encore un sentiment magique. C’est pour ça que ça a commencé, et c’est comme ça que ça se terminera. Tout le reste, c’était seulement de l’aventure. Il y a eu des moments assez incroyables, mais après c’est devenu autre chose : c’est devenu vraiment énorme, et c’était difficile de tout tenir ensemble. Et pour tout cela, nous avions à peine assez d’argent. Les tournées étaient vraiment épuisantes, parce qu’on ne peut pas prendre une journée de congé quand c’est une journée perdue pour gagner de l’argent... Il faut s’occuper de 15 personnes qui ont besoin d’une chambre d’hôtel, d’être nourries... C’est devenu vraiment inefficace. J’ai vraiment hâte de ne plus être responsable d’autant de personnes.

Pinkushion: Je vous ai vu pendant la tournée "The Sophtware Slump" à la Maroquinerie, puis pendant la tournée "Sumday" au Bataclan, et c’était très différent, avec des guitares beaucoup plus heavy, plus artificiel aussi peut-être.

Jason Lytle: Je crois que je vois ce que tu veux dire. Ca fait aussi partie des choses qui m’ont frustré. Les concerts sont devenus plus gros, les scènes aussi, le public. C’est devenu moins intime, et il y avait davantage la pression de faire du spectacle. C’est plus marrant pour les musiciens s’ils sont sur la scène et occupés à faire des choses, mais moi je ne peux pas monter sur scène et faire le showman. Je suis déjà très nerveux, et pas à l’aise au départ. Je n’ai jamais aspiré à monter sur scène devant beaucoup de monde. Ce que je fais bien, c’est d’être seul à la maison, écrire des chansons, faire des albums. Jouer à la bête de scène est une chose complètement artificielle pour moi. Une grande part de ce dont tu parles était juste une tentative pour qu’il se passe plus de choses sur scène, en bougeant, en jouant les chansons de manière plus énergique.

 11/05/2006
 vincent

Romanzo Criminale

de Michele Placido

Romanzo Criminale conte la sempiternelle ascension et chute de gangsters. L’intérêt du film est d’être italien et de situer son action en plein dans les années de plombs. C’est très instructif pour les personnes qui, comme moi, ignorent tout de cette période noire où criminalité et politique rimaient souvent ensemble. Hélas, la réalisation n’est pas la hauteur du sujet.  Michele Placido empile les scènes à rythme effréné au moyen d’une réalisation nerveuse qui a cependant le mérite d’éviter les clichés d'un clip. C’est rapidement l’overdose et c’est d’autant plus dommage qu’en ralentissant un peu la cadence et en en laissant un peu le film respiré, certaines scènes auraient été plus chocs et le message serait mieux passé.  


Source: Mad Movies

Mission Impossible 3

Tom Cruise est un homme formidable. En plus de sévir en tant que censeur universel sur de nombreux networks qui osent un peu trop parler de cette douce religion qu’est la scientologie, le monsieur se permet des interludes détentes, souvent cinématographiques, histoire de se dégourdir un peu les pattes. Un mode de vie bien plaisant. Et pour reprendre l’entraînement, quoi de mieux qu’un nouvel épisode de Mission Impossible.

Cette petite introduction en guise de flot de sarcasmes n’est pas anodine. Car dans les faits, ce nouveau Mission Impossible est un bien bel étron qui se consomme cependant sans rechigner. Contradictoire ? Là est toute la force du film : réussir à nous surprendre 2 heures durant tout en gardant le fil rouge de la médiocrité. En faisant appel au nouveau Wonder-boy télévisé J.J. Abrams (Alias et Lost), la production a décidé de se tourner vers une certaine facilité. Point de réalisateur aux ambitions démesurées comme pour les 2 premiers opus, point de scénario aux entournures rhétoriques, et aux toilettes tout désir de revenir vers les bases de la série.  Le résultat, d’un point de vue strictement visuel, se trouve être d’une catastrophique pureté. Réussir à garder à ce point les mêmes échelles de plans, les mêmes mouvements de caméra (scène d’action = caméra labellisée Parkinson) et la même absence de profondeur et composition durant tout un film relève presque de l’autisme. Des défauts certes inhérents aux cadres de la télé mais qui, sur grand écran, en plus d’être encore plus visibles, ne sont pas du tout adaptés d’un point de vue cohérent.  En clair, on a plus l’impression de voir un téléfilm torché par le premier venu, le tout enrobé par les moyens. De facto, Mission Impossible 3 se montre diablement moche comparativement aux deux précédents volets, en plus de se perdre en ajouts narratifs malvenus (la construction en 3 mini épisodes d’Alias regroupés en une seule entité etc). Sur ce point, la mission est donc très loin d’être une réussite.

Mais c’était sans compter sur l’arme fatale qui allait nous tenir éveillé tambours battants durant le visionnage de la bête: une décérébration jouissive et assumée. Oui, Mission Impossible est un film débile, qui part dans tous les sens sans chercher une quelconque cohérence ou une valeur ajoutée dans ses différentes démonstrations de force. Une sorte de nirvana du jemenfoutisme qui fait mouche. Un peu à la manière du cinéma d’action de la fin des eighties, c’est sur les épaules en acier trempé du héros principal que repose le métrage et sur la façon qu’a le récit de le malmener à rythme régulier. Point de morceaux de bravoure à déceler ou de scène mémorable. Juste un joli capharnaüm à la tension constante qui joue de son suspense pour réussir à attirer le spectateur vers le prochain twist. Ce sont bien sûr les différentes missions de Mister Hunt et de la manière de les mettre en place qui en sont l’essence. Si la manière d’amener celles-ci est quelque peu discutable (sur un canevas qu’on imagine de quelques jours, Hunt va retourner la planète entière avec la moitié des forces US au cul sans pour autant être réellement inquiété…), leur exécution rempli un cahier des charges succinct mais jouasse. C’est avec un plaisir non feint que le spectateur va se laisser happer par de jolis moments de tension (la scène du pont se montrant particulièrement torride) ou de rebondissements (en gros, on se prend une petite claque toutes les 10 minutes). Le tout dans un esprit d’improbabilité et de cohérence au point mort qui renvoie directement à 24 et son Jack Bauer et qui, si elle ne sert pas un film à proprement parlé, donne à l’ensemble le service maximum en terme de fun non stop. Ajoutez à cela des effets spéciaux haut de gamme à la patine enfin invisible, un Phillip Seymour Hoffman monstrueux comme à son habitude, une musique bien péchue de Michael Giocchino et une photo aux relents de jeux vidéo où les couleurs explosent à l’écran à s’en donner le gerbe, on obtient  un gros jouet bien laid mais qui fait du bruit.

 13/05/2006
 vincent

Slither

de James Gunn

Une bonne petite série B totalement décomplexée s’inspirant allègrement de The Blob, Society et divers films de zombies. Il est donc question d’une météorite porteuse de parasites avilissant les hommes s’écrasant près d’une petite bourgade américaine qui s’apprête à fêter l’ouverture de la chasse aux cerfs. Vous imaginerez sans problème la suite et son florilège de scènes gores sur fond de country et de musique de karaoké. On pointera aussi quelques clins d’oeil vers une série d’oeuvres culte comme Toxic Avenger, Shining et Predator.

L’auteur de ce petit plaisir coupable s’était déjà fait remarquer en écrivant le scénario du jouissif remake de Dawn Of The Dead (souvenez-vous).


Source: Pinkushion

Pinkushion - Podcast #1

Ca y est ! Désormais, tous les mois, Pinkushion publiera un podcast reprenant une sélection d’extraits d’albums chroniqués le mois précédent.

Voici notre première sélection :

[00:00] Aroah - Otro triste final
[02:00] Stereolab - Kybernetcika Babicka Pt. 1
[06:28] Eagle*Seagull - Photograph
[12:33] Loose Fur - Apostolic
[15:20] Tom Brosseau - Wear And Tear
[19:02] The Singing Adams - Starsign
[23:23] Band Of Horses - The Funeral
[28:33] Jeff Mills - The Bells
[33:15] Diving With Andy - Andrew
[36:23] B.C. Camplight - Parapaleejo
[39:32] Don’s Mobile Barbers - See You In
[41:36] Iswhat ?! - Concussion
[44:11] I Love You But I’ve Choosen Darkness - We choose faces

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- Télécharger le podcast

Bonne écoute !


Source: Mad Movies

Happy Tree Friends

Il y a quatre ans, l’internaute interloqué puis rapidement conquis découvrait le destin infâme et sanguinolant de charmantes et niaiseuses petites créatures multicolores : les Happy Tree Friends. Très vite, le générique qui ne laisse pas franchement augurer le monument de gore jubilatoire qu’est cette petite série animée en flash s’installe dans toutes les cervelles dérangées avides de sang, de tripes et d’yeux jaillissant de leurs orbites.  Créé par deux joyeux lurons, Rhode Montijo et Aubrey Ankrum, des espèces de Trey Parker et Matt Stone sauce animation web, la série connut un tel succès qu’un merchandising très lucratif à base de badges, de mugs, de t-shirts, de peluches, de sacs et j’en passe fut dispo sur le net, à côté d’épisodes updatés régulièrement et, idée géniale, de petits voeux de noël, Saint-Valentin, Pâques à envoyer par mail, cartes virtuelles dans lesquelles une des mignonnes chair à canon animées mourait dans d’atroces souffrances selon l’option que l’on choisissait avec sa souris. Et joie ! Les DVD sortis proposaient toujours autant d’interactivités avec en prime une autre série inédite: les aventures d’un singe moine shaolin dont la réalisation fait penser aux Power Puff Girls version gore.

Qu’en est-il alors de la sortie ciné ? Autant vous le dire franco: cette démarche est complètement inutile ! D’une part parce qu’il s’agit d’une sorte de florilège des meilleurs épisodes que tout le monde aura déjà vu au moins une fois. Pas d’histoire inédite comme nous l’avait proposé Stone et Parker pour leur cultissime South Park. Fans, passez donc votre chemin. D’autre part, le format ciné ne convient pas à une série prévue pour être diffusée en brefs épisodes (trois minutes environ), à l’animation assez rudimentaire bien qu’efficace. Le côté répétitif de chaque sketch menace de lasser et d’agacer très rapidement, rendant pénible une expérience que tout le monde trouvait pourtant réjouissante à la maison.


Source: JEAN-CHARLES BRONSON

Peter Hook (élan poujadiste)

Le 17 juin au Bozar, c’est Vert Pop, la soirée dansante du Parti Ecolo. Peter Hook en vedette : bassiste chez New Order, bassiste chez Joy Division, patron à temps partiel de la mythique Hacienda de Manchester. Les Ecolos se veulent branchés, ils doivent être fiers d’avoir ferré ce gros poisson qu’on ne savait pas DJ, mais bon…

Le problème –sans atteindre celui posé à la crédibilité du MR qui invite Ariel Wizman – DJ attitré des Fêtes communistes de l’Huma- c’est que la légende veut que si on tend un paquet d’ectasy modifié aux OGM ou de la coke de Tchernobyl à Peter Hook, Peter Hook ne va pas hésiter : en beaucoup moins de temps qu’il ne faut à notre pays pour sortir du nucléaire, Peter Hook bouffera le paquet. Sucera ses doigts et ceux de celui qui le tendait, ce paquet. Aspirera la moquette avec ses narines. Peter Hook, les seules plantes dont il s’inquiète de la disparition, elles sont dans le jardin de Pablo Escobar. Peter Hook, les SUV, il en démonte les pots d’échappement pour s’en servir comme paille, il n’irait jamais appeler à leur interdiction. Peter Hook, les vols de nuit, ça ne l’empêche pas de dormir, Peter Hook ne dort pas, il s’écroule. Et quand il est écroulé, il peut en passer au-dessus de sa tièsse embrumée, des cargos DHL. Voilà donc le produit d’appel de la campagne Ecolo : un néon publicitaire humain pour l’industrie chimique. Peter Hook.


Source: L’espresso de Télérama

Podcast sur votre transistor

Comment en est-on arrivé à communiquer plus facilement avec une personne située à l’autre bout du monde plutôt qu’avec son voisin de palier ? Un collectif d’artistes branchés nouvelles technologies tente de répondre à cette ironie en lançant le projet BYP, "Broadcast your Podcast", "Diffusez votre Podcast" (http://www.broadcastyourpodcast.com). Le BYP, c’est un petit boîtier vert militaire qui se branche sur un iPod et qui permet de diffuser son contenu jusqu’à 200 mètres via la bande FM. Un équipement low-tech pour refaire une jeunesse au bon vieux transistor et sympathiser avec son voisinage pas forcément à la pointe du progrès.

 17/05/2006
 vincent

13 (Tzameti)

de Gela Babluani

Avec son abus d’un noir et blanc fauché et sa direction d’acteurs plus qu’approximative, le début film donne l’impression d’être l’oeuvre d’un nostalgique de la Nouvelle Vague.  On est sur nos gardes. On se demande finalement si on a bien fait d’écouter les critiques dithyrambiques qui ont précédé la sortie du film. Et puis, vient le moment limite prodigieux qui justifie tout.

13 (Tzameti) conte l’histoire d’un jeune paumé qui va accepter une invitation qui ne lui était pas destinée. Il ne le sait pas encore, mais cette invitation en fait le participant numéro 13 d’un jeu simple dont l'issue peut-être fatale. Malheureusement pour lui, il ne pourra pas faire marche arrière et sera contraint de se joindre à la partie.

Ce sont ces scènes tournant autour de cette longue partie qui sont vraiment d’anthologie. Le reste n’est finalement que remplissage déforçant quelque peu le film. Pour ces scènes, Gela Babluani, dont c’est le premier film, fait preuve d’une dextérité qui laisse admiratif. Tout est bien chronométré et tous les effets sont bien calculés. Rien n’est à jeter. On pourrait parler technique et sensations des heures. Cela n’apporterait rien de plus. C’est de l’excellent ouvrage qui en fait un des meilleurs films à l’affiche actuellement.


Source: MilleFeuille.fr

Un avant goût du Yo La Tengo nouveau

Le label Matador prend de l’avance et propose déjà un extrait mp3 gratuit du prochain album studio de Yo La Tengo, I Am Not Afraid Of You and I Will Beat Your Ass, qui ne sortira pas avant le 12 septembre. Le doux et très pop Beanbag Chair se télécharge directement ici et ne doit pas être pris comme indicatif d’une quelconque orientation artistique pour cet album de 15 titres annoncé très éclectique.

 18/05/2006
 émilie

The Da Vinci Code

de Ron Howard

Comment faire un événement incontournable avec rien...

La recette ? On choisit un roman polémique et à succès, des acteurs américains et français de plusieurs générations, on dépense des millions avec une promo omniprésente. Et voilà ! !

Quant au film… Du vent ! ! The Da Vinci Code  est navrant. Pour qu’il plaise au public, on y met tous des éléments que "les gens" aiment bien : des jolis acteurs, une intrigue un peu "policière", des touches d’humour, une " théorie " sur le monde, des images de l’enfance, un personnage gentil qui en fait est méchant, une poursuite en voiture, la tour Eiffel, etc. Il y en a pour tous les goûts et on mélange tout sans finesse ni cohérence.

Et surtout, il ne faut pas que le spectateur se sente perdu, se pose des questions. Durant tout le film, on nous prend par la main. Tout ce qui est dit ou pensé par les personnages est également montré visuellement : flash-back de l’époque de Jésus, de l’enfance de l’un ou l’autre, visualisation des réflexions de Tom Hanks, etc. En général avec un effet " contours flous "… Mémorable.


Source: Le blog au Gunz

Vampyros Lesbos

Vampyros Lesbos est un de ces objets filmiques non identifiables, inclassables, comme ils nous en arrivent une fois tous les dix ans quand les karmas sont bons. Comme un Massacre à la tronçonneuse, un Day of the dead, ou une Dernière maison sur la gauche, ils nous laissent comme deux rond de flan, démuni de tout appareil critique utilisable face à un film qui ne ressemble à rien d’autre qu’à lui même et semble venire de nulle part.

Vampyros lesbos est une de ces œuvres se situant à la frontière du navet kitch et du chef d’œuvre définitif, il est quelque part entre Zardoz (où John Boorman faisait courir Sean Connery en culotte rouge à bretelles derrière Charlotte Rampling), Phase IV de Saul Bass, La fièvre du samedi soir et Emmanuelle. Face à cette pâtisserie, certains auront envie d’en reprendre, d’autre se pinceront le nez.

Une certitude, l’histoire n’a aucune importance. Le scénario pompe plus où moins la trame classique du Dracula de Bram Stocker en changeant Dracula en une jolie brune et le pauvre Jonathan Harker en une blonde un peu boulotte. Le tout se passe en Turquie et ça parle allemand du début à la fin, coproduction oblige, ça aurait pu aussi bien se passer à la Costa-Brava et parler l’Anglais, ça n’aurait rien changé, le réalisateur se souciait autant de crédibilité de la situation, que Russ Meyer se souciait du bon goût. Justement, peut être par ce que Jess Franco, auteur de Vampyros Lesbos, est de la même famille d’allumés de la pellicule que le père de Supervixen.

Jess Franco, Dieu fou du cinéma alternatif, a écrit à lui seul une page entière de l’histoire du cinéma et sa place dans les encyclopédies, s’il ne la mérite pas toujours pour la qualité de ses films, il faudrait la lui donner pour avoir fait vivre les marchands de pellicules. 200 films, aux titres parfois aussi improbables que Barbys contre Dracula, Dark mission : Opération Cocaïne, les prédateurs de la nuit, La chambre de torture de Fu Manchu ou Les Exploits érotiques de Maciste dans l’Atlantide.
Héros hors la loi du cinéma bis, énergique, libidineux à souhait, Jess Franco reste avant tout un artisan agissant avec toute la liberté que lui permettent des moyens relevant souvent de la physique quantique. Il a eu le talent d’avoir su s’entourer, (Christopher Lee ou Klaus Kinski apparaissent dans certains de ses films), mais aussi d’avoir été un découvreur.

Vampyros Lesbos, nanard terminal et à la fois œuvre géniale de celui qui se servait du zoom comme Kandinsky se servait de la peinture, nous gâte une dernière fois avec une bande originale devenue classique : Sexadelic dance party de Manfer Hubler et Siegfried Schwab que les amateurs se repassent en boucle en se souvenant du corps nu de Miranda Soledad, jeune gitane à la beauté ultime qui se tua en voiture peu de temps après son premier rôle dans Vampyros Lesbos, allongée sur une plage de Cappadoce.

 21/05/2006
 vincent

Spoon à l'Ancienne Belgique

 23/05/2006
 vincent

OSS 117

de Michel Hazanavicius

Hubert Bonisseur de la Bath alias 0SS 117 est un inspecteur gadget sans gadget partageant le charisme et le machisme de James Bond. Adepte d’un discours beauf à faire pâlir le français moyen et aimant la bagarre, on le suit dans des aventures décalées où il commet maladresse sur maladresse dans le Moyen-Orient des années 50. 

OSS 117 fait bonne figure à côté des habituelles grosses productions françaises dont la médiocrité n’a d’égale que le nombre de fautes que je commets sur ce site. Il réussit cette "prouesse" en adoptant simplement l’humour Canal de la grande époque. Michel Hazanavicius, le réalisateur et Jean-François Halin, le scénariste, ont d’ailleurs fait leurs premiers pas sur la chaîne cryptée. Son humour absurde et ses acteurs surjouant volontairement font inévitablement penser à un sketch des Nuls.  Certaines idées sont savoureuses. Les bagarres dignes de l’époque où Lino Ventura faisait volet éclat tout le mobilier disponible dans les oeuvres de la paire formée par Georges Lautner et  Michel Audiard sont irrésistibles. Le discours beauf de OSS 117 est à la limite du trop lourd, mais fait toujours mouche. Certaines scènes sont instantanément mémorables. Bref, hormis certaines scènes navrantes visiblement destinées à être déclinées en produits dérivés (notamment l’insupportable et interminable Bambino chanté par Jean Dujardin), OSS 117 nous fait passer un bon moment. Mais de là, à l’encenser et lui coller plus d’étoiles qu’un ciel en été, il y a un pas que je ne franchirais pas.  Si on apprécie OSS 117 aujourd’hui, c’est parce que les grosses productions françaises de ces quinze dernières années ne nous ont pas habitué à mieux. On appelle cela du "nivellement par le bas".


Source: Clubic

iDon't

Il semblerait que la suprématie de l’iPod d’Apple sur le marché des baladeurs ait fini par irriter les responsables de communication de chez SanDisk, qui viennent de mettre en ligne un site dédié à la promotion du Sensa e200, leur alternative. Baptisé I don’t (je ne fais pas), il prétend lutter contre l’hégémonie de l’iPod et compare les adeptes de la marque à la pomme à des moutons.

La propagande de SanDisk passe par une déclinaison de la structure I + verbe sur tous les tons, et sous toutes les formes : affiches, fonds d’écran, ou avatars potentiels reprennent un thème récurrent. Les utilisateurs d’iPod sont des moutons (iSheep), des ânes tout juste bon à suivre une carotte (iFollow), des marionettes (iPuppet) ou des vaches (iHerd, herd signifiant troupeau).

"Maintenant, il est temps de se lever contre l’iDictature", clame le site, qui appelle à l’ouverture des formats et prône la multiplication des plateformes de téléchargement. A voir sur idont.com.


Source: CASACOSMANI

MADAME FADILA

Fadila Laanan (Ministre de la Cutlure et de l’Audiovisuel de la Communauté Française de Belgique) commence à sérieusement me courir.

Je ne la connaissais pas, je l’ai croisée pour la première fois dans cette émission filmée dans un tram, sur Télé-Bruxelles. Elle causait avec Jean-Jacques Deleeuw sur l’attribution des fréquences radio en Communauté Française. Deleeuw, son pitch était clair et cohérent: les Flamands qui chipotaient les arrêtés royaux existants viennent d’être baisés par le Conseil d’Etat, RTBF, RTL et indépendants sont quasi sur la même longueur d’onde (haha) et c’est donc le moment où jamais de clôturer le dossier (on en parlait déjà quand j’étais à Radio Panik en… 1987 !!!). Et elle : méééé wéééé, méééé neuuuun, chaipa, véréfléchirrrr… Tout ça avec un air de pétasse à ravager les nerfs des boutiquières de la Toison d’Or.

La voilà maintenant à Cannes, en train de vendre le bon litron de soupe qui a été tourné en Communauté Française de Belgique, cette année. Et vas-y que je te déblatère que "les films américains, c’est pas bien, que nos films d’auteurs, c’est mieux". Et vas-y que, selon elle, un film d’auteur EU est obligatoirement intelligent alors qu’un film d’action US est foncièrement con. Bref, du vent marketing doublé d’un discours 3 trains en retard puisque la dernière tendance hollywoodienne, c’est justement de saupoudrer tout ce qui sort de l’usine d’un brin de personnalité et d’inattendu (Il y a ainsi plus de critique sociale vacharde et pertinente dans The Island, la dernière production Buckenheimer, que dans l’entièreté de la filmo des Dardenne).

Madame Fadila nous refait donc le coup de Balladur, dans le temps, avec son « exception culturelle française » qui semblait vouloir aider à trouver de nouveaux Truffaut mais, dans les faits, n’a fait qu’accoucher de Boulet, Brice de Nice, Blueberry, Rivières Pourpres et autres infamies pour les yeux. Ici en Belgique, la filière "je scénarise mon film comme un reportage pour Strip Tease" a donc encore de beaux jours devant elle… A la caisse du cinoche, vépa véréfléchirrrr beaucoup, moi.

 26/05/2006
 vincent

DVD: Wolf Creek

de Greg McLean

En matière de film d’horreur, je me sens tellement blasé que j’ai tendance à être bon public en me disant que si le film ne me fait pas peur ou ne me noue pas l’estomac, c’est parce que je connais trop tous les trucs et ficelles. Et puis, je tombe sur un film comme Wolf Creek qui remet en question cette manière de procédé.  Pourtant, ce film commence au plus mal et semble être l’énième variation sur le thème de la bande de jeunes fêtards qui s’en va faire une randonnée, là où elle ne devrait pas mettre les pieds.

Wolf Creek est un magnifique cratère situé en plein desert australien. 3 amis décident d’y faire un crochet en rentrant de vacances. Là, la voiture tombe mystérieusement en panne et un bouseux de la plus belle espèce leur vient en aide. On devine aisément la suite, mais Greg McLean nous a alors tellement hypnotisé avec ses splendides paysages désertiques australiens que l’on se laisse facilement avoir. Ces décors font vraiment office de personnages à part entière et incarnent mieux que quiconque la désolation à laquelle vont être confrontés nos jeunes amis. Ces derniers évitent de paraître pour les crétins amateurs de guindailles que les premières minutes nous promettaient pourtant. Le bouseux lui vaut vraiment le détour. Il sonne si vrai, loin des habituels dégénérés consanguins auxquels le genre nous a habitués, qu’on ne sait pas trop s’il est bien le tueur sanguinaire qu’il doit être.

C’est avec cette combinaison de personnages finalement attachants évoluant dans un magnifique environnement isolé que Greg McLean nous endort pour mieux nous délivrer le tant attendu moment où tout bascule comme un uppercut bien puissant. Là, Greg McLean réussit haut la main son examen de réalisateur. Il manie très bien la caméra et parvient à vous assener un long final d’une redoutable efficacité où on ne compte plus le nombre de plans immédiatement cultes . Même si par moment, il en fait trop, c’est réellement savoureux et Wolf Creek est sans conteste un des meilleurs films de genre de ces dernières années.

 28/05/2006
 vincent

The Black Heart Procession au Botanique


Source: 404 Brain Not Found

Bientôt dans tous les bacs

Les experts de l'industrie musicale (oui, il y en a) estiment qu'en 2010, le marché de la musique mobile devrait atteindre plus de 7,7 milliards de dollars dans le monde. 7,7 milliards de dollars, à 2$ la musique ou la sonnerie, c'est plus de 3,3 milliards de raison de vouloir défenestrer son voisin de bureau qui attend, pour faire profiter tout le monde de ses goûts musicaux approximatifs, la fin du couplet pour décrocher.

 30/05/2006
 vincent

Entendu ailleurs: Comme t’y es belle

(Soupir) Je soupire un petit peu parce que le box-office français va être naturellement dominé par le Da Vinci Code, mais avant d’être dominé par çà, il y a eu la déferlante de comédies. Il y a eu bien sûr Les Bronzés 3, Camping et la semaine dernière, Comme t’y es belle, premier long métrage de Lisa Azuelos. On le présente un petit peu comme La vérité si je mens au féminin parce qu’il est question de 4 copines qui évoluent dans le milieu juif parisien.

C’est quoi Comme t’y es belle? Et bien, c’est un film de nanas. C’est 4 femmes de 40 ans qui se conduisent comme des nanas de 18. L’élément "intéressant" est qu’elles sont divorcées. Il y a la garde des enfants, comment aller les chercher à l’école, mais vu qu’elles recherchent le prince charmant un petit peu comme des nanas de 18, cela peut drainer à la fois le public des nanas de 18 ET des femmes de 40 ans. C’est très astucieux, très malin comme crossover.

Plus qu’un film de nanas, c’est carrément un film de pétasses parce qu’elles sont toutes rigoureusement insupportables. Il y a en une qui est incarnée par Michèle Laroque qui tient un institut de beauté, qui essaie de contrecarrer un redressement fiscal, qui passe son temps avec son téléphone au volant et qui roule sur la bande réservée aux taxis et aux bus pour aller chercher son enfant à l’école. Il y aussi Aure Atika qu’on a vu dans le finalement très huppé et très haut de gamme OSS 117. Quand on voit le paysage de toutes ces comédies, on est content d’avoir eu OSS 117 qui tirait plus vers le haut.

Et donc, pourquoi est-ce que ce film est profondément antipathique? C’est parce qu’il est abominablement calculé et parce que c’est un film qui affiche une sorte d’anti-intellectualisme. Un peu comme les prises de position de Mathilde Seigner. Dès qu’on réfléchit: "Oh la la, cela fait mal à la tête... Il n’est pas question... Tous ces intellos coincés... Non, on est là pour faire un film décontracté".  La bande originale est formidable. Il y a quand même Daniel Levi des 10 commandements, Céline Dion... Bref, on écoute que des chouettes trucs dans la bagnole! Et alors, les mecs- parce que je ne vous ai parlé que des nanas, mais il y a aussi les mecs -sont soit des bellâtres, gravures de mode avec une petite barbe de 3 jours qui sont super sympas et évidemment hyper-craquants ou soit, quand ce ne sont pas les mecs convoités, mais simplement les maris,  des gros beaufs cons qui font des burbs avec leurs bières en regardant le foot et en disant "Femme, apporte-moi mon apéro". C’est INSUPPORTABLE tellement cela se vautre dans les clichés.

Ce qui vraiment insupportable, c’est que cela se fasse passer pour du cinéma. C’est cela qui commence à me "les briser menu" comme dirait Audiard dans Les Tontons Flingueurs. C’est en train de prendre la place de vrais films qui ont des difficultés à sortir et c’est en fait du téléfilm "prime time" sur grand écran avec un ou deux noms de cinéma pour faire l’illusion. Il y a eu un excellent article d’un confrère français dans Le Nouvel Observateur qui a dit  "Où sont les auteurs dans le cinéma français?".  Cela suffit! Qu’on arrête avec ces produits télévisuels! La télévision, c’est une chose. Il faut des "prime time" pour distraire les gens. Mais que ces produits là monopolisent les écrans de cinéma, cela me fait quand même très peur pour la suite. 

Bon, c’est vrai que cette semaine-ci, le cinéma d’auteur avec Marie-Antoinette ou Le caiman est décevant, mais en attendant cela reste du cinéma avec une ambition de cinéma.  Donc, pour moi, qu’il y ait des trucs comme Comme t’y es belle qui viennent vampiriser le box-office et l’attention, quelque part, cela me fait un petit peu mal. Voilà, c’est tout ce que je voulais dire.

Hugues Dayez dans les 5 Heures sur Pure FM

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