J’ai la naïveté de chercher à télécharger de la musique légalement. Je ne fais appel aux solutions "communistes" que lorsque j’essaie de trouver un album qui n’est pas encore paru ou qui est tout simplement introuvable via les chemins légaux. J’ai cette naïveté, car je pense honnêtement que le téléchargement illégal affecte surtout les petits labels. Les gros labels auront les reins assez solides pour survivre à ce phénomène.

Contrairement à ce qu’une partie de la presse laisse penser, les sites de vente de musique en ligne ne se limitent pas au désormais célèbre iTunes Music Store d’Apple et sont bien plus nombreux qu’on le pense.  Le grand problème est que les majorités des concurrents visent uniquement une clientèle américaine et pour cette raison, ils ont seulement négocié les droits de distribution sur le continent américain. A ma connaissance, les possibilités sur le marché européen sont très limitées.

Il faut savoir également qu’à l’exception d’eMusic, les sites de vente de musique en ligne (y compris iTunes Music Store) souffrent de trois problèmes:
1. Ces sites ne valent pas mieux qu’un supermarché. Ils ont certes beaucoup de choix, mais il n’y en aura jamais assez pour vous contenter à moins bien sûr que vous ne carburiez qu’au top 50.
2. Ils ont été pensés selon les diktats des majors. Ces sites ne vendent pas des morceaux au format MP3. Chacun utilise un format vous empêchant de faire ce que vous voulez avec ce que vous avez acheté! Vous ne pouvez pas, par exemple, facilement écouter votre achat sur un autre ordinateur que celui que vous avez utilisé pour l’acquérir. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que les majors ont peur de la diffusion sur Internet et traitent tout le monde de vulgaires pirates!
3. Les prix sont trop élevés. Il faut compter en moyenne 10 euros pour acheter un album que vous ne possédez pas réellement (à moins de le graver si le format  vous le permet).

eMusic est donc l’exception. C’est un service américain, mais une bonne partie du catalogue est accessible par le reste du monde. eMusic est un fabuleux vecteur de découvertes. Moyennant un abonnement mensuel de minimum 10 euros (enfin, c’est selon le cours du dollar), vous pouvez télécharger minimum 40 morceaux au format MP3 dans leur catalogue alimenté par la crème des labels indépendants... eMusic n’est pas fait pour vous si vous cherchez des trucs extrêmement connus ou que vous n’êtes pas un consommateur avide de musique.

La grande force d’eMusic est sa faculté à vous faire découvrir des choses. En fonction de vos téléchargements ou de vos recherches, il vous proposera fréquemment des choses susceptibles de vous intéresser. Les abonnés eMusic forment également une véritable communauté où chacun peut maintenir des listes d’albums qu’il conseille. eMusic se charge automatiquement de vous associer à ces listes établies par des personnes qui partagent les mêmes goûts que vous. C’est diablement efficace et peu de services peuvent revendiquer une telle valeur ajoutée.

Cela fait plus de trois ans que je suis abonné à eMusic. J’ai déjà téléchargé des milliers de trucs allant d’Arcade Fire, Sufjan Stevens, Devendra Banhart, Pixies, Sonic Youth, Blonde Redhead, Tortoise à Sun Ra et John Zorn en passant par Bjork et Fantomas.

L’abonnement comprend une période d’essai qui inclut 50 morceaux gratuits. Si, durant cette période, le service ne vous plaît pas, vous pouvez résilier l’abonnement avant même d’avoir payé quoi que ce soit.

Encore une petite remarque: eMusic est entièrement en anglais. Anglophobe s’abstenir.


vincent (30/01/2006)