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Source:
Mad Movies
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Miami Vice
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Oubliant forcément tout ce qui a pu être fait jusque là en termes de polar, Michael Mann appose tout au long de son film une patine à cent lieux du clinquant dont s’abreuvent les productions actuelles. Plus encore que lors de ses 2 précédents "brouillons", la caméra HD est ici triturée, mixée, et travaillée de sorte qu’aucune scène ne puisse se prévaloir d’être la sœur de la précédente. Dans une quête perpétuelle d’innovation dans ses cadrages et la photo de son film, Mann se permet donc d’avoir pour lui un matériel à la précision exponentielle… et de n’en utiliser que ses défauts. Il filme la nuit quasiment selon la lumière naturelle de la ville, poussant dans ses extrêmes le grain si particulier de ce type de caméra. Comme si, une fois le soleil couché, les protagonistes se devaient de n’être que des ombres mouvantes dans un cirque d’éclairages artificiels. Il en va de même pour les passages diurnes où l’éclat, les couleurs de la ville et des accessoires des personnages se verront réduits au terne le plus strict. Les acteurs sont sublimes mais pâles, l’océan semble délavé, les apparats des villes traversées ont des teintes naturelles, et donc sales.
Nombre de spectateurs auront fait le déplacement soit par nostalgie, soit par l’attrait d’une campagne de promotion qui aura fait de son mieux pour vendre un métrage de 2h15 garni d’une seule scène d’action. Et c’est bien là que le bas blesse. Comment faire accepter à cette immense majorité de subir, tout au long de ce qu’ils considèrent comme un divertissement estival, et de lui faire croire que cette enquête assénée sans coup férir est bien ce qu’ils sont venus chercher ? Pour le public, se prendre un film tel que celui-ci est une mandale bien dure à encaisser. Lui dire que ces images qu’on dirait tirées de leur caméscope ne sont pas de la fainéantise, lui faire comprendre qu’une enquête policière, aussi romancée soit-elle, est avant tout une affaire de dialogues à profusion. Le rejet peut alors être compréhensible. Cracher sur une partie de l’audience ne sert à rien. Sa logique étant calcinée par des années de formatage subtil, la faute ne lui revient pas. Michael Mann étant ce qu’il est, c'est-à-dire un réalisateur sans concessions, mais l’homme se retrouve sûrement aujourd’hui esseulé. Quand le génie rencontre un mur, le génie reste. Le mur, aussi.
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16/08/2006
vincent
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United 93
de Paul Greengrass
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Paul Greengrass est un irlandais qui s’était distingué en 99 en signant Bloody Sunday qui, comme son nom l’indique, s’attardait sur le fameux dimanche immortalisé par U2 et sa célèbre chanson qu’on ne présente plus. Bloody Sunday tenait déjà plus de la reconstitution que du film et faisait déjà l’effet d’une jolie claque dans la figure. Ensuite, comme tout réalisateur non américain fraîchement distingué, Hollywood lui a signé un joli chèque afin de le motiver à traverser l’atlantique pour exercer son talent au pays de l’oncle Sam. Le voilà donc aux commandes de The Bourne Supremacy, suite de The Bourne Identity, sorte de sous-James Bond crépusculaire avec Matt Damon. A nouveau, Paul Greengrass parvient à faire la différence en marquant un retour aux styles des polars sec et nerveux des années 70.
Avec United 93, Paul Greengrass revient au style de Bloody Sunday et s’attache à reconstituer comment le 11 septembre a été vécu à l’intérieur des différentes tours de contrôle et d’un des vols qui a été détourné (celui qui s’est écrasé en plein milieu de nulle part). Le résultat est un tour de force incroyable et fait l’effet d’une démonstration par A+B qui anéantie toutes les théories de conspiration qui ont été associées au 11 septembre. A l’image de ces contrôleurs dépassés devant soudainement rentrer en contact avec 4200 avions pour vérifier s’ils n’ont pas été détournés ou de ce haut gradé se demandant jusqu’où il doit remonter dans sa hiérarchie pour avoir l’autorisation d’abattre un avion en plein vol au cas où il devrait le faire, ce qui ressort avant tout après la vision d’un tel film est que personne ne sera jamais prêt pour gérer une telle crise.
Si à l’exception du final qui vous laissera littéralement sans voix, le film n’est finalement qu’un montage ahurissant de plans de gens qui regardent des écrans de contrôle et de personnes qui se téléphonent cherchant à comprendre ce qui se passe et, surtout, ce qu’ils doivent faire dans de telles conditions, le résultat est bluffant et on est réellement passionné par cette histoire que l’on croyait connaître.
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08/08/2006
vincent
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Superman Returns
de Bryan Singer
Ennuyeux, naïf et rigoureusement nul, Superman Returns est cependant suffisant radical pour que je lui souhaite un grand succès. Au lieu de faire un remake bête et sans intérêt, Bryan Singer, qui s’est fait connaître avec Usual Suspect et la carnavalesque série des X-Men, reprend la série originale là où elle avait commencé à prendre l’eau. Superman Returns est donc Supeman 1,75 et continue l’histoire de Clark Kent juste avant le dernier quart du second volet qui marquait le déclin qualitatif de la série. Bryan Singer veut simplement corriger les erreurs du passé. C’est brillant comme approche, non?
Le hic est que pour ce faire, Bryan Singer essaie de faire en sorte que son film puisse s’insérer dans la série originale comme si de rien n’était. Tous les ingrédients originaux sont respectés à la lettre. Le graphisme du générique est identique. Les nouveaux acteurs jouent les clones des anciens (avec au passage un retour virtuel de Marlon Brando). Le design des décors semble toujours hérité d’épisodes de Cosmos 1999. Les scènes d’actions suivent toujours le cahier des charges rédigé par Mattel. La psychologie des personnages est toujours aussi inexistante. Alors, cela aurait pû marcher si seulement il avait poussé l’audace jusqu’à placer l’action dans les années 70. Hélas, non... L’action de ce Superman 1,75 est située au 21ème siècle et le parallèle entre les actions de Lex Luthor et Ben Laden ou le Tsunami est donc possible. De là, à imaginer que si Superman avait réellement existé, il n’y aurait pas eu ces catastrophes, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement. Enfin, je tergiverse, là n’est pas le noeud du problème...
Dôté d’un budget colossal et d’une équipe technique visiblement largement au-dessus la moyenne, Bryan Singer prouve une nouvelle fois qu’il est incapable d’imaginer et de rythmer des scènes d’actions. Déjà dans X-Men, ce n’était vraiment pas cela, mais là, on touche le fond. On se demande comment on peut signer des trucs aussi mous après les monumentales et inoubliables montagnes russes que nous a balancées Peter Jackson avec son King Kong. C’est une honte... Je veux être remboursé!
C’est vraiment dommage, car si Superman Returns avait été réussi, il aurait peut-être signé la fin de cette insupportable ère des remakes et aurait instauré cette nouvelle approche qui me semble enfin digne d’intérêt.
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03/08/2006
vincent
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Lucky Number Slevin
de Paul McGuigan
Il y a de ses films mineurs qui, après coup, apparaissent comme majeur. A juger le nombre de films qui s’en sont inspirés, Snatch fait partie de ceux-là.
Lucky Number Slevin est un nouveau clone du film de Guy Ritchie. La recette est identique et repose sur cette fameuse galerie de portraits de gangsters cons, charismatiques ou exubérants montée comme un clip imparable. Le film se termine par un twist soi-disant imprévisible et... excusez-moi, je bâille... Une fois le générique de fin arrivé, on se dit "je ne m’y attendais pas du tout".
Le problème est que Snatch fait partie de ses films inimitables. Guy Ritchie, lui-même, ne s’en est pas remis et s’il n’était pas le mari de Madonna, il y a fort à parier qu’il aurait des fins de mois difficiles. Si Snatch fonctionnait, c’est parce qu’il brillait par son montage et son style qui, eux, étaient réellement imparables. Son humour absurde typiquement britannique et un Brad Pitt inoubliable mettaient l'exercice à un niveau inaccessible .
Lucky Number Slevin est américain. Il a beau avoir un casting de luxe qui rappelle les films de Quentin Tarantino. Il ne fait pas mouche une seule seconde et on se prend rapidement au jeu de compter le nombre de spectateurs dans la salle.
Au suivant!
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25/07/2006
laurent
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DVD: The Constant Gardener
de Fernando Meirelles
L’histoire aurait pu donner un film passionnant. En effet, on imagine bien les "méchantes" multinationales pharmaceutiques "profiter" de l’Afrique comme d’un énorme vivier de cobayes que l’on pourrait exploiter jusqu’à la moelle plutôt que de faire des tests sur de "pauvres" rats. La gentille altermondialiste - la charmante Rachel Weisz - se fait flinguer par les méchants, car elle a découvert le pot aux roses? Son sympathique mari diplomate (Ralph Fienes) fait son enquête et tombe sur le cul : le monde est un nid de salopards en puissance!
Mouais. C’est cousu de fil blanc, les méchants ont des têtes de méchants et vice versa (le patron pharmaceutique a vraiment la gueule de l’emploi d’ailleurs). Reste Rachel Weisz, qui a fait bander le jury des Oscars (meilleur second rôle féminin).
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18/05/2006
émilie
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The Da Vinci Code
de Ron Howard
Comment faire un événement incontournable avec rien...
La recette ? On choisit un roman polémique et à succès, des acteurs américains et français de plusieurs générations, on dépense des millions avec une promo omniprésente. Et voilà ! !
Quant au film… Du vent ! ! The Da Vinci Code est navrant. Pour qu’il plaise au public, on y met tous des éléments que "les gens" aiment bien : des jolis acteurs, une intrigue un peu "policière", des touches d’humour, une " théorie " sur le monde, des images de l’enfance, un personnage gentil qui en fait est méchant, une poursuite en voiture, la tour Eiffel, etc. Il y en a pour tous les goûts et on mélange tout sans finesse ni cohérence.
Et surtout, il ne faut pas que le spectateur se sente perdu, se pose des questions. Durant tout le film, on nous prend par la main. Tout ce qui est dit ou pensé par les personnages est également montré visuellement : flash-back de l’époque de Jésus, de l’enfance de l’un ou l’autre, visualisation des réflexions de Tom Hanks, etc. En général avec un effet " contours flous "… Mémorable.
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Source:
Mad Movies
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Mission Impossible 3
Tom Cruise est un homme formidable. En plus de sévir en tant que censeur universel sur de nombreux networks qui osent un peu trop parler de cette douce religion qu’est la scientologie, le monsieur se permet des interludes détentes, souvent cinématographiques, histoire de se dégourdir un peu les pattes. Un mode de vie bien plaisant. Et pour reprendre l’entraînement, quoi de mieux qu’un nouvel épisode de Mission Impossible.
Cette petite introduction en guise de flot de sarcasmes n’est pas anodine. Car dans les faits, ce nouveau Mission Impossible est un bien bel étron qui se consomme cependant sans rechigner. Contradictoire ? Là est toute la force du film : réussir à nous surprendre 2 heures durant tout en gardant le fil rouge de la médiocrité. En faisant appel au nouveau Wonder-boy télévisé J.J. Abrams (Alias et Lost), la production a décidé de se tourner vers une certaine facilité. Point de réalisateur aux ambitions démesurées comme pour les 2 premiers opus, point de scénario aux entournures rhétoriques, et aux toilettes tout désir de revenir vers les bases de la série. Le résultat, d’un point de vue strictement visuel, se trouve être d’une catastrophique pureté. Réussir à garder à ce point les mêmes échelles de plans, les mêmes mouvements de caméra (scène d’action = caméra labellisée Parkinson) et la même absence de profondeur et composition durant tout un film relève presque de l’autisme. Des défauts certes inhérents aux cadres de la télé mais qui, sur grand écran, en plus d’être encore plus visibles, ne sont pas du tout adaptés d’un point de vue cohérent. En clair, on a plus l’impression de voir un téléfilm torché par le premier venu, le tout enrobé par les moyens. De facto, Mission Impossible 3 se montre diablement moche comparativement aux deux précédents volets, en plus de se perdre en ajouts narratifs malvenus (la construction en 3 mini épisodes d’Alias regroupés en une seule entité etc). Sur ce point, la mission est donc très loin d’être une réussite.
Mais c’était sans compter sur l’arme fatale qui allait nous tenir éveillé tambours battants durant le visionnage de la bête: une décérébration jouissive et assumée. Oui, Mission Impossible est un film débile, qui part dans tous les sens sans chercher une quelconque cohérence ou une valeur ajoutée dans ses différentes démonstrations de force. Une sorte de nirvana du jemenfoutisme qui fait mouche. Un peu à la manière du cinéma d’action de la fin des eighties, c’est sur les épaules en acier trempé du héros principal que repose le métrage et sur la façon qu’a le récit de le malmener à rythme régulier. Point de morceaux de bravoure à déceler ou de scène mémorable. Juste un joli capharnaüm à la tension constante qui joue de son suspense pour réussir à attirer le spectateur vers le prochain twist. Ce sont bien sûr les différentes missions de Mister Hunt et de la manière de les mettre en place qui en sont l’essence. Si la manière d’amener celles-ci est quelque peu discutable (sur un canevas qu’on imagine de quelques jours, Hunt va retourner la planète entière avec la moitié des forces US au cul sans pour autant être réellement inquiété…), leur exécution rempli un cahier des charges succinct mais jouasse. C’est avec un plaisir non feint que le spectateur va se laisser happer par de jolis moments de tension (la scène du pont se montrant particulièrement torride) ou de rebondissements (en gros, on se prend une petite claque toutes les 10 minutes). Le tout dans un esprit d’improbabilité et de cohérence au point mort qui renvoie directement à 24 et son Jack Bauer et qui, si elle ne sert pas un film à proprement parlé, donne à l’ensemble le service maximum en terme de fun non stop. Ajoutez à cela des effets spéciaux haut de gamme à la patine enfin invisible, un Phillip Seymour Hoffman monstrueux comme à son habitude, une musique bien péchue de Michael Giocchino et une photo aux relents de jeux vidéo où les couleurs explosent à l’écran à s’en donner le gerbe, on obtient un gros jouet bien laid mais qui fait du bruit.
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12/04/2006
vincent
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16 Blocks
de Richard Donner
Richard Donner, c’est monsieur Superman, l’Arme Fatale ou Les Goonies. Avec un tel CV, on se dit que cet homme appartient au passé. 16 Blocks confirme allégrement cette impression.
16 Blocks est une tentative sans intérêt de faire un remake officieux du fou furieux L’épreuve de Force de Clint Eastwood où il incarnait un flic usé et alcoolique qui devait escorter le témoin à abattre. Ici, le personnage du flic usé est assigné à Bruce Willis et le témoin abattre est Mos Def, un rappeur américain qui plombe le film tellement il est crétin et insupportable. Bruce Willis, lui, est une bonne surprise. Pour le reste, c’est plat et prévisible et ce n’est pas le retournement de situation final qui va sauver la mise.
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10/04/2006
vincent
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V For Vendetta
de James McTeigue
Dire que c’est une grosse surprise relève de l’euphémisme. Produit par les frères Wachowski , dont c’est la première apparition au générique d’un film depuis ce four prétentieux qu’a été la fin de la trilogie Matrix (souvenez-vous), on était en droit de craindre le pire. La plupart s’attendaient à un film pétaradant noyé dans les effets visuels que les deux frangins ont standardisé. Et bien non! A l’exception de son combat final Matrixien au possible, V For Vendetta est très bon film d’anticipation verbeux et visiblement ennuyant les jeunes (j’ai entendu certains d’entre eux se plaignant de s’être endormis).
C’est inspiré d’une bande dessinée anglaise que je n’ai pas lue, car moi et les BDs... Je ne sais pas si la BD était tellement ancrée dans la réalité, mais toujours est-il que V For Vendetta est bien un bon film d’anticipation décrivant un régime totalitaire loin de ces clichés de sociétés aseptisées et finalement assez irréalistes comme des 1984, Matrix, Gattaca ou autres THX1138 se sont plu à les représenter. Le régime totalitaire présenté par V For Vendetta est ultra-réaliste et ressemble à s’y méprendre à notre société d’aujourd’hui. On a d’autant moins de problèmes à y croire qu’il trouve ses racines dans les dérives actuelles: discours sécuritaires, enlisement de conflits, peur du terrorisme... L’histoire tient admirablement bien la route et est délivrée sous l’ange d’une histoire d’amour largement inspirée de La Belle et Bête, ce qui lui donne une allure de conte universel.
Le gros MAIS, car il y en a un, est sa mise en scène platte et son emballage typiquement hollywoodien qui cumule les stéréotypes du genre et qui ne lui permet pas d’être percutant. Le même film réalisé par un David- Fight Club -Fincher ou Darren- Requiem For A Dream -Aronofsky aurait été imparable.
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18/03/2006
vincent
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BIFFF 2006: A Bittersweet Life
de Ji-woon Kim
Il y a deux ans, Ji-woon Kim s’était fait remarquer avec A Tale Of Two Sisters, le film de fantômes asiatique de trop (souvenez-vous). Mystérieusement, le film s’est fait primer dans presque tous les festivals où il est passé.
Avec A Bittersweet Life, Ji-woon Kim montre qu’il n’a toujours pas beaucoup d’idées et propose un film de gangsters absolument pas original rappelant certains Takeshi Kitano ou John Woo. Le film vaut cependant le coup d’oeil tellement il est généreux en "gunfights" esthétisantes et en scènes de violences fulgurantes évoquant un certain Old Boy (souvenez-vous).
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10/03/2006
émilie
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Syriana
de Steven Gaghan
Les critiques sont bonnes mais Syriana est très décevant. Comme si un film américain "subversif", qui dénonce le système qui le produit, était forcément bon. Syriana n’est pas bon. Il est décousu, pas accessible et caricatural.
Dans Syriana, on suit en alternance un avocat à Washington, un agent de la CIA, des boss de compagnies pétrolières, une belle petite famille, etc. Si tout avait été bien monté, on aurait pu s’accrocher aux différents groupes de personnages. Ce n’est pas le cas. On ne comprend rien. Chaque histoire est confuse, on ne voit pas les liens et le jargon utilisé est peu accessible.
Soi-disant subversif, Syriana nous offre une série de clichés bien américains. La CIA trahit ses agents, les avocats sont corrompus, ce qui compte c’est l’argent, les jeunes paumés se tournent vers le terrorisme, etc etc. Ce film ne sert qu’à se conforter dans l’image négative que certains ont des USA, mais sans arguments construits et fondés.
Pour ceux qui souhaitent une bonne soirée cinéma, n’allez pas voir Syriana. Louez plutôt Crash, qui vient de sortir en DVD. Vous aurez un film bien fait et une représentation de la société américaine, bien plus fine et plus critique que Syriana.
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08/03/2006
vincent
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Get Rich or Die Tryin'
de Jim Sheridan
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L’industrie du disque est parfois moins conne qu’elle paraît. Elle semble enfin avoir compris que le public n’était pas intéressé par des films bâclés, montés à la va-vite, mettant en scène des chanteuses ou chanteurs ayant le vent en poupe. Crossroads avec Britney Spears et Glitter avec Mariah Carey ont dû tellement laisser des traces dans la comptabilité des majors qui étaient derrière ces fours que maintenant on engage un réalisateur doté d’une vision pour signer de tels films. Pour tirer une fiction à la gloire d’Eminem, ils avaient engagé Curtis Hanson qui, quelques années auparavant, s’était distingué avec l’excellent LA Confidential. L’association a donné naissance à 8 Mile que je n’ai pas vu, mais qui, paraît-il, était loin d’être une mauvaise expérience. Pour ce Get Rich Or Die Tryin’ qui s’inspire vaguement de l’enfer qu’aurait été la vie du chanteur 50 Cent, ils ont été débauchés Jim Sheridan, l’auteur des inoubliables My Left Foot et In The Name of The Father.
Je ne connaissais pas 50 Cent avant de rentrer dans la salle. Pardonnez-moi mon inculture, mais moi et le top 50... Apparemement, le gaillard aurait été l’archétype de l’ancien gangster reconverti en rappeur (un ganstarappeur, quoi!). Il aurait même échappé de peu à la mort, le gars s’étant fait troué pas moins de 9 fois. Si on peut reprocher au film son ton très édulcoré qui fait de 50 Cent une sorte de grand dadais qui vend du crack en bon père de famille et sa fin navrante qui légitime le meurtre, Get Rich or Die Tryin’ est finalement un film de gangsters bon enfant plus qu’honorable. Il vaut même le détour, car il contient sont lot de scènes magnifiées par la caméra de Jim Sheridan. Le genre de scènes qui, si elles avaient été filmées par le premier "yes-man" venu aurait d’une médiocrité absolue. A ce titre, le générique du film basé sur l’idée simplissime de filmer l’image à travers un rétroviseur vibrant sous l’effet des basses d’un morceau de rap est tout simplement génial. Autre scène monumentale, une bagarre sous les douches d’un pénitencier chorégraphié comme un spectacle de danse contemporaine désespéré où les corps nus dérapent et s’accrochent.
Et puis malgré, je le répète, une histoire assainie jusqu’à en devenir complètement guimauve, il y a un côté pédagogique loin d’être inintéressant. Get Rich or Die Tryin’ est notamment un des premiers films qui explique aussi bien l’intérêt économique du crack. C’est aussi un des premiers qui, au cas où vous en douteriez, vous montre à quel point le ganstarap est avant tout une histoire d’ego boursouflé où chacun essaie de montrer qu’il en a plus grosse que l’autre. Ce message est d’ailleurs assez osé, car le film est produit par la chaîne MTV et on se demande comment elle ne s’est pas rendu compte que le film crachait dans la soupe qu’elle sert à longueur de journée.
Au final, on ne regrette vraiment pas d’avoir vu ce produit dérivé. On ne sort pas de la salle en voulant acheter du 50 Cent, mais on ne sort pas non plus en execrant le personnage.
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08/02/2006
vincent
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Munich
de Steven Spielberg
Reprondre à la violence par la violence engendre la violence. C’est un cercle vicieux, un circuit sans fin. Ce n’est pas les médias qui vont s’en plaindre. Non, ils s’en régalent, car aujourd’hui, une guerre se fait par bulletins d’information interposés.
Le message de Munich est clair et sans ambiguïté. Steven Spielberg le fait réciter à deux ou trois reprises par certains des protagonistes. C’est d’ailleurs le seul gros défaut du film. Spielberg n’est à nouveau pas parvenu à s’empêcher de prendre le spectateur par la main et de lui expliquer le message du film au détour de dialogues d’une naïveté effroyable. Heureusement, ce petit bémol ne concerne que 10 minutes des 2h45 du film!
Pour le reste, Munich est un bien bel ouvrage dont on se régale. Spielberg se montre en véritable virtuose de l’image et de la mise en scène. Pas qu’on doutait de lui, mais il y a deux films, le monsieur nous signait une guimauverie indigeste nommée The Terminal. On revient de loin donc. Je tiens à préciser que je n’ai rien contre les films légers de Spielberg. D’ailleurs, si l’on devait comparer Munich à un autre film de Spielberg, ce serait au très ludique Catch Me If You Can. On retrouve derrière ces deux films, ce plaisir de la reconstitution d’une époque (les années 50 pour Catch Me If You Can et les années 70 pour Munich). On a vraiment l’impression que Steven Spielberg s’est amusé comme un gosse à multiplier les petits détails, références et hommages divers. La comparaison s’arrête là, car mis à part quelques petites pointes d’humour qui font baisser la tension, Munich n’a rien de ludique.
Si l’on devait comparer Munich à un autre film, ce serait le récent A History Of Violence de David Cronenberg (souvenez-vous), car en imaginant ce que devait être la traque des têtes pensantes de la prise d’otages meurtrière de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich en 1972, Spielberg voulait surtout continuer ce qu’il avait amorcé avec Saving Private Ryan: ouvrir les yeux du spectateur en lui montrant ce qu’est une guerre. Pour arriver à ses fins, Spielberg nous montre une violence utlra-réaliste proche de celle de David Cronenberg . Les balles ne se contentent pas de faire des tâches de sang, elles mutilent. Les bombes ne laissent pas des corps carbonisés, elle les fait voler en éclats. Et à l’instar de A History Of Violence, la violence laisse des traces. Ses auteurs ne pourront plus jamais aspirer à une vie normale.
C’est souvent choc. Ames sensibles s’abstenir.
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16/01/2006
vincent
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Un coup d'oeil dans le retro cinématographique
Après la musique, il y a un peu plus d’une semaine, je me sens pousser des ailes (et Red Bull n’a rien à voir dedans) et prêt pour faire un petit bilan subjectif de la défunte année cinématographique.
Au rayon "grosses productions", je tiens encore à remercier Peter Jackson pour son énorme King Kong qui me transforme en gosse de 10 ans chaque fois que j’en parle (j’en suis même arrivé à mimer King Kong ratatinant un T-Rex). Quand Peter Jackson dit qu’il a réalisé le film qu’il aurait voulu voir s’il était rentré dans une salle avec un paquet de pop-corn, je le crois sur parole. Si le début et la fin du film étaient plus condensés, il ne fait aucun doute que ce King Kong serait devenu une référence dans l’histoire du cinéma hollywoodien. Ensuite, comment ne pas parler de Batman Begins. Je me demande encore comment Christopher Nolan est parvenu à imposer une telle vision à la Warner. Si l’on excepte son début très "Karate Kid", son Batman transposé dans un univers de polar réaliste est une petite merveille dont on ne se lasse pas. Et puis, j’aurais bien aimé dire du bien de War Of Worlds, mais Tom Cruise plombe tellement le film que c’est tout simplement impossible.
Au rayon "moyennes productions", A History Of Violence de David Cronenberg s’impose comme un des meilleurs films de l’année. Cette redéfinition magistrale du thriller Hollywoodien est une véritable leçon sur le comment tordre le cou aux clichés. Kerry Conran et son Sky Captain And The World Of Tomorrow préparaient les quelques personnes qui l’ont vu à King Kong et Sin City. Sky Captain renouait bien avant King Kong avec le film d’aventures des années 30 et pour ce faire, usait de la technique des vrais acteurs évoluant dans un monde entièrement virtuel. Enfin pour terminer, comment ne pas oublier l’hilarant et jouissif Team America: World Police de Trey Parker et Matt Stone, le duo dynamique derrière South Park. Je me demande comment ses deux joyeux lurons arrivent à faire produire un film de marionnettes crachant sur tout le monde dans le système hollywoodien.
Au rayon "séries B, horreur et fantastique", là, c’est la bérézina. Pourtant, après la très faste année 2004 où les studios n’avaient plus peur de mettre leurs sous sur des trucs complètement décomplexés qui "dégommaient grave" (Dawn Of The Dead et Kill Bill Volume 2 en tête), j’espérais que j’allais encore être sur mon derrière. Et bien, rien, nada! Même Land Of The Dead de Georges Romero, un des maîtres du genre, sent le produit light réchauffé. Finalement, j’en viens même à me dire que notre Calvaire national (que j’ai pourtant descendu à l’époque) doit être celui qui s’en sort le mieux et que Seed Of Chucky et House Of Wax ne sont pas si mal. Enfin, heureusement, il y a quand même une production qui se détache. J’ai nommé The Machinist. Si quand vous étiez petit, vous étiez fans des vieux épisodes de The Twilight Zone lorsqu’ils passaient chez les frères Bogdanoff alors, The Machinist est le film que vous devez absolument voir.
Au rayon "pan-pan-boum-badaboum-crève-salope", contre toute attente, je n’ai pas oublié Red Eye de Wes Craven. Le fait que Cillian Murphy y joue le méchant n’y est pas étranger. Si j’ajoute à ce rôle, sa performance de Dr Crane dans Batman Begins, Cillian Murphy est sans aucun doute le vicelard de l’année. Enfin, j’avais pronostiqué à l’époque qu’Assaut On Precinct 13 serait le film avec le plus de douilles. Bien m’en a pris, car personne n’est parvenu à le détrôner!
Enfin, au rayon "auteur", Clint Eastwood en a mis KO plus d’un avec son Million Dollar Baby. Fernando Meirelles confirme son statut de nouveau Sergio Leone en signant avec The Constant Gardener les plus belles images de l’année. Avec Maria Full Of Grace, le petit nouveau Joshua Marston vous fait prendre conscience de l’enfer que vivent les mules colombiennes. Le Canadien Michael Dowse m’a sérieusement bluffé avec son hallucinant It’s All Gone Pete Tong, histoire d’un Beethoven contemporain sur fond de sexe, drogue et techno. Alejandro Amenábar m’a fait pleurer avec Mar adentro. Le danois Jacob Thuesen nous pond Accused, un film incroyablement instructif sur l’inceste. Avec 9 songs, Michael Winterbottom réussit presque le premier porno d’auteur. Pour le reste, les grosses cylindrées toussent ou s’embourbent complètement. Lars Von Trier pousse sa logique jusqu’à l’écoeurement, et ce, directement (Manderlay) ou indirectement (Dear Wendy). Woody Allen et Jim Jarmush bernent pas mal de gens en changeant de genre et pourtant aussi bien Match Point que Broken Flowers sont des films globalement insipides. Tim Burton s’enterre en sortant deux films qui prouvent qu’on ne doit vraiment plus rien attendre de lui. Win Wenders fait de même avec Land Of Plenty et Don’t Come Knocking. Gus Van Sant confirme avec Last Days qu’il est un auteur qui peut se permettre les trucs les plus hermétiques. Martin Scorsese aurait pu signer un grand film avec The Aviator si une multitude de conditions avaient été remplies. Et enfin, Oliver Stone signe avec Alexandre, le plus mauvais film de l’histoire cinéma. Je n’arrive toujours pas à comprendre comme un tel ratage est possible. Tout n’est que maladresse, vision inappropriée et réalisation bâclée.
Pour terminer, je me permets de résumer tout ceci par un top 10 qui me fait dire également que 2005 a été une année de transition pour le cinéma, car à part les 5 premiers, aucun ne s’impose réellement. La grande question c’est: transition vers quoi? 1. Million Dollar Baby 2. King Kong 3. The Machinist 4. Batman Begins 5. A History Of Violence 6. It’s all Gone Pete Tong 7. Team America: World Police 8. Sky Captain & The Wold Of Tomorrow 9. Accused 10. The Constant Gardener
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05/01/2006
laurence
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Lord of war (II)
d'Andrew Niccol
Salle remplie de jeunes cools, bandes annonces de films à ne jamais aller voir et l’odeur tenace de pop-corn ne laissaient rien augurer de bon.
Andrew Niccol se tire dans les pattes et son foirage se résume par le générique: la caméra suit "virtuellement" la chaîne de production de balles de fusils d'assaut de l’usine de fabrication US jusqu’à la cervelle d’un gosse africain de 14 ans.
Alors que dans l’idée, ce générique dénonce une des tragédies de l’Afrique, dans la salle, on assiste à une explosion de rires... Alors que le scénario de ce film ne me paraissait pas être pour ados écervelés, force est de constater qu’à vouloir simplifier son propos et à mettre de côté l’idée même d’une mise en scène intelligente, Lord of war ne risque pas d’intéresser les plus de 18 ans.
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Plus loin dans le temps....
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