Zabladowski.org


 07/09/2006
 vincent

Bubble

de Steven Soderbergh

Steven Soderbergh, l’homme qui enchaîne les projets plus vite que son ombre, revient avec un film d’auteur naturaliste loin des très accessibles Ocean’s 11, 12 et 13 auxquels il nous a désormais habitués. Adoptant un ton très documentaire, Bubble illustre très justement le désert affectif et social que peuvent être certaines bourgades des Etats-Unis.  L’intelligence du film est de prendre comme protagonistes des ouvriers travaillant dans une usine qui fabrique des poupées à la chaîne. Si ce milieu n’est finalement guère différent de celui d’ouvriers empilant des lasagnes sur des chariots, il a cependant le mérite de donner un aspect plus "artistique" et de faciliter l’empathie des spectateurs envers ces personnages qui d’habitude n’auraient strictement rien inspiré ou alors, le mépris chez certains.

 05/09/2006
 vincent

Paris, je t'aime

de 20 réalisateurs différents

20 courts-métrages différents réalisés par 20 réalisateurs confirmés. Les deux seules constantes sont la durée imposée de 5 minutes et le thème de l’amour- au sens large du terme -à Paris.

C’est vraiment sans surprise. Tout le monde se contente sagement de confirmer les espoirs ou les craintes qu’on avait. Les 15 réalisateurs dont on n’attendait rien prouvent qu’on avait raison de rien espérer d’eux. Isolons parmi eux un Gus Van Sant ennuyeux (comme à l’accoutumée, diront certains), un Oliver Assayas affichant son côté jet-set décadent et un court à la gloire de Dieu avec Juliette Binoche. Les 12 autres ne sont pas franchement mauvais, mais n’arrivent pas à dépasser le niveau d’un enième court-métrage sans intérêt. Dans les 5 bons, on trouve Walter Salles qui s’est fait connaître avec Central  Do Brasil, Diarios De Motocicleta et en produisant Cidade de Deus et qui fait ici démonstration de son sens de la vision.  Comme espéré, Joel & Ethan Coen (qui sortent tout de même de la grosse bouse puante qu’est The Ladykillers) profitent de l’occasion pour se refaire une santé avec un court-métrage arborant un désopilant Steve Buscemi. Tom Tykwer retrouve l’énergie de Lola Rennt. Sylvain Chomet et Alexander Payne  qui nous avaient éblouis avec respectivement Les Triplettes de Belleville et Sideways confirment qu’on avait eu raison de miser plein d’argent sur eux.

Au final, la question qu’on se pose après la vision d’un tel exercice est celle-ci : qui a eu la prétention de mettre des réalisateurs moyens au même niveau que des réalisateurs qu’on savait doué? C’est comme si en Belgique, quelqu’un osait sortir des compilations musicales mêlant nos désespoirs locaux à la crème de la scène internationale.

 25/08/2006
 laurent

Selon Charlie (II)

de Nicole Garcia

Désolé, mais je ne partage pas du tout, mais alors là pas du tout l’avis plutôt enthousiaste d’Ivan sur ce film recevant par ailleurs une couverture médiatique impressionnante. Je m’y suis ennuyé comme un rat mort. A entendre les commentaires à la sortie, et à en juger aussi par ceux qui ont quitté la salle pendant le film, je ne semble pas être un cas isolé.

 23/08/2006
 ivan

Selon Charlie

de Nicole Garcia

Si certains pensent que le cinéma français ne peut uniquement engendrer que de mièvres comédies plates et truffées de comiques télévisés et one man show-esques, c’est peut-être une nouvelle fois l’occasion de changer de point de vue.

Selon Charlie est un film touchant. Il est ambitieux, trop ambitieux même, et cela le rend quelque peu inégal: Nicole Garcia aborde un nombre de sujets mêlés et liés qui pourraientt chacun un à un faire l’objet d’un film, et elle ne parvient pas à tout raconter de front avec la même qualité. Et pour cause, elle traite de l’homme, du masculin. Elle met en parallèle la vie de quelques hommes adultes, et d’enfants. des personnages principaux qui ont chacun leur vie, leur faiblesse, leurs soucis, leurs trahisons. Et pour incarner ces hommes, elle rassemble quelques fleurons parmi les acteurs français: Vincent Lindon en père foireux, Jean-Pierre Bacri en maire blasé, Benoit Poelvoode (touchant) en homme perdu, et Benoit Magimel (parfait) en homme incapable d’accepter ce qu’il est et ce qu’il a, rongé par le souvenir d’une pseudo vocation ratée. Chacun joue son rôle, sans réellement renouveler son jeu, on les voit, tel qu’on les connaît, mais ils sont juste dans la représentation d’un "type" d’homme. On est promené de l’un à l’autre, et au gré des morceaux de vies, chaque personnage se construit (ou se déconstruit). Selon Charlie est fort de cette impeccable caractérisation des personnages. Et on se laisse agréablement porter.

Ce qui déçoit, c’est que l’ampleur du propos est telle, que lorsque le film s’arrête, on aurait encore envie de savoir ce qu’il advient de ces hommes. La musique du film passe de Nick Cave à Sidsel Endresen. On peut reprocher à Nicole Garcia de tomber parfois légèrement dans l’esthétisme facile, certains plans à deux francs cinquante sont superflus face à la vérité du jeu. Et puis certains personnages sont clairement inutiles, et ne trouvent pas leur juste raison d’exister face au charisme des autres, ils passent au second plan, voir ne parraissent que pour du remplissage (je pense à ce jeune sportif par exemple dont l’intérêt m’a complètement échappé). Mais le film est réussi, c’est juste qu’on en voudrait plus, sur un peu moins. Nicole Garcia a le ton juste, jamais trop noir, teinté d’humour, touchant.

 18/07/2006
 laurent

DVD: Paradise Now

de Hani Abu-Assad

Ce film du palestinien Hani Abu-Assad raconte l’histoire de deux kamikazes, et des 24 heures qui précédent leur acte censé les emmener au paradis... Le film offre de belles images, se laisse parfois voir comme un documentaire sur la vie à Naplouse, et donne, bien sûr, à réfléchir, car il donne la parole - sans la juger - à "l’autre" côté. Très intéressant.

Il faut en outre savoir que ce film a été sujet à de nombreuses polémiques, car il était cité dans la catégorie films étrangers pour la cérémonie des oscars, au grand dam de certains israéliens, à l’origine d’une pétition visant à bannir le film des écrans. Il était d’ailleurs présenté à l’époque comme favori. C’est le sud-africain Totsi qui l’a finalement emporté .

 22/06/2006
 vincent

The Road to Guantanamo

de Michael Winterbottom

Il y a quelque temps, un ami m’a dit que ce qui était écoeurant dans la série 24 heures, c’est qu’elle prônait un discours qui légitimait la torture. On ne peut pas lui donner tort. Dans 24 heures, tous les moyens sont bons pour soutirer les informations qui pourront éviter un acte terroriste dégueulasse. Personnelement, en tant que parfait spectateur neuneu que je suis, je n’avais jamais noté ce message caché, car dans 24 heures, on torture jamais des innocents. C’est toujours des crapules qui n’hésitent pas à mettre en danger la vie de centaines d’innocents. Bref, c’est normal d’en arriver là!

Sous ses airs de docu-fiction, The Road to Guantanamo reconstitue les conditions de détention inhumaines de la prison de Guantanamo. Ce qui est marrant, c’est que toutes les techniques de déstabilisation vues au fil des saisons en 24 heures apparaissent. Certes, c’est beaucoup moins technologique. Si dans 24 heures, on fait perdre le repère et le sens de l’orientation du détenu à coup de gadgets électroniques, à Guantanamo, de simples casques anti-bruits et lunettes de chantier opaques suffisent.

Le problème de The Road to Guantanamo est qu’il est complètement biaisé. Dès le départ, on sait que les détenus que l’on va suivre dans cette reconstitution sont innocents. Alors, d’office, on se doit d’être choqué par ce qui leur arrive. Quand en aurait-il été si Michael Winterbottom nous avait  montré des détenus que l’on sait coupables, qui juste avant leur arrivée à Guantanamo, avait fait sauter un building avec 250 innocents? Là, je suis sûr que 90% des spectateurs n’aurait pas été choqué et aurait trouvé normal que ces salopards se fassent traiter comme des chiens. Ils l’ont bien mérité. Seuls ceux qui ont une conscience aiguë de la justice n’auraient pas tenu un tel discours. Que quelqu’un ose me prétendre le contraire...

 17/05/2006
 vincent

13 (Tzameti)

de Gela Babluani

Avec son abus d’un noir et blanc fauché et sa direction d’acteurs plus qu’approximative, le début film donne l’impression d’être l’oeuvre d’un nostalgique de la Nouvelle Vague.  On est sur nos gardes. On se demande finalement si on a bien fait d’écouter les critiques dithyrambiques qui ont précédé la sortie du film. Et puis, vient le moment limite prodigieux qui justifie tout.

13 (Tzameti) conte l’histoire d’un jeune paumé qui va accepter une invitation qui ne lui était pas destinée. Il ne le sait pas encore, mais cette invitation en fait le participant numéro 13 d’un jeu simple dont l'issue peut-être fatale. Malheureusement pour lui, il ne pourra pas faire marche arrière et sera contraint de se joindre à la partie.

Ce sont ces scènes tournant autour de cette longue partie qui sont vraiment d’anthologie. Le reste n’est finalement que remplissage déforçant quelque peu le film. Pour ces scènes, Gela Babluani, dont c’est le premier film, fait preuve d’une dextérité qui laisse admiratif. Tout est bien chronométré et tous les effets sont bien calculés. Rien n’est à jeter. On pourrait parler technique et sensations des heures. Cela n’apporterait rien de plus. C’est de l’excellent ouvrage qui en fait un des meilleurs films à l’affiche actuellement.

 20/04/2006
 ivan

L'ivresse du pouvoir

de Claude Chabrol

Si la prestation d’Isabelle Huppert dans L’ivresse du pouvoir est remarquable, le film quant à lui n’est pas à la hauteur.

Lors d’une interview de l’actrice au Bozar à l’occasion de la projection du très beau La Dentellière de Claude Goretta datant de 1976, le journaliste, Jean-Louis Dupont (RTBF) -qui n’a aucun talent d’interviewer soi doit en passant- faisait la remarque que le dernier Claude Chabrol était comme un film sur l’actrice. Je ne l’avais point encore vu, mais là, au sortir du film, c’est effectivement la première chose qui m’est venue à l’esprit. Chabrol se sert d’un scénario qui aurait pu être un autre, comme prétexte pour faire un film pour et avec Isabelle Huppert. C’est une forme de simplicité qui permet à l’actrice en laquelle il a toute confiance, et pour cause, de déployer tout son talent, mais qui en dehors de la prestation d’acteur déçoit par la légèreté dans le traitement du propos qui est loin d’être simpliste.

La trame, une juge qui se bat contre des moulins à vent -des gros bonnets qui dilapident l’argent du contribuable français sous le couvert de malversations et autres détournements habiles- aurait pu aboutir dans le meilleur des cas, à un pamphlet contre un système capitaliste dans son plus misérable coté, mais je ne sais pas si Chabrol est un agitateur? En tout cas ici, le coté polémique est absent, et le film se limite à une série de mise en examens de personnalités dont l’incarnation est très caricaturée, avec pour seul effet, et c’est ce qui sauve le film, de permettre à Isabelle Huppert d’approfondir son personnage de femme avide d’un pouvoir très sous-estimé et non moins dangereux, dont disposent les juges qui peuvent facilement détruire un homme et le réduire à rien. Et c’est, pour moi, l’unique point de vue du film. On a l’impression que Chabrol manque d’ambition et ne prend aucun risque. C’est un peu léger sur la longueur même si l’exercice de style de l’actrice principale est jouissif. A moins d’être un grand amateur du jeu d’Isabelle Huppert - que je suis- le film ne doit pas être un incontournable.

 03/04/2006
 vincent

Brokeback Mountain

d'Ang Lee

Qu’est-ce qu’un grand film? Pour moi, il y a 3 catégories de grands films. La catégorie la plus facile est celle des films inoubliables qui contient son lot de scènes marquantes et qui m’ont fait passer un excellent moment dans la salle. Chose rarissime, les derniers mois en comptaient deux: Good Night, And Good Luck (souvenez-vous) et Munich (souvenez-vous). La deuxième catégorie est celle des films qui à défaut d’être inoubliables, m’ont tout simplement fait passer un excellent moment, mais aucune image n’est restée gravée dans ma mémoire. Les meilleurs exemples de l’année dernière sont Batman Begins  et The Machinist (souvenez-vous) et la semaine dernière, il y a cette surprise qu’est V For Vendetta (je m’étendrai dessus prochainement). Enfin, la troisième catégorie est celle que je préfère. C’est celle des films dont l’image bonifie dans ma tête. Sur le moment même, je sors mitigé, mais au fur et mesure, dans les semaines ou mois qui suivent la vision, je me rends compte que certaines images ou idées sont restées insidieusement dans ma tête. En début d’année, il y avait Jarhead qui rentrait dans cette catégorie. L’année dernière, le plus marquant était It’s all Gone Pete Tong (souvenez-vous).

Tout cela pour dire que selon ces critères, Brockeback Mountain n’est pas un grand film. C’est un beau film, qui avant d’être une histoire d’amour homosexuel au pays des cowboys, est surtout un film très juste sur le refoulement des sentiments et la solitude qui en découle. C’est fort bien fait et très agréable à regarder, mais celui-là, dans même pas un mois, je n’en aurais pas retenu la moindre minute.

 28/03/2006
 vincent

The New World

de Terrence Mallick

Un des films à la fois le plus facile et le plus exigeant qu’il m’ait été donné de voir. Un  film épuré limitant les dialogues à l’essentiel et même si quelques voix off essaient de prendre le spectateur par la main, on est vraiment face une histoire racontée par l’image. C’est d’un lyrisme rarement atteint. C’est difficile de ne pas être décontenancé tellement on n’est pas habitué à cette technique narrative. Pourtant après une demi-heure, on se laisse porter par le flux d’images et par les sentiments qu’elles engendrent. Au final, c’est une véritable prouesse, car on sort de la salle en ayant vu un film qui a expliqué mieux que quiconque l’histoire de la colonisation du nouveau continent, le choc des cultures et l’avalement d’une civilisation qui en a découlé.

 22/01/2006
 vincent

Good Night, And Good Luck

de George Clooney

Il y a quatre ans, George Clooney épatait tout le monde avec Confessions of a Dangerous Mind. C’était une première réalisation et pourtant George Clooney imposait déjà un style qui lui était propre et une volonté de filmer des histoires que l’on n’imaginait pas contées par quelqu’un d’autre. Bref, on se disait que s’il continuait comme cela, le George Clooney réalisateur allait devenir quelqu’un de très fréquentable. Et bien, il n’aura même pas fallu attendre trois au quatre films, car son deuxième film, Good Night, And Good Luck, est déjà le chef d’oeuvre qui le place dans le peloton de tête des auteurs à suivre!

Il y a peu, Laurence et moi crachions notre venin sur Lord Of War d’Andrew Niccol, un film à message estimant le spectateur bien trop con pour comprendre un message s’il ne lui est pas délivré sous la forme d’un divertissement pour décérébrés. Good Night, And Good Luck est justement un film dénonçant cette recherche du divertissement à tout prix qui transforme le média télévisuel en outil bancal ne servant qu’à asservir le spectateur. Ce n’est même pas alarmiste, car son film conte le parcours du combattant d’Edward R. Murrow, un présentateur vedette qui osait dénoncer la chasse aux sorcières orchestrée par le sénateur Joseph McCarthy au début de la guerre froide. L’intelligence de Clooney est de laisser la liberté aux spectateurs d’estimer si la situation a évolué depuis les années 50 et si nos médias sont plus libres et plus clairvoyants qu’avant.

Pour arriver à cette conclusion, George Clooney nous balance un film qui est loin des divertissements dans lequel il a l’habitude de jouer. Il filme cliniquement comment cela fonctionnait à l’époque avec un souci du détail, un style et des acteurs qui respirent la classe. C’est remarquable et on sort de la salle en se disant qu’on vient de regarder un film majeur.

 24/12/2005
 vincent

Manderlay

de Lars Von Trier

C’est vraiment Dogville numéro 2, mais il ne soutient pas la comparaison avec le premier opus. L’histoire ne laisse plus place à la libre interprétation et peut facilement être vue comme un pamphlet gratuitement provocateur. Le casting est largement inférieur au premier opus. Exit Nicole Kidman, Grace est ici jouée par la bien faible Bryce Dallas Howard que l’on a découvert dans The Village et son père est interprété par Willem Dafoe, trop théâtral et qui paraît bien pâle par rapport à James Caan. Seul Danny Glover tire son épingle du jeune. Décidément, le bonhomme se fait une seconde jeunesse depuis Saw.

Reste que le savoir-faire de Lars Von Trier est toujours intact. C’est toujours un metteur en scène et un conteur hors pair. Manderlay n’est donc pas un mauvais film. Il déçoit juste énormément. 

 02/12/2005
 vincent

Three Burials of Melquiades Estrada

de Tommy Lee Jones

Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Pourtant, nombreux sont les passages de ce voyage désespéré à travers les paysages arides du Texas et du Mexique qui ne laissent pas indifférents. Hélas, c’est un premier film et cela se sent. Vraisemblablement que si le film avait été réalisé par Clint Eastwood (ce que l’on imagine sans problème), cela aurait été un chef d’oeuvre indiscutable.

 28/11/2005
 vincent

Caché

de Michael Haneke

Je ne me revendique pas comme un spécialiste de Michael Haneke. Je n’ai vu qu’un film sur deux de lui. Toujours est-il que malgré cette lacune, je me permets de penser que Caché est son film le plus pertinent depuis Funny Games.

J’ai justement découvert Michael Haneke avec ce dernier. Funny Games était un film gratuit qui contait l’histoire de deux sales gamins qui s’amusent à séquestrer et violenter une petite famille pendant toute la durée du film. Rythmé sur le free-hardcore-jazz de John Zorn période Naked City, Funny Games valait par son côté expérimental qui reposait sur l’idée de ne jamais montrer la violence et laisser le spectateur se l’imaginer. Pour beaucoup, l’expérience s’est avérée insoutenable. On était en plein dans la période post-Pulp Fiction et Natural Born Killers. Les journaux regorgeaient de dossiers-chocs genre  "Faut-il montrer la violence au cinéma?". Michael Haneke prouvait par la pratique que ne pas la montrer était bien pire...

Entre Funny Games et Caché, il y a eu 3 films, si je ne m’abuse. Je n’ai vu que La Pianiste, mais ce que j’ai lu ou entendu des autres me conforte dans l’idée que le cinéma de Michael Haneke abandonnait cette intéressante facette expérimentale et devenait simplement narratif. Certes, il contait toujours des histoires-chocs à la philosophie absconse, mais vu que la forme n’était plus conceptuelle, on pouvait facilement lui reprocher d’être simplement gratuit.  Caché n’a donc pas ce défaut et c’est son seul et unique intérêt.

Caché conte l’histoire d’un homme (Daniel Auteuil) qui reçoit subitement des cassettes vidéo filmant sa maison et les mouvements qui l’entourent. L’homme va se sentir de plus en plus mal à aise et se sentir persécuté. Inutile d’en dire plus. L’intérêt de Caché est sa forme. Pour nous montrer cet homme observé, Michael Haneke nous place la plupart du temps en position d’observateur.  Les caméras sont le plus souvent placées à l’extérieur de la scène et on a sans cesse l’impression que nous observons cet homme et qu’à la limite, c’est nous qui envoyons ces mystérieuses cassettes vidéo. Hélas, pour une fois, Michael Haneke oublie d’être gratuit et rapidement on se rend compte qu’il y a un but derrière ces cassettes et que donc, ce n’est pas nous qui en sommes les auteurs. En plus, très rapidement, le film a la naïveté de laisser croire que Daniel Auteuil a ce qu’il mérite. On n’éprouve donc aucune compassion envers lui et on ne s’en veut même pas de l’observer froidement face à ses propres démons.


Source: Le Monde

Manderlay

Pour Manderlay, Lars von Trier utilise la même panoplie que dans Dogville : des décors stylisés, des actions souvent proches du mime, des dialogues qui singent, sans jamais les reproduire exactement, les idiomes américains. Dans ses déclarations, comme dans la note d’intention que reproduit le dossier de presse, le réalisateur se réfère au Bonheur dans l’esclavage, un texte que Jean Paulhan a écrit en préface à l’Histoire d’O de Pauline Réage et dans lequel l’écrivain français évoque une révolte d’anciens esclaves de la Barbade qui se soulevèrent pour obtenir le retour de la servitude après que leurs maîtres britanniques les eurent affranchis.

 13/10/2005
 laurent

DVD: la série Scènes de la vie conjugale

d'Ingmar Bergman

J’ai visionné ce soir le premier disque (2 premiers épisodes sur six). C’est absolument époustouflant, et l’on voit d’ailleurs en quoi Kubrick, et Spielberg par extension, ont été subjugués par l’art cinématographique (l’art de l’observation) de la série d’Ingmar Bergman datant de 1973. Ce sens de la psychologie est vraiment terrifiant, avec cette caméra donnant aux mots et aux expressions toute leur ampleur.

 25/08/2005
 vincent

Dear Wendy

de Thomas Vinterberg

Cela commence comme une métaphore simpliste sur la fascination des armes à feu qu’ont les américains. Cela termine comme un western urbain complètement grotesque multipliant les mauvaises trouvailles visuelles. Un gros faux pas pour Lars Von Trier et son comparse Thomas Vinterberg.

 21/08/2005
 ivan

A taste of tea

Katsuhito Ishii

Nipon burlesque. Ovni surréaliste et poétique.

 06/08/2005
 vincent

Les triplettes de Belleville

de Sylvain Chomet

Enfin vu cette petite merveille d’animation pour adultes et jeunes gens. C’est un plaisir pour les yeux et les oreilles. C’est inventif à souhait. On aimerait voir un tel exercice plus souvent.

 06/08/2005
 vincent

It's all gone Pete Tong

Michael Dowse

L’histoire d’un DJ en vue devenant sourd. C’est très rock n’roll et loin d’être inintéressant tellement le film est porté par l’interprétation hallucinante de son acteur principal.

 07/07/2005
 vincent

Last Days

de Gus Van Sant

Dans Elephant, Gus Van Sant filmait avec beaucoup de style des adolescents errant et glandant dans les couloirs d’une école. Dans Last Days, Gus Van Sant filme sans style un Kurt Cobain errant et glandant avant son suicide. Si l’on excepte quelques expérimentations sonores intéressantes, c’est globalement inintéressant. Bref, comme d’habitude chez Gus Van Sant, on ne sait pas trop ce qu’il a voulu faire passer.

 03/07/2005
 vincent

Lemming

de Dominik Moll

N’est pas David Lynch qui veut, et ce, même si de temps en temps l’illusion est parfaite.

 29/05/2005
 vincent

What the bleep do we know

de William Arntz, Betsy Chasse & Mark Vicente

Essai filmique pathétique sur la physique quantique. Au lieu d’arriver à vulgariser un sujet fascinant, le film s’embourbe dans une réflexion métaphysique réellement sidérante. Le tout est livré avec un look de télévision scolaire des années 80 qui alterne des mises en situation incroyablement naïves ou complètement lourdingues.

 04/05/2005
 émilie

Million Dollar Baby (II)

de Clint Eastwood

"Avant d’aller voir ce film, ne lis rien, ne te renseigne pas sur le film, vas-y sans aucune idée à priori, sinon tu risques d’être déçue."
"Quand on connaît l’histoire avant d’aller voir le film, on apprécie moins." 
"Ce film est super beau tu vas pleurer pendant 2 heures : pendant et après, c’est magnifique."

Voilà quelques commentaires entendus avant d’avoir l’occasion de m’asseoir devant Million Dollar Baby. Après la vision de ce film, je les partage en partie. Oui, c’est joli, tendre, inattendu, beau, bien fait, propre, blablablablablabla….

Mais, si ce film était réellement un chef d’œuvre, ne devrait-il pas résister à la connaissance préalable du scénario ? ? ?

En outre, au-delà de la surprise à la moitié du film, on peut quand même dire que la mise en scène reste classique, vraiment classique. A mon sens, la vraie qualité de ce drame réside dans le rôle de Morgan Freeman, le récit vécu en voix off au travers son œil et la relation qu’il entretient avec le personnage de Clint Eastwood. Mais à choisir, Mystic River me semble quand même plus percutant.

 03/05/2005
 vincent

Ultranova

de Bouli Lanners

Une galerie de jolies photos sans fins et sans fond, mais filmée avec style.


Plus loin dans le temps....


 23/04/2005

Walk on water

d'Eytan Fox

 14/04/2005

De battre mon coeur s'est arrêté

de Jacques Audiard

 04/04/2005

Howl's moving castle

de Hayao Miyazaki

 31/03/2005

9 Songs

de Michael Winterbottom

 03/03/2005

Land of plenty

de Wim Wenders

 08/02/2005

The Edukators

de Hans Weingartner

 08/12/2004

House of flying daggers

de Yimou Zhang

 16/11/2004

She hate me!

de Spike Lee

 09/11/2004

Suite Habana

de Fernando Pérez

 26/10/2004

Diarios de Motocicleta (Carnets de voyage)

 13/10/2004

Old Boy

de Chan-wook Park

 01/09/2004

Life Is A Miracle

 28/07/2004

Aaltra

de Benoît Delépine & Gustave de Kervern

 13/07/2004

Fahrenheit 9/11

de Michael Moore

 17/06/2004

Spring Summer, Fall, Winter & Spring again

de Ki-duk Kim

 21/04/2004

Kill Bill Volume 2

de Quentin Tarantino

 30/03/2004

Mon BIFFF 2004

 28/03/2004

BIFFF 2004: Fear X

de Nicolas Winding Refn

 24/03/2004

BIFFF 2004: Dead End Run

de Sogo Ishii

 15/02/2004

Steve + Sky

de Felix van Groeningen

 03/02/2004

Pas sur la bouche (IIème)

de Alain Resnais

 01/02/2004

In the cut

de Jan Campion

 12/01/2004

Anything Else

de Woody Allen

 10/01/2004

Pas sur la bouche

d'Alain Resnais

 07/01/2004

Zatoïchi

de Takeshi Kitano

 06/01/2004

Après vous

de Pierre Salvadori

 18/12/2003

Elephant (III)

 08/12/2003

Hero

de Yimou Zhang

 08/12/2003

Elephant (II)

de Gus Van Sant

 03/12/2003

DVD: Dogville

de Lars von Trier

 01/12/2003

Cinéclub Louis Malle : Une autre époque...

 23/11/2003

Elephant

de Gus Van Sant

 04/09/2003

Noi Albinoi

de Dagur Kári

 22/07/2003

Cidade de deus (II)

de Fernando Meirelles & Kátia Lund

 10/07/2003

Any way the wind blows

de Tom Barman

 10/07/2003

Dolls

de Takeshi Kitano

 20/06/2003

Dogville (II)

de Lars von Trier

 06/06/2003

Dogville

de Lars Von Trier

 02/04/2003

Mon BIFFF 2003

 02/03/2003

Taxandria

de Raoul Servais

 29/01/2003

Demonlover

d'Olivier Assayas

 27/01/2003

Deux ans après

d’Agnès Varda

 19/01/2003

Hollywood Ending

de Woody Allen

 07/01/2003

Spider

de David Cronenberg

 15/12/2002

Bowling for Columbine

de Michael Moore

 21/11/2002

Ten

d'Abbas KIAROSTAMI

 28/10/2002

Girlfight

de Karyn Kusama

 27/10/2002

Intervention Divine (II)

d'Elia Suleiman

 25/10/2002

Intervention Divine

d'Elia Suleiman

 15/10/2002

Le pornographe

de Bertrand Bonello

 15/10/2002

Roberto Succo

de Cédric Khan

 30/09/2002

September 11

 02/09/2002

The Big One

de Michael Moore

 01/09/2002

Cecil B. Demented

de John Waters

 07/08/2002

What Time is it There (Et là-bas, quelle heure est-il?)

de Ming-liang Tsai


Bubble
Paris, je t'aime
Selon Charlie (II)
Selon Charlie
DVD: Paradise Now
The Road to Guantanamo
13 (Tzameti)
L'ivresse du pouvoir
Brokeback Mountain
The New World
Good Night, And Good Luck
Manderlay
Three Burials of Melquiades Estrada
Caché
Manderlay
DVD: la série Scènes de la vie conjugale
Dear Wendy
A taste of tea
Les triplettes de Belleville
It's all gone Pete Tong
Last Days
Lemming
What the bleep do we know
Million Dollar Baby (II)
Ultranova
Walk on water
De battre mon coeur s'est arrêté
Howl's moving castle
9 Songs
Land of plenty
The Edukators
House of flying daggers
She hate me!
Suite Habana
Diarios de Motocicleta (Carnets de voyage)
Old Boy
Life Is A Miracle
Aaltra
Fahrenheit 9/11
Spring Summer, Fall, Winter & Spring again
Kill Bill Volume 2
Mon BIFFF 2004
BIFFF 2004: Fear X
BIFFF 2004: Dead End Run
Steve + Sky
Pas sur la bouche (IIème)
In the cut
Anything Else
Pas sur la bouche
Zatoïchi
Après vous
Elephant (III)
Hero
Elephant (II)
DVD: Dogville
Cinéclub Louis Malle : Une autre époque...
Elephant
Noi Albinoi
Cidade de deus (II)
Any way the wind blows
Dolls
Dogville (II)
Dogville
Mon BIFFF 2003
Taxandria
Demonlover
Deux ans après
Hollywood Ending
Spider
Bowling for Columbine
Ten
Girlfight
Intervention Divine (II)
Intervention Divine
Le pornographe
Roberto Succo
September 11
The Big One
Cecil B. Demented
What Time is it There (Et là-bas, quelle heure est-il?)