 |
18/09/2006
fabrice
|
 |
La Jeune Fille de l'eau
de M. Night Shyamalan
L’auteur de ces lignes confesse ici sa perplexité devant l’engouement suscité par les films de M. Night Shyamalan, désigné par certains comme un des plus importants réalisateurs américains apparus ces dernières années. Son nouveau film, La Jeune fille de l’eau, un conte pour enfants écrit par le cinéaste, d’une niaiserie assez affligeante, a encore une fois donné lieu, sous la plume de certains, à des commentaires enflammés.
Pour preuve l’engouement de l’excellent Jean-Philippe Tessé qui, non content d’encenser le film dans les colonnes de Chronic’art, en a remis une couche dans celles des Cahiers du cinéma. D’après lui, Shyamalan serait le cinéaste de l’"étonnement" et du "ravissement", son œuvre fantastique rendrait compte comme jamais d’un monde révélé comme une énigme à déchiffrer, et dans ce déchiffrement, comme dans le renversement qu’il opère sur les personnages et la réalité perçue, se logerait toute la singularité de son regard.
Soit, on accordera à Tessé que Shyamalan est un auteur, au sens fort du terme - c’est-à-dire au sens des Cahiers -, dont la pensée répond à une rhétorique reproduite de film en film. Laquelle est mise particulièrement en exergue dans La Jeune fille de l’eau, du fait de la dimension réflexive et théorique du film (sous le conte se cache en réalité une réflexion stérile sur la création). En outre, on conviendra que Shyamalan maîtrise parfaitement la grammaire cinématographique, qu’il a même su inventer son propre langage (on ne s’étendra pas là, mais on pourrait gloser sur l’importance, par exemple, du hors-champ et la frontière avec l’invisible qu’il sous-tend).
Reste que cette œuvre en général, et La Jeune fille de l’eau en particulier, malgré des qualités indéniables, demeure problématique en raison du discours qui se déploie en filigrane : la peur de l’étranger. Dans Le Village, son précédent film, celle-ci amenait toute une communauté à se réfugier dans le mensonge pour fuir un réel soi-disant destructeur, vicié. L’Autre y était banni selon la sacro-sainte loi de la survie collective, sans la moindre perspective critique (alors que l’on pouvait s’attendre à ce que la fin du film, justement, dans un élan politique salutaire, renverse les valeurs), refus qui dans le contexte de l’Amérique bushiste, ultra-conservatrice et protectionniste, laissait songeur… La Jeune fille de l’eau, sous couvert de naïveté et d’un humanisme béat ne dit pas autre chose : l’étranger (en l’occurrence une nymphe) est ce dont il faut se débarrasser prestement, l’erreur de la nature à renvoyer dans son monde. Il aura beau révéler à chacun un (son) rôle, cette nouvelle condition n’en précipitera que plus vite son départ.
Ce propos pourrait paraître déplacé, tant les films de Shyamalan regorgent de figures insolites, marginales, étrangères au monde qui les entoure. Mais, il se trouve qu’à l’épaisseur et la possible altérité de ces figures, le cinéaste préfère trop souvent le manque de profondeur de caricatures sans caractère, de figurines puritaines trônant dans la vitrine d’un imaginaire infantile. Dans La Jeune fille de l’eau, Black, Hindou, Noir et Asiatique peuplent le même immeuble, sans discrimination, mais leur trajet à l’intérieur du film se résume à un choix réducteur entre intégration ridicule (chaque personnage renvoie aux poncifs de sa communauté, à une typologie qui vise à minimiser les différences et rendre l’étranger étrangement exotique) ou disparition (trop l’ouvrir, comme le personnage du critique, ferme des portes et conduit à la mort). Choix réducteur ? en fait, plutôt crétin. Car Shyamalan a beau être doué pour filmer et écrire ses scénarii (moins cette fois-ci, sa narration étant répétitive et laborieuse), sa vision du monde, pour le moins angélique, et sa croyance (en les hommes et la puissance mystique du médium cinématographique) témoignent d’une perception simpliste et édulcorée des choses, qui relève plus du sermon new age, de l’utopie lénifiante ou de la générosité ébahie, que d’une métaphysique digne de ce nom. Quand un réalisateur se transforme en prophète de pacotille, capable de dénouer la complexité du monde en regardant un paquet de Corn Flakes, le cinéma en sort rarement grandi.
|
 |
 |
 |
15/09/2006
émilie
|
 |
The wind that shakes the barley
de Ken Loach
Cette année, on a la chance de pouvoir dire que la palme d’or était méritée. Le dernier Ken Loach est un grand film. Mêlant les aspects historiques à la fiction, "Quand le vent se lève " est intéressant, émouvant, très dur et esthétiquement très beau. On est touché, choqué, on apprend, on comprend et en même temps, on se pose plein de questions.
Ken Loach nous plonge dans un village irlandais, début 1900, et nous propose de suivre un groupe de résistants à la domination anglaise, une véritable guerre est engagée. S’y ajoutent des liens familiaux, une histoire d’amour, des signes de tradition forte. Les décors, les personnages, le déroulement du récit, le rythme du film sont d’une cohérence rare. Tout est en tension. Cilian Murphy joue Damien, le personnage central. Excellent, comme à son habitude. Les paysages d’Irlande sont impressionnants.
Ce film a certainement des défauts, mais je manque de discernement et de nuance. Je n’ai pas regardé "Quand le vent se lève", je l’ai vécu.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
28/07/2006
vincent
|
 |
C.R.A.Z.Y
de Jean-Marie Vallée
Chronique familiale s’étalant sur plus de trois décennies, C.R.A.Z.Y. est sans aucun doute l’actuel maître-achat des salles obscures. Si le début du film laisse penser que nous allons avoir affaire à l’Amélie Poulain canadien, le film évolue rapidement vers le portrait très juste d’une famille en perte de repères.
Je ne vais pas crier à l’originalité. Les scènes déjà vues abondent (l’adolescent qui se pose des questions sur son identité sexuelle en écoutant Ziggy Stardust), mais le film est foutrement bien rythmé, bourré d'humour et suffisamment stylé pour qu’on se laisse embobiner facilement et qu’on le regarde comme un bon clip racé.
Ajoutez à cela que C.R.A.Z.Y. est film canadien qui s’assume. Il n’essaie pas d’européaniser son québécois (il est d’ailleurs sous-titré en salle). On y apprend plein d’expressions locales absolument irrésistibles qui me font dire que si on les incorporait dans notre français, nos insultes gagneraient en subtilité.
|
 |
 |
 |
 |
 |
19/06/2006
vincent
|
 |
Essaye-moi
de Pierre François Martin-Laval
Ce film est une sacrée brise, à mille lieues de toutes ces comédies légères comme des fondues savoyardes auxquelles nous a désormais habitué le cinéma français. Produit comme un film indépendant, ce film écrit, réalisé et joué par Pierre François Martin-Laval, fils spirituel de Pierre Richard (qui joue d’ailleurs dans le film) et plus connu comme Pouf, le cascadeur enfantin qui donnait un peu de légèreté aux Robins des Bois, Essaye-moi conte l’histoire du petit Yves-Marie qui demande la main de son amie. Celle-ci refuse et lui répond qu’elle acceptera lorsqu’il aura été dans les étoiles. 24 ans plus tard, Yves-Marie, grand enfant limite autiste, est devenu cosmonaute. Il revient à la charge. Elle refuse, mais accepte quand même de l’essayer 24 heures.
Essaye-moi brille par sa simplicité et sa naïveté assuméee. Si on voulait être pompeux et intello, on parlerait de "poésie décalée", mais vu qu’il n’a jamais la prétention de paraître plus intelligent qu’il ne l’est.... Ce film ravira petits et grands et fait déjà sans conteste figure d’un des meilleurs anti-dépresseurs de l’année.
|
 |
 |
 |
12/06/2006
vincent
|
 |
Marie Antoinette
de Sofia Coppola
Après Lost In Translation, film très juste, mais au final assez anecdotique sur la perte de repère et l’amour platonique qui vaut surtout pour la prestation en roue libre de Bill Murray, excellent clown désenchanté et celle de la future icône L’Oreal qu’est Scarlett Johansson, Sofia Coppola revient avec Marie-Antoinette qu’elle nous sert sur un plateau d’argent aux poignées d’or et aux contours sertis de diamants.
Marie-Antoinette conte l’histoire de la jeune fille du même nom qui a épousé Louis XVI, le roi qui succomba à la Révolution Française. Sofia Coppola suit cette ingénue à la découverte de l’aristocratie dont la préciosité n’a d’égale que le nombre de protocoles grandiloquents auxquelles sont soumis les résidents de la cour. Si dans un premier temps, la petite Marie voit Versaille comme une prison dorée où tout n’est que grandeur et décadence, elle va rapidement se plier au jeu et devenir la caricature de la reine nantie vivant dans la luxure et l’opulence. Bref, à mille lieues des préoccupations du peuple qui prépare sa révolution.
Les deux tiers du film sont une magnifique reconstitution de la vie de cette cour au cérémonial pompeux et ridicule qu’était Versaille. Les décors et costumes sont majestueux. Kristen Dunst, ex-petite amie de Spiderman, qui interprète Marie Antoinette est rayonnante et incarne à merveille cette ingénue rêveuse et maladroite. Si cela se laisse regarder sans déplaisir, ce défilé protocolaire entrecoupé de scènes de fête où le champagne coule à flot est cependant trop répétitif. La bande-son qui, vu les goûts de Sofia Copolla, est sans surprise anachronique et composée de morceaux d’Aphex Twin, The Strokes, The Cure, Gang Of Four et autre Siouxsie and The Banshees, ne change pas la donne.
Le dernier tiers est proprement laborieux et plombe un film qui jusque-là, faisait plutôt bonne figure. Les séquences se télescopent sans finesse dans un mélange de styles effroyables. On a du mal à décrypter la temporalité de l’action et on est tout surpris d’arriver à la révolution. Certains moments sont proprement navrants. Cette scène contemplative où Marie Antoinette s’épanouit avec sa fille dans la nature donne l’impression que Sofia Coppola singe Terrence Malick. Ces séquences où, visiblement à court d’idées, elle suggère l’évolution à travers un défilé de peintures. La mise en image du siège de Versaille use de subterfuges fauchés dignes d’une production télévisée. Bref, c’est aussi naïf et maladroit que sa crédule héroïne!
|
 |
 |
 |
30/05/2006
vincent
|
 |
Entendu ailleurs: Comme t’y es belle
(Soupir) Je soupire un petit peu parce que le box-office français va être naturellement dominé par le Da Vinci Code, mais avant d’être dominé par çà, il y a eu la déferlante de comédies. Il y a eu bien sûr Les Bronzés 3, Camping et la semaine dernière, Comme t’y es belle, premier long métrage de Lisa Azuelos. On le présente un petit peu comme La vérité si je mens au féminin parce qu’il est question de 4 copines qui évoluent dans le milieu juif parisien.
C’est quoi Comme t’y es belle? Et bien, c’est un film de nanas. C’est 4 femmes de 40 ans qui se conduisent comme des nanas de 18. L’élément "intéressant" est qu’elles sont divorcées. Il y a la garde des enfants, comment aller les chercher à l’école, mais vu qu’elles recherchent le prince charmant un petit peu comme des nanas de 18, cela peut drainer à la fois le public des nanas de 18 ET des femmes de 40 ans. C’est très astucieux, très malin comme crossover.
Plus qu’un film de nanas, c’est carrément un film de pétasses parce qu’elles sont toutes rigoureusement insupportables. Il y a en une qui est incarnée par Michèle Laroque qui tient un institut de beauté, qui essaie de contrecarrer un redressement fiscal, qui passe son temps avec son téléphone au volant et qui roule sur la bande réservée aux taxis et aux bus pour aller chercher son enfant à l’école. Il y aussi Aure Atika qu’on a vu dans le finalement très huppé et très haut de gamme OSS 117. Quand on voit le paysage de toutes ces comédies, on est content d’avoir eu OSS 117 qui tirait plus vers le haut.
Et donc, pourquoi est-ce que ce film est profondément antipathique? C’est parce qu’il est abominablement calculé et parce que c’est un film qui affiche une sorte d’anti-intellectualisme. Un peu comme les prises de position de Mathilde Seigner. Dès qu’on réfléchit: "Oh la la, cela fait mal à la tête... Il n’est pas question... Tous ces intellos coincés... Non, on est là pour faire un film décontracté". La bande originale est formidable. Il y a quand même Daniel Levi des 10 commandements, Céline Dion... Bref, on écoute que des chouettes trucs dans la bagnole! Et alors, les mecs- parce que je ne vous ai parlé que des nanas, mais il y a aussi les mecs -sont soit des bellâtres, gravures de mode avec une petite barbe de 3 jours qui sont super sympas et évidemment hyper-craquants ou soit, quand ce ne sont pas les mecs convoités, mais simplement les maris, des gros beaufs cons qui font des burbs avec leurs bières en regardant le foot et en disant "Femme, apporte-moi mon apéro". C’est INSUPPORTABLE tellement cela se vautre dans les clichés.
Ce qui vraiment insupportable, c’est que cela se fasse passer pour du cinéma. C’est cela qui commence à me "les briser menu" comme dirait Audiard dans Les Tontons Flingueurs. C’est en train de prendre la place de vrais films qui ont des difficultés à sortir et c’est en fait du téléfilm "prime time" sur grand écran avec un ou deux noms de cinéma pour faire l’illusion. Il y a eu un excellent article d’un confrère français dans Le Nouvel Observateur qui a dit "Où sont les auteurs dans le cinéma français?". Cela suffit! Qu’on arrête avec ces produits télévisuels! La télévision, c’est une chose. Il faut des "prime time" pour distraire les gens. Mais que ces produits là monopolisent les écrans de cinéma, cela me fait quand même très peur pour la suite.
Bon, c’est vrai que cette semaine-ci, le cinéma d’auteur avec Marie-Antoinette ou Le caiman est décevant, mais en attendant cela reste du cinéma avec une ambition de cinéma. Donc, pour moi, qu’il y ait des trucs comme Comme t’y es belle qui viennent vampiriser le box-office et l’attention, quelque part, cela me fait un petit peu mal. Voilà, c’est tout ce que je voulais dire.
Hugues Dayez dans les 5 Heures sur Pure FM
|
 |
 |
 |
23/05/2006
vincent
|
 |
OSS 117
de Michel Hazanavicius
Hubert Bonisseur de la Bath alias 0SS 117 est un inspecteur gadget sans gadget partageant le charisme et le machisme de James Bond. Adepte d’un discours beauf à faire pâlir le français moyen et aimant la bagarre, on le suit dans des aventures décalées où il commet maladresse sur maladresse dans le Moyen-Orient des années 50.
OSS 117 fait bonne figure à côté des habituelles grosses productions françaises dont la médiocrité n’a d’égale que le nombre de fautes que je commets sur ce site. Il réussit cette "prouesse" en adoptant simplement l’humour Canal de la grande époque. Michel Hazanavicius, le réalisateur et Jean-François Halin, le scénariste, ont d’ailleurs fait leurs premiers pas sur la chaîne cryptée. Son humour absurde et ses acteurs surjouant volontairement font inévitablement penser à un sketch des Nuls. Certaines idées sont savoureuses. Les bagarres dignes de l’époque où Lino Ventura faisait volet éclat tout le mobilier disponible dans les oeuvres de la paire formée par Georges Lautner et Michel Audiard sont irrésistibles. Le discours beauf de OSS 117 est à la limite du trop lourd, mais fait toujours mouche. Certaines scènes sont instantanément mémorables. Bref, hormis certaines scènes navrantes visiblement destinées à être déclinées en produits dérivés (notamment l’insupportable et interminable Bambino chanté par Jean Dujardin), OSS 117 nous fait passer un bon moment. Mais de là, à l’encenser et lui coller plus d’étoiles qu’un ciel en été, il y a un pas que je ne franchirais pas. Si on apprécie OSS 117 aujourd’hui, c’est parce que les grosses productions françaises de ces quinze dernières années ne nous ont pas habitué à mieux. On appelle cela du "nivellement par le bas".
|
 |
 |
 |
25/04/2006
laurent
|
 |
La doublure
de Francis Veber
Ce film, que l’on nous présente comme la suite des aventures de Monsieur Pignon, le con du Dîner de cons, et qui se veut donc homouristique, est malheureusement noyé par le talent de Gad Elmaleh, qui nous rend le con en question tellement sympathique et attachant qu’il nous fait pas vraiment rire. Erreur de casting donc. Le personnage aurait été bien plus crédible joué par un autre. Dommage car l’idée du scénario est plutôt bonne.
Dans le même style, en bien plus réussi, il y avait La Geule de l’autre (1979), avec un Michel Serrault très cocasse, qui joue deux frères jumeaux dont l’un doit remplacer l’autre, avec toutes les galipettes d’humour qui vont avec et les quiproquos en cascade. Voire aussi La Cage des Folles, quand Michel Serrault - encore une fois - essaie de la jouer macho en lavant les vitres (un moment d’anthologie absolument superbe).
Pour info, La Doublure aura droit à un remake dirigé par les frères Farrelly (Mary à tout prix). La version américaine devrait s’appeler The Valet.
|
 |
 |
 |
05/03/2006
vincent
|
 |
Fun with Dick & Jane
de Dean Parisot
Il y a un peu plus d’un mois, je suis allé voir Enron - The Smartest Guys in the room, un documentaire sur l’affaire Enron. Si vous n’avez pas suivi cette affaire, il faut juste savoir qu’Enron est une faillite frauduleuse de la pire espèce. Enron, c’est l’archétype des effets néfastes que peut engendrer le capitalisme. Elle a mis sur la paille des milliers de petits épargnants qui avaient été jusqu’à convertir leurs épargnes-pensions en actions Enron. Ce documentaire est assez mal foutu, car si vous ne maîtrisez pas les théories boursières de base, vous aurez des difficultés à comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.
Fun with Dick & Jane est une comédie qui s’inspire de cette affaire qui a fait date dans l’histoire de l’économie mondiale. Je suis allé voir ce film, car il était réalisé par Dean Parisot, qui, il y a quelques années, s’était fait remarquer par l’inoubliable Galaxy Quest, comédie de science-fiction prenant comme héros une bande de has-beens ayant joué dans une sorte de Star Trek.
Fun with Dick & Jane est nul. Il y a deux raisons. La première est le jeu hystérique de Jim Carrey qui plombe tout le film. C’est le Jim Carrey grimaçant du Mask et pas celui de Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. Si certains aiment, tant mieux pour eux, mais moi, je déteste. La seconde est le manque de grinçant de cette comédie alors que le sujet s’y prêtait si bien. En fait, seuls 2 gags et le générique de fin sont piquants. Eux, ils valent vraiment le détour. Mais c’est peu. Seul rayon de soleil dans ce naufrage: Tea Leoni. Son jeu tout en nuance m’ont fait esquisser quelques sourires. Je ne connaissais pas cette actrice. Apparament, elle est mariée à David- Fox Mulder -Duchovny. Cela n’a strictement aucun intérêt, mais cela manque d’actualité people sur ce site.
|
 |
 |
 |
26/02/2006
émilie
|
 |
Walk the line (II)
de James Mangold
Tous les journaux présentaient Walk The Line comme la biographie de Johnny Cash. Le film avait une bonne critique et vu ma culture musicale proche du zéro, il me semblait que ça ne pouvait pas me faire de tort… En plus, le film a déjà été primé et est sélectionné aux Oscars. Je sais que c’est souvent mauvais signe mais je me laisse quand même avoir.
Bref, si on se met en mode veille et que l’on se contente de regarder passer les images et porter par l’histoire, Walk The Line n’est pas mal. Une petite comédie romantique avec toute une palette de sentiments, des acteurs beaux et lisses. C’est vraiment sympa.
Par contre, si on s’attend à découvrir une tranche de l’histoire musicale américaine, ou même la vie d’un homme qui a apparemment marqué son époque, on ne peut qu’être déçu. On ne voit que les frasques d’un chanteur de midinettes et ses déboires amoureux. C’est plein de petites phrases clichés, on verse dans le mélo.
|
 |
 |
 |
 |
 |
05/01/2006
émilie
|
 |
Palais royal
de Valérie Lemercier
Armelle (jouée par Valérie Lemercier elle-même) est une princesse nunuche, complètement écrasée par son mari et le protocole, à l’image de Diana au début de son mariage. Se découvrant cocue avec sa "meilleure amie", elle décide d’une vengeance et se métamorphose petit à petit. Evidement, le thème de la vengeance et de la transformation de cette femme sont sujets à de nombreux gags. La sauce prend bien et on assiste à une bonne comédie.
Dans un second temps, ça tourne au vinaigre et on tombe dans le dramatique. La personnalité des personnages reste cohérente, mais cette cohérence dessert le film. L’attendrissement qu’on avait pu éprouver pour cette Armelle-victime, ne trouve plus lieu d’être pour cette Armelle-bourreau complètement dénuée d’humanité. On en viendrait à plaindre Lambert Wilson. Il devient difficile de rire des actions d’une femme détestable.
Cela dit, si le film ne se définissait pas comme une comédie légère, mais comme une analyse psychologique des structures de personnalité, ce serait sûrement une grande réussite.
|
 |
 |
 |
03/01/2006
émilie
|
 |
Angel-A
de Luc Besson
Merci Luc Besson de nous proposer un film aussi pathétique qu’Angel-A. En cette fin d’année, ce "grand" réalisateur a sûrement dû se dire qu’on manquait d’histoire bateau et de morale à 2 sous. Dans Angel-A, il nous en sert des couches et des couches.
Angel-A, film en noir et blanc, ça fait plus "film d’auteur", "style". Côté acteurs: on prend Jamel Debouze et une biche quelconque. Pour une histoire d’amour, on a jamais fait plus crédible. Côté dialogue, on enchaîne les clichés et leçons de vie faciles : "tu es fermé comme une huître, il faut que tu t’ouvres au monde", "regarde au fond de toi, l’important est à l’intérieur, ce n’est pas l’apparence qui compte", "je n’ai pas de passé, je ne sais pas me construire un avenir". C’est mielleux à souhait.
Peut-être que, parce que c’est Besson, le film paraît encore plus mauvais. J’aurais peut-être été plus tolérante envers un autre réalisateur. Mais, on ne propose pas de la nullité comme si c’était un chef d’œuvre, on assume.
|
 |
 |
 |
 |

Source:
Mad Movies
|
 |
Angel-A
Est-il possible, au fond, d’aimer le cinéma ET Luc Besson? Ne s’agit-il pas de deux concepts dichotomiques, qui s’annulent, comme l’eau et le feu, l’humanisme et la libre entreprise, Sarkozy et les valeurs républicaines fondamentales? Vous me direz que j’exagère, et je vous rétorquerai: oui, mais j’ai un trauma à extérioriser, moi. Et j’exagère pas tant que ça, en fait, quand on le regarde de plus près, cet Angel-A dont le titre synthétise déjà à lui seul toute la profonde subtilité. Visuellement fignolé, bien sûr - rien à redire, les panoramas de Paris sont tellement chouettes qu’on regrette de pas pouvoir les faire encadrer grand format plastifié dans toutes les bonnes maisons de retraite de France et de Navarre -, le film de Besson n’arrive jamais, faute d’essayer, à dépasser son concept de base, vaguement tiré des Ailes du désir de Wim Wenders – on se gardera bien, toutefois, de crier au plagiat, aucune source sûre ne nous confirmant que Besson ait bien vu les Ailes du désir - et dont la substantifique moelle comique était déjà toute entière résumée dans ce duo Jamel Debbouze/Adriana Karembeu qui égaya une cérémonie des Césars dont j’ai oublié l’année. Il faut voir les comédiens gesticuler et massacrer des dialogues de toute façon ineptes, "désarmants de connerie et à côté desquels le courrier du coeur de Ok Podium semble avoir été écrit par Kierkegaard" (Chronic’Art.com, on s’incline), la faute incombant à une direction d’acteurs qui donne à ces interminables verbiages d’une bêtise sans fond des airs de mauvais sketch. Il faut voir le côté "positive-attitude-new-wave-beauté-intérieure-bien-dans-ta-tête-bien-dans-ton-corps-oui-toi-aussi-le-gros-beauf-moche-et-con" pour mesurer le gouffre qui sépare la sincérité bouleversante des images d’un Peter Jackson de la candeur benoîte et atterrante du discours de Luc Besson, et de prendre acte avec effroi de l’abérante régression accomplie depuis Le Dernier Combat, premier film du sieur Besson, et chef-d’œuvre presque complet près (en même temps, le film était muet de bout en bout, ceci explique peut-être cela).
Au fond, derrière la colère (légitime) et la honte (irrépressible), c’est surtout le dépit qu’on voit poindre dans le cœur du cinéphage harassé à la sortie de salle. Dépit de voir comment, en un peu plus d’une vingtaine d’années, Luc Besson en est arrivé là, des cimes du "cinéma populaire" aux catacombes du cinéma populiste dont il s’est fait le chantre dans l’hexagone.
Du dépit, encore, de constater qu’entre une effrayante absence d’ambition et d’audace et une nette tendance à se laisser aller à une préciosité péteuse, voire à lourder sacrément plus haut que son fion, le cinéma français peine encore à trouver son équilibre (de même qu’il est chagrinant de voir que la personnalité la plus influente de ce cinéma reste notre copain Luc).
|
 |
 |
 |
 |
 |
15/12/2005
vincent
|
 |
Een ander zijn geluk
de Fien Troch
Si l’on prend de De Zaak Alzheimer et ce Een ander zijn geluk, on peut dire sans hésiter que le cinéma belge néerlandophone est bien supérieur à son frère wallon. Certes, ces films n’ont pas été auréolés d’or à Cannes, mais ce serait difficile pour eux vu qu’ils n’exploitent pas ce filon du misérabilisme social qui caresse tant les critiques dans le sens du poil. Les cinéastes du nord du pays ne choisissent pas la facilité en alignant des films d’auteur fauchés censés cerner la réalité sociale du pays, mais vont plutôt s’atteler à produire des films accessibles pouvant séduire le plus grand nombre.
Ce qui m’épate le plus avec ces deux films, c’est qu’ils arrivent à être bien ancrés dans la réalité du pays, et ce, avec une grande lucidité. Jamais d’excès gratuits ridiculisant encore plus notre pauvre petit pays (comme s’il avait besoin de cela). Si Les frères Dardenne et cie passent leurs temps à noircir notre réalité sociale jusqu’à en vomir, les cinéastes flamands privilégient la sobriété.
Pourtant, il y avait matière à ergoter dans De Zaak Alzeihmer et Een ander zijn geluk. Et non, ils évitent les tics populistes du wallon apitoyé. Je suis toujours admiratif de voir à quel point la police de De Zaak Alzeihmer était crédible. Elle n’était ni ridicule ni starifiée. Pourtant, Eric Van Loo ne se privait pas de la replacer dans ce contexte bien belge qui force les policiers à étudier le français s’ils veulent devenir commissaires. Dans le cas de Een ander zijn geluk, je n’ose même pas imaginé ce que cela aurait donné s’il avait été réalisé par un ami des frères Dardenne.
L’histoire de Een ander zijn geluk est pourtant bien casse-gueule vu qu’elle tourne autour d’un fait divers comme La Derniere Heure aime bien les raconter. Une voiture renverse un enfant. L’enfant meurt. Le conducteur commet un délit de fuite. Le salopard dirait La Dernière Heure. Avec cette base, je croyais que le film allait vite m’exaspérer en s’en donnant à coeur joie en montrant les dysfonctionnements de notre police qui serait incapable de mener une enquête pour retrouver l’auteur, mais c’était sans compter sur les objectifs de Fien Troch qui signe là sont premier long métrage. En utilisant cette histoire comme prétexte pour montrer comment un petit village digère un drame, Een ander zijn geluk est ni plus ni moins un sorte de The Sweet Hereafter belge. Toute proportion gardée bien sûr. Fien Troch a encore loin d’avoir les qualités d’Atom Egoyan, mais si l’on excepte les longueurs, certaines histoires parallèles sans grand intérêt et des plans auteuristes ennuyeux, l’ensemble fonctionne plutôt bien.
A noter que la bande originale est signée Peter Van Laerhoven et sonne très Woven Hand. Pour cause, le monsieur a joué avec eux lors de leur dernière tournée. On n’est donc pas surpris d’entendre la voix de David Eugene Edwards sur un des morceaux récurrents. Excusez du peu.
|
 |
 |
Plus loin dans le temps....
|
 |
|