Zabladowski.org


 16/09/2005
 vincent

Blindman à l'Ancienne Belgique

De la musique répétitive aussi passionnante à écouter qu’un CD rayé.

 15/07/2005
 vincent

Dour 2005: Fantomas

La batterie la plus impressionnante que j’ai vue... 4 grosses caisses, 250 cymbales et même un ventilateur intégré!

 20/05/2005
 ivan

Tortoise à l'Ancienne Belgique

Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est de l’électro-post-instrumental-rock joué avec l’élégance du jazz... Troisième fois que je les voyais et force de constater qu’ils bonifient vraiment... Les morceaux s’enchaînent avec une fluidité rare et maintenant -fait nouveau- ils prennent la liberté de donner un autre volume à leur répertoire. La grande classe!

 08/04/2005
 ivan

Einstürzende Neubauten à l'Ancienne Belgique

Un concert avec quelques bons souvenirs pour 25 années d’existence, mais mou et disparate par rapport à leur parfaite prestation passée.

 06/03/2005
 ivan

Madredeus au Cirque Royal

La magie de la mélancolie qui rend heureux. Je suis heureux!

 12/01/2005
 laurent

Manuel Mirabal - Guajiro

Nonesuch (2005)

1997, et les années qui suivirent, virent un phénomène cubain déferler sur la planète : celui des papys qui font du cuban jazz, mettant d’accord ne serait-ce que tout le monde d’accord (pas de meilleur disque passe-partout de qualité, se prêtant à toutes situations), enterant par la même occasion les conflits de génération. Oui, Ry Cooder avait vu juste avec le Buena Vista Social Club : cette musique ne pouvait que séduire tout le monde car elle propage la bonne humeur. Le phénomène fut même immortalisé par Wim Wenders avec le film du même titre (que l’on trouve aujourd’hui à moins de 5 euros chez Makro...).

Après les succès d’Ibrahim Ferrer, d’Eliades Ochoa, de Compay Segundo (mort l’année dernière), d’Omara Portuondo et de Ruben Gonzales, voici le trompettiste Manuel Mirabal, qui offre ici une sorte de suite faisant du BVSC un label de qualité. Très porté sur les cuivres (et pour cause) et les percussions, Guajiro distille des titres qui sentent bon le cigare cubain et le mojito national.

Les paroles y sont toujours aussi simples, sans fioritures, dépeigant les grandes préocupations journalières des guajiros (paysans) cubains, du type "dans tel village je n’irais plus tant que l’on aura pas réparé la route...". Le reste parle d’amour, thème favori des latinos. Le son - acoustique - y est irréprochable.

 

 12/09/2004
 vincent

TV on the Radio à l'Ancienne Belgique

Incroyable! Non content d’être les auteurs d’un des premiers albums réellement transcendant de ces dernières années, voila que TV on the Radio s’avère être composé de bêtes de scènes. Auteurs d’un set intense qui, faute de pouvoir reproduire les différentes influences de l’album, joue à fond la carte électrique (My Bloody Valentine n’est pas loin). Le tout est emmené par un chanteur énergique. Un concert sans temps morts, d’une puissance extraordinaire et même si toute cette électricité rend la musique  moins originale, les morceaux gagnent tellement en volume qu’il est difficile de ne pas succomber.

S’ils arrivent au stade fatidique du deuxième album, TV on the Radio risque bien de devenir un des grands groupes de la prochaine décennie. Il est un des premiers de ces dernières années à être construit sur des bases évolutives. Leur brassage soul / noisy / jazz est vraiment ingénieux et ne risque pas de les enfermer dans un genre (on est bien loin de cet univers à bout d’idées qu’est le revival garage rock). Et si leurs prestations scéniques font le reste, je vois mal ce qui pourrait les arrêter.

 17/06/2004
 ivan

Fantomas à l'Ancienne Belgique (Il y a quelques temps)

Avec son quartet Fantomas, Mike Patton emmène la musique quelque part entre métal et dessin animé; un peu à l’image d’un "Comic strip" de Gainsbourg pour lequel il mêlait chanson et extrait de phylactères de Comics américains.

Surprenant, Fantomas a la puissance d’une course poursuite d’un Tex Avery où Mike Patton tel un Diable de Tazmanie croisé au Capitaine Caverne, explose et gesticule. Sa voix attaque à puissance au moins égale à la batterie, la basse ou une guitare, et découpe les compositions comme un scalpel. Il tranche les morceaux avec une précision chirurgicale et d’autre part n’hésite pas, en confrontation avec ses cris, à placer çà et là une mélodie gentillette qu’il tranchera de plus belle en une fraction de seconde. Il semble maîtriser parfaitement la tension de ses morceaux qu’il dirige avec un air de petit chef d’orchestre nerveux. A voir, pour l’étonnement et la démarche; reste à savoir si c’est vraiment écoutable sur la longueur et ça c’est à chacun de connaître son seuil de tolérance.

En première partie on a pu voir FES ou Flat Earth Society, un big band belge prometteur avec si je ne me trompe pas des ex-membre de feu X-Legged Sally (fanfaro-hard-jazz..). Je les avais déjà vus en première partie de John Zorn et son Electric Masada (Note de Vincent: le bassiste de Fantomas joue dans Electric Massada) au Blue Note à Gand (souvenez-vous) et ça tendait beaucoup plus vers un concert de big band "classique" assis en rangée, bien organisé et posé. Ici ils jouaient sur une structure moins classique, plus spontannée, tendant fortement vers la fanfare déjantée. Ils envahissaient la scène comme une prise d’assaut, et transmettaient une énergie comme on l’aime, qui prend bien aux tripes et nous fait onduler de la tête aux pieds.

 05/04/2004
 ivan

Einstürzende Neubauten à l'Ancienne Belgique

La toute grande classe... Alors là, je viens de combler un manque: grand amateur du groupe, je n’ai jamais eu l’occasion avant vendredi passé de voir Einstürzende Neubauten sur scène, et quel plaisir. Franchement, alors que la musique peut paraître un peu anarchique, comme laissant place à une grande part d’improvisation et bien il n’en est rien, tout est savamment dosé, agencé et balancé avec talent. Sur scène ils rejouent note pour note ce qu’ils livrent sur CD le relief et la puissance d’une scène en plus et avec une telle précision qu’on ne peut qu’être épaté par la facilité avec laquelle ils jouent une musique structurée sur base de leurs instruments fabriqués à base de compresseurs à air, de plaques de métal, de tube en PVC et de câbles métalliques. Blixa Bargeld, sans complexe, nous parle et divague sur l’un ou l’autre sujet, pendant que les roadies vissent et agencent les éléments des instruments puis il se lance dans ses textes de sa voix mature et posée. Tandis que derrière, les percussionnistes fabriquent leurs sons et rythmes accompagnés d’une basse, d’une guitare et d’un clavier. Ils domptent le bruit. Blixa joue de sa voix pour diriger l’ensemble, tout part de lui, c’est lui qui accélère ou ralenti, c’est lui qui élève la voix ou calme le jeu, c’est lui qui rend le tout humain et cohérent. Et tout se passe en parfaite harmonie, entre tension et air planant. De la toute grande prestation, qui restera pour longtemps gravée dans ma mémoire car depuis longtemps je n’avais plus ressenti de frissons lors d’un concert.

 18/03/2004
 laurent

Erik Truffaz à l'Ancienne Belgique : Lamentable

J’ai longtemps hésité avant de poster ceci, mais quelque chose me pousse... allez savoir quoi... Le concert d’Erik Truffaz à l’Ancienne Belgique était, soyons diplomates, lamentable. N’ayons pas peur des mots. Ce n’était ni du jazz, ni du rock, c’était un truc hybride : de la soupe, oui, c’était de la soupe! Peut-être est-ce dû au fait que Monsieur Truffaz (car Monsieur semble se prendre pour Monsieur jazz) passait après un film -extraordinaire- sur Miles Davis... car passer après ze master c’est comme un concert de Jean-Pascal après un documentaire sur U2... Peut-être était-ce moi... Peut-être sûrment était-ce tout simplement nul... Nullissime. Sans explication. Sans justification. Nul. Pouah! Je n’écouterais plus jamais, na!

J’ai longtemps hésité avant d’aller le voir...Il faut que je m’écoute moins souvent, surtout quand j’hésite, c’est un signe.

 09/02/2004
 vincent

Illy B – Drop The Needle

Amulet (2003)

Derrière le pseudo Illy B, on trouve Billy Martin, le batteur des célèbres Medeski, Martin & Wood, le trio le plus groove du jazz actuel.  L’origine de Drop The Needle est illy B Eats: Groove, Bang and Jive Around (*), le premier disque de Illy B. Ce disque avait comme unique but de réunir collection de rythmes aussi variés que possible pouvant être réutilisés par des DJs  ou autres aristes dans leurs créations. La suite vous la devinez… Drop The Needle est un échantillon de ce qui peut ce faire sur ces rythmes "libres". 
Le liste des contributeurs est impressionnante. Vu le CV de Billy Martin, on n’est bien entendu pas étonné de voir peu de DJs  mais plutôt une petite ribambelle d’électrons libres de l’électronique et du jazz. On retrouve donc (évidemment) Chris Wood et John Medeski (de MMW) mais aussi Miho Hatori (Gorillaz), Jennifer Charles (la vénéneuse chanteuse d’Elysian Fields), Calvin Weston (Ornette Coleman), le percussionniste Cyro Baptista (vu chez John Zorn) ou encore DJ Olive (qui a récemment travaillé sur un projet avec Kim Gordon de Sonic Youth). Le résultat est une espèce de hip-hop expérimental joyeusement décalé aux inspirations fort diverses. Inclassable et même si, vu le concept, c’est forcément inégal, c’est à découvrir absolument!

 22/01/2004
 laurent

Harry Connick Jr : Piano sessions

Marsalis Music (2002)

Harry Connick Jr, jeune prodige qui chante, compose, joue du piano et dirige un big band depuis qu’il a 23 ans, que l’on comparait aux grandes voix du jazz que sont Frank Sinatra, Cole Porter ou Bill Evans, et qui est devenu plus que mondialement connu avec, entre autres, la bande originale de Quand Harry rencontre Sally est de retour avec un disque résolument instrumental, peut-être pour redorer son blason "jazz d’élite pour élites", qui sait?

Cela étant dit, son disque, OTHER HOURS - CONNICK ON PIANO 1, est très bon, dans la lignée d’un Brown & Roach. Il y est accompagné de Charles "Ned" GOOLD au saxophone ténor, Neal CAINE à la contrebasse et Arthur LATIN II à la batterie.

C’est un album très intime, où son premier amour, le piano, est largement mis en valeur dans ce format de quartet.

 22/12/2003
 laurent

Miles Davis - Kind Of Blue

Columbia (1959)

Voici un de mes CD de chevet. Rien de moins. Ce disque est extraordinaire de lucidité. C’est un véritable chef d’oeuvre. La bonne nouvelle, et c’est pourquoi je vous en parle, bien que, c’est vrai, je pourrais le faire sans raison tellement ce disque est excellentissime, c’est qu’il vient de sortir remastérisé, en son dolby truc-muche et en super audio bazar.

Ce disque réunit autour de Miles Davis les plus grands : "Cannonball" Adderley, Paul Chambers, James Cobb, John Coltrane, Bill Evans et Wynton Kelly. Il constitue le masterpiece de l’improvisation et de la spontanéité limpide, créative, qui ne part jamais dans tous les sens comme peut parfois le faire le Jazz. Pour ceux qui n’y connaissent rien en Jazz c’est l’indispensable entrée en matière...

 19/12/2003
 laurent

Cecilia Bartoli au Bozar

Le but premier de Cecilia Bartoli, la mezzo-soprano italienne de 37 ans, était de redonner à Antonio Salieri (1750-1825) la reconnaissance qu’il mérite, et ce, entre autres, depuis que le film Amadeus de Milos Forman l’avait relégué injustement dans le rôle du mauvais qui a fait de l’ombre à Mozart. Compositeur le plus puissant à la Cour de Vienne, on sait que Beethoven, Schubert et Liszt furent ses élèves. On peut donc en déduire que ce n’est pas n’importe qui.

Quant à Bartoli, grande mezzo-soprano des temps modernes, nouvelle Maria Callas du troisième millénaire, on ne peut que lui faire confiance, et ce, les yeux fermés (...). Déjà à son actif maint enregistrements relevant de l’Opéra (Rossini, Haendel et Mozart principalement), Bartoli s’est mis en tête de partir, telle une chercheuse de pépites d’or, aidée en cela par le musicologue Claudio Osele, à la recherche des manuscrits oubliés ou négligés, et, forte d’une réputation qui n’est plus à faire, à utiliser cette dernière à bon escient pour "populariser" ses trouvailles. S’il y a une chose qu’on ne peut certainement pas reprocher à Bartoli, c’est de donner dans la facilité commerciale.

Vivaldi donc, pourtant connu du grand public (trop peut-être justement), a bénéficié de l’apport de la cantatrice romaine. En effet, elle a réussi à désarçonner l’auditeur en lui servant des titres non exploités auparavant qui ont jeté une nouvelle lumière sur le prêtre chauve italien. The Vivaldi Album, sorti en CD était une pure merveille. Le DVD Viva Vivaldi du concert tiré de sa tournée d’alors, enregistré au Théâtre des Champs Élysées est un délice. Le CD de Gluck continuait dans la même lancée, tout en étant moins "festoyant".

C’est donc accompagnée des 28 musiciens qui forment la Freiburger Barockorchester que Bartoli "défendait" son dernier album, The Salieri Album, au Palais des Beaux Arts ce mercredi 17 décembre 2003. Une date inscrite à tout jamais…

Un concert de Bartoli se déroule de la manière suivante : la cantatrice chante un, deux ou trois morceaux, entrecoupés d’applaudissements à faire sauter n’importe quel applaudimètre, puis disparaît, laissant l’orchestre qui l’accompagne exécuter un morceau purement instrumental. Et je dois dire qu’autant que Bartoli, la Freiburger Barockorchester s’est surpassée en perfection. On imagine tout à fait toutes ces personnalités ensemble, plus perfectionnistes les uns que les autres, pour arriver à donner un son "pur", respirant la parfaire harmonie, et dont aucun disque ni DVD, sur aucune chaîne de Haute-Fidélité aussi perfectionnée (et chère) soit-elle, et selon les meilleures méthodes d’enregistrement de studio actuelles, n’arrivera jamais à égaler. Un concert de classique est magique en soi. Un concert de Bartoli est féerique, c’est un avant-goût du paradis (s’il existe), un condensé des meilleurs moments de votre vie, un espoir en l’humain...

Ce concert montre aussi, notamment grâce à des titres comme "E voi da boun marito" que Salieri avait le sens de l’humour, lorsque la cantatrice, jouant le rôle de la future mariée énumérant un par un les instruments qu’elle veut avoir à son mariage, laisse chacun des musiciens, puis tous ensemble, jouer tout en finesse les mélodies enchanteresses. Bartoli montre qu’elle est, outre une grande mezzo, une actrice hors pair.

Les morceaux instrumentaux m’ont fait découvrir un Salieri tantôt proche de Beethoven, tantôt de Vivaldi, et même, j’en fus plus qu’agréablement surpris, à un Bizet novateur et preneur de risques, mêlant la musique populaire (comme les castagnettes) à la musique classique.

Bartoli a chanté comme une déesse. Les mots me manquent pour décrire ce que j’ai vu, ou, pour être plus précis, ce que j’ai entendu. J’en étais tout retourné, essuyant quelques larmes devant la beauté sublime et subliminale du canto de l’Italienne. Du grand Art!

 14/11/2003
 laurent

Ligeti : The Soundtrack of Kubrick

L’Académie du disque Charles-Cros a décerné son prix du président de la République au compositeur hongrois György Ligeti. Si ce nom ne vous dit probablement rien, figurez-vous que vous connaissez pourtant sa musique. Les films 2001 L’odyssée de l’espace, The Shining et Eyes Wide Shut, trois des chefs d’oeuvre du maître Stanley Kubrick ont utilisé sa musique, ce qui a fortement joué dans la perception de certaines scènes desdits films.

Pour 2001, la musique illustre le début comme la fin, souvenez-vous ces choueurs plus que dérangeants de la fin du film, où l’on traverse plusieurs tableaux de l’univers pour se retrouver dans une pièce macabre habitée par des vieillards...

Pour Eyes Wide Shut, il s’agit de la musique qui illustre le bon quart d’heure où Tom Cruise se retrouve à une soirée masquée des plus étranges, où le sexe et le SM sont de la partie... Shining l’a utilisé également, (dans la scène du labyrinthe je crois).

Tout ça pour dire que Kubrick n’a pas eu besoin de demander à quelqu’un de coller une musique à ses images, mais est allé chercher la musique d’un compositeur de musique classique contemporaine né en 1923. Mais dans quel état Ligeti a-t-il composé ces musiques qui nous mettent si mal à l’aise?

 04/11/2003
 ivan

Melt Banana à l'Ancienne Belgique (Il y a peu)

J’ai eu droit à ce que j’attendais: une bonne dose d’énergie et de son tonitruant. Soyons honnête, Melt Banana n’a pas un catalogue qui se renouvelle énormément, les compositions sont une sorte d’exercice de style croisant un style noise core et une rythmique assez proche du free jazz qui fonctionne à merveille. Ce qui est vraiment drôle (ce qui va suivre est clairement dénué d’intérêt tellement c’est basé sur des a prioris superficiels... mais ç m’a amusé) c’est la marge entre ce que l’on a à voir sur scène et ce qui sort des amplis... Melt Banana c’est, entre-autres, 2 petites japonnaises tout droit sorties d’un dessin animé l’une à la basse et l’autre au chant qui nous assènent sans relâche des coups féroces aux tympans qui, par résonnance, provoquent une ondulation des cervicales et qui chez certain se muait en une perte de contrôle total de leur corps... Il faisait chaud dans le club de l’AB; le pogo a refait surface. Le guitariste, masque anti-pollution sur le visage, maintenait la tension, torturant son instrument et la batterie -double pédale- syncopée continuait imperturbablement à faire perler quelques gouttes de sueurs sur les fronts échauffés (endoloris pour certain) des spectateurs qui ne tenaient plus en place. Je reviendrai.

 11/10/2003
 laurent

Gnawa Diffusion - Souk System

Warner Music France (2003)

Alors qu’il semblerait que la feuille de route n’aura été qu’une expression à la mode ne signifiant pas grand-chose mais utilisée à tort et à travers, il reste quelques artistes pour le dénoncer de manière originale. C’est le cas de Amazigh Yacine, le chanteur algérien de Gnawa Diffusion, qui vient de sortir son cinquièmme album, Souk System (Warner Jazz). Fils de l’écrivain Kateb Yacine, Amazigh crache sa rage contre l’Amérique de Bush et l’Israël de Sharon, mais aussi contre tous les "charlatans" arabes, dans des textes crus mais jamais vulgaires, sur une musique qui contraste, puisqu’elle est plutôt joyeuse et festive. C’est la fin qui justifie les moyens…

Ce Manu Chao à l’orientale nous convie à un album qui allie les musiques arabes en général, le raï, le reggae, le ragga et le funk, mais aussi le rock. C’est le disque qui pourra tout à fait trôner entre Fun-Da-Mental et autres Asian Dub Foundation et Dusminguet et autres Mano Negra.

 10/09/2003
 laurent

Ecce Homo: Jah! Ever living Gainsbarre

Mercury (1981)

C’est un petit bijou qui vient de sortir en double CD. Mauvaises nouvelles des étoiles, titre prémonitoire, fût pour Gainsbourg un album qui révéla ses souffrances au public. Le titre fut emprunté au tableau de Paul Klee, autre artiste ayant traduit son mal-être en art. Nous sommes en 1979. Le jusqu’alors dandy Serge Gainsbourg, plus connu pour ses origines judéo-russes et pour ses collaborations si souvent amoureuses avec Brigitte ou Jane, vient d’être quitté par la Birkin. Cet événement surviendra en même temps que la mort de Bob Marley, et décidera Gainsbourg, et ce contre l’avis de son directeur artistique Philippe Lerichomme, à aller enregistrer son deuxième album reggae (le premier étant l’excellent Aux armes et caetera) à New Providence, une île aux Bahamas. La veuve Rita Marley, ainsi que les choristes mythiques de Bob Marley, Judy Mowatt et Marcia Griffiths, et surtout l’implacable rythmique de Sly & Robbie (bien meilleurs à mon avis comme collaborateurs que sous leur nom propre) l’y attendent pour enregistrer un album qui sera, on s’en rend bien compte aujourd’hui, trop en avance sur son temps. Mis à part le titre Ecce homo (se traduit par ’voici l’homme’), l’album ne connaîtra pas le succès d’Aux armes et caetera. On semble attribuer aujourd’hui ce relatif non-succès à la lourdeur de la basse et de la batterie, d’où le remixage réalisé ici par Soljie Hamilton (connu entre autres pour ses mixs de Yellowman), qui met en relief le piano et l’orgue, trop effacés à l’époque. Le résultat est un son plus clean, plus rond comme diraient les vendeurs d’Hi-Fi de luxe. En parlant de nettoyage, les bruitages de pétomanes ont été annexés, et ce n’est franchement pas plus mal car ces bruits de gaz n’avaient d’autre raison d’exister que leur capacité à choquer, ce qui après la première écoute lassait...

Les textes des chansons sont véritablement à l’image du désormais Gainsbarre, devenu le provocateur à la rock’n roll attitude dangereuse pour sa santé, allant de la politique à la religion ("Croire c’est aussi fumeux que le ganja, tire sur ton joint pauvre rasta"), en passant par un humour bukowskien ("J’ai un Mickey maousse et quand tu le secousses il mousse") et une poésie qui font aujourd’hui de Gainsbarre la référence ultime outre-Manche ainsi qu’outre-Atlantique.

Le deuxième CD comporte les mêmes titres en version dub mais surtout des versions DJ et chantées très réussies qui remettent un Gainsbarre royal d’avant-garde au milieu d’un reggae actuel en perte d’inspiration.

Respect!

 05/09/2003
 laurent

Dusminguet au Quartier Midi (PleinOPENAir 2003)

C’est dans une atmosphère plutôt surréaliste que j’ai pû assister, presque ’par hasard’, au concert gratuit donné par Dusminguet près de la gare du Midi vendredi dernier. Arrivé sur place à l’heure, quelle ne fût (pas) ma surprise de voir qu’il y avait un retard de circonstance pour le concert du groupe catalan. Parmi un parterre d’altermondialistes sous-vitaminés, votre serviteur a pris son mal en patience en sirotant une première bière "bio". Et une pensée m’a traversé l’esprit (grâce à la bière) : Pourquoi les concerts de musique dite du monde, et in extenso de rock et de tous ses dérivatifs, n’attirent-ils que des gens de gauche? (!!!). Ce n’est qu’en entamant une troisième bière que le concert a enfin commencé, et avec lui une fine pluie bien crachante, de la vraie pisse de nonnette. Et le pur bonheur est venu immerger la plaine boueuse, entourée de grues et de bâtiments délabrés ou en construction. Avec pour commencer un titre reggae dont la basse assourdissante et les samples de chants bulgares ont chauffé comme il se doit un public très hétéroclite. Et puis c’est un vallenato, musique à base d’accordéon et de percussions originaire de la côte nord de Colombie, qui a enflammé le terrain vague, avec une première image surréaliste : des femmes voilées aux fenêtres de certaines maisons vétustes, en face de quelques fonctionnaires du centre postal de Bruxelles se laissant distraire . Puis la troupe Dusminguet (une guitare, une basse, une batterie, deux percussionnistes, un accordéon et un synthé-sampler) a joué des ’cumbias’, des ’son’, des ’tex-mex’, des ’rumbas’, des ’ska’, de ’samba’, de ’rock’ , de flamenco, de musique grecque ou gitane, et encore d’autres ’vallenatos’, d’autres ’reggae’ qui sont venus éclaircir cette soirée pluvieuse, voire frisquette.

"No llores, que la vida es un carnaval" (cesse de pleurer car la vie est un carnaval) clamait sans cesse l’un des trois chanteurs du groupe. Cette phrase tombait à pic : non seulement parce que leur musique épiçait contextuellement cette expression, mais surtout parce que cette ambiance surréaliste donnait tout son sens à cette absurdité qu’est si souvent la vie...

Je vous conseille plus que fortement cette musique prouvant que la globalisation peut aussi nous rendre heureux.

 12/08/2003
 ivan

John Zorn Electric Masada au Blue Note Festival (Il y a quelques temps)

Il n’y a rien à faire, le bonhomme (cheveux courts, mais éternel pantalon militaire) sait y faire; John Zorn, s’il peut paraître arrogant et quelque peu imbu de sa personne (il nous a offert une bonne vieille crise de star: la mise à la porte de journalistes, avec doigt levé et insultes de circonstances), il faut bien reconnaître que je n’ai rien à reprocher à sa prestation; même quand un morceau prend des couleurs bruitistes, témoins de la performance, on se rend compte à quel point rien n’est laissé au hasard, tout est savamment et parcimonieusement orchestré, par un John Zorn en parfait petit chef, pour parvenir à un résultat qui doit être assez proche de ce qu’on pourrait appeler la perfection. Electric Masada est une mouture décapante de son projet Masada mêlant Jazz et musique klezmer (entre autres). On retrouve notamment parmi les musiciens qui l’entourent Marc Ribot à la guitare cinglante et incisive.

Seul point noir au tableau: une organisation douteuse du festival (accès à la salle, au bar,...), et un espace sous un chapiteau très mal utilisé (la rentabilité au détriment de la qualité me semble-t-il...) avec de superbes arbres devant la scène, ce qui donnait lieu à d’étranges visions, comme celle d’un feuillu jouant du saxophone.

 22/07/2003
 ivan

The Onewolves Collection au Klinkende munt

Décidément, Steven Segers sait mettre l’ambiance; si musicalement, je ne peux pas trop m’avancer, parce que je ne connais pas assez ce genre électro hip-hop rétro funk old school... (que je ne parviens d’ailleurs pas à définir, mais c’est pas bien grave) en tout cas, sa bonne humeur et son énergie se transmettent de façon fulgurante au public. Il sait s’entourer des gens qu’il faut pour parvenir à ses fins: faire monter une ambiance survoltée dans la salle, transpirer (littéralement) le "good vibe" comme il le dit lui-même. 4 musiciens, 5 danseurs et Steven Segers au chant, voilà de quoi donner lieu à une petite bombe. Seul petit regret, au vu des prestations que j’ai déjà pu voir avec Greetings from Mercury, le groupe ici a un peu moins d’ampleur et de tenue. Il manque cette forme de respect et cette volonté de partager qu’ont entre eux les musiciens de GFM. Si Steven Segers (et les fameux danseurs) semblent avoir cette volonté, le reste de ce groupe-ci paraît beaucoup plus hermétique.

 29/04/2003
 ivan

Mon FESTIVAL DOMINO 2003 à l'Ancienne Belgique

J’ai pu y voir Radian, ou ce qu’on pourrait appeler l’Ancienne Belgique featuring l’inénarrable Sonic Square du Kaaitheater. C’est-à-dire que c’est de la musique qui se cherche (...?), sorte "d’avant-garde" (...?) qui mélange matériel électronique et instruments classiques. C’est très bien, c’est très expérimental, j’aime beaucoup, mais c’est un peu pénible à regarder, c’est très statique et chaque fois qu’on a l’impression que ça va démarrer, inévitablement ça retombe et finalement rien ne se passe. C’est à écouter chez soi, tranquille dans son fauteuil. Le même soir, sur la même scène du Club, on pouvait voir Hangedup, énième groupe issu de la grande famille Constellation (GY!BE, Do make say think, A Silver Mount Zion,...). De prime abord, un duo violon-batterie peut laisser croire qu’après 3 morceaux, on aura fait le tour, et bien non, ils s’en sortent vraiment pas mal, effaçant rapidement cet à priori, par des compositions inventives et, Ancienne Belgique oblige, bruyantes. Jamais je n’aurais pu imaginer la puissance que peut développer un simple violon. Le batteur, avait complété sa batterie par des éléments aussi divers et étonnants qu’une planche de skateboard transformée en sorte de guitare à jouer avec des baguettes, des cloches métalliques ou encore une grille d’aération amplifiée... bref, si Radian avait eu quelque peu un effet soporifique, Hangedup pêchait d’une puissance et d’une présence scénique bien plus relevées.

Le lendemain, c’est Stephen Malkmus qui montait sur scène, ou plutôt qui roulait sur scène -lisez par là qu’il est arrivé sur scène en faisant la roue ... et le reste du groupe aussi ...- le personnage est quelque peu clownesque, il ponctue son set de réflexions diverses sur son état de fatigue ou autres sujets tout aussi intéressants. Sa musique reste égale à elle-même, du Pavement un peu propret.

Pour terminer, un concert assez déconcertant (drôle ça...) avec une soirée qui commence bien avec Friends of Dean Martinez, devient surréaliste avec Jackie-O-Motherfucker et termine en parodie avec Songs: OHIA.

Friends of Dean Martinez avec une musique teintée de jazz et de blues un rien surf-rock, c’est un peu désordonné par moments et le principe est classique, chacun à son tour y va de sa petite intervention en soliste, mais ça marche bien, la slide guitare vous prend aux tripes et la rythmique vous fait vibrer. Ils se sont entre autres permis une reprise du standard Summertime avec la slide guitare pour voix, une version assez personnelle.

Jackie-O-Motherfucker, si avec GY!BE (de qui on les rapproche souvent apparemment) on peut parfois se demander s’il ont conscience de ce qu’ils créent, avec JOM l’inconscience est presque une certitude, tellement, c’est surréaliste (pour reprendre les propos de Vincent). On est littéralement immergé dans quelque chose d’indéfinissable, sorte de déconstructivisme musical, où toutes les notions musicales qu’on pourrait avoir se trouvent mises sens dessus dessous. C’est très lent, chacun s’applique dans son coin, ajoutant ses sons à l’ensemble et tout prend cette forme mystérieuse qui fait qu’on se demande constamment si c’est contrôlé ou non...Très étrange.

Songs:OHIA très mauvais (ça n’engage que moi). On retiendra quand même le guitariste qui ne chante pas, sorte de clown coiffé à la Cypress Hill, cigarette au bec et éclair dessiné sur la courroie de la guitare qui bouge son corps et sa tête en s’appliquant sur des solos de guitare complètement nuls ... du grand show! Pour le reste du groupe, le chanteur à la voix sans intérêts aucuns, avec un look et une dégaine entre Bryan Adams et Bon Jovi, qui tente le retour du jean coupé sous le genou, un bassiste quelconque et un batteur avec un chapeau de cow-boy. Et ce petit monde de donner lieu à une musique folk country qui devient vite énervant, tant c’est stéréotypé et sans surprise.

Reste une question récurrente (déjà lors de l’édition précédente on se l’était posée): lors d’un des concerts de cette année nous avons pu assister à un set "compositeur avec un ordinateur" en l’occurrence Four Tet. Est-ce vraiment intéressant à regarder un gars debout derrière un écran qui dodeline de la tête en déplaçant une souris ? J’avoue ne pas saisir le réel intérêt ; peut-être ne suis-je pas prêt pour la musique contemporaine sur scène ou simplement suis-je déjà trop vieux ?

 24/02/2003
 ivan

Greetings from Mercury au BBis

Des quelques fois que j’ai pu voir les Greetings from Mercury, c’est, pour moi, une de leurs meilleures prestations. En tout cas au niveau de l’ambiance survoltée qu’ils ont mis dans la salle du café du poste reculé du Beursschouwburg. Steven Segers acteur de la scène bruxelloise dont j’apprécie beaucoup la façon de mêler ses influences, ici, au Jazz commence à réellement trouver sa place au sein du groupe, et sa voix qui auparavant semblait parfois comme un élément rapporté devient partie intégrante des compositions. Tout ça c’est puissant, entraînant et je défie quiconque de rester impassible devant une telle énergie. Je crois que plus que jamais c’est un groupe à voir en concert. J’ai été voir le concert avec une personne qui habituellement est plutôt tournée vers la pop et même si c’est -de ses mots- : "... moins linéaire que ce qu’il a l’habitude d’aller voir et d’écouter ..." il a rapidement été captivé par l’énergie des morceaux (s’il n’est pas d’accord, il me le fera sûrement savoir, je sais qu’il lit Zabladowski). Loin d’une musique réservée à un public d’initiés, c’est accessible à quiconque aime la musique pour l’énergie qu’elle développe et pour son côté magique qui donne à un concert un air de fête.

 08/02/2003
 vincent

Jimi Tenor - Higher Planes

Kitty Yo (2003)

Lors d’un récent passage à Bruxelles, le cinéaste Jean Rollin déclarait qu’il n’avait jamais eu la prétention de devenir un grand réalisateur. A force de décliner ses influences sans aucune originalité, mais avec honnêteté, Jimi Tenor pourrait bien être considéré comme une espèce de Jean Rollin de l’electro-free-jazz car pour l’avoir vu sur scène, Jimi Tenor est loin de se prendre au sérieux et enrobe sa musique -qu’il est loin d’avoir inventée- dans une mise en scène diaboliquement kitsch et complètement givrée qui lui excuse tout. Avec Higher Planes, Jimi Tenor plagie le jazz electro-cosmique de Sun Ra et beaucoup d’autres ... Des titres comme Cosmic Dive ou Nuclear Fusion annoncent clairement la couleur et la volonté de Jimi Tenor de ne pas cacher son jeu ...

 14/12/2002
 vincent

Homelife à l'Ancienne Belgique

Homelife est une des dernières signatures de l’excellent label Ninja Tune. Ils étaient en concert dans la petite salle de l’Ancienne Belgique, dimanche dernier. C’était frais et efficace même si les terroristes que sont les ingénieurs du son de l’Ancienne Belgique ont (comme d’habitude) eu tendance à mettre la console en mode Gorgoroth. Homelife a réussi l’exploit de faire monter douze personnes sur la petite du scène du Club (il y avait malheureusement presque plus de membres du groupe que de spectateurs dans la salle) et pour le reste, je me permets de reprendre une excellente description du phénomène extraite d’un article du Monde : "... les douze multi-instrumentistes de ce groupe inclassable dessinent des rencontres euphoriques entre quatuor à cordes, percussions, claviers, flûte, guitares rock, sampler, contrebasse, section de saxophones barytons, chanteur pop et cantatrice. Inévitablement, ces tentatives peuvent virer au brouillon, mais, le plus souvent, l’emporte la fraîcheur de ces désirs d’invention à mi-chemin entre mosaïque électronique et richesse orchestrale ...".

Vous pouvez écouter des extraits de Flying wonders, son dernier album, ici.


Blindman à l'Ancienne Belgique
Dour 2005: Fantomas
Tortoise à l'Ancienne Belgique
Einstürzende Neubauten à l'Ancienne Belgique
Madredeus au Cirque Royal
Manuel Mirabal - Guajiro
TV on the Radio à l'Ancienne Belgique
Fantomas à l'Ancienne Belgique (Il y a quelques temps)
Einstürzende Neubauten à l'Ancienne Belgique
Erik Truffaz à l'Ancienne Belgique : Lamentable
Illy B – Drop The Needle
Harry Connick Jr : Piano sessions
Miles Davis - Kind Of Blue
Cecilia Bartoli au Bozar
Ligeti : The Soundtrack of Kubrick
Melt Banana à l'Ancienne Belgique (Il y a peu)
Gnawa Diffusion - Souk System
Ecce Homo: Jah! Ever living Gainsbarre
Dusminguet au Quartier Midi (PleinOPENAir 2003)
John Zorn Electric Masada au Blue Note Festival (Il y a quelques temps)
The Onewolves Collection au Klinkende munt
Mon FESTIVAL DOMINO 2003 à l'Ancienne Belgique
Greetings from Mercury au BBis
Jimi Tenor - Higher Planes
Homelife à l'Ancienne Belgique
Bart Defoort quartet
Jaga Jazzist à l'Ancienne Belgique
Medeski, Martin and Wood au Vooruit de Gand
Vincent Gallo - Recording of music for film